Le Diable De La Bastille GABORIAU254

EMILE GABORIAU

Le Diable De La Bastille


Aux éditions PASCAL GALODE

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Le vendredi 19 Decembre 2014

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Emile GABORIAU




Une lecture de
PAUL MAUGENDRE

PAUL MAUGENDRE

Parution le 29 octobre 2014. 206 pages. 20,00€.

A la Bastille on aime bien...

Tout premier roman, inachevé, de Gaboriau, paru en feuilleton en 1861 sous le titre de La Marquise de Brinvilliers, retitré Les Amours d'une empoisonneuse en 1881 lors de sa parution posthume chez Dentu, voici qu'il renait de ses limbes grâce à Thierry Chevrier, pour la préface, et Pascal Galodé, éditeur amoureux de la littérature populaire qui a déjà quelques titres de Gaboriau et de ses confrères de la même époque à son catalogue. Le changement de titre est justifié comme on le verra dans cette chronique.

Les personnages qui évoluent dans cette œuvre ont véritablement existé, que ce soit Exili, alchimiste et expert en poisons surnommé Le Diable de la Bastille, Gaudin de Sainte-Croix, l'amant de la Brinvilliers, La Chaussée, son valet, Marie-Madeleine Dreux d'Aubray, marquise de Brinvilliers, Reich de Penautier, trésorier des états du Languedoc, Adrien Hanyvel, receveur général du clergé de France. Mais comme il s'agit d'un roman, à l'instar d'Alexandre Dumas, Gaboriau joue avec la réalité des faits historiques et la durée de l'intrigue pour établir une œuvre, de jeunesse certes, qui lui permet de se faire la plume et rédiger des livres plus ambitieux, plus personnels et plus innovants par la suite.

Dans l'établissement de bains tenu par La Vienne, barbier-baigneur-étuviste, les jeux vont bon train. Comme à son habitude Gaudin de Sainte-Croix, capitaine dans le régiment de Tracy-Cavalerie, gagne au détriment du sieur Hanyvel. Autour d'eux les jeunes femmes s'agglutinent, comédiennes ou marquises, toutes sensibles à la prestance du militaire et à sa bonne fortune. Et toutes lui offriraient bien leurs corps. Ce qui ne l'empêche de discuter avec son entourage et de déclarer que pour le moment la science, et plus particulièrement la toxicologie, est sa seule maîtresse. L'heure du rendez-vous sonne et sur un quitte ou double le chevalier perd tous ses gains, au grand désappointement d'une représentante de la noblesse qui avait jeté sur le tas d'écus la clé de son boudoir.

Une parole malheureuse de son adversaire met en colère le chevalier qui sort son épée. Heureusement pour le financier le valet de Gaudin arrive fort à propos pour lui signifier qu'il est attendu. Aussitôt il se rend à l'Hôtellerie du More-qui-trompe, un établissement qui ne paie guère de mine mais les somptueux appartements du premier étage sont aménagés pour les amours adultères. Gaudin retrouve avec fièvre la marquise de Brinvilliers, sa maîtresse qu'il a connu alors qu'ils sortaient de l'adolescence, environ vingt ans auparavant. Si son mari n'est guère troublé par ce cocufiage, le père de la marquise ne l'entend pas de cette oreille. En compagnie de ses deux fils et d'un lieutenant de police, il investit les lieux, afin de surprendre les amants.

Lorsque le policier et le père de la marquise entrent dans la pièce, seul le chevalier de Sainte-Croix les reçoit. L'amante s'est enfuie grâce aux bons offices de Penautier, l'ami du chevalier qui l'a faite passer par une porte secrète. Le chevalier est emmené à la Bastille et comme les places manquent, déjà, il est enfermé en compagnie d'Exili, un Italien réputé pour sa science des poisons. Et c'est ainsi qu'en attendant l'heure de sa délivrance, Gaudin de Sainte-Croix s'initie un peu plus à la toxicologie, tout en échafaudant en compagnie de son codétenu un stratagème pour jouer les filles de l'air.

Dans Paris, vivant dans une mansarde donnant sur les jardins d'Hanyvel, un jeune homme soupire. Il se prénomme Olivier, a été placé en bas âge chez une famille d'accueil puis a été recueilli par le marquis de Florenzi. Mais obligé de s'exiler Florenzi a placé sous les bons soins de son valet Cosimo le jeune Olivier qui s'avère très bon élève et entre au service du Sieur Mondeluit, conseiller au Châtelet et membre du Parlement. Le jeune Olivier s'éprend d'Henriette, la fille de Hanyvel, et c'est réciproque et tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes sauf que... Sauf que Olivier ne connait pas son ascendance et qu'il n'est guère riche et que le père d'Henriette a jeté son dévolu sur un autre prétendant pour sa fille.

Comme on se peut se rendre compte, ce roman oscille entre deux tons, deux histoires qui vont se rejoindre et il emprunte beaucoup à des ressorts qui faisaient florès à l'époque. Les deux prisonniers de la Bastille, le vieil Exili et le jeune chevalier ne sont pas sans ressembler à l'abbé Faria et à Edmond Dantès emprisonnés dans la forteresse du château d'If. Ensuite le parcours suivit par Olivier, placé en bas-âge chez des parents nourriciers, enfant abandonné avant que ses géniteurs puissent le récupérer, est un thème qui souvent été traité par les romanciers populaires de l'époque. Xavier de Montépin en tête.

Ce roman aurait demandé à être plus épais (pour une fois voilà que je me plains) car l'histoire ne met pas en évidence ce que le titre originel promettait. En effet le personnage de la marquise de Brinvilliers est effacé n'apparaissant qu'au début du récit et un peu sur la fin. Tout est axé sur Exili et sur Olivier. Donc il n'est pas vain de penser que si Gaboriau avait mené à terme ce roman historique celui-ci eut été plus complet. Mais comme nous l'apprend Thierry Chevrier dans sa préface, des problèmes de santé ont obligé l'auteur à sursoir dans son écriture puis une fois remis, il avait d'autres idées en tête qui donneront notamment l'Affaire Lerouge, roman qui inspirera bon nombre d'auteurs et dont se réclamait Sir Arthur Conan Doyle.

Publié en feuilleton inachevé, Le Diable de la Bastille fut édité chez Dentu en 1881, après qu'un inconnu eut rédigé les derniers chapitres. Personnellement, je me demande si la plume de Paul Féval ne serait pas passée par là, et ce pour de bonnes raison. D'abord Gaboriau fut le secrétaire du créateur du Bossu. Ensuite, Paul Féval sur ces dernières années n'avait plus rien produit depuis la parution en 1879 des Merveilles du Mont-Saint-Michel. De plus il s'est tourné vers la religion catholique. Or dans la dernière partie du Diable de la Bastille, l'auteur se réfère souvent à la religion. Je citerai juste cette phrase, afin de ne pas déflorer l'intrigue et le dénouement, mais elle est assez significative à mon sens : La science lui montre Dieu, seule la prière peut l'atteindre.

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