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ERIC FOUASSIER

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Eric FOUASSIER




Une lecture de
PAUL MAUGENDRE

PAUL MAUGENDRE

Roman historico-policier. Editions Jean-Claude Lattès. Parution le 1er mars 2019. 498 pages. 20,50€.

ISBN : 978-2709663908

C’est pour être sûr que le cadavre est bien mort ?

La période qui se situe entre la fin de règne de Clovis et des Mérovingiens et celle de Charles Martel puis de son fils Pépin le Bref auquel succédera ce sacré Charlemagne qui a inventé l’école et des Carolingiens, n’est que très peu abordée dans les manuels scolaires.

On retiendra surtout les images montrant ces Rois Fainéants avachis dans des chariots tirés par des bœufs, mais cet intervalle fut occulté d’abord par Eginhard, auteur de la première biographie officielle de Carolus Magnus dit aussi Charles 1er. Il en diffusa une image terne et un dénigrement qui furent repris par les historiens jusqu’à nos jours, et ce particulièrement dans l’enseignement.

Depuis quelques décennies, de nombreux historiens se sont penchés sur les textes, notamment de l’évêque Grégoire de Tours qui a rédigé l’Histoire des Francs. Mais l’avis de ces chercheurs divergent parfois selon les sources auxquelles ils se réfèrent. Eric Fouassier a écrit l’histoire de la reine Galswinthe, la jeune épouse de Chilpéric, de sa mort puis de l’enquête effectuée par le jeune Arsenius Pontius à la demande de la sœur de Galswinthe, Brunehilde la reine d’Austrasie et femme de Sigebert 1er.

Or donc ce récit débute en 569 par l’assassinat dans le palais de Rouen de Galswinthe, épouse depuis peu de Chilpéric en remplacement d’Audowhère, répudiée. Galswithe est une princesse Wisigoth et elle apportait dans son l’escarcelle de son époux richesse et noble alliance. Seulement Chilpéric ne se contentait pas d’une seule femme et il avait pour maîtresse Frédégonde, une maîtresse femme puis-je dire, et ce concubinage forcé ne lui plaisait guère et elle s’en plaignait.

Un inconnu s’est glissé dans la chambre où dormait Galswinthe et l’a étouffée en lui plaquant un oreiller sur le nez et la bouche et en l’étranglant. Seulement pour lui, cet assassin ne savait pas qu’il était surveillé et il meurt une dague enfoncée dans le torse. Et de deux. On ne rigolait pas à cette époque.

Quatre ans plus tard, en 573, les éléments sont déchainés. Pluie, vent, pluie toujours et encore, et la terre se délite entraînant avec elle des constructions de bois qui s’effondrent. Une porcherie est ainsi mise à mal. C’est alors que soldats, esclaves et autres habitants de la cité, assemblés pour constater les dégâts matériels, découvrent des ossements parmi la boue. Wintrude, esclave des Francs et ancienne princesse thuringienne, aperçoit alors niché parmi ces reliquats un collier constitué de griffes d’ours. Aucun doute, cette parure appartient à son frère Aarbald disparu mystérieusement depuis quatre ans.

Prise à partie par les soldats, elle se réfugie au couvent d’où elle envoie une missive à la reine Brunehilde, lui contant sa peur et surtout le fait qu’elle pense que son frère a été assassiné en représailles.

Aussitôt Brunehilde charge Arsenius Pontius, jeune lettré gallo-romain, d’aller enquêter sur la mort mystérieuse de sa sœur et de découvrir son assassin.

Arrivé à Rouen en compagnie de quelques hommes d’armes, Arsenius se présente auprès de l’évêque de Rouen, Prétextat, prétendant apporter un message de réconciliation entre les trois frères qui se sont partagé le royaume. Il est reçu tel un ambassadeur, ou presque car son statut de filleul de l’évêque Grégoire de Tours plaide en sa faveur.

Wintrude s’enfuit, et Arsenius se trouve embarqué dans une affaire qui s’avère plus compliquée qu’elle le paraissait au premier abord. En effet, en discutant incidemment avec le médecin du château, il apprend que non seulement le présumé assassin de Galswithe a été lui-même assassiné par un inconnu, mais que l’épouse de Chilpéric a, non seulement été poignardée, mais également étouffée. Or cet étouffement a bien provoqué le décès de la jeune femme, le poignard n’ayant frappé qu’un cadavre. Un leurre pour détourner les soupçons sur un homme de paille au lieu du véritable meurtrier.

Arsenius se rend compte que son séjour à Rouen indispose et il est victime d’une tentative de meurtre. Il apprend également qu’une guerre fratricide pourrait bien éclater entre les royaumes de Neustrie et d’Austrasie. Et Guntramm, frère des deux autres et roi de Burgondie, pourrait très bien entrer dans cette partie, un jeu de trônes ou Game of Thrones comme disent si bien nos amis Britanniques et ceux qui se piquent de culture, employant volontiers des locutions d’Outre-manche au lieu des mots français. Un snobisme ! Et une digression intempestive cde ma part.

Roman historique ou récit historique ? Les deux évidemment, car si une histoire et une intrigue sont proposées aux lecteurs, l’aspect documentaire prime.

Il est vrai que cette période de l’histoire de France est assez obscure, de par son côté oublié des manuels scolaires, et peut-être du manque d’informations car peu de scripteurs à l’époque rédigeaient les événements qui se déroulaient, par manque de supports. Les chercheurs de nos jours puisent dans des archives parfois contradictoires, selon les sentiments politiques qui animaient ces scripteurs, attachés qu’ils étaient à telle ou telle personnalité, rois et seigneurs.

Toutefois, Eric Fouassier a compulsé de nombreux ouvrages afin de nous restituer cette atmosphère, cette ambiance, ces décors, ces conflits, ces modes de vie, et en a tiré un ouvrage fort documenté. Et l’aspect documentaire prend, parfois à mon avis, une prépondérance qui nuit au développement de l’aspect romancé. Il s’agit un peu avec quelques siècles d’avance de reconstituer un épisode à la façon des Rois Maudits de Maurice Druon et ses collaborateurs dont José-André Lacour.

Mais je garde un trop bon souvenir de la trilogie Sans peur et sans reproche dont les figures principales en étaient le Chevalier Bayard et la jeune apothicaire Héloïse Sanglar dans Bayard et le crime d’Amboise, Le piège de verre et Le disparu de l’Hôtel-Dieu que Par deux fois tu mourras m’a intéressé mais moins captivé que la trilogie précitée.

Une préférence peut-être pour l’époque historique de Bayard, le début du XVIe siècle appelé bas Moyen-âge ou Moyen-âge tardif qui se situe du XIIe au XVIe siècle par opposition au premier Moyen-âge ou très haut Moyen-âge qui va du Ve au VIIIe siècle ou haut Moyen-âge qui est situé du Ve au XIIe siècle.

Il est vrai qu’en bien des domaines, et plus particulièrement en médecine, le dogmatisme devrait plus souvent céder le pas aux fruits de l’expérience.

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