Le Stylo

par

CHRISTIAN BOURRIER

Au hasard d'un voyage dans le nord de l'Europe, l'un de ceux qui devaient me fournir les éléments d'un récit futur, je passai un jour devant une petite échoppe située dans une ruelle sombre, au coeur d'un vieux village. A l'intérieur, on pouvait voir un curieux mélange d'articles de quincaillerie, de papeterie, de brocante, et de denrées alimentaires...

J'allais entrer, quand mon pied se posa sur un objet dur, cylindrique et de petite taille. C'était un stylo. Je le ramassai et par réflexe, l'essayai sur l'intérieur de ma main gauche. Il ne fonctionnait plus. Je grattai encore et parvins à en tirer quelque chose. Un léger griffonnage s'imprima. L'encre grise, peu à peu, devint noire...

Satisfait, j'appuyai ensuite sur la clenche de porte du magasin. Il était fermé... Déjà midi trente! Je m'en retournai, dans l'idée de revenir en fin d'après-midi.

De retour à la chambre de mon hôtel, je me préparai pour le déjeuner et me lavai les mains. Mes yeux s'écarquillèrent! A la place du gribouillage qui aurait dû se trouver sur ma paume, apparaissait cette étrange inscription:

"Voyons un peu si ce stylo marche encore..."

En relisant plusieurs fois la phrase, je réalisai soudain l'incroyable phénomène: Un stylo qui écrit tout seul!

Je le sortis de ma poche et l'essayai encore sur une feuille de papier, traçant des spirales et des lignes en tous sens... En quelques instants, la chose se métamorphosa en une très belle calligraphie dans ma langue natale, confirmant que le stylo savait écrire!

Je demandai alors à cette petite merveille, si elle pouvait composer en caractères d'imprimerie...

Comme elle ne répondait pas, je lui rédigeai ma question sur un morceau de journal mais n'obtins aucune réponse. Que faire? Je me mis à réfléchir tandis que sonnait la cloche du déjeuner. Mains dans le dos, je tournai en rond dans ma chambre lorsque l'idée me vint de tracer des boucles et des courbes entrelacées en pensant très fort à ce que j'attendais de lui. Cela devait être la meilleure façon d'entrer en contact car, après deux minutes d'observation et d'attente, tout se transforma en de magnifiques lettres dactylographiées! La phrase signifiait qu'avec un peu d'entraînement, il lui était possible d'écrire en Hébreux, en Chinois ou en Russe si tel était mon désir mais que le texte resterait dans le style personnel de l'auteur. Il me confia qu'il avait le pouvoir de mettre en ordre et en forme les idées les plus chaotiques.

De plus en plus intrigué mais surtout intéressé, j'envisageai, à l'aide de cet objet magique, la possibilité de sortir de l'ombre, de prétendre à une vraie carrière d'écrivain. Je continuai de communiquer par l'intermédiaire des fameuses courbes entrecroisées, lorsqu'on frappa à ma porte.

- Votre repas va être servi, Monsieur, lança le garçon d'étage.

- Vous seriez gentil de le monter dans ma chambre, je ne me sens pas très bien, répondis-je.

- Avez-vous besoin d'un médecin ?

- Non, merci, une aspirine me suffira.

Dès qu'il tourna les talons, je me remis au travail, m'efforçant de penser à une histoire abracadabrante, dans laquelle mon esprit lui-même se perdait, et la soumis à mon incroyable partenaire...

En quelques secondes, il rédigea une petite nouvelle dont la mise en place définitive m'aurait demandé quinze jours et qui, par je ne sais quel enchantement, était conforme à ma façon d'écrire.

Quel temps gagné! J'en restai béat d'admiration...

J'imaginai des piles de livres, des montagnes de recueils de nouvelles, des bibliothèques entières à mon nom, une salle immense remplie de feuilles prêtes à être publiées, des maisons d'édition et des imprimeries fonctionnant jour et nuit, des...

Seulement voilà! Il me fallait des idées, des foules d'idées, des monceaux d'idées, une imagination intarissable! Où irais-je les puiser? La plupart du temps, ce sont elles qui me manquent!

Ce petit génie ne peut composer que s'il dispose d'éléments et de clés qui doivent être renouvelés continuellement, sous peine de tomber dans une monotonie alarmante! Tout cela risque vite de tourner en rond...

Mais ne soyons pas si défaitiste, Je vais faire un deuxième essai en ne lui donnant que deux ou trois petites indications et nous verrons s'il peut s'en tirer à bon compte.

Le principe était simple: Il suffisait de programmer quelques données en pensée et de gribouiller sur un bout de papier... Ensuite, le stylo savait ce qui lui restait à faire. Le texte prenait forme rapidement mais il fallait lui fournir les pages au fur et à mesure de sa progression et ne pas lâcher l'objet.

Au bout de trente secondes, il était parvenu à construire un récit de douze pages sans la moindre faute de syntaxe. Quelle Prodige!

