Le Syndrome Du Pire CARLSSON342

CHRISTOFFER CARLSSON

Le Syndrome Du Pire


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Le vendredi 3 Avril 2015

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Christoffer CARLSSON




Une lecture de
CLAUDE LE NOCHER

CLAUDE LE NOCHER

Originaire de Salem, dans l'agglomération de Stockholm, Leo Junker est aujourd'hui âgé de trente-trois ans. Quand le policier émérite Charles Levin remarqua les qualités du jeune agent Leo Junker, il lui fit intégrer le service des Affaires Internes. Non pas dans le rôle d'enquêteur sur d'éventuelles bavures de ses collègues, mais comme superviseur de ces dossiers sensibles. Leo se montra très efficace, jusqu'au fiasco d'une opération de police sur l'île de Gotland. Le but réel semblait être de piéger les flics. C'est ainsi que Leo tira sur un de ses confrères. Mis en congé-maladie, soigné psychologiquement, il comprit qu'on faisait de lui le bouc-émissaire dans cette affaire. Levin ne pouvait rien pour lui. En outre, il y avait eu quelques temps avant sa séparation d'avec la tatoueuse Sam Falk. À cause de l'accident qui lui fit perdre le bébé alors qu'elle était enceinte. Désormais, Leo ingurgite des calmants et se remémore le passé.

Salem n'était pas une ville agréable, avec ses pavillons tristounets, ses tours d'habitation trop hautes et trop grises, son château d'eau. C'est près de ce dernier bâtiment que Leo sympathisa avec John Grimberg, à l'époque de leur adolescence. Klas et Diana Grimbert formaient un couple moins équilibré qu'il y semblait. Leur fils “Grim”, comme il se faisait appeler, gérait beaucoup la vie de famille, et protégeait sa jeune sœur Julia. Créatif, Grim l'était sans doute. Ce fut bientôt en confectionnant de faux papiers d'identité, qu'il en fit la démonstration. Ce qui l'obligea à séjourner dans un camp d'été pour pré-délinquants. Ou il fut impliqué dans un incident, causé par un de ses amis. Pendant son absence, Julia et Leo vécurent une relation amoureuse de plus en plus intime. Elle veilla à ce que son frère ignore leur romance. Leo eut même l'occasion de partager un repas avec leurs parents. Mais l'affaire tourna finalement mal pour Julia.

Dans l'immeuble de Léo, un meurtre a été commis au foyer associatif accueillant pour la nuit des SDF. Âgée d'environ vingt-cinq ans, Rebecca Salomonsson était une junkie et une dealeuse. On l'a abattue de très près. Bien qu'étant interdit de se prévaloir du titre de policier, Leo est le premier sur les lieux. Il remarque le collier que la victime serre dans sa main. L'objet a appartenu à quelqu'un que Leo connaissait bien. Il en dit le moins possible à son collègue Gabriel Birck. Il évite de lui parler des messages anonymes reçus depuis peu sur son téléphone. Par contre, l'aide de Charles Levin ne sera pas inutile, car celui-ci a une secrétaire qui fournit très rapidement les renseignements voulus. Leo contacte son ex-compagne Sam, proche de milieux underground. Si elle ne peut s'afficher avec un flic, même suspendu, elle essayera néanmoins de glaner des infos pour Leo. Si Rebecca était visée, pourquoi ne pas l'éliminer dans un endroit moins risqué ? s'interroge Sam.

Alors que lui-même est suspecté par la presse dans l'affaire Rebecca, Leo est certain que ce crime a un lien direct avec son ancien ami Grim. Mais voilà environ dix ans que John Grimberg a totalement disparu des sources officielles. Certes, il était expert en faux-papiers, toutefois choisir la clandestinité demande plus d'organisation. Ce qui était à la portée d'un type très intelligent tel que Grim. Quand Leo se confie à Charles Levin, ce dernier se souvient fort bien d'avoir naguère proposé à Grim de mettre ses compétences au service de la police. Si l'exécuteur de Rebecca se dénonce, c'est pour diriger Leo sur la piste adéquate, via le vieux Joseph Abel, qui a une enveloppe à lui remettre…

Si le titre français est bien pensé, le titre original se traduirait par “L'homme invisible de Salem”. En effet, l'adolescence de Leo Junker avec John et Julia Grimberg, dans cette ville de banlieue qu'est Salem nous est racontée en alternance avec les faits actuels. C'est là que prend racine cette histoire, car on ne doute pas un instant qu'existe un lien entre les deux époques. Le “double récit” est mené avec une finesse exemplaire, soulignant le contraste entre l'ado Leo, qui s'est trouvé un ami et une petite copine, et le flic désabusé qu'il est devenu à cause de circonstances mal éclaircies. Heureusement pour lui, Leo le solitaire est moins seul qu'on pourrait le penser, pour cette enquête parallèle. Grâce aux réminiscences qui le hantent, de possibles réponses se font jour.

Excellent roman noir jouant sur les ambiances autant que sur les caractères de singuliers personnages, “Le syndrome du pire” (récompensé par un jury suédois) offre aussi de courtes pauses un brin plus souriantes. En particulier quand Leo fréquente le “bar” tenu par l'étudiante Anna. Pour le reste, la tonalité reste plutôt tendue, voire conflictuelle, même au temps d'un certain bonheur entre Julia et Leo. Par exemple, lorsque Grim ado gagne un pari, on sent qu'il faut impérativement payer, ne pas le décevoir. On s'attache très vite au trio principal, autant qu'aux mystères entourant la mort de la jeune droguée. Un suspense subtil et excitant, de qualité supérieure.

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Une autre lecture du

Le Syndrome Du Pire

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L A

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L’éclat des gyrophares des voitures de police tire Leo Junker du sommeil comateux, fruit du mélange de médicaments et d’absinthe. Dans le foyer pour femmes, situé trois étages en dessous de son appartement, une jeune prostituée toxicomane a été abattue d’une balle dans la tête.

Leo Junker est un policier suspendu depuis la bavure qui a coûté la vie à l’un de ses collègues, suspension qui ne l’empêche pas d’avoir conservé des contacts dans les services. Et c’est grâce à eux qu’il réussit à s’introduire sur la scène de crime et a y relever un élément troublant, un élément qui le renvoie à son passé, à son adolescence dans le quartier défavorisé de Salem, et qui ravive le souvenir de Julia et John Grimberg.

Aiguillé par de mystérieux messages qu’il reçoit sur son portable et par l’étrange impression d’être suivi en permanence, Leo Junker entreprend sa propre enquête sur ce meurtre. Une enquête qui ravive tous ses souvenirs, jusqu’aux moins reluisants, jusqu’au plus douloureux.

Bâti d’alternances spatio-temporelles, « Le syndrome du pire » enchaine, de chapitre en chapitre, présent et passé jusqu’à la résolution finale qui voit l’un rattraper l’autre.

Suède, pays de cocagne ? C’est loin de l’image qui transpire de ce roman plus noir que thriller, de ce roman qui laisse au lecteur le goût amer de vies détruites.

 

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