L'année Des Fers Chauds DELAHAYE334

DOMINIQUE DELAHAYE

L'année Des Fers Chauds


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Le jeudi 3 Juillet 2014

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Dominique DELAHAYE




Une lecture de
CLAUDE LE NOCHER

CLAUDE LE NOCHER

Amateur de bières originales et goûteuses, Gabriel Lecouvreur est surnommé Le Poulpe. Il habite Paris, partage la vie de la blonde coiffeuse Chéryl, et fréquente assidûment le bistrot de son ami Gérard. Plutôt pessimiste sur l'état de notre société, Gabriel est un quinquagénaire libre et curieux, qui va fouiller à son compte dans les désordres et les failles apparents du quotidien. Il démarre toujours de ces petits faits divers qui expriment, à tout instant, la maladie de notre monde. Ni vengeur, ni représentant d'une loi ou d'une morale, c'est un enquêteur un peu plus libertaire que d'habitude, c'est surtout un témoin. Cette fois, c'est Chéryl qui alerte son compagnon sur une mort fort suspecte à Liège. Le Poulpe ne tarde pas à prendre la direction de la Belgique, par le train.

Marié à Jana, qui est d'origine flamande, père de deux enfants, Christian Fischer était ouvrier dans la sidérurgie. Outre son métier, avec son ami Lounès Ferahi, il récupérait ce dont les gens se débarrassaient, afin de les vendre dans les vide-greniers. Une activité qui leur permettait de gratter un peu d'argent, en ces temps où l'avenir de la sidérurgie est de plus en plus incertain. Le soir où il a été assassiné, Christian Fischer avait un rendez-vous avec un contact, ce qui ne plaisait guère à Lounès. Dans le train, Gabriel a rencontré le jeune Julien, pas si marginal qu'il veut bien l'afficher. Plus tard, il fait la connaissance de la sportive Christelle Goosens. Deux alliés dans une ville où on est étranger, pas inutile. Y compris pour circuler en voiture, car les bouchons de Liège sont célèbres.

Puisqu'il est dans la ville natale de Georges Simenon, Le Poulpe est bien obligé de se plier au rituel d'une enquête. Déjà nerveux quelques jours avant cette affaire, Lounès s'avère fuyant vis-à-vis de Gabriel, pas pressé non plus d'aller témoigner au commissariat. Dans les heures précédant le crime, Christian et Lounès se sont bagarrés dans un bistrot. Rien n'indique s'ils se sont revus le même jour. Le Poulpe s'interroge sur un homme portant un keffieh palestinien, qu'il a remarqué aux obsèques de Christian, puis en plusieurs autres occasions. Jana Fischer ne peut guère renseigner Gabriel, si ce n'est lui confirmer que leur situation financière restait précaire. 

Quand, avec Christelle, Le Poulpe fait le tour des adresses où Lounès et Christian ont récupéré des bricoles ces derniers temps, il ne glane pas d'élément nouveau sérieux. Lorsqu'une voiture leur fonce dessus, c'est pourtant le signe qu'ils ont contrarié quelqu'un. Le dernier client du duo, bouquiniste spécialiste de Simenon, n'en apprend pas davantage à Gabriel. Ce dernier ignore qu'un certain Marteen organise ici une propagande politique occulte. Il profite des effets de la crise touchant la sidérurgie pour répandre des idéaux extrémistes. Son jeune complice est très actif sur les réseaux sociaux. Le Poulpe va devoir s'armer pour bousculer certaines personnes, afin d'éclaircir les faits...

Sauf exceptions (J.B.Pouy, D.Daeninckx), chaque épisode de la série Le Poulpe est signé par un auteur différent. Ce qui confère à ces romans des tonalités assez différentes, selon l'inspiration de chacun des romanciers. Il arrive qu'on s'éloigne quelque peu de “l'esprit” animant Gabriel Lecouvreur. Outre l'intrigue purement criminelle, c'est un regard sur notre société que l'on attend de ces histoires.

Dominique Delahaye ne l'ignore pas, situant son opus dans le contexte social liégeois, qui subit la fin annoncée de l'industrie sidérurgique. Malgré les apports financiers gouvernementaux, les ouvriers perdent leur emploi, tandis que des groupes tels qu'Arcelor Mittal se portent à merveille, faisant des bénéfices. Le cynisme de certains “dirigeants” est, on le verra, fort bien illustré ici.

Par ailleurs, Dominique Delahaye nous offre une sympathique visite de l'agglomération liégeoise, évoque inévitablement l'œuvre de Simenon, dresse le portrait d'une famille de cathos intégristes, regrette que les gares aient largement perdu leur âme en ressemblant à des espaces commerciaux, souligne que l'immigré intégré socialement a encore du mal à être un citoyen lambda. C'est donc un Poulpe “pur jus” (de houblon, car la bière est aussi consommée que le peket en Wallonie) que nous propose Dominique Delahaye. Une aventure de Gabriel Lecouvreur à ne pas manquer.

