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PHILIPPE FEENY |
L'oranaiseAux éditions KRAKOENVisitez leur site |
2470Lectures depuisLe mardi 27 Fevrier 2007
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Une lecture de |
Février 1963. Un quarteron de rescapés de l’OAS vivote dans la clandestinité. Dirigés par le colonel Ragot, ces nostalgiques de l’Algérie française rêvent encore d’un retour à la situation passée. Basés dans la région de Rouen, ils préparent un attentat contre le chef de l’état. En effet, De Gaulle se rendra prochainement en Normandie. Depuis que l’OAS a été déclarée illégale, ses soutiens financiers se font rares. Trésorier du groupe, Pierre Offanté peine à trouver des fonds. Le racket n’intimide plus guère. Pour se procurer des explosifs, le commando braque un camion en contenant deux tonnes. L’opération ne passe pas inaperçue. Quelques jours plus tard, la 404 de Paul de Brémonville explose. Gendre d’un homme d’affaire ex-collabo et partisan de l’OAS, il refusait de continuer à frauder pour financer une cause perdue. Le commissaire Arsène Kalouba est chargé de l’affaire, aussi suivie par les services secrets. Le commando du colonel Ragot est parfaitement identifié. Quand l’ancien militaire Frayer est assassiné, sa sortie de Seine intrigue Kalouba. La piste de la Compagnie Oranaise de Vins et de Spiritueux lui paraît sérieuse. Quand la police veut perquisitionner "l’Oranaise", la société du trésorier Offanté, son gardien résiste à toute intrusion. Il faut utiliser les grands moyens. Dans des cuves, on y découvre un cadavre et un milliard en billets... Mêlant faits historiques et action à suspense, voilà un roman absolument réussi. Si l’OAS n’a été que l’utopie d’une France pouvant demeurer coloniale, on sait la violence qu’elle a engendré. L’auteur souligne les troubles complicités autour de l’OAS, et les questions sur l’argent qui lui fut versé. Ce court épisode (1961-62) de la vie des Français ne doit pas être occulté. Le destin des guerriers, pitoyable quand leur ultime combat est illusoire, reste un thème convaincant lorsqu’il est aussi bien traité. L’enquêteur emprunte autant la pipe de Nestor Burma que celle de Maigret. Sans doute plus proche du héros de Léo Malet, pas dupe de son époque soi-disant florissante. Mais aussi opposé à un adversaire retors, ce qui vaut pour les deux références. Qu’il est agréable de lire un très bon polar tel que celui-ci. |