Je m'étonnais tout de même qu'il écrivît des textes si courts alors qu'il lui eût suffi de quelques minutes pour venir à bout d'un roman.

Le remarquable pouvoir de dilution de l'encre, semblait limité à environ une ligne de griffonnage pour dix pages d'écriture imprimée: Belle performance!

Cette encre géniale se fabriquait d'elle-même, comme une matière vivante... Etait-ce un processus comparable au dédoublement de la bactérie? S'agissait-il d'un amalgame, d'une colonie de cellules organisées, en perpétuelle reconstruction?

En réalité, ça ne pouvait pas vraiment être le cas puisque cette particularité ne prenait forme qu'après sollicitation mentale de la part du propriétaire du stylo.

Sous l'emprise de la fascination, je décidai de démonter cet incroyable objet. Pourquoi n'y avais-je d'ailleurs pas songé plus tôt ?

Fort bien protégé, ce cylindre de métal brillant était un véritable casse-tête. Je mis plus d'un quart d'heure à découvrir le système d'ouverture! Très impatient, j'atteignis enfin le réservoir d'encre. C'est alors que je constatai avec horreur qu'il était sur le point de se vider. Et plus grave encore, l'encre s'évaporait constamment car après une demi-heure, il ne restait plus que la moitié du contenu initial. Que se passait-il donc à l'intérieur de cette matière inconnue? Etait-elle en train de mourir, de disparaître? Avait-elle un besoin constant d'être sollicitée pour, non seulement se régénérer mais aussi pour survivre, pour ne pas "sécher" en quelque sorte?

Oui, il fallait l'utiliser le plus souvent possible et peut-être même, le mieux possible... Et c'était bien ça le plus grave! On ne devait certes jamais se trouver à court d'idées mais par dessus tout, ce fluide extraordinaire exigeait de bonnes idées!

Il est vrai que le cerveau humain est, lui aussi, d'autant plus performant qu'il est stimulé par des sources originales... Voilà sans doute la raison pour laquelle les précédents récits semblaient plutôt courts: En fait, mon imagination laissait à désirer! Si je souhaitais refaire le plein d'encre, il me fallait lui fournir de la nouveauté, du jamais entendu! Il ne s'agissait pas simplement, comme je l'avais cru tout d'abord, de lui soumettre quelques banalités car alors, l'encre s'épuisait beaucoup plus vite, beaucoup trop vite! J'en déduisis qu'une idée très forte pouvait le remettre à niveau et lui redonner tout son génie mais il était également envisageable que le liquide ne conservât son efficacité maximale qu'en le maintenant à son plus haut degré...

Cette encre est un peu comme de l'extrait d'énergie créatrice qui s'épuise si on ne s'en sert pas, se stabilise si on lui fournit juste assez d'éléments et se régénère s'il lui en est offert en qualité et en quantité. Je me retrouvais donc devant un immense problème! Ma tâche ne consistait plus seulement à soumettre des idées plus ou moins bonnes à un objet magique, il s'agissait dorénavant de maintenir en vie une substance exigeante, subtile et géniale mais terriblement éphémère et fragile... Les conditions de subsistance imposées par cette matière à son propriétaire semblaient être bien au dessus des possibilités humaines. Tout cela était bien déprimant.

Je me demandai tout à coup à qui ce stylo avait bien pu appartenir pour la dernière fois. que faisait-il devant l'entrée de ce magasin perdu dans une ruelle sombre d'un village de montagne?

Mais il fallait voir cela plus tard. Pour l'heure, il s'agissait de fournir à la substance magique une multitude de données originales si je ne voulais pas la voir disparaître à jamais!

Mais que faire, que dire, que penser? Comment pouvais-je concevoir si promptement d' intéressantes idées, dans un tel environnement: Une sordide chambre d'hôtel dotée d'un lit, une table, une chaise et un lavabo aussi blanc que la neige qui m'apparaissait au sommet des montagnes, à travers la fenêtre. Il me manquait des sources d' inspiration! Comment écrire sur le vide?

En fait, je me retrouvais devant la feuille blanche de l'écrivain même si j'avais à ma portée une aide précieuse qui mettait toutes mes idées en place à une vitesse effarante. Je n'étais guère plus avancé qu'autrefois car mon problème avait toujours été de rechercher désespérément des idées. La matière était souvent longue à venir en surface et la plupart du temps, il me fallait aller la chercher, la puiser à travers mes voyages incessants qui me ruinaient.

Si le stylo écrivait très vite, il s'épuisait d'autant plus rapidement et la lourde tâche m'incombait en quelque sorte, de lui sauver la vie. C'était l'unique fait sur lequel je pouvais m'appuyer pour stimuler mon mental.

Je me sentais responsable. Penser, imaginer devenait un devoir! Je n'écrirais plus seulement pour mon plaisir et pour gagner mon pain mais ce serait pour cet être fragile, pour ce double moi, pour cet enfant d'adoption que je n'ai pas créé mais qui sait recréer ce que je crée, à condition de le nourrir...

