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Dan FESPERMAN




Une lecture de
CLAUDE LE NOCHER

CLAUDE LE NOCHER

Woodrow Cain est originaire de Horton, petite ville de Caroline du Nord. Âgé de trente-quatre ans, séparé de son épouse, il vient s’installer à New York en février 1942. Sa fille Olivia doit bientôt l’y rejoindre. Bien qu’il n’ait guère de contacts avec son beau-père, le puissant Harris Euston, c’est ce dernier qui a choisi un appartement dans un bon quartier, à Chelsea, pour Cain et Olivia. Il se murmure aussi qu’Euston a usé de son influence pour que son gendre intègre la police de New York. Certes, Cain était inspecteur à Horton, mais il s’est produit un grave incident. On ignore si le fait qu’il boite a un rapport avec cela. Si Cain a bien passé le concours pour le NYPD, beaucoup supposent qu’il a été favorisé. Il est affecté au 14e secteur du 3e district. Deux mois plus tard, il est chargé d’une enquête.

Un cadavre anonyme a été découvert sur les bords de la rivière, où l’on en repêche sept cent par an. Celui-ci a été maltraité, on remarque des traces de brûlures sur son corps. Et un tatouage au nom de Sabine. Cain dispose d’une vague piste, une salle de spectacle de Yorkville, le "quartier allemand" de New York. Parmi le population, on trouve beaucoup d’aryens admirateurs d’Hitler, mais aussi bon nombre de Juifs alémaniques. C’est pour une toute autre raison que Cain est convoqué au QG de la police new-yorkaise. Le commissaire Lewis Valentine ne cache pas son hostilité envers Cain. La protection d’Harris Euston n’est pas une bonne référence pour lui, qui fait en sorte d’améliorer les services du NYPD.

La mission que le commissaire Valentine confie à Cain est secrète. Il s’agit de comprendre pourquoi les flics du 14e secteur du 3e district s’avèrent si peu efficaces. Cain risque fort de perdre son job s’il ne réussit pas. Or, ses collègues n’ont nullement confiance en lui. En particulier Maloney, un Irlandais violent. Par contre, le policier chevronné Zharkov (dit Le Cosaque) paraît assez bienveillant. Le commissaire Valentine a raison : si plusieurs caïds, tel Lucky Luciano, sont en prison, pas mal de truands mafieux semblent recherchés sans se bousculer. Même un redoutable tueur-à-gages comme Albert Anastasia, chef de la Murder Incorporated, échappe sans trop de problèmes aux autorités policières.

L’inspecteur Cain fait la connaissance de Maximilian Danziger (que ses amis appellent Sacha), implanté depuis de nombreuses années à New York. Parlant cinq langues, son métier consiste à traduire et à écrire des lettres pour des clients peu cultivés, qui ne maîtrisent pas l’écriture, ou s’exprimeraient mal dans certains langages. Danziger est très bien informé sur tout ce qui se passe dans le quartier allemand de New York. Il identifie le noyé maltraité, mais aussi un second mort. Tous deux étaient membres d’organisations pro-nazis. Cain et Danziger vont mutualiser leurs renseignements pour situer les motifs de ces meurtres. Le beau-père de Cain entend peser sur la vie de son gendre. Harris Euston avoue n’avoir aucune sympathie pour les Juifs, très présents dans la finance new-yorkaise. Par ailleurs, il ne faudrait pas occulter le rôle de la Mafia : si Luciano est incarcéré, son associé Meyer Lansky reste très actif. Au profit de qui ?…

(Extrait) “En retirant son bonnet, l’homme répandit une odeur mixte de chou bouilli et de laine mouillée. De près, ses yeux étaient d’un bleu sans nuage, et toute fragilité s’était évanouie. Si ses frusques rappelaient décembre, ses iris parlaient de la mi-juin, d’un matin au début de l’été quand les abeilles bourdonnent et qu’on a l’impression d’une journée qui ne se terminera jamais. Il paraissait alerte, intelligent, et mieux encore : lucide. Quelles que fussent les raisons de sa présence, il ne pouvait s’agir d’un cinglé.

— Soyez remercié, inspecteur Cain, de condescendre à me recevoir. Je ne suis là que pour remplir mon devoir de citoyen. Plus précisément, je pense être en mesure de vous assister dans le cadre de vos enquêtes.

Cain, qui commençait tout juste à s’habituer aux accents locaux, ne connaissait pas celui-là. Ce discours-là semblait naître quelque part en Russie, traverser l’Allemagne, faire un petit crochet à Rome avant d’atterrir à Brooklyn dans la bouche d’un serveur de delicatessen.”

New York sert fréquemment de décor aux intrigues policières. Rien de plus logique pour une telle métropole, melting-pot de populations venues du monde entier, où la criminalité est omniprésente. C’est une époque singulière qu’a choisi de restituer Dan Fesperman dans “L’écrivain public”. 1942, c’est une période charnière de l’entrée en guerre des États-Unis. Pour les Américains, Hitler et le nazisme sont longtemps restés abstraits. Sans doute était-ce un dictateur, mais ça se passait en Europe. Et puis, les Allemands ayant immigré en Amérique affichaient un certain soutien à ce Führer qui allait redresser leur pays natal. Toutefois, des gens comme Lucky Luciano – tout caïd mafieux qu’il fut – détestaient Benito Mussolini, réalisant les terribles ravages de la guerre menée par Hitler et le Duce. C’est ainsi que la Mafia s’impliqua dans le conflit mondial.

Ce contexte général, on le connaît. Ce que dessine Dan Fesperman, c’est l’ambiance qui régnait alors à New York, chez les habitants autant que chez les puissants. Woodrow Cain, qui débarque d’une bourgade du Sud, n’est pas préparé à tout ce qu’il découvre. Certes, il n’est pas surpris qu’une partie de la police soit corrompue, mais jamais il n’a approché des Juifs, tels les amis de Danziger, et il ne mesure pas la notion d’activisme pro-nazis. Loin d’être stupide, il saura pénétrer les réseaux secrets de cette ville. Si Danziger a l’air d’un vieux bonhomme, il n’a que cinquante-deux ans. Sous une allure dépenaillée, c’est un des personnages les mieux informés de New York, sur tous les milieux. Il ne demande qu’une somme modeste pour écrire chaque lettre ou pour ses traductions, mais collecte ainsi plus de renseignements qu’un service d’espionnage.

Outre l’enquête, l’auteur nous présente l’univers familial du policier Cain, sa fille Olivia, l’ombre de son épouse Clovis, et son arrogant beau-père. Sans oublier Beryl Blum, parmi les proches de Danziger. Belle manière "d’humaniser" le récit, par ailleurs parfaitement documenté. Racontée avec limpidité, cette histoire nous plonge avec délices dans le vécu du New York d’alors avec ses travers. Un roman absolument remarquable.

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