J'ai Toujours Aimé Ma Femme BORNAIS377

GILLES BORNAIS

J'ai Toujours Aimé Ma Femme


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Le vendredi 29 Aout 2014

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J'ai toujours aimé ma femme

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Gilles BORNAIS




Une lecture de
CLAUDE LE NOCHER

CLAUDE LE NOCHER

Jean-Baptiste Roland est marié depuis vingt-quatre ans à Mylène. Ils ont eu deux enfants, désormais adultes. Leur fille est mariée, en Irlande. Leur fils est étudiant. Le couple habite à Issy-les-Moulineaux. Ils possèdent aussi une maison à Étretat. Encore que ces dernières années, Mylène préfère qu'ils séjournent à Deauville ou à Honfleur. Elle est journaliste pour un magazine, Paris-Monde. Jean-Baptiste s'est associé avec son ami Max. Tous deux dirigent une agence de communication fonctionnant très bien. Jean-Baptiste est conscient que vingt-quatre années de mariage se sont écoulées. Plutôt dans l'harmonie, selon lui, puisqu'il se répète qu'il n'a jamais cessé d'être amoureux de sa femme.

Vendredi de printemps en fin de journée, un nouveau week-end en Normandie s'annonce pour le couple. Quand Jean-Baptiste rentre chez eux, il trouve un mot de son épouse sur la table : “Je ne rentrerai pas”. Ça ne ressemble pas à une formule d'adieu, estime-t-il. Dans un premier temps, il éprouve de l'incompréhension, mais pas encore de l'inquiétude. Il essaie de joindre Mylène par téléphone, laissant des messages sur son répondeur. Est-elle juste trop occupée pour répondre ? Jean-Baptiste s'en va rôder autour des locaux du magazine. Dans un bar voisin, il rencontre deux employées de Paris-Monde connaissant sa femme, Babeth et Caroline. Babeth suggère que Mylène peut avoir un problème de santé.

Le samedi matin arrive. Contacter des copines de son épouse ? Elle n'en a pas qui soient vraiment intimes. Jean-Baptiste téléphone à ses enfants et à ses beaux-parents. Après la visite de Max, c'est dans les rues de Montparnasse, dans les boutiques fréquentées par Mylène, que Jean-Baptiste tente vainement de retrouver sa trace. Recherches illusoires, et pourtant nécessaires à ses yeux. Il dîne même dans le restaurant où ils avaient, tant soit peu, leurs habitudes. Entre-temps, Mylène a téléphoné à leur fille. Elle est donc en vie, ce qui est pour l'heure l'essentiel. Jean-Baptiste déniche une adresse dans les papiers de son épouse. Il semble bien que ce soit celle d'une psychologue pour couples.

Le dimanche, Jean-Baptiste se rend à Deauville et à Honfleur, passe par leur maison d'Étretat. Ce n'est visiblement pas sur la Côte Normande que se cache Mylène. Celle-ci a appelé ses enfants, affirmant que Jean-Baptiste la cocufiait effrontément. Il s'insurge, nie avoir eu la moindre maîtresse. Le lundi, chez eux, il trouve dans la comptabilité de Mylène des traces de rendez-vous médicaux. Si elle avait besoin de soins, elle n'en a jamais parlé. Le premier contact entre Jean-Baptiste et la psy pour couple consultée par son épouse s'avère tendu. Il a l'occasion de recroiser la brune Caroline, attentive à ses confidences. Si leur couple se reformait, Mylène se serait jamais plus la même. Mais est-ce possible ?…

C'est le dixième roman de Gilles Bornais, qui s'est fait connaître par des romans noirs et des polars historiques très vivants. Il change de registre, présentant un suspense intimiste qu'il qualifie de “roman d'amour noir”. On peut même dire qu'il s'agit d'une intrique basée sur l'introspection. Pas d'action tonitruante, ni de péripéties spectaculaires au programme. Néanmoins, c'est un récit animé de multiples questions. Principalement sur les rapports entre épouse et mari, entre femme et homme aux aspirations différentes : “Si ma vie de couple avait été un long parcours en voiture… disons un aller entre Paris et Nice, alors j'aurais songé en arrivant à destination que le trajet avait été agréable parce que l'autoradio avait passé de la bonne musique. Et c'est ici qu'il est, le mirage ! Si j'avais fait bonne route, c'est d'abord parce que la voiture avait bien roulé.”

Séparations, divorces, simples faits de société qui finissent par paraître naturels. Certains en attribuent commodément la faute à la “société”, étant responsable de la dégradation de la famille. On parlait autrefois de “ménages”, on dit aujourd'hui “couples”, ce qui n'a pas le même sens, en effet. Parfois, un conformisme bourgeois créait une usure. De nos jours, la part d'égocentrisme de chacun n'est-elle pas ce qui domine entre conjoints ? Moi d'abord, et regardez comme nous sommes heureux. Sauf que l'un(e) s'en va, quand même. “Qu'avais-je fait pour être puni ?” malgré les tentations “à chaque fois mes sentiments me rappelaient à l'ordre et au bonheur” s'interroge le héros, doublement myope. Illustration d'un couple moins parfait qu'en apparence, cette histoire explore avec réussite la relation homme-femmes.

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CLAUDE LE NOCHER
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Une autre lecture du

J'ai Toujours Aimé Ma Femme

de
PAUL MAUGENDRE

PAUL MAUGENDRE

Parution le 27 août 2014. 256 pages. 18,00€.

