un cas pendable de Carter DICKSON


Un Cas Pendable DICKSON613

CARTER DICKSON

Un Cas Pendable


Aux éditions LIBRAIRIE DES CHAMPS ELYSEES

117

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Le mardi 17 Fevrier 2021

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Carter DICKSON




Une lecture de
PAUL MAUGENDRE

PAUL MAUGENDRE  

sous titré La flèche peinte (The Judas Window – 1938. Traduction de Jeanne Fournier-Pargoire). The Yard N°3. Editions des Loisirs. Parution 4e trimestre 1948. 128 pages.

Réédité sous le nom de John Dickson Carr et le titre La flèche peinte. Collection Le Masque Jaune N°1934. Librairie des Champs Elysées. Parution octobre 1988. 224 pages. Une nouvelle version a été traduite par Jeanne Fournier-Pargoire et Danièle Grivel, parue sous le même numéro, en 2003, comportant 285 pages.

ISBN : 9782702418444

Entre deux noms d’auteur et deux titres différents pour un même roman, il y a de quoi se pendre…

Ils se sont rencontrés pour la première fois dans le Sussex le soir de Noël, ils se sont fiancés le Jour de l’An, et le 4 janvier, Jimmy Answell se rend à Londres afin de demander la main de Mary à son père, le respectable, soupçonneux et intègre directeur de la Capital Counties Bank, Avery Hume. Tout content, Jimmy avait même remis à son cousin Reginald un chèque de cent livres, alors que celui-ci n’en demandait que cinquante, en remerciement de l’avoir présenté à la jeune fille.

Théoriquement, tout aurait dû bien se passer. D’ailleurs, à une lettre de Mary destinée à son père, elle avait reçu un message de félicitations. Pourtant lorsqu’elle accompagne Jimmy à la gare, elle est quelque peu pâle et triste. L’inquiétude peut-être. Aussi, lorsqu’il se présente au 12 de Grosvenor Street, à 18h10, Jimmy est reçu par Dyer, le maître d’hôtel, mais se montre nerveux. Answell, tel est le nom qu’il donne au domestique, semble perdre ses moyens. L’émotion. Son chapeau lui échappe des mains, il préfère garder son manteau, et il aperçoit du haut du palier de l’étage une jeune femme qui l’observe.

Enfin le voici devant le maître de maison qui reste sur sa réserve, on le comprend. Pourtant, comme le jeune homme a l’air intéressé, il lui explique la provenance de ses trophées, de la présence de trois flèches posées en triangle sur le manteau de la cheminée, et autres bricoles, et lui offre même à boire. Seulement, lorsque Jimmy Answell goûte son whisky, il lui trouve un drôle de goût et s’endort. A son réveil, une vingtaine de minutes plus tard, il découvre le corps de son ex futur beau-père allongé, une flèche dans le cœur. Les fenêtres son hermétiques closes, la cheminée est fermée, de même que la porte de la pièce qui est close à l’aide d’un fort verrou. Le carafon de whisky est intact. Le principe même d’un meurtre en chambre close.

Dyer, le maître d’hôtel, Amelia Jordan, la secrétaire entraperçue, un voisin proche avec lequel le défunt devait jouer aux échecs, le docteur Spencer Hume, le frère du défunt, ont tous entendu à des moments divers des bruits dans la pièce, Avery Hume déclarer à son hôte, mais vous devenez fou, ou quelque chose comme cela. Ils essaient d’ouvrir la porte. Celle-ci le sera par Jimmy Answell qui est tout ébaubi de ce qui lui arrive. Les policiers rapidement prévenus ne peuvent que constater le décès du propriétaire et arrêter Jimmy Answell.

Quelques semaines plus tard, Jimmy Answell est dans le box des accusés. Il ne s’est toujours pas remis de ce qu’il a vécu le 4 janvier. Sir Henry Merrivale est chargé de la défense du prévenu qui ne communique guère, une attitude qui ne plaide pas à son avantage.

Le procès est décrit par Kenwood Blake, qui assiste aux débats en compagnie de sa femme, l’ami et proche collaborateur de Sir Henry Merrivale. Et il transcrit les témoignages des divers témoins, les questions posées par l’avocat général, par le juge et ses assesseurs, ou celles de l’avocat de la défense, Sir Henry Merrivale.

On ne peut s’empêcher d’établir une corrélation entre ce roman et ceux d’Erle Stanley Gardner et son célèbre avocat Perry Mason. L’ambiance du prétoire, les interrogatoires des témoins, les contre-interrogatoires, les détails à approfondir, leurs mensonges parfois, leurs oublis, leurs erreurs ou leurs tergiversations.

La reconstitution orale de ce problème est minutée, et pourtant il existe des zones d’ombres qui peu à peu se dissiperont, grâce au talent de Merrivale. Un minutage serré, les faits et gestes des différents témoins lors de la demi-heure environ qui s’écoule entre l’arrivée de Jimmy Answell et la découverte du drame, ne résolvent pas tout.

Car il existe des points d’achoppement. Par exemple l’empennage de la fameuse flèche, une plume à laquelle il manque un morceau introuvable. Et puis, à plusieurs reprises, Merrivale évoque un judas, sans vouloir préciser à quoi il se réfère. Sauf lors de l’explication finale évidemment.

Ce roman rigoureux dans sa conception ne requiert aucun artifice, aucune résolution puisée dans le fantastique, contrairement à d’autres romans dont La Chambre ardente qui propose deux solutions complémentaires. Il joue uniquement sur un quiproquo fatal.

L’un des meilleurs romans de John Dickson Carr, et de son double Carter Dickson, que personnellement j’ai lu.

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