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MICHEL FORCHERON

Michel, De Georges Bayard


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Michel FORCHERON




Une lecture de
PAUL MAUGENDRE

PAUL MAUGENDRE

Monographie. Parution le 17 mai 2013. 298 pages. 15,00€.

La nostalgie, cette foutue maladie qui commence à nous ronger quand on se rend compte qu'on a plus de passé que d'avenir...

Avec Enyd Blyton, Paul-Jacques Bonzon, Lieutenant X (Vladimir Volkoff), Caroline Quine, Georges Chaulet, Anthony Buckeridge, Olivier Séchan (le père de Renaud, auteur de romans policiers seul ou en collaboration avec Igor Maslowski), Georges Bayard fut l'un des auteurs prolifiques de la Bibliothèque Verte deuxième série. Et les aventures de Michel Thérais enchantèrent bon nombre de préadolescents dès la fin des années 50 jusqu'au milieu des années 80.

Michel Forcheron a découvert cette série à la faveur d'une hospitalisation en 1959. Bien entendu la lecture était le moyen privilégié pour un enfant de s'évader. Pas de télévision dans les foyers, ou rarement. Les jeux vidéos et les subtilités d'Internet, les films sur DVD étaient encore à l'état de fantasmes. Alors les livres étaient offerts en cadeaux à l'occasion des Noëls, anniversaires, récompenses scolaires, séjours à l'hôpital, un plaisir toujours renouvelé et souvent attendu, pour peu que la lecture fut le passe-temps favori. Et là commençait l'étrange contradiction des parents qui déclamaient va jouer, il fait beau dehors, ou tu vas t'abîmer les yeux, et autres billevesées tendant à culpabiliser le jeune lecteur avide d'émotions.

Michel Forcheron dans son prologue nous narre sa découverte de Michel, le héros de Georges Bayard, véritable patronyme d'un instituteur qui écrivit bon nombre de romans juvéniles sous son véritable nom, qui à lui seul sentait déjà l'épopée aventureuse et intrépide, ou sous ses alias de J.P. Delmain pour des publications pour la jeunesse, Georges Travelier ou Jean-Pierre Decrest.

Après avoir décrit sa rencontre avec Georges Bayard par le biais de la lecture, Michel Forcheron s'attache d'abord à présenter la série Michel, trente neuf romans au total. Une description d'ensemble impartiale montrant son enthousiasme à la lecture des premières aventures de Michel, puis continuant à les acheter et à les lire l'âge adulte venu. L'auteur reconnait que les derniers épisodes ne sont plus aussi captivants, mais le penchant est toujours là, ce livre en est la preuve. L'amour se transforme au fil des ans en amitié et en affection.

Ensuite on passe au chapitre de la biographie de Georges Bayard, qui comme bon nombre de ses confrères était issu du milieu de l'Education nationale, anciennement Instruction publique, ce qui permettait à des éditeurs tels que Hachette de publier des romans pédagogiques et didactiques. Seulement tout résidait dans la mesure de la narration, et cela était moins voyant et moins oppressif que dans certains romans de Jules Verne par exemple. Georges Bayard fréquenta Paul-Jacques Bonzon, instituteur lui aussi qui avait été affecté dans la Drôme pour des ennuis de santé.

Enfin la partie la plus conséquente de l'ouvrage est consacrée à Michel et ses amis, aux différents personnages récurrents ou non, à leur statut professionnel, à l'importance de leur présence au cours des intrigues, aux lieux de résidences, habituelle ou de villégiature, et bien d'autres encore dont notamment les sources d'inspiration de l'auteur, et bien évidemment en référence à la profession d'instituteur de l'auteur, didactisme et morale, références littéraires et historiques, citations et proverbes, humanisme et tolérance ou encore le socialement correct.

