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GILLES DELABIE

La Part Du Mal


Aux éditions RAVET-ANCEAU - POLARS EN NORD

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Le lundi 29 Septembre 2014

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Gilles DELABIE




Une lecture de
PAUL MAUGENDRE

PAUL MAUGENDRE

Collection Polars en nord N° 159. Parution le 9 mai 2014. 208 pages 10,50€.

Le Mal est à part... entière !

A vingt cinq ans, Vivien Malet est encore un gamin, et se conduit comme tel surtout lorsqu'il a taquiné la bouteille ce qui lui arrive trop souvent. Et les commerçants des halles de Rouen se plaignent de ses malices. Il peut se montrer violent aussi, notamment envers les lapereaux de son patron, un marchand de lapins. En ce lundi du mois de janvier 1954, ses facéties tournent au drame. Il est retrouvé mort dans la camionnette qu'il devait finir de décharger. Un coup de poinçon, ou autre arme tout aussi efficace, planté dans le cou avec violence.

L'enquête revient au commissaire Kléber Bouvier lequel s'adjoint l'inspecteur Péqueri dont c'est la première véritable affaire de meurtre à laquelle il est confronté. Les poches du défunt recèlent un véritable petit trésor : un canif, de la ficelle, des osselets, jeu alors en vogue, deux photos d'une jolie jeune fille, plus une enveloppe et un petit paquet-cadeau enveloppé dans du papier de soie. L'enveloppe contient une liasse de billets, trois cent mille francs, somme énorme pour l'époque, et un mot griffonné sur une page d'écolier déclarant : Je ne suis pas un mendiant. Quant au paquet-cadeau il renferme une bague dont la valeur peut être estimée au bas mot à trente mille francs. Selon son patron Vivien vivait tel un sauvage et demeurait dans une vieille chapelle désaffectée sur la colline Sainte-Catherine. Cet argent et ce bijou proviendraient-il d'un vol ?

Péqueri est chargé par Bouvier de recueillir dans le quartier des informations concernant Vivien le simplet. Point n'est besoin à l'inspecteur de visiter tous les troquets de la place, le premier s'avère être le bon. Heureusement, son foie n'aurait pas pu absorber les petits verres d'alcool proposés. Selon la patronne du troquet, genre matrone à la Dubout, Vivien habitait à l'hôtel Mimosa dans le faubourg Martainville. Un quartier déshérité, pauvre, mal famé. Vivien aurait même une fiancée du nom de Mariette Malcouchée, un patronyme qui ne convient guère à cette jeune fille de même pas dix-huit ans et qui vivrait de l'argent des autres, ou d'un souteneur répondant au nom de Mékavic.

Une piste à ne pas négliger, d'autant que Mariette prétend qu'ils se sont mariés quelques semaines auparavant, en catimini.

Autre piste à explorer, que se réserve le commissaire Bouvier, celle de la famille Malet. Gustave, le père, règne en despote sur la lignée des Malet, ayant réussi à s'accaparer l'héritage de ses frères et sœurs, seule Catherine vivant au château telle une princesse. Vivien avait été retrouvé à l'âge de quinze ans, soit dix ans auparavant, dans une marnière et depuis il est devenu un déboussolé des neurones. Seul François, l'autre fils de Gustave, est resté au domaine, travaillant sur des recherches scientifiques et agricoles.

Gustave Malet est plus qu'un gros paysan, c'est le maire du village de Doudeville dans le Pays de Caux. Casteloup, le gendarme qui officie dans la petite commune déclare même à Kléber Bouvier : Je vous avais dit que monsieur le maire n'était pas un tendre. Mais faut apprendre à le connaître. Il n'est pas seulement maire ici... Il possède l'usine d'engrais, la distillerie, les abattoirs, et pratiquement toutes les métairies du pays qui lui vendent leurs récoltes et leurs bêtes. Sans compter les camions pour la collecte du lait et tout le reste.

Bouvier et Péqueri ne sont pas au bout de leurs surprises, ce qui ne refroidit pas leur ardeur. Pourtant en ce mois de janvier 1954, le froid règne sur la région et Bouvier est obligé de se déplacer avec le gendarme Casteloup en carriole, l'essence gelant dans les réservoirs. Le fameux hiver 1954 au cours duquel l'Abbé Pierre lança un appel poignant en faveur des déshérités, des pauvres, des sans toits.

Bouvier est un homme comme les autres, malgré son statut d'officier de police. Il est marié avec Clémence, mais le ménage bat de l'aile car il trompe sa femme depuis des années avec Suzanne. Elle connait les incartades de son mari mais Clémence subit. En revenant d'un vernissage organisé en l'honneur de sa bru, le couple aperçoit dans la neige sur les bas côtés de la route un homme qui semble mal en point. Ils le recueillent, l'emmènent chez eux et c'est alors qu'un pan du passé de résistant de Bouvier lui remonte à la surface.

En lisant ce roman on ne peut s'empêcher d'évoquer Eugène Sue avec ses Mystères de Paris, Victor Hugo et ses Misérables, Guy de Maupassant et ses Contes normands, Emile Zola avec La Terre ou encore Pierre Ponson du Terrail dans ses romans champêtres comme Le Chambrion. Tout concourt à mettre en parallèle les histoires décrites par ces grands auteurs du XIXème siècle : l'atmosphère, l'ambiance, les décors, les personnages, leurs réactions violentes, la pauvreté qui règne, les grisettes et les marlous, les parvenus provinciaux qui s'érigent en petits dictateurs plaçant sous leur coupe tous les membres de leurs familles, les jalousies, les rancœurs. Avec en figure de proue le père Malet, un rôle qu'aurait pu endosser facilement Jean Gabin dans ses prestations de gueulard irascible et vindicatif. Dans celui de Mariette Arletty et sa gouaille et dans celui de Vivien Bourvil jeune avec son air niais et naïf. Evidemment ce ne sont que des images fugitives qui traversent l'esprit du lecteur, et loin de moi l'idée de vouloir faire croire que Gilles Delabie a écrit un roman à la manière de... Il possède ses propres atouts mais reste néanmoins que La part du mal s'inscrit dans le registre du roman naturaliste qui aujourd'hui est un genre quelque peu délaissé.

Un roman dur et âpre, qui ne joue pas dans le misérabilisme mais ausculte une région et ses habitants par le prisme des conditions de vie dans une campagne française à a fin de la Seconde Guerre Mondiale. Pourtant La part du mal ne manque pas d'humour, celui qui donne du baume au cœur lorsque tout va mal et qu'il faut malgré tout se montrer optimiste.

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