Une Lame Dans Le Cœur!

par

R CALAM

Une légère brise remuait le feuillage des arbres qui s’épanchaient en grand nombre au bord de la rivière. La petite cascade était proche. Pourtant, Tristan n’entendait guère l’eau qui bondissait de pierres en pierres. Il était plongé dans de sombres pensées mélancoliques. Assis en tailleur, et machonnant un morceau de pain noir qui constituerait certainement son seul repas de la journée, il songeait au cruel décalage qu’il y avait entre sa vie et ses rêves, ses idéaux…

Malgré ses vingt et un printemps, il était doué d’une grande maturité, ce qui lui permettait de saisir l’indicible complexité de la vie dans toute son ampleur. Il faut dire qu’il avait vécu de nombreuses aventures. Fils d’un scribe marchand de livres et d’une diseuse de bonne aventure, il avait visité de nombreuses contrées durant sa petite enfance. Le voyage, il l’avait toujours connu, jusqu’à ce que son chemin croise celui d’Audrey de la Sombretour.

Ayant terminé son maigre repas, il s’essuya les mains en coiffant sa longue chevelure brune, et décida de se remettre à l’entrainement.

Les nuages étaient noirs et l’orage menacait d’éclater d’un moment a l’autre, raison de plus pour profiter au plus vite de ces derniers instant de répit. Il enfila la cote de mailles et le heaume qu’il avait jadis récuperé sur un ancien champ de bataille, et tira l’épée de son fourreau avec un glissement métallique. Ce dernier faisait monter dans son corps un flot d’adrénaline inconcevable pour lui qui n’avait jamais guerroyer. Il s’étonnait de cela car il n’avait aucun penchant prononcé pour la guerre. De même, il n’avait jamais tenu d’épée dans ses mains avant que son pêre ne lui offre celle-ci, quelques mois auparavant avant de pousser son dernier soupir. Il avait donc découvert récemment le sentiment d’exaltation et de puissance qui s’emparait de tout son être lorsqu’il avait une lame à la main. Plus enclin a l’art de l’esprit qu’à celui du combat, cela l’effrayait. La vue du sang lui avait toujours était odieuse. Pourtant, lorsqu’il entendait ce grincement métallique, il etait avide de le voir couler. Ne se reconnaissant pas dans ces moments là, il se l’expliquait naivement en pensant que dans ses veines devait couler quelques gouttes du sang d’anciens seigneurs de la guerre. Et, comme son ascendance lui était pratiquemment inconnue, il ne se posait pas plus de questions.

Il se mit en garde, et fendit l’air du tranchant de l’épée a plusieurs reprises. Il répéta l’opération de nombreuses fois. S’il était bien fait, Tristan était loin d’être un colosse. L’épée était lourde et le simple fait de la lever représentait un effort important pour lui. Ainsi, son corps était courbaturé, la peau douce de ses mains avait fait place à de vilaines ampoules purulantes, puis à une croute rugueuse et dure comme du bois. La cote de mailles freinait ses mouvements et le faisait durement souffrir lorsque deux maillons pincaient parfois la chair jusqu’au sang à travers sa chemise de lain. Son corps etait donc meurtri par l’entrainement qu’il s’imposait depuis bientot deux lunes.

Mais il le fallait. Bientot, il aurait un dur combat à mener. Et, au fil des jours, il sentait sa musculature se renforcer et sa peau se durcir grace aux exercices qu’il répétait inlassablement. Il ne s’en felicitait que très peu, sachant que, de toutes manières, son arme la plus redoutable serait la terrible détermination qui siégeait dans son coeur. Il luttait aprement pour obtenir ce qu’il voulait, et il l’obtiendrait!

L’entrainement durait depuis une heure lorsqu’il entendit le bruit sourd de sabots qui se rapprochaient. Il ota son heaume pour mieux écouter. La sueur, ajoutée a la crasse, avait collé ses cheveux en d’epaisses mèches dégoulinantes qui s’entremelaient. Un hénissement lui confirma la présence d’une monture toute proche. Il n’attendait personne, aussi fut-il surpris de voir surgir sa bien aimée Audrey de la Sombretour sur un majestueux cheval blanc. Elle avait sur les épaules une épaisse fourrure dont l’ouverture sur le coté laissait apercevoir la richesse des vêtements de sa noble personne. En stoppant son cheval, elle fit un large sourire a Tristan et ses yeux se mirent a briller de joie. Il sourit également puis jeta son arme à terre et arracha sa cote de mailles d’un geste rapide. Audrey sauta de sa monture et courut dans ses bras. Ils s’enlacèrent et et échangèrent un long baiser.

- Audrey, que fais tu la?

- J’ai des nouvelles a t’apprendre, mon amour.

