Brutale BOSCO552

JACQUES-OLIVIER BOSCO

Brutale


Aux éditions ROBERT LAFFONT

603

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Le jeudi 17 Fevrier 2017

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Brutale

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Jacques-olivier BOSCO




Une lecture de
CLAUDE LE NOCHER

CLAUDE LE NOCHER
Lise Lartéguy est une policière de la BRB, en poste au Bastion, le nouveau QG de la police, dans le quartier des Batignolles. Cette motarde brune âgée de vingt-huit ans habite près du canal Saint-Martin. Sportive et efficace dans son métier, Lise s’inscrit dans une lignée familiale de militaires, de gendarmes, de flics. Son défunt père Paul fut un des grands noms de la hiérarchie policière. Boisfeuras, actuel patron du Bastion, n’est autre que le parrain de Lise. Camille Lartéguy, son frère, est capitaine de gendarmerie, promis à un bel avenir. Il subsiste pour elle un problème conflictuel avec sa mère Maria, d’origine espagnole, qui est hospitalisée pour de longs soins. Souvenirs sans doute de l’enfance et de la jeunesse chaotique de sa fille. Car Lise est sujette à de sévères crises psychologiques.

Aujourd’hui, elle parvient tant soit peu à contrôler ses pulsions violentes. Les conseils de son père pour affermir son caractère face au Mal qui l’habite lui ont servi. Du moins, la plupart du temps, elle sait freiner sa rage. Néanmoins, quand il s’agit de pourchasser des truands ou de traquer (à titre personnel) des malfaisants ayant échappé à la Justice, Lise laisse s’exprimer ses accès de violence. Se calmer en se défoulant contre des pourris, un bon remède, et pour le reste, Lise se maîtrise. Cette nuit-là, elle rejoint son frère Camille sur une opération-radar de la gendarmerie. De puissants véhicules sont bientôt repérés, pour ce qui ressemble à un go-fast. Lorsque ces voitures sont interceptées, ça tourne très vite à une scène guerrière. Camille est gravement blessé ; les malfaiteurs s’enfuient.

Lise est sûre d’avoir aperçue une jeune fille otage dans un des véhicules. Son enquête s’oriente sur des cas de personnes disparues que l’on a retrouvées vidées de leur sang. Le policier Laugier, d’un autre service, collabore avec elle autour de cette piste. Au Bastion, tous sont mobilisés, certains s’intéressant à un camion d’armes de guerre qui fut volé en Ukraine. Avec ses collègues, Lise explore les cités de banlieue où fleurissent de nombreux trafics. Mettant la pression sur un jeune Black, elle obtient un nom : Lino Franchi, membre d’une bande de braqueurs corses. C’est quand elle déniche une propriété appartenant à la S.A.Numilex, que son enquête progresse à grands pas. Cette société masque les activités de Cyril Affanasiev, un milliardaire russe mafieux au passé extrêmement chargé.

Il s’agit d’un suspect quasiment intouchable. Mais Lise estime qu’existe un lien entre lui et des truands corses. Sous le pseudonyme de "la Foudre", elle approche cette bande. Lise n’a pas de difficulté à démontrer qu’elle peut intégrer le gang des frères Paoli. En inspirant confiance au baroudeur qui dirige les braquages pour eux, la violence contenue de Lise peut se libérer. Sans qu’elle oublie quelle est sa cible, le Russe. Mais l’initiative peut être dangereuse pour l’entourage de la policière, autant que pour elle-même…

(Extrait) “Elle le saisit par le col pour le plaquer contre le mur. Il lui suffirait de le tirer d’un coup vers elle et de le repousser de toutes ses forces pour que son crâne explose. Alors elle lui serrait le cou, elle serrait pour se retenir. Marcus commença à devenir rouge, il était en train d’étouffer. Lise vida ses poumons et le relâcha. Il tomba le long du muret, elle lui balança des coups de botte dans les côtes.

— Dégage ! Dégage, je te dis !

Le garçon rampa pour se redresser et, sans jeter un coup d’œil en arrière, pris ses jambes à son cou. Lise resta un moment à recouvrer son souffle. Son pied balaya le sol pour envoyer les sachets de dope dans la grille d’égout, alors que ses yeux fixaient sa main qui tremblait. Il y avait toujours la seringue et le paquet de coke. Elle les glissa dans la poche de son pantalon et quitta la venelle.”