Que vais-je lui donner à manger aujourd'hui? Encore des mets insipides qui le feront vomir quelques secondes plus tard sur le papier, des rendus de mots impeccables dans le style de mon cru?

Il parvenait toujours à extraire et développer quelque chose des propos les plus aberrants, les plus déroutants. Tel un programme d'ordinateur, il replaçait tout dans le bon ordre et semblait même s'améliorer au fil des jours.

Régulièrement, je surveillais le niveau d'encre qui se maintenait au minimum, à la limite extrême de la disparition: Il ne digérait pas très bien mes stupides idées de dernier recours et se contentait de libérer modestement quelques pages de nouvelles. J'en avais assez d'écrire de la nouvelle! Ce n'était pas ma spécialité et cela se vendait mal. Bien qu'ils s'amusaient follement de toutes ces extravagances, les éditeurs n'étaient pas intéressés; ils préféraient mes précédents récits d'aventures plus adaptés à la demande actuelle et m'encourageaient vivement à voyager...

Voyager! Je le ferais volontiers si cela m'était encore possible mais mes ressources diminuaient de façon alarmante!

Un jour que je déambulais tristement dans les ruelles du village, je décidai de revenir à l'endroit où j'avais découvert mon stylo. Le matin même, j'avais constaté avec angoisse qu'il ne fonctionnait plus. Le malheureux s'était vidé et à présent, il était mort!

Je me mis à le regretter avec amertume comme on regrette un être vivant serviable et docile, une sorte d'animal gentil et doux, compagnon de misère et de désespoir, pourvu de facultés extraordinaires et ne réclamant en échange, qu'un peu de nourriture. C'était ma puce sauteuse, mon petit chien savant...

Dans l'espoir de le ressusciter, j'avais même projeté de faire analyser les extraits secs contenus dans la réserve d'encre et de faire procéder à sa fabrication. J'eus si peur que la substance fût commercialisée par la suite que je choisis de ne pas la déposer dans un laboratoire et ainsi, de lui réserver une fin digne et discrète, hors des battages publicitaires et médiatiques.

Je me rendis donc au petit magasin qui, cette fois, était ouvert. J'entrai et demandai au propriétaire s'il avait vu quiconque à la recherche d'un stylo qu'il aurait par hasard laissé tombé dehors, devant l'entrée...

- S'il a jeté son stylo, c'est certainement qu'il ne marchait plus. De nos jours, les gens ne respectent plus rien! Ils n'ont que faire des consignes de propreté, répliqua le vieil homme, sans ménagement.

Je lui répondis que j'avais récupéré cet objet et qu'à ce moment là, il marchait encore...

- Je vois... fit mon interlocuteur, en signe d'acquiescement. Et maintenant, fonctionne-t-il toujours?

- Non, il a malheureusement cessé de vivre...

- Hé bien, ce n'est pas un drame! A quoi ressemblait il, votre stylo?

- Il était... il était gris... gris métallisé... avec des bandes noires et... et une encre noire magnifique et je...

- Dites donc mon ami, je connais le truc! Si vous êtes venu ici pour me faire croire que je vous ai vendu un stylo qui ne marche pas dans l'espoir d'en retrouver un tout neuf...

Je lui affirmai qu'il ne s'agissait pas de cela et que je pourrais bien lui acheter tous les stylos de sa boutique mais que ça ne remplacerait pas celui que j'avais perdu.

- Vous l'avez perdu?

- Oui, je veux dire qu'il m'a quitté...

- Mais enfin, qu'avait-il de si particulier pour que vous en parliez comme d'un être cher?

- Je vais vous le dire, Monsieur. Voilà! Ce stylo était magique! Il savait écrire tout seul et il me rédigeait des nouvelles, des textes magnifiques, je vous assure, je...

Alors le vieil homme éclata d'un rire énorme, un rire qui n'en finissait plus de résonner à l'intérieur de la boutique.

- Mais enfin, mon pauvre ami, me dit-il tout bas, tous les stylos savent écrire aujourd'hui. J'en ai des bleus, des jaunes, des rouges, des verts, tout ce que vous voulez... Et même des gris!

Il me donna un joli stylo gris acier orné d'un liseré noir, me tapa gentiment sur l'épaule et me pria de rentrer chez moi pour aller tranquillement me reposer. Il m'accompagna jusqu'à la sortie et me regarda partir en arborant un sourire peiné. Lorsque je fus arrivé au coin de la rue, il me fit un signe de la main et je ne le revis plus...

"Quel homme étrange, pensai-je. Pourquoi me fait-il passer pour un demeuré? Il ne va pas me faire croire que tous les stylos de la terre sont semblables à celui que j'ai trouvé! Je suis persuadé qu'il ne m'a pas cru et qu'il a voulu se débarrasser de moi en me donnant un autre stylo gris. Mais, au fait, où est-il? qu'en ai-je fait? Je croyais l'avoir placé dans ma poche! Il faut que je revienne sur mes pas et je le trouverai...

