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PATRICK CAUJOLLE

Beau Temps Pour Les Couleuvres


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Le mercredi 17 Septembre 2014

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Patrick CAUJOLLE




Une lecture de
CLAUDE LE NOCHER

CLAUDE LE NOCHER

Gérard Escaude est un policier de quarante-trois ans, en poste au commissariat Ouest de Toulouse, quartier Saint-Cyprien. Surnommé Gégé, voilà vingt ans qu'il exerce le métier, avec des hauts et des bas. Il trouve prétentieux son supérieur actuel, Le Ninir, qui n'a rien d'un flic de terrain. Il est actuellement flanqué d'un stagiaire, le jeune Victor Galéras. Son expérience, Gégé essaie de la transmettre à ce policier à peine sorti de Cannes-Écluses. Le vendredi 12 avril, un week-end peinard s'annonçait pour Gérard. Mais une sexagénaire, Mme Duval, a été poignardée à son domicile. En état de choc, son mari a été hospitalisé. Le retraité de la SNCF Marcel Duval est le présumé assassin de son épouse. Il essaie de s'évader de l'hôpital, avant d'être rapidement rattrapé et interrogé par Gégé.

Marcel Duval n'a rien d'un criminel endurci. En policier chevronné usant de psychologie, Gégé l'amène naturellement aux aveux. Une ultime dispute entre les sexagénaires, qui a entraîné ce meurtre, c'est presque banal. Duval avait une jeune amante, de la moitié de son âge, amatrice d'art comme lui. Un message maladroit de cette Marie-Jo Vigouroux a déclenché le drame. L'enquête de voisinage évoque, pour les Duval, un couple fréquentant peu de monde, sans histoire. L'autopsie révèle que la victime avait avalé une forte dose de phénobarbital, avant l'avalanche de coups de couteau. C'est un médicament devenant vite mortel, interdit depuis bon nombre d'années. Il est vrai que la défunte mère de Mme Duval en a utilisé pour soigner sa schizophrénie, naguère. Il en reste à leur domicile.

Marcel Duval n'explique rien quant au phénobarbital. Toutefois, il a un fils de vingt-six ans, Théo, interné à Paris, souffrant de schizophrénie. Après avoir questionné le psy ayant traité le jeune homme, Gégé profite d'un week-end à Paris chez son copain Maurice, pour se renseigner. De l'hôpital Sainte-Anne à une clinique spécialisée de la rue du Banquier, on lui confirme l'éventuelle dangerosité de Théo. Son récent emploi du temps laisse perplexe le policier. De retour à Toulouse, Gégé rencontre la prostituée Katia, de son vrai nom Marie-France Bentajou. Elle a vécu quelques temps en Ariège, façon baba-cool, avec Théo. Elle affirme que Marcel Duval fréquenta avec une belle assiduité ses collègues prostituées. Gégé et Victor vont bientôt pourchasser leur suspect le plus probable…

Ancien policier, Patrick Caujolle entretient sa vocation littéraire depuis plusieurs années. Il a publié de la poésie, des ouvrages consacrés à des cas criminels dans le Sud-Ouest, ainsi que “Ennemis publics n°1” et “Les casses du siècle” chez Le Papillon Rouge Éd. On avait pu remarquer une jolie souplesse narrative dans ses livres précédents. Entre des récits courts et un roman, existe néanmoins une grosse différence de format, voire de style. C'est avec grand plaisir que l'on constate que Caujolle est ici tout aussi convaincant. D'abord, par sa tonalité plutôt enjouée : “Et puis les amis, c'est comme les voitures, les jardins ou les maîtresses, ça s'entretient, tandis que les ennemis c'est tout de même plus confortable à gérer. Une fois que vous en avez un, avec un peu de chance, c'est pour la vie.”

