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SHANNON BURKE

Dernière Saison Dans Les Rocheuses


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Le mardi 30 Janvier 2018

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Shannon BURKE




Une lecture de
CLAUDE LE NOCHER

CLAUDE LE NOCHER

Dans l’Amérique de 1826, William Wyeth est âgé de vingt-deux ans. S’étant fâché avec son père, il vit depuis quelques temps à Saint-Louis, Missouri. C’est de là que partent les expéditions de trappeurs. Le marché de la fourrure est florissant pour des Compagnies, qui engagent les plus téméraires des volontaires. Un métier dur, mais qui offre l’espoir de s’enrichir aux trappeurs. Si William Wyeth en est conscient, maintenant il se sent prêt. Le début du voyage est déjà harassant, car il faut traîner leur bateau sur la rivière pendant plusieurs longues semaines. C’est ainsi qu’ils atteignent le fortin leur servant de base arrière. Depuis ce point, ils montent ensuite des campements dans la Plaine, chassant et posant les pièges pour attraper les animaux dont ils garderont la fourrure.

Les Blancs s’entendent bien avec la plupart des tribus Crow, mais ils doivent être plus prudents envers les Indiens Blackfoot, qui pourraient les attaquer sans prévenir. William s’est inséré sans problème dans le groupe de trappeurs. Il a fini par sympathiser avec Walter Ferris, de l’Ohio, fils de médecin. Sans doute parce que les deux jeunes hommes sont plutôt cultivés. Ils savent écouter les conseils des trappeurs chevronnés. À la mi-mars 1827, commence vraiment la traque massive des animaux. Avec les Indiens Crow, les trappeurs vont chasser les troupeaux de bisons. Hélas, William est blessé par un tir accidentel. Il a frôlé la mort, mais on l’a soigné aussi correctement que possible. Il est envoyé en convalescence à la colonie de Fort Burnham.

Si William s’avoue moins motivé pour retourner avec son groupe de trappeurs, ce n’est pas seulement dû à sa grave blessure. Il a retrouvé là Alene Chevalier, qu’il connaissait à Saint-Louis. Entre-temps, celle-ci s’est mariée et est devenue veuve peu après. Bien qu’étant l’héritière de son défunt époux, il faudra qu’elle se batte si elle veut récupérer sa fortune. William s’improvise négociant en fourrures, traitant avec les Indiens, ce qui va lui apporter un certain pécule. Il s’inquiéte quand un nouveau venu se présente à la colonie. À Saint-Louis, le dandy désinvolte Henry Layton avait une réputation justifiée d’escroc. Ce peut aussi être un rival amoureux concernant Alene Chevalier. Layton est un type lunatique, peut-être capable du meilleur, mais surtout destructeur.

L’actuel projet d’Henry Layton, c’est de faire prospérer sa propre compagnie de fourrures, en poussant la chasse toujours davantage vers l’Ouest. Walter Ferris et la brigade dont fit partie William Wyeth ont choisi de suivre Layton, même si leur confiance en lui est assez relative. Avant que l’expédition soit lancée, William et Alene décident de se fiancer, ce qui ne surprend personne à la colonie. Les nouveaux territoires de chasse des trappeurs ne sont pas sans réels dangers mortels. Et le caractère instable de Layton ne favorise pas la cohésion du groupe. Outre les Indiens hostiles, ils vont être confrontés aux Anglais, qui braconnent depuis le Canada, et aux Mexicains qui surveillent leur propre frontière. En revenir vivant, pour quelques-uns d’entre eux, tient du miracle…

(Extrait) “Il nous avait senti. Lentement, Ferris tendit la main vers son fusil, mais le geste fit craqueter le givre qui s’était formé sous son manteau. Alerté par le bruit, l’animal fit volte-face et s’éloigna. Nous sautâmes en selle et poussâmes nos chevaux à travers l’épaisse couche de neige molle. Au bout de deux milles, nous débouchâmes sur un bras de rivière gelé, balayé par le vent.

Nous vîmes l’énorme bête déraper sur la surface verglacée, tomber, se relever, glisser à nouveau, se redresser et retomber. Nous sautâmes à terre. Il ne nous semblait pas régulier de tirer sur du gibier sans défense. Nous l’observâmes pendant une bonne minute. Il grognait, battait l’air de ses pattes, incapable de se remettre debout. Alors, d’un même mouvement, nous levâmes nos fusils et fîmes feu. Il fit un bond désespéré en avant, chancela et s’immobilisa. Ferris rechargea son arme et tira une seconde fois. Les deux coups avaient atteint leur cible quasi au même endroit, juste au-dessus de l’épaule. Le bison, foudroyé, s’affaissa sur le flanc.”

Il faut se souvenir que dans les années 1820, on n’en est encore qu’aux prémices de la conquête de l’Ouest. Les États-Unis sont loin de couvrir l’ensemble du pays, tel que nous le connaissons. Un gros tiers des territoires, du Pacifique au Golfe du Mexique, appartient au Mexique, et quelques frontières restent floues avec le Canada. Au-delà de Saint-Louis, qui compte moins de cinq mille habitants, s’étendent de vastes contrées quasiment pas explorées. Certes, les gouvernements successifs achètent ces terres, en promettant aux populations que chacun pourra s’y installer. Pourtant, ils ne sont sûrement pas nombreux à cette époque, ceux qui osent quitter les régions de l’Est. Partir pour l’inconnu, ça ne peut exciter que les plus aventureux, souvent jeunes et en quête de richesses.

Après “Manhattan Grand-Angle” et l’excellentissime “911”, au cœur de New York, Shannon Burke allait-il convaincre avec cette fresque historique, cette immersion dans le lointain passé de l’Amérique ? Peut-être risquait-il de parodier Fenimore Cooper et autres écrivains ayant célébré les premiers pas de ce pays, se développant au 19e siècle. Non, c’est un magnifique récit, diablement vivant, que Shannon Burke a concocté pour “Dernière saison dans les Rocheuses”. Voilà probablement le principal atout de ce roman, sa limpidité narrative. Si sont cités des éléments authentiques, des personnages qui ont existé, ils font partie du contexte sans jamais encombrer le sujet, ni ralentir l’action. En effet, à travers le héros William Wyeth, c’est une marche en avant inexorable qui nous est présentée.

Inclure une dose de romantisme peut sembler parfois artificiel dans ce genre d’histoires. L’auteur évite admirablement cet écueil, qui passerait peut-être pour une naïveté de son personnage central. La vie est rude, autant pour Alene Chevalier que pour William, et c’est ce qui les rapproche. Le jeune homme s’aguerrit progressivement au contact du groupe de trappeurs, mais également parce qu’il doit contrer un rival, le fantasque Henry Layton. Il acquiert de l’expérience, tout en gardant une sacrée humanité. Par exemple, il n’en veut nullement à celui qui l’a accidentellement blessé. L’amitié de Walter Ferris lui est précieuse aussi, de même que la solidarité entre hommes. Tous savent être des rescapés, dépassant les limites sans pour autant regretter leur choix.

Il ne s’agit pas d’un polar, ni strictement d’un western, mais d’un véritable suspense. On ressent rapidement une forte empathie pour les protagonistes. Et l’on frémit à chaque péripétie traversée, car le danger est sans cesse autour d’eux. L’auteur ne cherche pas le spectaculaire, respectant la justesse historique et celle des portraits nuancés. Un roman remarquable, qui mérite un vibrant "coup de cœur".

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