- Vous cherchez quelque chose? Vous semblez bien préoccupé, Monsieur, me fit une voix.

C'était le garçon de chambre de mon hôtel.

- Tiens! bonjour Edouard. J'ai perdu mon stylo, tel que vous me voyez...

- Un stylo? Je peux vous prêter le mien, si vous voulez.

- C'est à dire que... celui que l'on m'a donné est très spécial: Il s'agit d'un stylo magique! il rédige mes pensées...

Je cherchais à lui tendre la perche afin de savoir s'il était au courant de cette histoire de stylos et il me répondit du tac au tac...

- Celui que j'ai dans la poche fonctionne sur le même principe, Monsieur. D'ailleurs, je n'en connais pas de différent. Comment pourrait-on écrire autrement?

- C'est vrai, où avais-je la tête? Je ne m'étais jamais posé la question...

Sur ces mots, je m'éloignai lentement, plus pensif que jamais; Edouard me regarda béatement partir, tout en observant curieusement son stylo, dans une moue significative. Lorsque je me tournai vers lui en bifurquant au coin de la rue, je vis que son expression n'avait pas changé et qu'il hochait la tête de droite à gauche de façon caractéristique...

J'avais maintenant confirmation que tout le monde utilisait ce mode d'écriture permettant de développer le fond et le déroulement d'une pensée ou même de clarifier des idées jetées en vrac. Du fait de mes incessants voyages dans les déserts, les jungles, les campagnes, les montagnes et les endroits les plus reculés du monde depuis une vingtaine d'années, je ne m'étais jamais mis au courant de cette révolution de l'écriture. Mais en est-ce vraiment une?

Cela avait dû commencer par un gadget amusant qui s'était rapidement amélioré et avait pris une telle ampleur commerciale qu'il n'était plus question de revenir en arrière. Le stylo commun ne se vendait plus!

Après tout ce temps passé en dehors de la civilisation, j'étais devenu une sorte d' homme du passé et j'avais l'impression de débarquer sur autre planète ou un monde parallèle. Finalement, j'étais bien sur terre et les gens ne paraissaient ni plus intelligents ni plus heureux qu'autrefois, en dehors du fait que leurs correspondances s'en trouvaient considérablement facilitées. Il ne s'agissait en définitive, que d'un nouveau moyen de communication qui, apportant un gain de temps supplémentaire, n'avait pas encore fait tourner le monde à l'envers mais seulement un peu plus vite.

La vitesse! Toujours la vitesse! Voilà ce qui intéressait les hommes d'aujourd'hui. Cela me faisait penser aux calculatrices de poche qui fournissent un résultat Immédiat, nous privant ainsi de tout processus mental! Au niveau de l'écriture, la nouveauté ne semblait avoir pour effet que d'atrophier et de geler le style au profit de l'idée mais ensuite, de restreindre peu à peu l'idée, sachant que la dilution en était assurée. Dans la majorité des cas, l'encre intelligente devait être utilisée superficiellement pour le courrier courant et le stylo devait être jeté aux ordures dès qu'il montrait des signes de faiblesse. L'avancée technologique a toujours eu des effets secondaires qui s'installent insidieusement et dont les conséquences sont souvent irrémédiables... Que faire! Retourner dans la jungle?

- Monsieur! Monsieur, me cria une voix rauque.

C'était le vieil homme du magasin...

- Je vous cherche partout pour vous rapporter votre stylo, me dit-il

- Je vous remercie mais que voulez-vous que je fasse d'un objet qui s'approprie mon âme? Je préfère m'en passer.

- J'ai également retrouvé l'homme qui a perdu le sien devant ma porte! C'est un écrivain! Il dit qu'il ne comprend pas comment vous avez pu vous en servir encore; il était pratiquement vide quand il l'a jeté! C'est de la magie!

- Ah oui? Et pourquoi?

- C'est extraordinaire! On ne peut se servir d'un stylo presque vide! Vous rendez-vous compte? Comment avez-vous fait?

- J'ai réfléchi, je me suis concentré, j'ai réuni des idées et il s'est remis à écrire tout seul.

- Mais c'est fabuleux, si je vous donne ce stylo neuf, vous allez faire merveille! Quelle imagination!

- Je ne veux plus écrire de cette façon. Je vais reprendre ma vieille machine à écrire...

- Comment est-ce possible?

- Je ne sais pas, c'est ainsi...

Une foule de sentiments étranges et contradictoires passèrent dans le regard du vieil homme. Il sembla tour à tour ébloui, dépité, fasciné, déçu et inquiet... puis il se détourna et revint sur ses pas en boitillant, lançant à qui voulait l'entendre:

- C'est incroyable! Il a réussi! C'est de la magie! C'est de la magie...