- Oui? dit-il sur un ton grave.

- Un messager est arrivé au chateau durant la nuit. Akrador est de retour de la guerre. Il est victorieux et plus sur de lui que jamais. Il devrait arriver demain et compte demander ma main aussitot.

- A-t-il pris connaissance du défi que je lui lance?

- Oui, et cela m’effraye plus que jamais. C’est un farouche guerrier. On raconte que sur les champs de batailles, il vaut dix hommes à lui tout seul ! Tristan, c’est de la follie, tu ne devrais pas l’affronter, dit-elle au bord des larmes.

- Il n’y a guère d’autre solutions.

- Nous pourrions nous enfuir…

- Pour se terrer toute notre vie comme des laches? Jamais! J’ai d’autres ambitions pour nous deux!

- Mais nous pourrions tout recommencer, ailleurs, et sans aucune honte. Il y a bien d’autres contrées à conquérir, ton royaume tu le batiras ailleurs.

- Crois-tu vraiemnt ce que tu dis? Si je commence à fuir maintenant, je fuirai toute ma vie.

- Oui, dit-elle tritement, tu as ans doute raison.



Le vent coller les vêtements trempés de sueur contre le corps de Tristan et le faisait grelotter de froid. Il serra Audrey dans ses bras autant pour se réchauffer que pour la rassurer. Une douce chaleur moite les soudait l’un a l’autre, chaleur du baiser qu’elle lui donna. Il aimait ses lèvres qui avaient un gout de miel, un gout sucré et agréable, comme celui de l’espoir qu’il chérissait de la prendre un jour pour femme.

Quelques gouttes de pluis commencèrent a tomber.

- Ne t’inquites pas, dit-il.Je trancherai la tête d’Akrador. Puis nous rallierons tous ceux qu’il a cruellement vassalisé dans le feu et dans le sang. Nous fonderons un royaume plus juste et puissant. Nous propagerons la paix jusque dans les contrées les plus barbares. Je t’offrirais le plus glorieux des marriages et tu mettras au monde un bel héritier qui reprendra plus tard l’oeuvre que nous aurons accompli!

Tristan feignait une confiance en lui inébranlable. Il pronait un optimisme dont il n’était pas convaincu. Mais cela produisit l’effet escompté. Audrey souriait à nouveau, et son regard se fit plus étincellant que jamais.

L’averse explosa. De grosses gouttes d’eau, lourdes et rafraichissantes.

- Viens, dit il en lui prenant la main.

Il l’entraina vers un petit abris sous roche non loin de là. Une sorte de grotte qui avait du être jadis l’antre d’un ours. Un de ces ours puissants et courts sur pattes que l’on ne croisait plus que rarement. Le temps d’y parvenir, ils furent trempés jusqu’au os. Tristan avait fait de cet abri son repère personnel. Aussi, il avait pris soin d’y entreposer quelques grosses buches de bois sec.

Le feu prit rapidement. Un beau feu réconfortant. Le bois produisait de légers crépitements agréables a l’oreille. Et sa chaleur était la plus grande des richesses. Ils étendirent leurs vêtements mouillés. Nus, ils se serrèrent l’un contre l’autre et se frcitionnèrent quelques instants pour aider la chaleur à mieux les pénétrer.

Tristan carressait le corps voluptueux de sa bien aimée. Il humait sa peau et savourait les précieuses essences dont se parfumaient les femmes de sang noble comme Audrey.

- Tristan, il y a un présent que je souhaite t’offrir!

- Lequel?

- Je veux t’offrir ma virginité avant qu’on ne me la prenne de force.

- En es-tu bien sur mon amour?

- Qui sait ce que l’avenir nous réserves. Tu es le seul homme qui doit me posséder. Je te veux pour amant… et puis…

- Et puis quoi?

- Il y a cette sensation au creux de mon ventre qui te réclame en moi…

Ils s’enlacèrent à nouveau.

Les effluves que la pluie révelait des plantes et des arbres mélées à la fumée odorante du feu de bois réveillaient en eux un érotisme puissant. La chaleur du feu, la chaleur de leur corps moites et crasseux étaient enivrantes. Il prit lentement possession d’elle, avec langueur et passion. Si bien que lorsqu’il entra en elle, la petite déchirure qui survint ne fut pas douloureuse pour Audrey. Un peu de sang perla de son hymen et se méla aux sécrétions de leurs sexes brulants de désir. Ces nouvelles senteurs réveillerent en eux des instincts bestiaux qui en firent des amants aussi doués que leur amour était certain. Les gémissements d’Audrey et les rales de Tristan firent echo aux grondements du tonnerre.

Dehors, la pluis redoublait…



(A suivre…si vous êtes interressé…)


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