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Une autre lecture du

L'année Des Fers Chauds

de
PAUL MAUGENDRE

PAUL MAUGENDRE

Le Poulpe N° 285. Parution Avril 2014. 184 pages. 9,50€.

Sur les traces de Simenon...

Franchement, Gabriel Lecouvreur, plus connu sous le surnom du Poulpe, traverse une période en dents de scie avec sa copine Cheryl, coiffeuse de son état. Elle est une fois de plus signalée aux abonnés absents, afin de parfaire son éducation capillaire.

Elle est à Liège sur l'invitation d'un vague cousin qui lui a indiqué l'adresse d'un confrère qui dispose d'un stock de produits rétro (certains journalistes surtout dans les magazines féminins préfèrent employer des anglicismes oubliant qu'il existe l'équivalent en français de vintage). Cela dure un peu trop longtemps pense le Poulpe qui se dit qu'il ne faudrait pas pousser le bouchon trop loin.

Gabriel reçoit une enveloppe contenant une carte postale ainsi qu'une coupure de journal, attention tout à fait honorable de la part de sa maîtresse. Et outre les mots doux de rigueur, elle lui signale qu'un meurtre a été perpétré dans la cité wallonne et qu'éventuellement cela pourrait l'intéresser, connaissant son faible pour la bière.

Christian Fischer, l'homicidé, était un gars tranquille, marié, père de deux enfants, travaillant dans la sidérurgie. Mais son emploi précaire, débouchant sur un licenciement possible, l'avait amené à trouver d'autres occupations. Il faut bien rembourser les traites de la maison, et son entreprise métallurgique, Arcelor Mittal pour ne pas la nommer, préfère engranger les subventions et mettre les ouvriers à la porte. Donc, il s'était associé avec Lounès, un copain qui lui travaille dans les travaux publics et possède une camionnette, et les deux hommes ramassaient les encombrants, vidaient les greniers, revendaient, du gagne-petit. C'est ce que lui apprend Cheryl lorsqu'ils dînent ensemble avant qu'elle reparte pour Paris.

Gabriel assiste à l'enterrement de Fischer, une mise en bière au cours de laquelle il lie connaissance avec le fameux Lounès, mais il remarque un personnage qui assiste de loin aux funérailles. L'homme ne se cache pas mais ne cherche pas non plus à se faire remarquer, malgré ses cheveux longs et son keffieh.

En compagnie de Julien, un jeune dont il a fait la connaissance dans le train, lui payant son billet afin de ne pas mettre le contrôleur en rogne; de Christelle qu'il a rencontrée dans la rue et avec qui il a sympathisé parce qu'elle promenait son chien Buck, référence à Jack London, en toute décontraction étant spécialiste en art martial, ce qui refroidit les ardeurs des dragueurs; et après avoir rendu visite à la veuve de Fisher, notre Poulpe entame son enquête. Seul problème Lounès est devenu invisible. Une disparition inexplicable.

Les questions concernant le meurtrier fusent dans le crâne du Poulpe malgré les différentes bières qu'il ingurgite. Soit c'est son engagement syndical, cette fibre familiale que l'avait conduit à travailler dans les hauts fourneaux, comme son père et son grand-père auparavant, soit ce sont des brocanteurs qui n'appréciaient pas cette concurrence déloyale. Ou d'autres raisons qu'il lui faut découvrir. Muni d'une liste qu'avait établie Fischer, qui n'allait pas à la pêche pour rien, Lecouvreur sillonne Liège et surtout ses environs non sans se faire repérer.

Dans ce roman, sur lequel plane l'ombre de Simenon, le titre en lui-même est déjà une référence, Dominique Delahaye ne se contente pas de raconter une histoire belge. Simenon est toujours présent, ne serait-ce que par les romans évoqués, par les lieux dont la célèbre église de Saint-Pholien et surtout de son pendu, quelques anecdotes ou les bières enfilées avec plaisir. Le Poulpe parcourt la région avec en tête le Charretier de la Providence. De même l'eau est omniprésente, la pluie, la Meuse, les bateaux, un thème cher à Dominique Delahaye.

Mais les événements politiques et sociaux prennent une grande place dans ce récit. Par exemple la dialectique employée par des tribuns engagés dans des groupuscules dont la fonction première est la déstabilisation de l'opinion publique et des revendications ouvrières.

Cette semaine, on met le paquet sur les syndicats. L'idée, c'est de montrer aux jeunes que les syndicats sont surtout des officines politiques et qu'avec leurs revendications complètement irréalistes, ils contribuent à décourager la création d'entreprises et donc d'emploi en Belgique. Finalement, ce qu'il faut faire comprendre c'est leur responsabilité directe dans le développement du chômage. Il faut prendre l'exemple de la Grèce et montrer où mène cette dictature des syndicats !

Comme quoi un épisode du Poulpe n'est jamais futile et peut faire réfléchir, si l'on lit entre les lignes !

http://leslecturesdelonclepaul.over-blog.com/article-dominique-delahaye-a-fond-de-cale-122917123.html

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