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JEAN FAILLER |
La Fontenelle, Seigneur De L’île TristanAux éditions DU PALEMONVisitez leur site |
2289Lectures depuisLe jeudi 23 Novembre 2012
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Une lecture de |
Probablement quelque peu oublié désormais, La Fontenelle est un personnage qui marqua son temps par ses actions aventureuses et cruelles. Guy Éder de Beaumanoir de la Haye, dit la Fontenelle est né vers 1572. Très jeune, il devient un chef de guerre combattant du côté des Ligueurs, mais c’est surtout un brigand célèbre dans la Bretagne de la fin du 16e siècle. Il suit une scolarité déjà agitée, avant de s’entourer d’une troupe de bandits. S’installant d'abord dans le château de Kersaliou en Pommerit-Jaudy en 1591, cette bande pille les châteaux et les villages dans le Trégor et les Montagnes Noires. Leurs expéditions s’étendent à toute la Bretagne, mettant à sac les villes de Landerneau à Vannes. C’est à partir de juin 1995 que nous allons ici suivre son périple ravageur. Humble habitant de Douarnenez, Yann Nod est le témoin privilégié, aussi neutre que possible, des méfaits de ce jeune seigneur alors âgé de vingt-et-un ans. Yann Nod observe La Fontenelle et son lieutenant Jérôme Kervel lors de la prise par surprise de l’île Tristan, mal fortifiée. Ayant besoin de soldats, La Fontenelle va incorporer ceux de l’île, leur promettant le pire s’ils le trahissent. Il est bientôt à la tête d’une cohorte de sept cent hommes, qui grossit jusqu’à deux mille soldats. La Fontenelle organise le saccage des bourgades à l’entour, de Ploaré, Tréboul, Pouldavid, et Douarnenez. On commence même à détruire des maisons, afin de construire des bâtiments et des remparts sur l’île, que Fontenelle a rebaptisée île Guyon. Sa puissance augmente, autant que les brigandages de sa troupe. Une petite délégation guidée par Yann Nod se rend à Quimper par les chemins peu sûrs de ce temps-là, afin de solliciter l’aide des autorités. Le gouverneur et l’évêque sont conscients de la situation. Le capitaine du Prez, dont la garnison armée protège Quimper, ne tient guère à affronter La Fontenelle en son île. Sur décision du seigneur, Yann Nod est maintenant payé pour ses services de passeur entre le continent et l’île-forteresse. Un nouveau capitaine, Jégou de Kersaliou, à la tête de deux cent arquebusiers, arrive à Douarnenez. Il est missionné par le Duc de Mercœur afin de reprendre possession de l’île Tristan. Bien reçu par La Fontenelle, il comprend vite qu’il est inutile de chercher à le déloger. Le capitaine de la Noë lui succédera, tentant une naïve manœuvre de contournement de l’île, ruse qui ne trompe pas la vigilance de La Fontenelle. Les attaques de villages se poursuivent à travers toute la région, jusqu’au pays bigouden et même bien au-delà. Un nouveau roi arrive sur le trône de France, Henri IV. Fort de ses succès, La Fontenelle participe aux États généraux de la province de Bretagne. Arrêté à cette occasion, il affiche son repentir en mettant ses troupes au service du Duc de Mercœur. Ces soldats aguerris remportent de belles victoires. Le modeste Yann Nod est encore présent dans les mois suivants, autour de l’île Tristan. Peut-être un trésor y est-il dissimulé, dont Yann Nod serait le seul à connaître le secret. Les conspirations auxquelles s’associe La Fontenelle vont finalement causer sa perte. Condamné pour haute trahison, il est exécuté en place de Grève, en 1602. Jean Failler reconstitue l’ambiance de la Bretagne de cette lointaine époque, grâce au portrait de cet aventurier que fut La Fontenelle. Rien de glorieux à mettre au crédit de ce hors-la-loi sans scrupule. Pour des populations déjà pauvres, victimes des vols et saccages, il n’était certainement pas un héros. D’ailleurs, Yann Nod est le véritable personnage central de ce roman, où le parcours de La Fontenelle est retracé avec la fluidité narrative coutumière de l’auteur. Palpitant récit, crédible car plutôt réaliste, qui nous transporte dans un passionnant passé. |
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