Moi aussi j'ai toujours aimé sa ma la femme !

Il existe un subtil distinguo entre J'ai toujours aimé ma femme et J'aime toujours ma femme. De même que ce mot laissé sur le comptoir dans la cuisine et sur lequel est déposé un Laguiole : Je ne rentrerai pas. Faut-il le prendre au sens de Je ne rentrerai plus (du tout) ou Je ne rentrerai pas (ce soir) ? Et le couteau est-il un symbole de séparation ?

Le narrateur, Jean-Baptiste Rolant, ne s'embarrasse pas de problèmes grammaticaux en découvrant ce vendredi soir ce message laconique et lapidaire Je ne rentrerai pas. Mylène et lui sont mariés depuis vingt-quatre ans, ont deux enfants, fille et garçon, et il n'a pas souvenance d'accrochages, de scènes de ménage, d'assiettes cassées.

Alors il tente de la joindre sur son téléphone portable, en vain. Il laisse des messages, des interrogations. Il téléphone également à son ami Max, son copain de toujours avec qui il a fondé une boite de communication qui a réussi à s'imposer dans la jungle des publicitaires. Mais Max n'a aucune nouvelle de Mylène. Jean-Baptiste est perdu dans cet appartement vide d'Issy-les-Moulineaux, les minutes passent et toujours pas de nouvelles. Il téléphone à Jessica sa fille qui est mariée et vit en Irlande. Pour l'heure elle ne sait rien. Quant à Jonathan le fils, il est trop occupé avec ses copains, ses pizzas, pour s'inquiéter.

Le seul moyen de se changer les idées, c'est de se rendre au journal où travaille Mylène. Elle est journaliste et peut-être a-t-elle un article à finir de boucler impérativement. Il préfère revenir à Paris, retourner sur les lieux qu'ils ont l'habitude de fréquenter, de poser ici et là une question, Avez-vous vu ma femme ?, enfin il entre au Café des Sciences, où Mylène prend régulièrement un café ou autre boisson. Il aborde deux femmes qui d'après leurs propos appartiennent à Paris Monde, le canard où Mylène est reporter.

Elles ne connaissent pas véritablement Mylène qui n'est qu'une collègue parmi tant d'autres. Pourtant elles essaient de le faire parler, de s'intéresser à son problème matrimonial. Jean-Baptiste est peut-être un peu trop imbu de lui-même car il n'hésite pas à déclarer que sa femme a des copines mais pas d'amies, pas de confidentes. Son confident, c'est moi depuis vingt quatre ans. En continuant d'explorer les possibilités, les probabilités, les endroits où Mylène aurait pu se réfugier, chez ses parents peut-être, à Etretat où ils ont acheté et retapé une maison, à Deauville que Mylène préfère à Etretat à cause des falaises trop dangereuses et pour les peintres aussi, car Mylène peint, mais sûrement pas là où Caroline, l'une des jeunes femmes, suggère : Mylène n'a pas d'amant.

Jean-Baptiste traîne sa solitude tout le week-end, explore son ordinateur, lit les messages qu'elle a reçu, fouille ses comptes bancaires, à l'affût du moindre indice. Découvre qu'elle se rendait chez une psy, obtient ou plutôt quémande un rendez-vous, mais cette rencontre ne le satisfait pas. Alors qu'il attendait des réponses il repart avec des questions. Il va même à Deauville sur les traces du professeur de dessin de Mylène mais avait-il besoin d'aller si loin.

Car ce qui le turlupine est sous ses yeux. Il est vrai qu'il est myope, 3 à chaque œil. Mais pour lire en lui-même, point n'est besoin de lunettes, ou de lentilles. Simplement de se regarder en lui, courageusement, sans faux-fuyants, sans concession, en enlevant sa carapace d'homme imbu et d'explorer vingt-quatre années de mariage. Une route de la vie empruntée ensemble mais il a peut-être oublié qu'il avait une passagère avec lui.

Le titre qui pourrait faire penser à un roman destiné à une collection dite à l'eau de rose, résonne comme un mantra tout au long du livre. Comme si le narrateur voulait absolument se persuader et persuader son entourage, et le lecteur par la même occasion, qu'il aime effectivement, réellement sa femme et qu'il l'a toujours aimé. Ce qui est vrai, certes, mais n'est-ce point qu'une façade destinée à cacher ce qu'il ne veut pas s'avouer, ce dont il pourrait éventuellement avoir honte, s'il plongeait en lui-même, s'il s'auto-psychanalysait, s'il s'autopsiait, s'il voulait être véritablement sincère avec lui, engoncé qu'il est dans son petit confort égoïste. Il ne s'agit pas de disséquer la vie d'un couple qui sort de l'ordinaire, mais bien d'un ménage banal, comme nous en formons tous plus ou moins, avec ses petits travers, et de les mettre en valeur, disons plutôt sous la lumière, comme un entomologiste qui essaie de comprendre, d'analyser le comportement de deux insectes qui crapahutent alors que nul aspérité semble se dresser sur leur chemin.

Ce roman est destiné à tous ceux qui veulent éclaircir le mystère du couple, solide en apparence mais fragile de l'intérieur, c'est à dire nous tous même si j'entends des dénégations par-ci par-là.

A lire également du même auteur : 8 minutes de ma vie, Le trésor de Graham ou encore Le diable de Glasgow.

Vous pouvez retrouver également l'avis de Claude Le Nocher sur Action-Suspense

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