LE STYLO





Au hasard d'un voyage dans le nord de l'Europe, l'un de ceux qui devaient me fournir les éléments d'un récit futur, je passai un jour devant une petite échoppe située dans une ruelle sombre, au coeur d'un vieux village. A l'intérieur, on pouvait voir un curieux mélange d'articles de quincaillerie, de papeterie, de brocante, et de denrées alimentaires...

J'allais entrer, quand mon pied se posa sur un objet dur, cylindrique et de petite taille. C'était un stylo. Je le ramassai et par réflexe, l'essayai sur l'intérieur de ma main gauche. Il ne fonctionnait plus. Je grattai encore et parvins à en tirer quelque chose. Un léger griffonnage s'imprima. L'encre grise, peu à peu, devint noire...

Satisfait, j'appuyai ensuite sur la clenche de porte du magasin. Il était fermé... Déjà midi trente! Je m'en retournai, dans l'idée de revenir en fin d'après-midi.

De retour à la chambre de mon hôtel, je me préparai pour le déjeuner et me lavai les mains. Mes yeux s'écarquillèrent! A la place du gribouillage qui aurait dû se trouver sur ma paume, apparaissait cette étrange inscription:

"Voyons un peu si ce stylo marche encore..."

En relisant plusieurs fois la phrase, je réalisai soudain l'incroyable phénomène: Un stylo qui écrit tout seul!

Je le sortis de ma poche et l'essayai encore sur une feuille de papier, traçant des spirales et des lignes en tous sens... En quelques instants, la chose se métamorphosa en une très belle calligraphie dans ma langue natale, confirmant que le stylo savait écrire!

Je demandai alors à cette petite merveille, si elle pouvait composer en caractères d'imprimerie...

Comme elle ne répondait pas, je lui rédigeai ma question sur un morceau de journal mais n'obtins aucune réponse. Que faire? Je me mis à réfléchir tandis que sonnait la cloche du déjeuner. Mains dans le dos, je tournai en rond dans ma chambre lorsque l'idée me vint de tracer des boucles et des courbes entrelacées en pensant très fort à ce que j'attendais de lui. Cela devait être la meilleure façon d'entrer en contact car, après deux minutes d'observation et d'attente, tout se transforma en de magnifiques lettres dactylographiées! La phrase signifiait qu'avec un peu d'entraînement, il lui était possible d'écrire en Hébreux, en Chinois ou en Russe si tel était mon désir mais que le texte resterait dans le style personnel de l'auteur. Il me confia qu'il avait le pouvoir de mettre en ordre et en forme les idées les plus chaotiques.

De plus en plus intrigué mais surtout intéressé, j'envisageai, à l'aide de cet objet magique, la possibilité de sortir de l'ombre, de prétendre à une vraie carrière d'écrivain. Je continuai de communiquer par l'intermédiaire des fameuses courbes entrecroisées, lorsqu'on frappa à ma porte.

- Votre repas va être servi, Monsieur, lança le garçon d'étage.

- Vous seriez gentil de le monter dans ma chambre, je ne me sens pas très bien, répondis-je.

- Avez-vous besoin d'un médecin ?

- Non, merci, une aspirine me suffira.

Dès qu'il tourna les talons, je me remis au travail, m'efforçant de penser à une histoire abracadabrante, dans laquelle mon esprit lui-même se perdait, et la soumis à mon incroyable partenaire...

En quelques secondes, il rédigea une petite nouvelle dont la mise en place définitive m'aurait demandé quinze jours et qui, par je ne sais quel enchantement, était conforme à ma façon d'écrire.

Quel temps gagné! J'en restai béat d'admiration...

J'imaginai des piles de livres, des montagnes de recueils de nouvelles, des bibliothèques entières à mon nom, une salle immense remplie de feuilles prêtes à être publiées, des maisons d'édition et des imprimeries fonctionnant jour et nuit, des...

Seulement voilà! Il me fallait des idées, des foules d'idées, des monceaux d'idées, une imagination intarissable! Où irais-je les puiser? La plupart du temps, ce sont elles qui me manquent!

Ce petit génie ne peut composer que s'il dispose d'éléments et de clés qui doivent être renouvelés continuellement, sous peine de tomber dans une monotonie alarmante! Tout cela risque vite de tourner en rond...

Mais ne soyons pas si défaitiste, Je vais faire un deuxième essai en ne lui donnant que deux ou trois petites indications et nous verrons s'il peut s'en tirer à bon compte.

Le principe était simple: Il suffisait de programmer quelques données en pensée et de gribouiller sur un bout de papier... Ensuite, le stylo savait ce qui lui restait à faire. Le texte prenait forme rapidement mais il fallait lui fournir les pages au fur et à mesure de sa progression et ne pas lâcher l'objet.

Au bout de trente secondes, il était parvenu à construire un récit de douze pages sans la moindre faute de syntaxe. Quelle Prodige!