Il s'agit donc d'un roman d'enquête ayant pour héros un policier. Rien de plus logique, vu le passé de l'auteur. Autant parler de ce que l'on connaît, de l'agglomération toulousaine et des investigations ordinaires d'un policier, en l’occurrence. Sans oublier le contexte qui fut longtemps alcoolisé dans les commissariats, Gégé le reconnaît : “Crois-moi, ce que tu peux voir aujourd'hui dans les services n'est qu'une métastase de ce qui se passait autrefois. Maintenant, entre les jeunes intellos clonés qui passent le concours, et la hiérarchie sans couille qui nous dirige, je peux te dire que les apéros d'autrefois ont presque tous disparu […] Autant boire pour boire est nul, autant un apéro ou une bouffe avec le boss en jeans est primordial. C'est ça qui soude.”

Toutefois, Caujolle ne se borne pas à une caricature. À travers son héros, il retrace aussi l'état d'esprit du métier de policier, l'évolution des pratiques. “Maintenant, c'est vrai, avec votre technique, vous en savez parfois autant, et ça fait moins d'alcooliques, mais c'est plus pareil. Chacun son groupe, chacun son morceau de gras, et la hiérarchie distribue les bons points en fin d'année pour faire des jaloux […] L'ADN est une preuve, pas un aveu. Et tu t'apercevras dans ta carrière que le plus important pour les familles des victimes, c'est de comprendre...” Le témoignage est un des éléments de cette histoire, sans oublier pour autant une véritable intrigue. Un roman policier authentique, bien écrit, et passionnant.

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Une autre lecture du

Beau Temps Pour Les Couleuvres

de
PAUL MAUGENDRE

PAUL MAUGENDRE

Parution le 5 septembre 2014. 224 pages. 12,00€.

Entre avaler des couleuvres et avoir une langue de vipère, il faut savoir serpenter !

De nombreux auteurs de littérature policière ont débuté en écrivant de la poésie. Ce n'est pas un crime, demandez à Marc Villard ou Adam Saint-Moore par exemple. Cela leur a permis de peaufiner un style qui souvent imprègne leurs romans. Patrick Caujolle a donc emprunté cette voie, récoltant au passage quelques prix honorifiques. Mais la poésie est un art confidentiel et rares ceux qui actuellement se font un nom dans ce domaine pourtant exigeant. Et ce sens du rythme, de la description, du regard porté sur la nature ou les êtres humains s'en ressent, apportant une note plus souple dans la narration.

Alors qu'il se promet un week-end tranquille à pêcher la truite dans l'étang de Hers avec son copain Pierrot, le capitaine Gérard Escaude, attaché au commissariat de l'Ouest, quartier Saint-Cyprien à Toulouse, est arraché à ses idées vagabondes et halieutiques par le téléphone. Il n'avait plus que vingt minutes à tirer pour s'échapper du bureau, les plus longues, mais la substitut du procureur annihile ses volontés d'aller taquiner la truite pour lui proposer d'aller fouiner en eaux troubles.

Un homicide vient d'être signalé dans une rue calme, un homme qui aurait poignardé sa légitime épouse d'environ une trentaine de coups de couteau. La défunte n'a plus besoin de soins, sauf des analyses de la police scientifique et de l'autopsie réglementaire, tandis que son mari, Marcel Duval, retraité de la SNCF, découvert prostré, on le serait à moins, a été transféré dans un service médico-judiciaire. Le lendemain, affolement général, Duval a disparu. Il s'est simplement enfui de l'hosto mais est rapidement retrouvé.

Interrogé par Escaude et un inspecteur stagiaire, Victor, qui découvre la boutique, Marcel Duval ne nie pas les faits. D'abord il a été retrouvé sur les lieux du drame, un couteau ensanglanté près de lui. Marcel se déshabille, c'est une image, et raconte sa petite vie maritale. Lui contrôleur, elle secrétaire médicale, n'ayant plus grand chose en commun que l'art, la passion de la littérature pour elle, la peinture pour lui. Et puis les années passent et il s'est trouvé une maîtresse. C'est bon pour l'hygiène. Seulement un SMS malheureux lu par son épouse, le drame et puis voilà...

