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JACQUES BABLON

Jaune Soufre


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Le mercredi 14 Mars 2018

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Jacques BABLON




Une lecture de
CLAUDE LE NOCHER

CLAUDE LE NOCHER

On ne peut pas dire que Rafa soit né sous les meilleurs auspices. Caroline Severini, sa mère, n’avait que seize ans quand elle accoucha. Elle avait choisi une bonne clinique, mais semblait mal préparée, comme en témoignait son état de faiblesse après la naissance du bébé. Ce n’était que de la simulation. Dès la nuit suivante, Caroline sortit clandestinement de la clinique, pour commettre un meurtre. Elle estimait avoir de bonnes raisons d’abattre Anthony Grondin, quarante-six ans, une ordure à ses yeux. Il était père de deux enfants, Warren et Marisa, des ados dont il ne s’était jamais occupé. Les flics suivirent d’abord la piste d’un voisin dealer de Grondin, pas concerné. Puis ils interrogèrent Caroline Severini, bien placée parmi les suspects. Aucune preuve ne fut retenue contre la jeune mère.

Rafa a désormais vingt-six ans. Il reste proche de Caro, passionnée de boxe. Être diplômé ne suffit pas forcément à obtenir un bon métier. Rafa est devenu employé d’une station-service. En parallèle, il donne des cours privés au fils d’Helena, une violoniste menant une carrière internationale. S’il comptait la revoir quand il vient donner des leçons au fils, c’est raté car Helena consacre beaucoup de temps en répétitions. Quand la station-service est braquée par un trio de petits voyous, Rafa n’a guère de possibilités de réagir. Même s’il n’a rien à se reprocher, il perd bientôt son job. Du côté d’Helena, la situation se gâte aussi. Elle est en proie à une crise, un burn-out la rendant paranoïaque. Pas grand-chose à faire pour elle, si ce n’est confier la violoniste à ses proches et oublier les cours.

Les minables braqueurs de la station-service, c’étaient Tiago, Lester et Warren Grondin. À plus de quarante ans, ce dernier continue à mener une vie instable. Depuis son enfance, Warren est un dur qui n’a jamais renié sa marginalité. Il plaît aux femmes, attirées par sa liberté de comportement. Warren n’hésite pas à piquer la copine d’un ami, si l’occasion se présente. Disposant d’une petite part du butin, Warren s’est mis en tête de retrouver sa sœur Marisa. À vrai dire, il ne la connaît pas, et ne possède que de vagues indices. Warren espère la convaincre de se venger ensemble de celle qui a tué leur père, Caroline. Avec ses cheveux jaune soufre, Marisa est repérable. Cyclothymique sujette à des crises de violence, la jeune femme n’en a rien à faire de ces retrouvailles avec ce frère inconnu.

Rafa a dégoté un poste d’agent de sécurité, avec son chien, à la surveillance d’un parking. Un boulot qui pourrait être assez tranquille, ce qui ne sera pas le cas. Tandis qu’il cherche des solutions pour exister, et qu’il hérite d’un objet précieux, Warren et Marisa sont sur la piste de sa mère. Ni Rafa, ni Caro n’ont conscience de la menace…

(Extrait) “— On a un peu du même sang, ça joue forcément.

— Alors, comment t’expliques que j’en ai rien à foutre de toi ? C’est des conneries, ton histoire de globules. Quand je te regarde, je vois pas autre chose qu’un mec qui se remet de biture, qui m’a coûté mes pourboires parce qu’il a gerbé dans le taxi. Très peu pour moi de te remettre sur pied quand t’es bourré… Faut lui lâcher la grappe à la petite sœur. On a qu’à se dire qu’on est contents de s’être connus. T’as une sœur maintenant, t’y crois, tu l’as vue. T’as pas tout perdu. On va conclure : tu peux pieuter sur le canapé en attendant qu’il fasse jour, compte pas sur moi pour te lire une histoire, si tu vas pisser, dégueulasse pas la lunette des chiottes. Après, tu débarrasses le plancher… Demain, je veux que tu sois plus là quand j’irai me faire un café.”

Bien que différent par son sujet, “Jaune soufre” n’est pas sans rappeler le premier titre de Jacques Bablon, “Trait bleu”. Cet auteur excelle quand il adopte un tempo vif, ne laissant place à aucun temps mort, déroulant inexorablement le récit au rythme de péripéties très agitées. C’est en souplesse que l’on passe de la naissance de Rafa, entourée d’éléments criminels, à son âge adulte. Sa mère Caroline n’a rien perdu de son énergie, boxeuse qui n’entend pas perdre un combat. De même, les deux enfants Grondin – élevés de façon chaotique, séparément – étaient des têtes brûlées à l’adolescence, et le sont encore. C’est le parcours de cette poignée de personnages que l’on nous invite à observer.

Certes, il s’agit de "déclassés", marginalisés par la société ou par leurs choix. On peut ne retenir que l’aspect le plus sombre de leur destin, fait principalement de ratages, marqué par un manque de chance. Quand on a un flingue entre les mains et que l’on appartient à la catégorie des perdants, on ne tarde jamais à s’en servir. “Être témoin de ce que fit la balle dans le crâne du mec l’horrifia… Elle n’aurait pas dû viser la tête, pas dû tirer de si près.” Noirceur, mais également une certaine dérision chez les protagonistes. Warren, qui cherche sa sœur en se fiant uniquement au hasard, ça peut prêter à sourire. Les excès délirants de l’incontrôlable Marisa, un peu aussi. La tonalité s’avère nuancée, contraste qui offre une étrange harmonie avec les mésaventures mouvementées des héros. Un roman diablement réussi, captivant à souhaits.

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