Je m'étonnais tout de même qu'il écrivît des textes si courts alors qu'il lui eût suffi de quelques minutes pour venir à bout d'un roman.

Le remarquable pouvoir de dilution de l'encre, semblait limité à environ une ligne de griffonnage pour dix pages d'écriture imprimée: Belle performance!

Cette encre géniale se fabriquait d'elle-même, comme une matière vivante... Etait-ce un processus comparable au dédoublement de la bactérie? S'agissait-il d'un amalgame, d'une colonie de cellules organisées, en perpétuelle reconstruction?

En réalité, ça ne pouvait pas vraiment être le cas puisque cette particularité ne prenait forme qu'après sollicitation mentale de la part du propriétaire du stylo.

Sous l'emprise de la fascination, je décidai de démonter cet incroyable objet. Pourquoi n'y avais-je d'ailleurs pas songé plus tôt ?

Fort bien protégé, ce cylindre de métal brillant était un véritable casse-tête. Je mis plus d'un quart d'heure à découvrir le système d'ouverture! Très impatient, j'atteignis enfin le réservoir d'encre. C'est alors que je constatai avec horreur qu'il était sur le point de se vider. Et plus grave encore, l'encre s'évaporait constamment car après une demi-heure, il ne restait plus que la moitié du contenu initial. Que se passait-il donc à l'intérieur de cette matière inconnue? Etait-elle en train de mourir, de disparaître? Avait-elle un besoin constant d'être sollicitée pour, non seulement se régénérer mais aussi pour survivre, pour ne pas "sécher" en quelque sorte?

Oui, il fallait l'utiliser le plus souvent possible et peut-être même, le mieux possible... Et c'était bien ça le plus grave! On ne devait certes jamais se trouver à court d'idées mais par dessus tout, ce fluide extraordinaire exigeait de bonnes idées!

Il est vrai que le cerveau humain est, lui aussi, d'autant plus performant qu'il est stimulé par des sources originales... Voilà sans doute la raison pour laquelle les précédents récits semblaient plutôt courts: En fait, mon imagination laissait à désirer! Si je souhaitais refaire le plein d'encre, il me fallait lui fournir de la nouveauté, du jamais entendu! Il ne s'agissait pas simplement, comme je l'avais cru tout d'abord, de lui soumettre quelques banalités car alors, l'encre s'épuisait beaucoup plus vite, beaucoup trop vite! J'en déduisis qu'une idée très forte pouvait le remettre à niveau et lui redonner tout son génie mais il était également envisageable que le liquide ne conservât son efficacité maximale qu'en le maintenant à son plus haut degré...

Cette encre est un peu comme de l'extrait d'énergie créatrice qui s'épuise si on ne s'en sert pas, se stabilise si on lui fournit juste assez d'éléments et se régénère s'il lui en est offert en qualité et en quantité. Je me retrouvais donc devant un immense problème! Ma tâche ne consistait plus seulement à soumettre des idées plus ou moins bonnes à un objet magique, il s'agissait dorénavant de maintenir en vie une substance exigeante, subtile et géniale mais terriblement éphémère et fragile... Les conditions de subsistance imposées par cette matière à son propriétaire semblaient être bien au dessus des possibilités humaines. Tout cela était bien déprimant.

Je me demandai tout à coup à qui ce stylo avait bien pu appartenir pour la dernière fois. que faisait-il devant l'entrée de ce magasin perdu dans une ruelle sombre d'un village de montagne?

Mais il fallait voir cela plus tard. Pour l'heure, il s'agissait de fournir à la substance magique une multitude de données originales si je ne voulais pas la voir disparaître à jamais!

Mais que faire, que dire, que penser? Comment pouvais-je concevoir si promptement d' intéressantes idées, dans un tel environnement: Une sordide chambre d'hôtel dotée d'un lit, une table, une chaise et un lavabo aussi blanc que la neige qui m'apparaissait au sommet des montagnes, à travers la fenêtre. Il me manquait des sources d' inspiration! Comment écrire sur le vide?

En fait, je me retrouvais devant la feuille blanche de l'écrivain même si j'avais à ma portée une aide précieuse qui mettait toutes mes idées en place à une vitesse effarante. Je n'étais guère plus avancé qu'autrefois car mon problème avait toujours été de rechercher désespérément des idées. La matière était souvent longue à venir en surface et la plupart du temps, il me fallait aller la chercher, la puiser à travers mes voyages incessants qui me ruinaient.

Si le stylo écrivait très vite, il s'épuisait d'autant plus rapidement et la lourde tâche m'incombait en quelque sorte, de lui sauver la vie. C'était l'unique fait sur lequel je pouvais m'appuyer pour stimuler mon mental.

Je me sentais responsable. Penser, imaginer devenait un devoir! Je n'écrirais plus seulement pour mon plaisir et pour gagner mon pain mais ce serait pour cet être fragile, pour ce double moi, pour cet enfant d'adoption que je n'ai pas créé mais qui sait recréer ce que je crée, à condition de le nourrir...

