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XAVIER-MARIE BONNOT |
La Première EmpreinteAux éditions L'ECAILLER DU SUDVisitez leur site |
3308Lectures depuisjour de sa mise en ligne
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Une lecture de |
Dès les premières pages nous comprenons que ce polar va s'ordonner autour des « exploits » d'un serial killer qui a choisi Marseille et ses calanques comme théâtre d'opérations. Constater que le Silence des Agneaux étend son emprise jusqu'au littoral méditerranéen n'est pas de nature à surprendre le lecteur à tendances cinéphiles. Encore une histoire de tueur en série se dit-on, quelque peu dubitatif. Que nenni ! car la première empreinte émerge singulièrement du lot, jusqu'à frôler le sublime et à mettre au tapis quelques auteurs venus d'outre-atlantique qui assèchent la corde du pathogène à trop l'exploiter. Ici point de psychopathe, au penchant nazi, que guident ses pulsions sexuelles, sa haine des femmes, des arabes, des noirs ou des portoricains. Ici point de victimes « innocentes », abattues au hasard des mauvaises rencontres et aux coins des rues sombres. Au contraire, chaque meurtre est calculé, réfléchi et mis en scène, à tel point que derrière chacun d'eux se dissimule souvent plusieurs victimes, parfois complices involontaires du tueur. Synthèse de tous les genres, la première empreinte mêle avec talent le style procédural au gore le plus cru, le roman historique à la peinture sociale… et se permet même un clin d'œil au « mystère en chambre close »… un clin d'œil explicatif des mobiles du tueur. Au procédural, ce roman emprunte la construction. Durant ses 400 pages, nous suivons pas à pas l'enquête qui conduira la police jusqu'au tueur, un passionné de préhistoire qui s'identifie aux premiers hommes, à ces chasseurs et qui trucide ses victimes à coup de hache de silex. Mais c'est par la véracité de ses personnages que ce polar se différencie de la production habituelle. Chacun des protagonistes y est campé avec précision, aussi bien les premiers rôles que les rôles fugaces. Que ce soit le juge d'instruction, la fille du truand, le curé, les victimes, le faux coupable… chacun prend vie au fil des pages et laisse, lorsqu'il disparaît, le souvenir de sa présence. Tout ceci n'est, bien sûr, possible que grâce au talent de Xavier-Marie Bonnot. Grâce à son écriture, vivante précise et rythmée, grâce à sa documentation tout aussi ¦précise, il rend crédible cette l'histoire, cette irruption de la préhistoire dans notre monde. Mais aussi parce que Xavier-Marie Bonnot maîtrise parfaitement les procédés qui ont fait la gloire des plus grands. Son personnage principal, le commissaire (pardon le commandant) De Palma, dit le Baron (faut-il y voir des clins d'œil ?), possède tous les attributs des héros qui hantent les polars : sa passion, l'opéra ; ses faiblesses, il n'aime pas le pastis mais il en boit pour faire comme tout le monde ;ses amis, Maistre son coéquipier au Quai des orfèvres avant leur mutation à Marseille ; son histoire, professionnelle et affective ; sa froideur, genre l'inspecteur Harry ; ses peurs et paniques… Et lorsque commence la série de meurtres « préhistoriques », le Baron termine une autre enquête. Cette sorte de pré-générique ( dans le style de ceux qui précédent les films de Jean Bond ou d'Indiana Jones) donne immédiatement le ton et laisse entendre qu'avant que nous ne découvrions le Baron celui-ci existait déjà. Il l'introduit dans la durée, ce qu'on ne peut que souhaiter ardemment
2002. Réédition Pocket Thriller N°13206. Parution 31 Aout 2007. 472 pages Bon anniversaire à Xavier-Marie Bonnot né le 7 décembre 1962. Michel De Palma, commandant au SRPJ de Marseille, surnommé Baron par ses amis et ses collègues, réputé comme un policier sérieux et efficace, se voit confier une enquête sur le décès d’une préhistorienne retrouvée noyée dans la calanque de Sugiton. Le fils d’un ancien chimiste de morphine, reconverti comme limonadier est lui aussi découvert noyé, un accident semble-t-il, au même endroit. Cette calanque de Sugiton recèle, par 38 mètres de profondeur, une grotte préhistorique dans laquelle ont été découvertes des reproductions de bisons et autres animaux, ainsi que celles de mains en négatif ou l’effigie sommaire de l’homme tué, sensée représenter l’image du premier meurtre de l’histoire. Une main en négatif, comme celle retrouvée auprès de corps de jeunes femmes assassinées apparemment sans raison. Pourtant il existe un lien entre ces meurtres, un lien ténu que De Palma rembobine avec obstination, comme un fil d’Ariane fragile et prêt à casser à tout moment. Mais le policier, féru de musique classique et principalement d’opéra, est têtu et même s’il traîne derrière lui un boulet, cela ne l’empêche pas de persévérer, contre vents et marées. Malgré quelques longueurs, La première empreinte de Xavier–Marie Bonnot est un roman remarquable autant par l’écriture que par la maîtrise du sujet, son sens du détail précis et minutieux (trop peut-être) et par le décor, lieux magiques chargés d’histoire. Il faut signaler aussi que ce livre, même s’il possède un glossaire, parfois superfétatoire, est expurgé d’un exotisme marseillais qui actuellement fait florès.
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