Dès le début, Jacques-Olivier Bosco affiche la couleur : vous adorez les romans d’action, vous allez en avoir ! Vous appréciez les histoires rythmées par des courses-poursuites, de la bagarre et des échanges de tirs nourris ; c’est ce qu’il vous offre. Vous voulez pénétrer dans l’univers du banditisme, avec ses personnages hauts en couleur typés traditionnels et d’autres plus féroces et cruels encore ; il va vous en présenter une sacrée brochette. Avec pour illustration musicale, quelques références très rock, puisque l’ambiance s’y prête. Il ne reste plus qu’à suivre le tempo vif des péripéties qui s’enchaînent sans temps mort. La narration est plus que "visuelle", on pourrait dire : cinématographique. Les pétarades, vous les entendez claquer tandis que vous observer les scènes détaillées.

Toutefois, JOB n’ignore pas qu’un scénario vraiment solide ne repose pas uniquement sur de tels moments, aussi excitants soient-ils. Au centre, il est nécessaire d’avoir un héros digne de ce nom. En l’occurrence, c’est une héroïne qui mène la danse. Pas la première flic perturbée de la littérature polar, c’est certain. Pourtant, celle-là est gratinée, car c’est une sorte de malédiction qui explique sa psychologie particulière, sa brutalité. “La police, pourquoi pas. Mais vous l’avez placée dans un service où des officiers armés fréquentent les criminels les plus violents de France ! C’est comme filer un bidon d’essence et un briquet à un pyromane qui se trouverait dans une grange remplie d’explosifs. — Justement, ces défauts sont aussi des qualités, elle n’a pas peur d’aller au charbon...” Le manque d’équilibre comportemental peut s’avérer un atout favorable dans le cas de Lise.

Une fonceuse, à tous points de vue. Audacieuse, elle ne manque ni de témérité, ni de capacité de réflexion. Son portrait est plus nuancé, au final, car sa sphère privée reste son point faible. C’est toute cette complexité personnelle qui la rend attachante à nos yeux. À chacun de ses romans, Jacques-Olivier Bosco développe des aventures effrénées, afin d’aller toujours plus loin et plus fort dans le suspense et l’action. Avec “Brutale”, une fois de plus, il confirme son talent d’auteur de polars trépidants.

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Une autre lecture du

Brutale

de
PAUL MAUGENDRE

PAUL MAUGENDRE

Collection La Bête Noire. Parution le 19 janvier 2017. 416 pages. 20,00€.

Une voix dissonante dans un concert de louanges...

En littérature policière, on trouve de bons et de moins bons policiers. Ainsi Maigret a su s'attirer tous les suffrages, engendrant une certaine sympathie, pour ne pas dire une sympathie certaine, voire même une empathie de la part de ses lecteurs. Le côté humain du personnage, sans aucun doute.

D'autres, au contraire ne suscitent que répulsion, antipathie, de par leur comportement violent, agressif, en marge de la loi.

Ainsi, Lise Lartéguy, une lieutenante attachée au Bastion, le nouveau siège du regretté 36 Quai des Orfèvres, est une adepte de la baston, de la violence gratuite. Juste pour faire mal. Pas même comme une Bête, car les animaux attaquent lorsqu'ils se sentent en danger ou pour se nourrir. Non, Lise Lartéguy subit depuis sa tendre enfance des pulsions incontrôlables qui l'obligent à manifester sa brutalité par des exactions envers, de préférence heureusement, des protagonistes guère reluisant. Mais pas toujours et pas que. Parfois c'est un péquin qui s'attire son ire, et elle se déchaîne, malgré les mises en garde de ses supérieurs.

Lise est issue d'une famille de représentants de la loi. Le père, le grand-père, et même avant, émergeaient au Ministère de l'Intérieur. Et quand ils ne sont pas policiers, ils sont gendarmes. Comme son jeune frère Camille élevé au grade de capitaine.

Lorsque le lecteur fait la connaissance de Lise, il est tout de suite mis au parfum comme il était coutume de dire entre truands et flics.

Se rendant dans son bar habituel, elle en profite pour traquer un petit revendeur de drogue lui promettant de joyeux sévices dont elle a le secret s'il n'obtempère pas. Le gamin se débarrasse vite fait de sa marchandise, composée de produits illicites en tout genre. Le tout est étalé sur le bitume et avec un doigt elle en récupère quelques miettes. C'est déjà bien chargée qu'elle entre dans le troquet et pour mieux s'imbiber elle déguste quelques téquilas.