Que vais-je lui donner à manger aujourd'hui? Encore des mets insipides qui le feront vomir quelques secondes plus tard sur le papier, des rendus de mots impeccables dans le style de mon cru?

Il parvenait toujours à extraire et développer quelque chose des propos les plus aberrants, les plus déroutants. Tel un programme d'ordinateur, il replaçait tout dans le bon ordre et semblait même s'améliorer au fil des jours.

Régulièrement, je surveillais le niveau d'encre qui se maintenait au minimum, à la limite extrême de la disparition: Il ne digérait pas très bien mes stupides idées de dernier recours et se contentait de libérer modestement quelques pages de nouvelles. J'en avais assez d'écrire de la nouvelle! Ce n'était pas ma spécialité et cela se vendait mal. Bien qu'ils s'amusaient follement de toutes ces extravagances, les éditeurs n'étaient pas intéressés; ils préféraient mes précédents récits d'aventures plus adaptés à la demande actuelle et m'encourageaient vivement à voyager...

Voyager! Je le ferais volontiers si cela m'était encore possible mais mes ressources diminuaient de façon alarmante!

Un jour que je déambulais tristement dans les ruelles du village, je décidai de revenir à l'endroit où j'avais découvert mon stylo. Le matin même, j'avais constaté avec angoisse qu'il ne fonctionnait plus. Le malheureux s'était vidé et à présent, il était mort!

Je me mis à le regretter avec amertume comme on regrette un être vivant serviable et docile, une sorte d'animal gentil et doux, compagnon de misère et de désespoir, pourvu de facultés extraordinaires et ne réclamant en échange, qu'un peu de nourriture. C'était ma puce sauteuse, mon petit chien savant...

Dans l'espoir de le ressusciter, j'avais même projeté de faire analyser les extraits secs contenus dans la réserve d'encre et de faire procéder à sa fabrication. J'eus si peur que la substance fût commercialisée par la suite que je choisis de ne pas la déposer dans un laboratoire et ainsi, de lui réserver une fin digne et discrète, hors des battages publicitaires et médiatiques.

Je me rendis donc au petit magasin qui, cette fois, était ouvert. J'entrai et demandai au propriétaire s'il avait vu quiconque à la recherche d'un stylo qu'il aurait par hasard laissé tombé dehors, devant l'entrée...

- S'il a jeté son stylo, c'est certainement qu'il ne marchait plus. De nos jours, les gens ne respectent plus rien! Ils n'ont que faire des consignes de propreté, répliqua le vieil homme, sans ménagement.

Je lui répondis que j'avais récupéré cet objet et qu'à ce moment là, il marchait encore...

- Je vois... fit mon interlocuteur, en signe d'acquiescement. Et maintenant, fonctionne-t-il toujours?

- Non, il a malheureusement cessé de vivre...

- Hé bien, ce n'est pas un drame! A quoi ressemblait il, votre stylo?

- Il était... il était gris... gris métallisé... avec des bandes noires et... et une encre noire magnifique et je...

- Dites donc mon ami, je connais le truc! Si vous êtes venu ici pour me faire croire que je vous ai vendu un stylo qui ne marche pas dans l'espoir d'en retrouver un tout neuf...

Je lui affirmai qu'il ne s'agissait pas de cela et que je pourrais bien lui acheter tous les stylos de sa boutique mais que ça ne remplacerait pas celui que j'avais perdu.

- Vous l'avez perdu?

- Oui, je veux dire qu'il m'a quitté...

- Mais enfin, qu'avait-il de si particulier pour que vous en parliez comme d'un être cher?

- Je vais vous le dire, Monsieur. Voilà! Ce stylo était magique! Il savait écrire tout seul et il me rédigeait des nouvelles, des textes magnifiques, je vous assure, je...

Alors le vieil homme éclata d'un rire énorme, un rire qui n'en finissait plus de résonner à l'intérieur de la boutique.

- Mais enfin, mon pauvre ami, me dit-il tout bas, tous les stylos savent écrire aujourd'hui. J'en ai des bleus, des jaunes, des rouges, des verts, tout ce que vous voulez... Et même des gris!

Il me donna un joli stylo gris acier orné d'un liseré noir, me tapa gentiment sur l'épaule et me pria de rentrer chez moi pour aller tranquillement me reposer. Il m'accompagna jusqu'à la sortie et me regarda partir en arborant un sourire peiné. Lorsque je fus arrivé au coin de la rue, il me fit un signe de la main et je ne le revis plus...

"Quel homme étrange, pensai-je. Pourquoi me fait-il passer pour un demeuré? Il ne va pas me faire croire que tous les stylos de la terre sont semblables à celui que j'ai trouvé! Je suis persuadé qu'il ne m'a pas cru et qu'il a voulu se débarrasser de moi en me donnant un autre stylo gris. Mais, au fait, où est-il? qu'en ai-je fait? Je croyais l'avoir placé dans ma poche! Il faut que je revienne sur mes pas et je le trouverai...

