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BARBARA CARTLAND

Le Diable Amoureux


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Barbara CARTLAND




Une lecture de
PAUL MAUGENDRE

PAUL MAUGENDRE

The devil in love – 1974. Traduction de Denyse Renaud. Collection Nous Deux N°358. Les Editions Mondiales. Parution juillet 1976. 222 pages.

ISBN : 2707413585

C’est un homme comme un autre…

Quelle n’est pas la désillusion de la famille Stanton lors du décès du père Sir Beaugrave Stanton. Celui-ci a dilapidé toute sa fortune dans des voyages et dans des livres couteux et rares pour satisfaire sa passion sur l’Antiquité grecque.

Une passion qui s’était étalée jusque dans le choix des prénoms de ses quatre filles et de son unique fils. L’aînée, Cynthé, dix neuf ans, Larrissa, dix-huit ans, Athéna, dix-sept ans, Delos la petite dernière, quinze ans. Enfin le fils, Nicias, dont bien vite le prénom fut transformé en Nicky, afin d’éviter les moqueries de la part de ses condisciples. Ils vivent dans le château familial, Redmarley, sis dans la campagne anglaise, non loin de Gloucester, mais comme le portefeuille commence à se rétrécir en peau de chagrin, il va falloir opérer quelques coupes dans le train de vie.

Nicky est destiné à poursuivre ses études à Oxford afin de devenir diplomate, mais cela semble compromis. Ses sœurs n’acceptent pas qu’il sacrifie sa carrière à cause d’un manque pécuniaire. Aussi ses sœurs et leur mère envisagent diverses solutions pour pallier cette infortune. Larrissa écrit à sa marraine qui vit à Londres, laquelle connaît une vieille dame établie en France, la comtesse de la Roche, dont le frère, le comte de Barmont recherche une gouvernante pour son petit-fils Jean-Pierre.

Une situation en poche de gouvernante, ou plutôt de préceptrice, ne peut se refuser, aussi afin de paraître à son avantage en France, Larissa restaure quelques vieilles robes de ses sœurs ou de se mère, en leur ajoutant dentelles et les réaménageant. Puis c’est le départ, l’arrivée sur le continent. Dans le train qui l’emmène vers la capitale, Larissa fait la connaissance de Madame Madeleine qui s’extasie sur ses robes. Elle est une coutière renommée et apprécie le travail de rénovation. Elle parle également du comte Raoul de Barmont, le père veuf du jeune Jean-Pierre, mais ce n’est pas à l’avantage du trentenaire. Raoul est un fêtard bien connu dans les clubs de la capitale et des endroits de débauches comme les Folies-Bergères.

En gare un coche attend Larissa qui va enfin connaître les aîtres et les êtres. Le comte de Barmont père est un sexagénaire froid et distant qui ne voit que par son petit-fils, ne désirant pas entendre parler de son fils qu’il veut répudier. Madame de Savigny sa sœur qui vit au château accueille Larissa avec sympathie, ainsi que le personnel dont la nourrice de Jean-Pierre qui fut également celle du père, le comte Raoul.

Larissa doit enseigner surtout la langue anglaise à Jean-Pierre, un petit bonhomme de six ans qui ne pense qu’à jouer. C’est un gamin rêveur qu’un rien distraie, n’essayant pas de retenir les leçons de sa préceptrice. Au contraire, comme s’il en faisait exprès. Larissa s’aperçoit rapidement qu’il manque quelques neurones dans le cerveau de Jean-Pierre ce dont, à part son grand-père, tout le monde s’est aperçu. Et elle ne peut mettre en doute l’intelligence du gamin, au risque de se faire renvoyer au bout de quinze jours comme les gouvernantes précédentes.

Un jour, Jean-Pierre, toujours dans la lune, manque se faire écraser par un cheval qui galope dans une allée du château. Il s’agit du comte Raoul venu prendre des nouvelles de son fils, de la nouvelle préceptrice, et proposer une affaire à son père. Celui-ci refuse sans même étudier la proposition, engoncé qu’il est dans sa morgue et sa prévention envers le fils qui n’est pas prodigue. Mais le jeune comte Raoul tape dans les yeux et le cœur de Larissa et apparemment, c’est réciproque.

Sous cette ébauche d’histoire d’amour, qui se déroule en 1890, se niche un drame familial, un épisode imprévisible, dans sa conclusion, mais dont Barbara Cartland avait déjà posé les prémices par quelques péripéties sentant le roman policier. En effet, le comte Raoul manque être empoisonné, selon l’un des serviteurs toujours à l’affût des ragots, par une des bouteilles de Champagne ramenées du domaine. Car le comte, ne pouvant déshériter son fils, avait imaginé un meurtre afin que son petit-fils devienne l’héritier.

Mais Larissa, mise au courant, sauvera la vie de Raoul, en se précipitant à Paris, découvrant par la même occasion les lieux supposés de débauche du père de Jean-Pierre, à l’insu de son patron. Mais ce n’est pas fini.

Barbara Cartland se pique également de psychologie, mettant en parallèle les sociétés huppées britanniques et françaises, et leurs conceptions du mariage.

Les Français ont la réputation d’être très audacieux avec les femmes affirme Lady Stanton, qui ajoute : Un Anglais, s’il est homme d’honneur, ne courtisera une jeune fille que si ses intentions sont honnêtes, que s’il compte lui offrir le mariage.

On pourrait longtemps gloser sur ces deux affirmations tendancieuses. Mais laissons les philosophes s’écharper sur ces allégations, Ah bon, il n’existe pas de Français homme d’honneur, et que font les Anglais qui ne sont pas hommes d’honneur, comme il en existe partout ? Vaste sujet de dissertation, n’est-il point ?

Alors que le comte Raoul lui déclare qu’elle est infiniment ravissante, et qu’il suppose que de nombreux admirateurs le lui ont déjà dit, Larissa rétorque :

En Angleterre, monsieur, les hommes sont bien élevés.

Elle avait eu l’intention de le rabrouer, mais elle vit Raoul sourire. Ses yeux pétillaient.

Serait-il mal élevé de dire la vérité ? demanda-t-il. A vous voir, j’aurais cru que, plus que quiconque, vous apprécieriez la franchise.

Peut-on penser qu’il s’agit d’un cas de harcèlement ou d’un compliment mérité ?

Ce qu’un enfant ne connait pas ne lui manque pas.

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