Ennemis Publics N°1 CAUJOLLE269

PATRICK CAUJOLLE

Ennemis Publics N°1


Aux éditions LE PAPILLON ROUGE EDITEUR

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Le jeudi 28 Novembre 2013

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Ennemis publics n°1

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Patrick CAUJOLLE




Une lecture de
CLAUDE LE NOCHER

CLAUDE LE NOCHER

Une certaine mythologie du truand cultive l'idée que les grands criminels ou les tueurs en série seraient des êtres supérieurement intelligents. Insaisissables, les malfrats et autres escrocs, tellement plus malins que la moyenne qu'ils berneraient toujours les enquêteurs à leurs trousses ? La réalité est beaucoup plus prosaïque. D'abord, la plupart de ces multi-récidivistes passent une grande partie de leur vie en prison. Ensuite, lorsqu'ils sont un temps en liberté, ils s'ennuient ferme entre deux braquages, les opérations spectaculaires n'étant pas si courantes. Vivre dans l'opulence financière, se pavaner avec les plus belles femmes, faire la fête chaque nuit ? Voilà qui fleure bon la légende ou, du moins, est-ce une vie rêvée très provisoire. Enfin, il est fréquent que ces cadors du grand banditisme sèment carrément les indices derrière eux, quand ils ne sont pas dénoncés par leurs amis.

Évoquer le chef de bande Cartouche, le contrebandier Mandrin, le gang des tractions avant de Pierrot le Fou, les anarchistes de la bande à Bonnot, le cas si particulier du “séducteur” Landru, le redoutable braqueur Émile Buisson, la fuite en avant de Jacques Mesrine, c'est aussi rappeler que tous ces assassins finirent par être arrêtés et condamnés, ou abattus sans hésiter. Certes, le gang des Lyonnais organisa durant la décennie 1970 de superbes casses, orchestrés en détail. Néanmoins, la quasi-totalité de la bande fut bientôt arrêtée. Si, au tout début du dix-neuvième siècle, Pierre Coignard se cacha sur le nom du comte Pierre-André de Pontis de Saint-Hélène, il n'en fut pas moins rattrapé par Vidocq en 1818. Plus récent, la Justice retiendra dix-huit meurtres à l'actif de Thierry Paulin, le tueur de vieilles dames. On ne peut pas dire qu'il se cachait, le flamboyant fils de Monette Paulin.

Les Chauffeurs de la Drôme, qui martyrisèrent leurs victimes de 1903 à 1908, s'étaient inspirés de leurs prédécesseur de “la bande d'Orgères” (vers 1795). Si ces malfaiteurs cruels visaient un riche meunier des environs, ils ignoraient que Clémenceau venait de créer une police spéciale bien entraînée, qu'on surnomma vite les “Brigades du Tigre”. Autour de 1840, Jean Pomarédès sévit durant cinq années, semant la terreur dans tout le Midi, avant d'être condamné à mort par le tribunal d'assises de Montpellier. Parmi les “historiques”, il faudrait encore citer le fameux docteur Marcel Petiot, assassin de Juifs, condamné en avril 1946. Dans les années 1990 à Toulouse, l'octogénaire Ange Luccarotti pourrait sembler plus pittoresque. Après un parcours chargé de délinquant, avec ses jeunes complices Laure et Michel, Ange se lança dans de nouveaux casses.

Deux personnages très singuliers dans la mythologie du grand banditisme. Christian David fut surnommé, entre autres, “le beau Serge”. Né en 1929, il fit ses débuts comme simple braqueur, avant de se mettre au service des caïds du moment, puis de s'acoquiner avec les hommes de mains du SAC gaulliste. Bien que recherché comme repris de justice, cela le protégea durant un temps. Jusqu'à ce qu'il abatte un policier, et poursuive sa carrière dans le trafic de drogue en Amérique Latine. Peut-être fut-il impliqué dans l'affaire Ben Barka, ainsi qu'il le prétendit ?... Albert Spaggiari, personne n'a oublié le nom du cerveau de ce “Casse de Nice” qui excita la France entière en 1976. Passer par le Paillon et les égouts de la ville pour cambrioler l'équivalent de vingt-cinq millions d'Euros actuel, sacré boulot ! S'il aime la gloire, la personnalité de Spaggiari est toutefois plus ambiguë. Un baroudeur facho, dont on n'est plus si certain qu'il fut vraiment le cerveau du casse.