- Vous cherchez quelque chose? Vous semblez bien préoccupé, Monsieur, me fit une voix.

C'était le garçon de chambre de mon hôtel.

- Tiens! bonjour Edouard. J'ai perdu mon stylo, tel que vous me voyez...

- Un stylo? Je peux vous prêter le mien, si vous voulez.

- C'est à dire que... celui que l'on m'a donné est très spécial: Il s'agit d'un stylo magique! il rédige mes pensées...

Je cherchais à lui tendre la perche afin de savoir s'il était au courant de cette histoire de stylos et il me répondit du tac au tac...

- Celui que j'ai dans la poche fonctionne sur le même principe, Monsieur. D'ailleurs, je n'en connais pas de différent. Comment pourrait-on écrire autrement?

- C'est vrai, où avais-je la tête? Je ne m'étais jamais posé la question...

Sur ces mots, je m'éloignai lentement, plus pensif que jamais; Edouard me regarda béatement partir, tout en observant curieusement son stylo, dans une moue significative. Lorsque je me tournai vers lui en bifurquant au coin de la rue, je vis que son expression n'avait pas changé et qu'il hochait la tête de droite à gauche de façon caractéristique...

J'avais maintenant confirmation que tout le monde utilisait ce mode d'écriture permettant de développer le fond et le déroulement d'une pensée ou même de clarifier des idées jetées en vrac. Du fait de mes incessants voyages dans les déserts, les jungles, les campagnes, les montagnes et les endroits les plus reculés du monde depuis une vingtaine d'années, je ne m'étais jamais mis au courant de cette révolution de l'écriture. Mais en est-ce vraiment une?

Cela avait dû commencer par un gadget amusant qui s'était rapidement amélioré et avait pris une telle ampleur commerciale qu'il n'était plus question de revenir en arrière. Le stylo commun ne se vendait plus!

Après tout ce temps passé en dehors de la civilisation, j'étais devenu une sorte d' homme du passé et j'avais l'impression de débarquer sur autre planète ou un monde parallèle. Finalement, j'étais bien sur terre et les gens ne paraissaient ni plus intelligents ni plus heureux qu'autrefois, en dehors du fait que leurs correspondances s'en trouvaient considérablement facilitées. Il ne s'agissait en définitive, que d'un nouveau moyen de communication qui, apportant un gain de temps supplémentaire, n'avait pas encore fait tourner le monde à l'envers mais seulement un peu plus vite.

La vitesse! Toujours la vitesse! Voilà ce qui intéressait les hommes d'aujourd'hui. Cela me faisait penser aux calculatrices de poche qui fournissent un résultat Immédiat, nous privant ainsi de tout processus mental! Au niveau de l'écriture, la nouveauté ne semblait avoir pour effet que d'atrophier et de geler le style au profit de l'idée mais ensuite, de restreindre peu à peu l'idée, sachant que la dilution en était assurée. Dans la majorité des cas, l'encre intelligente devait être utilisée superficiellement pour le courrier courant et le stylo devait être jeté aux ordures dès qu'il montrait des signes de faiblesse. L'avancée technologique a toujours eu des effets secondaires qui s'installent insidieusement et dont les conséquences sont souvent irrémédiables... Que faire! Retourner dans la jungle?

- Monsieur! Monsieur, me cria une voix rauque.

C'était le vieil homme du magasin...

- Je vous cherche partout pour vous rapporter votre stylo, me dit-il

- Je vous remercie mais que voulez-vous que je fasse d'un objet qui s'approprie mon âme? Je préfère m'en passer.

- J'ai également retrouvé l'homme qui a perdu le sien devant ma porte! C'est un écrivain! Il dit qu'il ne comprend pas comment vous avez pu vous en servir encore; il était pratiquement vide quand il l'a jeté! C'est de la magie!

- Ah oui? Et pourquoi?

- C'est extraordinaire! On ne peut se servir d'un stylo presque vide! Vous rendez-vous compte? Comment avez-vous fait?

- J'ai réfléchi, je me suis concentré, j'ai réuni des idées et il s'est remis à écrire tout seul.

- Mais c'est fabuleux, si je vous donne ce stylo neuf, vous allez faire merveille! Quelle imagination!

- Je ne veux plus écrire de cette façon. Je vais reprendre ma vieille machine à écrire...

- Comment est-ce possible?

- Je ne sais pas, c'est ainsi...

Une foule de sentiments étranges et contradictoires passèrent dans le regard du vieil homme. Il sembla tour à tour ébloui, dépité, fasciné, déçu et inquiet... puis il se détourna et revint sur ses pas en boitillant, lançant à qui voulait l'entendre:

- C'est incroyable! Il a réussi! C'est de la magie! C'est de la magie...
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EXCELLENT!
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