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JANET LEE BEATON

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Janet lee BEATON




Une lecture de
PAUL MAUGENDRE

PAUL MAUGENDRE

Curiosité ou supercherie littéraire ?

De nombreux auteurs, pour des raisons différentes liées à des contrats éditoriaux, à des demandes pour étoffer les catalogues, pour éviter de mélanger les genres, pour changer de registre et pour certains, s’immiscer dans la littérature populaire alors qu’ils sont déjà reconnus dans d’autres domaines, ont emprunté des alias.

On se souvient de Boris Vian qui signait des romans pseudo-américains sous le nom de Vernon Sullivan, traduits par lui-même, ou encore Romain Gary qui obtint le Prix Goncourt deux fois sous son nom et sous celui d’Emile Ajar. Et la liste pourrait s’échelonner ainsi sur des pages.

Alors qui est Janet Lee Beaton, romancière prétendument américaine ?

Penchons-nous sur le descriptif de la quatrième de couverture :

Confessons notre embarras : le mystère dont s’est entouré l’auteur du Pêcheur de Miracles, nous ne pouvons pas le dévoiler ici. Tout ce qu’il nous est permis de dire, c’est que Janet Lee Beaton est une grande, une très grande romancière, qui, un jour, avec une volonté de vérité entière, a décidé de raconter sa propre histoire. Mais cette histoire était si riche, si vivante, elle comportait tant d’acteurs divers, dont quelques-uns étaient si célèbres que, malgré les précautions qu’elle avait prises pour brouiller les pistes, Janet Lee Beaton n’a pas cru pouvoir révéler sa véritable identité.

Elle ne s’oppose pas, pour autant, à ce que l’on dise que ce roman est, pour une bonne part, autobiographique ; qu’elle a, comme Laura Nelson, son héroïne, passé son enfance et une partie de son adolescence dans une petite ville américaine ; qu’elle s’en est enfuie pour « vivre sa vie » et surtout pour écrire ; qu’elle a fait dix métiers avant de pouvoir enfin terminer, et qu’elle a été mêlée aux aventures les plus déconcertantes de la « bohème » qui hante les ateliers d’artistes de Greenwich Village.

Janet Lee Beaton, malgré son importante production littéraire a quand même trouvé le temps de faire aussi de la peinture, de se marier et d’avoir un enfant. Elle dit volontiers que, de toutes ses œuvres, c’est encore son fils qu’elle préfère.

C’est beau ! Comme un conte de fée ! On y croirait presque.

Mais continuons notre découverte en nous intéressant aux premières pages. On apprend que ce roman s’intitule à l’origine The Beachcomber et que la traduction est due à Michel Saint-Loup. On avance.

Car pour les curieux, les traqueurs de pseudonymes, les amateurs de littérature populaire, il s’agit bien d’un cas d’école.

En effet, sous les noms de Janet Lee Beaton et de Michel Saint-Loup, par ailleurs auteur dans la même collection Grand Roman, se cachait un romancier qui changeait d’identité selon les collections, et les éditeurs, pour lesquels il fournissait des ouvrages, seul ou en collaboration.

Ainsi pour la collection L’aventurier, on le trouve sous le nom de Jérôme Belleau ou Steve Stork. Dans la collection Feu, il signe des romans sous l’alias de Mark J. Trennery. Seul ou en collaboration avec José-Louis Lacour, il signe dans la collection Anticipation sous le pseudonyme de Christopher Stork et dans la collection Espionnage sous celui de Marc Avril. En compagnie de Claude Joste, toujours dans la collection Espionnage, sous celui de Marc Revest. Enfin il se cache sous le pseudonyme collectif de Benoît Becker en compagnie de Jean-Claude Carrière, José-André Lacour et Christiane Rochefort. Et dans la collection Femme Viva, publiée au début au Fleuve Noir, puis aux Presses de la Cité, deux romans sous les noms de Boris Ouravel

Est-ce tout ? Que nenni ! Puisqu’il a également utilisé pour divers éditeurs les noms de Claude Eymouche, de Dominique Jourier, d’Emmanuel Eyries ou encore de Michel Sernoz. Peut-être en oublie-je… Et enfin au début des années 50, sous son presque nom, il publie des romans signés Stéphane Jourat. D’ailleurs il reçoit le prix Victor Rossel en 1958 pour Entends, ma chère, entends, signé Stéphane Jourat et publié chez Julliard.

De son vrai nom Stéphane Jouravleff, cet auteur protéiforme est né le 4 décembre 1924 à Liège (autre natif de cette ville belge : Simenon) et est décédé le 8 avril 1995.

Mais l’accumulation de ces pseudonymes n’est pas vraiment une supercherie, puisque toutes les maisons d’éditions populaires pratiquaient ce subterfuge pour augmenter leur catalogue en nombre d’auteurs. Ferenczi, Tallandier, et bien d’autres pratiquaient ce stratagème et on ne le leur jamais reproché. Sauf les chercheurs de pseudonymes naturellement.

Et à l’époque, les lecteurs des diverses collections du Fleuve Noir et des divers éditeurs populaires, achetaient, lisaient, oubliaient souvent, ne s’intéressant guère aux noms des auteurs. Encore moins à celui des traducteurs. Nombreux sont ceux qui ne souvenaient avoir lu tel livre populaire que grâce à l’illustration de couverture, étant souvent incapable de se rappeler du nom des auteurs, et encore des titres de leurs romans. Sauf les passionnés, évidemment.

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