Pour Escaude, le genre d'enquête banale, rapidement bouclée, sauf que... D'après le légiste, si l'épouse de Marcel Duval n'aurait pu survivre à ses blessures, elle serait décédée de toute façon à cause des médicaments ingurgités, du Phénobarbital, en masse. Un médicament qui n'est plus délivré dans les pharmacies depuis des décennies. De plus, si les empreintes de Marcel Duval figurent en bonne place, une autre se révèle aux yeux exercés de la police scientifique, jetant un doute dans l'esprit des enquêteurs. Et lorsque Escaude et Victor se rendent chez la belle Marie-Jo Vigouroux, la jeune maîtresse présumée de Duval, elle en fait tout un pastis. D'accord, ils se connaissent, mais rien de plus que quelques papotages concernant la vie de famille, ou ce qu'il en restait, et la peinture.

Autre point qu'il convient d'éclaircir, c'est le rôle du fils Duval, Théo, qui est actuellement à Paris interné pour des problèmes de schizophrénie.

Tout comme les truites qui gobent les mouches artificielles utilisées par Escaude lors de ses parties de pêche, le capitaine devra avaler de nombreuses couleuvres durant son enquête, mais ce ne sont pas les premières qu'il déguste. Ses parcours, autant familial que professionnel, ont été chaotiques. Il aime son métier de flic mais n'apprécie pas sa hiérarchie. Ecoute, je vais pas me mettre un grelot autour du cou pour faire plaisir à des Le Nimir (son patron) de bas-quartier qui sont cons comme la lune. Et encore, avec la lune, il y a des éclipses. Lui et quelques autres seront toujours des exécuteurs des basses œuvres mais jamais des flics.

Tout comme la poésie sert d'auto psychanalyse, le roman lui aussi permet à des écrivains de pouvoir évacuer ce qui les perturbent dans leur travail. Ainsi Patrick Caujolle, qui a passé quinze ans à la Crim' du SRPJ de Toulouse, se sert de l'écriture d'un roman pour évacuer tout ce qui le mécontente, ce qu'il n'apprécie pas dans sa profession, ce qui le met en rogne et il s'en explique à plusieurs reprises via Escaude s'adressant à son stagiaire qui est encore tout feu, tout flamme. La politique du chiffre, les carriéristes, mais également les avocats, bref une analyse du mal-être par procuration. Et c'est ce que l'on peut reprocher à ce roman, les digressions qui ralentissent le rythme de l'enquête et de la lecture.

Le roman policier tend à servir d'exutoire à une corporation mal dans sa peau, et l'écriture à indiquer les rancœurs, l'incompréhension ressentis par les membres d'une corporation coincée entre politiques et public, le besoin d'empathie qui en découle, mais pas sûr que le lecteur adhère à ce déballage d'états d'âme.

Je terminerai par ce qui a échappé peut-être à bon nombre de lecteurs, à tout le moins à son éditeur. Ainsi la victime se prénomme Gisèle page 31 et Josette page 204. Comme le fait remarquer Escaude lors de la première prise de contact avec Marcel Duval, Ah, je vois que vous n'avez pas oublié son prénom, c'est la première fois que vous le citez. Mais le transcripteur, lui, a dû s'emmêler les pinceaux dans les touches de son clavier. Ce n'est pas grave en soi, mais cela pourrait sûrement avoir des conséquences lors d'un procès, un avocat futé pouvant demander le report pour vice de forme ou de procédure dans un dossier.

Parick Caujolle est également l'auteur de quelques ouvrages documentaires dont vous pouvez retrouver l'analyse sur ce blog. Il s'agit de Ennemis publics N°1 et Les casses du siècle.

Retrouvez
PAUL MAUGENDRE
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leslecturesdelonclepaul.over-blog.com/

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