Importunée par un client, elle lui démontre qu'elle connait les principaux moyens de se défendre, en adepte des salles de combats qu'elle est, et l'homme est renvoyé dans ses foyers. Seulement il est accompagné d'amis qui tentent de lui démontrer qu'à plusieurs ils peuvent la mettre à la raison. Peine perdue. Puis elle aperçoit que la bijouterie voisine est braquée par des individus qui se défilent en voiture. Elle les suit à bord d'un véhicule, qui normalement était remisée à la fourrière mais qu'un de ses collègues lui a gentiment prêtée alors que la voiture devait être revendue pour grossir les indemnités de ses supérieurs, et elle se lance à leur poursuite. Les balles volent et font plus de dégâts que celles de ping-pong. Les braqueurs peuvent s'enfuit, l'un d'eux étant toutefois blessé, tandis que Lise reste au bord de la route, son véhicule complètement amoché.

Naturellement son supérieur n'est pas satisfait de sa prestation mais le grand chef, qui se trouve être le parrain de Lise, défend la jeune femme, expliquant que ses actes de brutalité sont à mettre au crédit d'une jeunesse perturbée. Elle est brutale, elle ne contrôle pas ses impulsions, et cela lui plait. Elle ressent même une forme de jouissance à torturer physiquement ses adversaires ou tout simplement ceux qui se mettent en travers de son chemin. Mais elle est sur la bonne voie de la rédemption, d'après lui, car elle se soigne, suivie par un psychiatre.

Lise, malgré une confortable paie est toujours en manque d'argent. Et lorsque son compte est dans le rouge, elle se tourne vers son frère afin qu'il lui débloque quelques subsides, gérant les finances familiales. Elle le rejoint alors qu'il participe à une opération qui requiert la présence de nombreux services de gendarmerie. Ils sont sur les dents, des jeunes filles vierges vidées de leur sang ayant été retrouvées abandonnées dans des lieux déserts. Une affaire dont les ramifications se prolongent en Belgique et en Tchétchénie.

J'ai sauté du train en marche et donc ne peux vous narrer la suite des aventures de Lise et de son frère. Et encore, j'ai édulcoré les scènes d'action qui d'ailleurs auraient pu être décrites avec sobriété plutôt que de manière si complaisante. Et je ne sais pas si certaines incohérences que j'ai relevées au début du récit sont rectifiées par la suite.

Ainsi Camille est le petit frère de Lise. Comme elle a vingt-huit ans, on peut en déduire qu'il est plus jeune. Pourtant Camille a deux enfants dont une fille, Jade, qui fait une crise d'adolescence et possède un portable comme tous les gamins qui entrent en sixième. Donc, Jade a au moins douze ans. Et si je compte bien, dans ce cas, Camille aurait eu sa fille à l'âge de quatorze ans environ. Mais peut-être me trompé-je et qu'une explication simple et logique se cache dans le reste de l'histoire.

La violence, de plus gratuite et inutile comme dans ce roman, ne m'a jamais intéressée. Depuis soixante-dix ans, les conflits ont trop côtoyé mon existence et ce n'est pas le genre littéraire auquel je peux adhérer. On la vit trop au quotidien pour s'extasier devant une histoire qui en fait l'apologie. De plus le cas de Lise n'est pas un exemple, surtout avec toutes les casseroles que se trimbalent les policiers actuellement. A croire qu'il faut être brutal, violent, voire masochiste pour entrer dans ce métier sensé protégé les citoyens. J'ai toujours préféré Arsène Lupin, malfaiteur élégant, à Fantômas, le tueur en série.

Pourtant j'espérais beaucoup de ce nouveau roman de Job, qui pour moi ne l'a pas fait. Il dévalorise une profession dont certains membres se chargent eux-mêmes d'y apporter le déshonneur, persuadés de ne pas être inquiétés à cause d'une impunité à toute épreuve. Non, je n'ai pas aimé, mais je suis peut-être le seul. Et comme je n'ai pas pour habitude de flatter, de faire montre de flagornerie pour me faire bien voir de la part d'un auteur, je n'hésite pas à écrire quand j'aime et surtout quand je n'apprécie pas.

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