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MARCEL E. GRANCHER

Aux 6 F…


Aux éditions RABELAIS

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Le mercredi 26 Septembre 2018

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Marcel E. GRANCHER




Une lecture de
PAUL MAUGENDRE

PAUL MAUGENDRE

Parution le 25 juin 1961.256 pages.

Ils roulent dans la nuit, transportent de l'essence

De l'huile ou du pétrole

Des pilots de bois, des caisses de conserve des machines agricoles

C'est la musique de camionneur !...

Grâce à quelques commanditaires de Cavaillon, Paul Belverge peut enfin être seul maître à bord de son camion tout neuf, un 7 tonnes, et il va partir à la conquête du monde, enfin de Paris avec un chargement de melons.

En cours de route, alors qu’il approche des monts du Morvan, il aperçoit deux hommes en train de molester une jeune fille. Il ne se pose pas de questions, étant bagarreur dans l’âme, étant entré très jeune dans la Résistance et ayant trimballé son barda militaire en Indochine et en Algérie. Il s’interpose et grâce à quelques coups de poings bien placés il laisse les deux belliqueux sur le bitume, laissant sur l’un d’eux sa carte de visite toute neuve, et emmène à son bord Germaine, dite Maimaine.

La jeune fille se rend dans un troquet pour routiers, le Relais de l’amitié et du commerce plus connu sous l’appellation Au relais des 6 fesses. Belverge connaît l’endroit, tenu par madame Servévout et ses deux filles, Nora la brune et Lisette la blonde. Et il leur arrive à ces braves et gentes dames de dépanner le routier en manque d’affection, des chambres étant à disposition. Or Maimaine est la nièce de madame Servévout et il serait possible que le Six fesses devienne le Huit fesses.

Pierre Belverge continue sa route après s’être restauré, c’est tout, et direction Paris, les Halles. Là-bas, il lui faut trouver du fret pour ne pas redescendre à vide. Il dort dans son camion, garé au Carré Beaubourg, mais auparavant il s’engouffre rue Quincampoix, échappant aux bras des travailleuses du sexe qui tiennent absolument à lui montrer leurs appas, et démontrer leur savoir-faire. Il entre au Panier fleuri, charmant troquet tenu par Marinette Entreydon, accorte femme qui accueille avec le sourire et autres démonstrations physiques avantageuses le client. Il s’agit surtout d’un repaire d’habitués dont Belverge va faire la connaissance. Notamment de Canasson, le peintre, et Pépère la Tringlette, sexagénaire qui doit son surnom à ses besoins sexuels qui l’amènent à monter dans les chambres en compagnie d’une allongée, cinq à six fois par soirée.

Mais Belverge va subir quelques avanies, à cause d’un accident de la route notamment, être embaucher à Paris dans une petite entreprise, revoir souvent Maimaine, qui ne participe pas aux ébats de ses cousines avec les copains routiers de passage, et dont il est amoureux. Mais également retrouver sur sa route l’un des balèzes qu’il avait laissé dans les pommes sur le bitume, son chargement de melons étant complet.

Belverge est homme à principes, et il respecte Maimaine, et réciproquement. Ce qui ne l’empêche pas d’opérer à certains déchargements qui ne sont pas notifiés dans son contrat de camionneur. Par ailleurs, s’il aime la bagarre, il ne va pas au devant pour le plaisir de la castagne. C’est un homme paisible en général et qui aime faire des blagues.

Si ce roman est enjoué, humoristique, épicurien, voire égrillard dans certaines situations, dans certaines allusions qui prêtent à des interprétations auxquelles n’avaient pas songé les protagonistes dans leurs déclarations, c’est également un plaidoyer envers les camionneurs et leur travail ingrat.

Il faut dire qu’à cette époque, fin des années cinquante, la plupart des camionneurs travaillaient en solo. Rares étaient les grandes entreprises et en général ils étaient propriétaires d’un seul véhicule, voire deux. Alors ils devaient tout faire, trouver du fret à l’aller, au retour, rouler pendant des heures et des heures, subir les tracasseries administratives. Depuis, cela a bien changé, sauf les tracasseries et exigences administratives. De plus, la plupart du temps, ils devaient assurer seuls le chargement et le déchargement du véhicule, selon bien évidemment la marchandise transportée

A l’aide d’exemples, de rappels de textes de lois, d’entourloupes, l’auteur montre quelles furent les conditions souvent difficiles dans lesquelles les camionneurs exerçaient leur métier. Ainsi cette fameuse carte de transport crée en 1934 à l’instigation de la SNCF afin de limiter la concurrence avec les routiers.

Mais sont pointés également l’état des routes, déjà, et bien d’autres freins auxquels étaient soumis les travailleurs du bitume (je ne parle pas des travailleuses qui exerçaient dans un but humanitaire et hygiénique). En effet ils partaient chargés, de marchandises, ayant galérés pour trouver du fret, mais arrivés à destination, il était impensable de repartir à vide, sous peine de manger tout le maigre bénéfice de l’aller. Or, trouver de la marchandise pour retourner en province, pour une société, ce n’est guère difficile car elle possède son réseau d’affréteurs. Et un indépendant est obligé de se débrouiller seul ou passer pas une espèce de courtier, de mandataire, de commanditaire et surtout rouler en surcharge, dépassant parfois cinquante pour cent du maximum autorisé.

A noter deux passages dont la teneur ne saurait manquer de faire réagir les lecteurs :

Premièrement le jeu intitulé la Chose, qui fut présenté par Pierre Bellemare, inspiré du Smchilblick de Pierre Dac et qui devint par la suite le Tirlipot sur les ondes d’une radio périphérique puis enfin le Smchilblic à la télévision. Ce jeu décrit par Marcel Grancher dans ce roman, avec de nombreux candidats tentant de découvrir quel est l’objet secret, est quasiment repris avec des ajouts et quelques modifications par Coluche dans son sketch éponyme.

L’autre passage concerne la position des Français et de la France par rapport à la colonisation, et nul doute que ce qui est écrit ferait aujourd’hui bondir les antiracistes et ceux qui se déclarent comme tels mais n’en pensent pas moins pour ne pas se mettre en porte-à-faux. Seulement il faut considérer qu’à l’époque, les déclarations des protagonistes reflétaient la pensée de la majorité du peuple, d’autant que la guerre d’Algérie n’était pas terminée et que la plupart des pays africains venaient d’acquérir leur indépendance dans des conditions souvent avantageuses, au détriment des provinces françaises. Comme le déclarait le journaliste Jean Grandmougin sur les ondes de Radio-Luxembourg, qui était de loin en tête des radios, Le Zambèze avant la Corrèze.

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