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JEANNE DESAUBRY

Poubelle's Girls


Aux éditions LAJOUANIE


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Le lundi 14 Juillet 2014

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Jeanne DESAUBRY




Une lecture de
PAUL MAUGENDRE

PAUL MAUGENDRE

 Elles passeront peut-être en première partie des Bluebells Girls du Lido !

Madame Paule Emploi n'est pas une maquerelle, et pourtant chez elle, c'est le bordel. Il faut prendre un ticket et faire le pied de grue pour ressortir sans avoir obtenu quoi que ce soit.

Elisabeth, séparée de son mari, élève seule son gamin de quatorze ans, et traîne le Diable par la queue, on dirait que cela lui fait plaisir à celui-là. Elle vivote de petits boulots, technicienne de surface dans un établissement scolaire, femme de ménage dans une boulangerie. La différence entre les appellations réside dans les lieux où sont effectués les travaux. Et la plupart du temps elle bosse au noir. Tout le monde y trouve son content ou presque.

Ce jour là elle piétine derrière une grosse femme affublée d'un turban et de boucles d'oreilles en véritable imitation de toc. Elle n'a pas sa langue dans sa poche, la grosse, elle vitupère contre la pauvre guichetière qui elle au moins n'est pas si pauvre puisqu'elle a une place d'assurée (sociale), car les formalités auxquelles elle est astreinte doivent se faire par téléphone, mais comment faire quand on est pauvre et que justement on ne peut pas se payer de téléphone ! Ce n'est pas son problème à la guichetière, mais bien celui de madame Paule Emploi qui hypocrite élimine insidieusement des statistiques les demandeurs d'emploi qui ne satisfont pas à ses exigences. Je suis hors sujet donc je reviens à Elisabeth qui ressort du bâtiment la tête en vrac.

Sur un banc elle aperçoit la grosse qui attend à une station de bus et lui propose de la déposer quelque part, car les pauvres sont en plus tributaires des transports en commun. Paloma, puisque c'est ainsi que se prénomme la gente personne aux formes rebondies, a trouvé refuge dans le hall de la gare. Et comme ce sont les plus pauvres qui s'intéressent à plus pauvres qu'eux, Elisabeth quelques jours plus tard s'inquiète de Paloma et lui offre un lieu de séjour qui n'est pas à elle. Elle s'occupait du ménage d'un vieux monsieur, aujourd'hui atteint d'Alzheimer et résident dans une maison supposée spécialisée, qui possède une vieille caravane stationnée dans un jardin à la sortie de la ville. Ce n'est pas le luxe, et ce n'est pas Armand, le vieux monsieur, qui s'offusquera de cette location gratuite.

Les deux amies, le malheur ça rapproche, se confient, avec plus ou moins de franchise mais ce n'est pas le passé le plus important, c'est bien l'avenir. Et l'avenir tient en cette question : comment survivre ?

Lorsqu'Elisabeth rend visite à Paloma dans sa caravane, celle-ci (Paloma, pas la caravane) a tout lavé, récuré, nettoyé, traquant la poussière et les petites bêtes qui se nichent dans des endroits improbables. Comme les armes d'ailleurs. En effet sous l'évier dans un recoin aménagé, Paloma a découvert des fusils et de vieux articles de journaux relatifs à des braquages. Monsieur Armand avait une double vie. Et comme Elisabeth possède toujours la clé de la maison de monsieur Armand, les deux amies se rendent chez lui, et commencent à fouiller un peu partout et ailleurs. Elles découvrent une cache qui contient des sacs de billets. Aussitôt retour à la case Départ, sans passer par la case Prison, mais quelle n'est point leur déconvenue quand elles s'aperçoivent que les billets de banque, comme les boites de haricots, possèdent une date de péremption. Alors germe dans la tête de Paloma l'idée de se servir dans une banque afin de régler les factures. En attendant elles vont se faire la main avec la caisse de la boulangerie où travaille quelques heures Elisabeth.

A l'autre bout de la ville, dans le quartier des rupins, Blanche ne supporte plus son mari, avocat dans un cabinet réputé, ses incartades, sa présence. Elle est juriste financière et n'est donc pas dépendante de la paie maritale. Elle déprime et décide de se séparer de son mari, enfin séparer c'est un euphémisme. Elle veut tout simplement s'en débarrasser, le tuer. Alors elle réfléchit en se demandant quelle serait la solution la plus efficace et la moins préjudiciable à son intégrité vis à vis de la justice.

La révoltée et la résignée pourrait être le sous-titre de cette histoire qui démontre que les failles de la société peuvent conduire à la délinquance. Faire croire que tout est mis en œuvre pour aider les chômeurs et les demandeurs d'emploi dans leurs recherches n'est qu'un leurre. Laisser une mère élever seule son gamin préadolescent et ayant donc des besoins ne serait-ce que pour suivre dignement des études, alors que les fautes en incombent à un mari qui n'assume pas son rôle de père, équivaut à lancer une bouée dégonflée à un noyé ne sachant pas nager. Sans oublier les préjugés qui peuvent traverser les idées d'un adolescent en construction et l'esprit obtus d'un homme qui se conduit en phallocrate. Et si j'emploie ce mot de phallocrate, au lieu de sexiste, macho et autres, c'est à dessein car Françoise d'Eaubonne en serait à l'origine. Et il y a du Françoise d'Eaubonne en Jeanne Desaubry. Peut-être n'avez-vous pas lu de romans ou des essais signés par cette grande figure militante féministe, mais vous en avez peut-être appréciés certains publiés sous pseudonymes dont celui de Nadine de Longueval.

Jeanne Desaubry, avec tendresse, humour, mais également cet esprit de révolte qui voudrait faire évoluer la société et mettre à bas certaines injustices, nous entraîne dans le sillage de ces deux femmes qui blessées par la société veulent sortir de ce marigot. Paloma est une femme déterminée et va déteindre sur Elisabeth. Elisabeth, Princesse comme l'appelle affectueusement son amie, va peu à peu s'affirmer, mais non pas sans dégâts. Et je verrai bien Michèle Bernier et Sandrine Kiberlain interpréter les rôles de ces deux femmes au cinéma ou à la télévision.

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