Né à Saint-Pétersbourg, Alexandre Ludinghausen fut un des plus brillants escrocs d'avant la Seconde guerre mondiale. Avec sa mère, ce rejeton de la noblesse tsariste multiplia les carambouilles, déroba quelques œuvres d'art majeures, trafiqua un vrai-faux Vermeer, et berna des bijoutiers auxquels il prétendait acheter une pierre précieuse. Longtemps recherché avec sa complice à travers toute l'Europe, ce n'est qu'en 1949 qu'il fut pris après le vol astucieux d'un tableau de Goya à Agen... Au total, ce sont vingt-deux portraits de criminels et de bandes de bandits, que nous présente dans ce livre Patrick Caujolle. Il utilise une tonalité généralement légère et enjouée pour nous décrire les circonstances de leurs méfaits. Ce qui est une manière de souligner que, bien qu'appartenant à l'histoire de la criminalité, ces personnages ne sont guère dignes d'admiration. Voici un nouvel ouvrage fort intéressant sur les grands noms français du crime.

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Une autre lecture du

Ennemis Publics N°1

de
PAUL MAUGENDRE

PAUL MAUGENDRE

Ces Français que le monde entier a traqués. Préface de Claude Cancès, ancien patron du 36 du Quai des Orfèvres.

Dans la cour de l'école, nous jouions volontiers aux gendarmes et aux voleurs, mais peu de mes camarades émettaient le désir d'être dans le camp des représentants de la loi. Moi le premier. Pourquoi cette attirance à vouloir figurer dans les bandes des hors-la-loi ? Je ne saurais trop dire. Peut-être l'attrait de l'aventure, du goût du risque, l'envie de défier la maréchaussée qui représentait la rigidité de l'éducation parentale et celle des instituteurs et d'assumer un côté rebelle, de se prendre pour Robin des Bois, Cartouche, Mandrin, Arsène Lupin et autres héros des romans populaires qui exerçaient sur notre imaginaire une véritable empathie sans que nous sachions vraiment qui étaient ces personnages de cinéma et pour nous de fiction.

Patrick Caujolle narre la vie des quelques-uns de ceux qui ont été désignés comme des Ennemis publics N°1 en détruisant le mythe qui avait été forgé par des romanciers, tel Jules de Grandpré, ou des acteurs comme Belmondo. Les bonnes actions, supposées, masquaient les délits et les crimes dont ces personnages se sont rendus coupables, alimentant souvent la presse friande d'actions d'éclats, et dont les lecteurs souvent se régalaient en lisant leurs prouesses.

Des légendes se sont créées autour de certains de ces malfaiteurs et pourtant, dans un style sec et rigoureux, Patrick Caujolle démontre que Cartouche et Mandrin n'étaient pas de si charmants héros de littérature que ça. Leurs exploits n'entraient pas, ou peu, dans la défense de la veuve et de l'orphelin, dans le désir de spolier les riches afin de donner aux pauvres. Leurs exactions firent de nombreuses victimes, et surtout les crimes de sang étaient perpétrés dans la violence. Même si pour certains les victimes étaient choisies. Adieu le mythe, place à la réalité.

Mais tous n'ont pas acquis l'aura de Cartouche ou Mandrin. Les Chauffeurs de la Drôme par exemple. Les Chauffeurs de pâturons ou Brûleurs de pieds, sont apparus peu après la Révolution et ils s'introduisaient souvent de nuit chez des gens, leur brûlant les pied afin de leur faire avouer où le magot était caché, lorsqu'il y en avait un. Autre personnage dont l'histoire est narrée dans cet ouvrage, puisque j'évoque le feu, c'est bien évidemment Landru, alias le Sire de Gambais ou encore le Barbe-Bleu de Gambais, village situé non loin de Houdan, et qui s'était forgé une spécialité culinaire au feu de bois.