Michel Forcheron rappelle avec justesse une donnée qui a quelque peu été oubliée de nos jours, même si parfois dans certains magazines pour enfants elle est toujours indiquée : il s'agit de la fameuse loi de 1949 sur les publications destinées à la jeunesse qui interdisait toute apologie de la violence et de l'immoralité, de proscrire les références politiques ou partisanes de toutes sortes, ainsi que toute scène jugée scabreuse ou ambigüe. Sinon la guillotine de la censure passait par là. Ce qui explique les intrigues lisses, voire puériles des romans destinés à la jeunesse de l'époque. Un carcan dans lequel les auteurs étaient enfermé, ne leur laissant que peu de champs pour s'exprimer véritablement. Une des astreintes littéraires qui de nos jours ne s'applique vraiment plus, heureusement car les auteurs peuvent dénoncer quelques problèmes inhérents à notre société. Par exemple Georges Bayard n'aurait jamais pu évoquer les Enfants de la Creuse, ces gamins issus de la Réunion qui ont été enlevés à leurs parents sous le principe fallacieux de pouvoir leur assurer une instruction publique de qualité mais qui étaient placés chez des paysans contents d'avoir de la main d'ouvre à bon marché. Voir à ce propos le roman de Jean-Paul Nozière : Que deviennent les enfants quand la nuit tombe...

Toujours dans le domaine du socialement correct, Georges Bayard, et ses confrères, seraient dans l'obligation de nos jours de bannir certains mots ou expressions de leur vocabulaire. On ne parle plus d'invalide, d'infirme ou de paralytique mais d'handicapé ou de personne à mobilité réduite. De même ils n'écriraient plus Prospectus ou Tracts mais Flyers, Macaron mais Badge, Trame d'un roman mais Pitch. Il faut s'adapter à l'anglicisation du langage, ce qui n'est pas toujours heureux.

Ces romans n'ont pas vieillis, ils sont ancrés dans leur époque. Les lecteurs eux ont vieilli, et les progrès scientifiques et technologiques ont relégués aux oubliettes ce que les "seniors" ont connu. Par exemple dans le chapitre consacré aux PTT (Poste Télégraphe Téléphone et non pas Petit Travail Tranquille ou Paye Ta Tournée), l'adolescent d'aujourd'hui serait étonné en lisant que l'oblitération d'un timbre puisse fournir un indice géographique dans une enquête. En effet le nom de la ville dans laquelle une lettre était postée figurait en toutes lettres, avec parfois une flamme représentant un édifice religieux, un monument, un site remarquable, une manifestation à venir, ce qui faisait le bonheur des marcophiles.

De même le bon vieux temps des Demoiselles du téléphone qui mettaient en communication deux correspondants, les numéros à deux chiffres, les obligations de se rendre au café du village pour demander au docteur de venir pour une auscultation à domicile. Les adolescents habitués au portable ne se rendent pas compte du parcours du combattant qu'ont subi leurs grands-parents. Et bien évidemment il est plus simple de s'immerger dans des romans qui décrivent la réalité sociale et technologique actuelles, ou alors de s'immerger dans des mondes imaginaires.

En feuilletant rapidement cet ouvrage, avant de le lire en profondeur, je regrettais le manque iconographique, abstraction faite deux clichés, l'un représentant Georges Byard, l'autre l'entrée de la Marguillerie, la propriété familiale. Michel Forcheron explique cette absence dans son chapitre sur les illustrateurs.

A évoquer la série Michel, on ne peut faire abstraction d'une de ses composantes essentielles : les illustrations. Même si on n'est pas autorisé à en reproduire quelques-unes ici, et c'est bien dommage... Mais les instances du groupe Hachette d'aujourd'hui ne prennent même pas le temps de répondre à ceux qui sollicitent l'autorisation de reproduire quelques images de leurs éditions anciennes...

Cet ouvrage a été écrit par un passionné dont le propos est clair, limpide et enrichissant, surtout pour ceux qui ont gardé une âme d'enfant. Nous sommes loin des phrases absconses d'universitaires qui se font plaisir en rédigeant des articles pour la plupart du temps illisibles pour la moyenne des lecteurs. Ceux qui ont lu tout ou partie des romans composant la série des Michel retrouveront avec plaisir les petits bonheurs qu'ils ont ressentis lors de leur adolescence. Quant aux autres, ceux qui ne connaissent pas cet héros sympathique et ses compagnons, ils pourront découvrir les ressorts qui permettent à une intrigue de se développer, et leur donnera peut-être envie, au détour d'une brocante, d'en acheter quelques-uns, pour voir, histoire de se plonger dans un passé qu'ils ont connus et qu'ils regrettent quelque peu. Comme dit l'autre, c'était mieux avant...

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