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Le Fruit Mûr


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 DELLY




Une lecture de
PAUL MAUGENDRE

PAUL MAUGENDRE

Editions J’ai Lu N°1053. Parution 15 avril 1980. 128 pages.

Première édition Flammarion parution janvier 1922. Nombreuses rééditions.

ISBN : 2277210536

Mûr mais pas avarié ! De l’amour bio, en quelque sorte…

Evoquer les noms de romancières telles que Delly, Barbara Cartland et d’autres, amènent immédiatement sur les visages des interlocuteurs qui vous font face des sourires narquois, de commisération, voire de mépris, alors même que parfois ils n’ont jamais lu un de leurs livres. 

Il est vrai que les romances ne sont guère appréciées de prétendus intellectuels, de lecteurs qui se piquent de littérature considérée comme du haut de gamme, des acheteurs de livres ayant obtenus des prix renommés, mais qu’ils placeront dans leurs bibliothèques sans les lire.

Pourtant les points de convergence entre le roman d'amour et le roman policier sont plus nombreux que l'on pourrait croire : Amour, jalousie, haine, argent en sont les ressorts principaux comme je l’écrivais en exergue de ma chronique concernant la revue Rocambole qui était consacrée à l’œuvre de Delly.

Le fruit mûr, c’est la passion amoureuse, l’amour tout simplement. Le vrai, celui qui transporte les cœurs mais qui pour une raison ou une autre se trouve contrarié.

L’amour est bien autre chose ! Un jour, tu le connaitras, je pense. Il est beau comme un fruit qui mûrit à une heure de la vie, plus tôt, plus tard, selon chaque nature. Mais ne donne pas ce nom à toutes les passionnettes, à tous les attachements éphémères, ni même à ce que l’on appelle la grande passion, qui n’est trop souvent qu’une flamme destructrice, vite éteinte. 

Celle qui parle ainsi, c’est Dionysia, à l’encontre de sa jeune cousine Mylène qui s’est entichée d’un homme, marié avec deux enfants, mais qui vit séparé de sa femme, celle-ci ayant préféré voir ailleurs si l’herbe était plus verte et tendre, comme le font les petits veaux dans un pré. Or cet homme qui a conquis, du moins Mylène le croit-elle, le cœur de la jeune fille, refuse de divorcer pour des questions de principes. 

Mais l’héroïne de ce roman, c’est bien Dionysia dont Tugdual Meurzen fait la connaissance par l’entremise d’un ami commun René Heurtal, celui qui fait flamber le cœur de Mylène.

Jeune peintre à la réputation déjà bien établie, Tugdual Meurzen est en villégiature près de Vallauris sur la Côte d’azur. Il est en compagnie de sa mère, souffrante, et de sa sœur Josèphe. Un entourage qui lui pèse. Aussi est-il un homme mélancolique, ne possédant guère d’amis. Sa mère est une dominatrice qui étouffe tout autant dans sa vie amoureuse et professionnelle, se prévalant de sa maladie pour le confiner dans un environnement familial pesant. Il ne peut, ne doit pas s’émanciper, et sa sœur Josèphe, qui ne s’est pas mariée sous le prétexte de ne pas nuire à son héritage, supplée sa mère dans cette domination autoritaire lorsque le besoin s’en fait sentir.

Tugdual n’est pas satisfait de sa production picturale malgré les éloges qui lui sont décernés. Ses visages de femme manquent d’âme, de la petite étincelle qui rendrait le tableau vivant. Alors qu’il descend vers Juan-les-Pins, il est abordé par René Heurtal, un graveur qu’il connait bien, lequel lui signale que Calixte Sormagnes, le célèbre sculpteur réside non loin en compagnie de sa petite-fille Dionysia. Aussitôt Tugdual est captivé par les yeux de la belle Hellène, mais pas que. Et il demande l’autorisation de peindre sa Madone qu’il a en projet avec Dionysia comme modèle.

Les deux jeunes gens ressentent au contact l’un de l’autre un sentiment amoureux qui est contrarié par la promesse que Tugdual a faite sur le lit de mort de son père. Veiller sur la santé de sa mère tant que celle-ci sera vivante. Et madame Meurzen ne manque pas de lui rappeler ce serment alors que Tugdual aimerait pouvoir s’échapper de la tutelle exercée par sa mère et sa sœur.

L’été passe et la famille Meurzen regagne la Bretagne natale, même si l’humidité est néfaste à la mère de Tugdual. 

Tout en finesse et psychologie, Frédéric et Jeanne-Marie Petitjean de la Rosière, frère et sœur, alias Delly, nous offrent un roman d’amour certes, mais pas que. Outre le sentiment qui lie Dionysia et Tugdual, se greffe une autre histoire entre Mylène, la cousine de Dionysia, et René Heurtal, tandis que l’ancien promis de Dionysia arrive inopinément au mas des Sarrazins, où vit le sculpteur et sa fille.

C’est surtout un regard porté sur les relations entre hommes et femmes, entre parents et enfants, relations qui sont décryptées avec profondeur. Une époque relativement lointaine pour nous mais qui était celle contemporaine de Delly au moment de l’écriture de ce roman. 

L’intrigue n’est pas si fleur bleue que l’on pourrait croire, et les sentiments partagés, mais contrariés, sont totalement obsolètes de nos jours, sauf peut-être dans quelques familles ancrées dans leurs préjugés. 

Si surtout l’on retient l’écriture racée, subtile, aux dialogues peut-être surannés, le côté psychologique ne manque pas d’intéresser. On est loin de la violence, de la vulgarité qui parfois prédomine de nos jours. Et alors que de nos jours on couche d’abord et on demande le nom de son, ou sa, partenaire après, il y a cent ans, les approches étaient plus longs, plus décents, plus moraux que de nos jours. Le tutoiement n’était de mise qu’après de longues semaines, et le simple baiser sur la main ne se déposait qu’après de longues semaines de fréquentation. 

Il est bon parfois de renouer avec ce style littéraire qui était le reflet d’une époque, aujourd’hui révolue, mais qui était empreint de charme.

 

 

 

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