Toujours dans la catégorie des malfaisants qui attirent la sympathie, Alexandre Jacob qui a servi de modèle à Maurice Leblanc pour créer son personnage d'Arsène Lupin. Ce n'est pas forcément en lisant les ouvrages de Jules Verne qu'il va forger son destin, mais ils lui offrent le goût des voyages, des grands espaces. Et c'est ainsi que vivant à Marseille et après avoir obtenu à l'âge de dix ans son certificat d'études, un diplôme prestigieux pour l'époque, que son père lui présente le capitaine d'armement d'un navire. Il embarque comme mousse mais la vie est dure à bord et à treize ans il déserte pour embarquer sur une baleinière qui n'est autre qu'un bateau pirate. Abordages, pillages, massacres, constituent son lot de navigation et il déserte à nouveau. A seize ans revenu à Marseille, il enchaine les petits boulots, et commence à fréquenter les milieux libertaires. Distribution de tracts anarchistes, lancer de boules puantes dans les églises durant les offices, et l'apprentissage de la fabrication des engins explosifs. Dénoncé, il purge une peine de six mois de prison et à sa sortie il trouve du travail chez un imprimeur comme typographe. Il donne toute satisfaction à son employeur jusqu'au jour où des policiers avertissent son patron et le font congédier. Ce que veut la police est simple : qu'il devienne un mouchard, un indic. Une proposition qu'il n'accepte pas et ce sera le début véritable de sa carrière de voleur. Comme quoi la police peut manquer parfois de psychologie et jette dans le ruisseau ceux qui désiraient en sortir.

Mais si on s'identifiait facilement à quelques truands de haut vol, jamais nous ne serions devenus tueurs de vieille dames, comme Thierry Paulin. Il a commis ses nombreux forfaits dans les années quatre-vingts, soit trente ans après nos jeux innocents et juvéniles. Des vieilles dames âgées entre soixante et quatre-vingt-dix ans, qu'il tuait pour les dépouiller de leurs maigres économies, souvent pour des clopinettes.

Dans un autre registre, Emile Buisson, né en 1902 en Bourgogne, n'est pas gâté par la nature du côté parental. Son père alcoolique rentre souvent bourré le soir et pour se défouler de sa journée de travail il tape sur sa femme à bras raccourcis. Ce qui n'empêche pas la brave épouse d'être enceinte à dix reprises, accouchant toujours dans la cuisine, Emile et son frère Nuss s'improvisant sages-femmes. Le premier chapardage d'Emile a lieu lorsqu'il a sept ans, un vol de poule, il faut bien manger. Puis viennent les petits vols de tiroirs-caisses chez les commerçants, les premières condamnations et la roue tourne, toujours dans le mauvais sens.

En tout vingt-deux personnages, considérés comme Ennemis publics N°1, sont passés à la moulinette de Patrick Caujolle, qui connait bien le métier d'enquêteur puisque lui-même est policier. Vingt-deux textes que l'on lit comme on regarderait des courts-métrages, l'accent étant mis sur certains épisodes, d'autres étant rapidement esquissés. Et l'on aurait aimé que ces textes, quitte à ce qu'ils soient moins nombreux, bénéficient d'une plus grande analyse et d'une biographie plus riche.

Malgré la rigueur de la narration, j'ai relevé une petite phrase dans le récit consacré à Emile Buisson, phrase qui, si elle figurerait dans un rapport de police, permettrait à un avocat même débutant de souligner un vice de procédure : Pas de chance, Maurice Yves s'est tué d'une balle dans le dos. Dans quelle condition ceci est arrivé, je vous laisse le soin de la découvrir.

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