L'horloge De Maître Humphrey DICKENS337

CHARLES DICKENS

L'horloge De Maître Humphrey


Aux éditions L HERNE

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Le lundi 14 Juillet 2014

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Charles DICKENS




Une lecture de
PAUL MAUGENDRE

PAUL MAUGENDRE

 Traduction de Béatrice Vierne. Parution le 21 mai 2014. 336 pages. 17,00€.

Ce curieux roman gigogne n'en était pas un à l'origine mais un hebdomadaire, Master Humphrey's Clock, publié d'avril 1840 à avril 1841 et dont Charles Dickens était le rédacteur unique.

Personnage principal, Maître Humphrey est un vieux monsieur difforme qui a eu du mal à se faire accepter dans ce quartier de Londres. Il est solitaire et non misanthrope. Il n'est pas grincheux non plus, mais il n'a pas satisfait à la curiosité émanant de ses voisins, et bien entendu au début on fit circuler toutes sortes de rumeurs, à mon détriment. J'étais un espion, un infidèle, un magicien, un ravisseur d'enfants, un réfugié, un prêtre, un monstre. Puis ses détracteurs se sont habitués à lui et depuis, tout le monde se côtoie en bonne intelligence. Maître Humphrey vit entouré de vieux meubles, auxquels il n'est pas profondément attaché mais qu'il aime car ce sont des objets inanimés. Mais surtout il professe à l'encontre de son horloge une affection particulière. Outre égrener le temps elle possède une fonction originale. Dans sa gaine, elle renferme les écrits de Maître Humphrey et de ses trois compagnons, des souvenirs ou des fictions, peu importe.

Dans la première livraison de la revue L'Horloge de Maître Humphrey, le vieux monsieur se présente, décrit son lieu de vie, puis comment, lors de ses pérégrinations nocturnes il fit la connaissance une nuit de Noël d'un gentleman sourd. S'adjoindront par la suite Jack Redburn et M. Miles. Car dans la salle de réunion sont disposées six chaises et comme il n'y en avait que deux d'occupées, il fallait bien trouver deux autres personnes pour compléter, presque, la tablée. Maître Humphrey procède le soir à un rituel, retirer de la gaine de l'horloge un manuscrit et lire une histoire écrite par lui-même ou ses commensaux. Souvent d'inspiration fantastique et historique.

Puis arrive un personnage que les lecteurs de la revue connaissent bien, puisqu'il s'agit du jovial, timide, affable, aimable monsieur Pickwick accompagné de Sam Weller et de son père. Et tandis que les Weller père et fils tiendront table dans la cuisine avec la gouvernante de Maître Humphrey et de son barbier, monsieur Pickwick se verra offrir une chaise. Et lui aussi aura des histoires à raconter.

Les nouvelles ou contes s'insèrent, s'imbriquent sans que pour autant le lecteur soit perdu et perde de vue Maître Humphrey et ses acolytes. Charles Dickens alterne la narration empruntant tour à tour un humour léger ou un ton grave. Et cela devient franchement hilarant lorsque Sam Weller et son père s'expriment en forgeant de nombreux barbarismes, confondant célibataire avec célèbre, compartiment avec comportement, florilège avec privilège, rognant, rabotant, déformant les mots, devenant à eux seuls des acteurs de premier plan.

Ces textes qui défilent semaine après semaine sont aujourd'hui réunit en un volume, mais il y manque deux récits majeurs car publiés par ailleurs. Il s'agit du Magasin des curiosités, plus connu sous le titre du Magasin d'antiquités, qui lors de sa parution en feuilleton dans la revue fut tronçonné en quatre ou cinq parties, et surtout de Barnabé Rudge lequel eut droit à être publié en un seul tenant, livraison après livraison, sans qu'il soit scindé par des appréciations, des dissertations ou autres aventures de Maître Humphrey et consorts. Deux romans qui ont été largement édités et réédités par la suite, et qui sont réunis dans le volume 163 de La Pléiade chez Gallimard, ce qui explique leur absence ici.

Dans son essai critique, publié dans cet ouvrage, Gilbert Keith Chersterton le créateur du Père Brown, et auteur d'une biographie de Dickens, écrit :

L'ouvrage est écrit par un Dickens paresseux, un Dickens semi-automatique, un Dickens qui rêvasse, flottant à la dérive ; mais qui n'en reste pas moins le Dickens qui perdure.

A mon avis ce jugement est un peu sévère. Il est vrai qu'il s'agit plus d'un assemblage d'histoires qui se raccrochent à un fil conducteur flexible mais c'est un peu en réduction tout le talent de Dickens qui explose, en explorant diverses pistes, divers thèmes qui plus tard deviendront les atouts majeurs de sa production littéraire. Ne serait-ce que, par exemple, la rencontre entre le gentleman sourd et Maître Humphrey un soir de Noël, préfiguration des fameux contes qui enchanteront durant de longues années - de 1843 à 1867 - des générations d'enfants et d'adultes. Mais par la suite Chesterton corrige quelque peu son jugement puisqu'il estime indispensable de faire figurer cette œuvre dans le canon Dickensien. Voici donc un oubli réparé.

De plus Charles Dickens, qui n'avait pas encore trente ans, supportait seul la rédaction de la revue, après avoir collaboré au Bentley's Miscellany dont il fut un temps le premier rédacteur en chef, fournissant par la même occasion Oliver Twist.

Ce volume, à prendre comme une récréation dans l'œuvre de Dickens, est destiné tous les curieux, les amateurs, les passionnés, les inconditionnels de Charles Dickens, mais aussi ceux qui ne connaissent pas encore ce romancier populaire, s'il y en a, et qui découvriront les multiples facettes de son talent de conteur indémodable et éternel.

Les illustrations, originales, sont signées George Cattermole et Hablot Browne.

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