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ANTOINE LEGER G.D. NOGUES

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Antoine leger G.D. NOGUES




Une lecture de
PAUL MAUGENDRE

PAUL MAUGENDRE

Collection du Noir au Sud. Parution 3 novembre 2017. 296 pages. 10,00€.

La distinction est subtile…

A quarante ans, à quelques mois près, Jimmy Béquier est un artiste-peintre de renommée internationale, et il ne peut se plaindre.

Marié avec Annabelle, chef-urgentiste dans un service hospitalier toulousain qu’elle dirige, il est père d’une petite Cristal, cinq ans. Celle-ci est sourde et muette, cela ne l’empêche pas pour autant de vivre sa vie en toute tranquillité. Elle aimerait juste que son père s’occupe un peu plus d’elle. Alors elle dessine, cela lui passe le temps.

Jimmy a d’autres préoccupations. D’abord, se rendre à San Francisco où une exposition de ses œuvres a été organisée par Flavien, son ami Flavien connu sur les bancs ou plutôt les chevalets de l’école des Beaux-arts. Un rendez-vous avec un chroniqueur spécialisé se déroule, de l’avis de Jimmy, comme un échec. Et quand Flavien lui demande un arriéré de trois mois pour paiement de ses démarches comme attaché de presse et organisateur de rencontres et d’expositions, Jimmy se met en colère, lui reprochant de mal faire son travail.

Il est réveillé en pleine nuit car un incendie s’est déclaré dans l’hôtel accueillant l’exposition, mais aucun dommage n’est à déplorer. Rentré en France, Jimmy doit se rendre à Albi pour la préparation d’une Exposition Universelle en compagnie de quelques pontifes, puis il repart à bord de son véhicule, une Ferrari, il ne se refuse rien, pour Toulouse. En cours de route, il est abordé sur une aire de parking par une jeune femme éplorée du nom d’Esther. Elle a été abandonnée par son mari suite à une scène de ménage. Il la dépose devant chez elle et ils échangent leurs coordonnées. Cela peut toujours servir.

Depuis quelques temps Jimmy reçoit des lettres. D’abord le contenu est aimable, signé d’un certain Alfred qu’il pense être un gamin. Mais les éloges se tournent vite à la vindicte. Alfred se plaint que le blanc ne figure pas dans ses peintures. Il est vrai que toutes les toiles de Jimmy sont monochromes, rouge, violet, bleu, vert, mais aucune touche de blanc n’apparait. Puis Alfred devient de plus en plus exigeant, lui rappelant l’incendie de Sans Francisco.

Jimmy préfère alerter les services de police et le commandant Louis Sacristain, aidé de son adjoint, le capitaine Alban Fourcheu, nouvellement nommé dans la Ville Rose, est en charge de cette affaire, tous deux spécialistes des objets d’art. Il pense être la proie d’une vengeance de la part d’un de ses anciens condisciples, avec lequel il avait eu des relations orageuses, et qui se nommerait Balthazar.

Le musée des Abattoirs de Toulouse accueille une exposition, et les deux policiers qui devaient surveiller de nuit les lieux sont agressés par un individu qui les poinçonne à l’aide d’une seringue. Un nouvel incendie se déclare et un homme est découvert inanimé. Transporté à l’hôpital sous la direction d’Annabelle qui est de permanence ce soir-là, il s’enfuit.

Jimmy a un égo surdimensionné, et sa réussite rapide l’a plus ou il est plus ou moins déconnecté de la réalité. Il vit dans sa bulle, uniquement par et pour sa peinture. Il ne s’occupe guère de sa fille, Cristal, qui m’a fait penser à Caroline, l’héroïne de bandes dessinées de Pierre Probst avec sa salopette rouge, lorsqu’on la rencontre pour la première fois.

Antoine Léger, dont on avait fait la connaissance avec son précédent roman, Le six coups de minuit, nous entraîne dans une intrigue au thème peu souvent exploré et exploité, l’univers d’un artiste-peintre qui a réussi. Au début, l’histoire se met en place par quelques coups de pinceaux sur une toile vierge, dessinant les grandes lignes. C’est simple, c’est frais, c’est léger (oui, je sais, elle était facile), comme des touches de couleur-pastel. Mais au fur et à mesure que l’on avance dans le récit, les couleurs sombres se précisent, et les différents personnages qui s’insèrent progressivement ajoutent à une ambiance lourde, et l’on ne sait trop quel rôle ils vont jouer. Le Blanc chevalier ou le Noir diabolique ?

Un peu long, car l’on aimerait connaître rapidement le final, mais qui ne manque pas de charme. Comme ces belles de Boucher qui dévoilent quelque peu leurs appas en toute innocence mais qui bientôt seraient accaparées par un artiste torturé façon Edvard Munch.

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