La Falaise Maudite

par

VIRGINIE FLEURANCEAU

Charleston, Caroline du Sud, Côte-Est des États-Unis. Le couple qui vit dans la petite maison de style victorien, au bord de la falaise surplombant la mer, est un ménage sans histoire: ils se prénomment John et Esther.

Esther qui est âgée de vingt cinq ans, est grande, ses cheveux sont d’un blond doux. Ses cils presque bruns ajoutent à ses yeux verts de mer une vivacité et un éclat insoutenable. John est un jeune homme guère plus âgé, grand et costaud. Il a une peau plutôt claire, de très grands yeux bleu clair et des cheveux bruns.

La maison où John et Esther habitent, est un petit pavillon d’un étage. Au rez-de-chaussée, on peut observer trois grandes pièces: une grande salle à manger, un immense salon où l’on y trouve une grande cheminée, une grande cuisine avec de beaux meubles en chêne, cela donne l’impression que l’on est dans une forteresse. Il y a une grande fenêtre qui donne vue sur la mer. Tout le rez-de-chaussée, est en bois de chêne et la décoration y est très rustique. En ce qui concerne le premier étage, on y trouve deux chambres immensément grandes. Une de ces deux chambres est toujours close. Et c’est de là que vient tout le mystère de cette histoire.

Pour le moment, ne nous attardons pas plus sur ces quelques détails qui n’ont pas grande importance. Mais intéressons-nous plutôt à l’histoire qui se cache autour de cette maison et plus particulièrement de cette chambre secrète.

Une nuit, Esther fut tirée de son sommeil par des hurlements venant de la chambre voisine si hermétiquement close. Elle réveilla son mari et tous les deux allèrent voir ce qu’il se passait dans cette mystérieuse pièce. Quand ils pénétrèrent dans la chambre, ils ne virent que le vide angoissant et terrifiant qui emplissait la pièce.

Inquiets, le lendemain matin, ils se rendirent chez leur notaire Maître Wilson. Un grand homme d’une soixantaine d’années se dressa à l’entrée au moment où John et Esther tapaient à la porte du cabinet. C’était un homme très élégant qui n’aurait pu être qu’un notaire par son air de bourgeois. Il n’avait pas de très beaux vêtements, mais on reconnaissait à son style et à la fierté de son visage dont les traits étaient très marqués, qu’il était notaire. Ses yeux verts et sa bouche fine montraient un homme d’un charme qui aurait pu dans sa jeunesse attirer plus d’une femme. John et Esther expliquèrent ce qu’il s’était passé la nuit précédente, c’est à ce moment-là que le notaire pris un air embarrassé mais sérieux et leur dit d’une voix hésitante:

- Eh! Bien voilà, cette maison renferme un terrible secret. En effet, il y a quelques années, un couple semblable au votre habitait cette maison, mais pour on ne sait quelles raisons, le mari tua sa femme de plusieurs coups de fusil. Et ensuite, il se suicida en se jetant du haut de la falaise. Depuis ce temps, tous les précédents locataires ne sont pas restés plus de deux mois dans cette maison qui leur paraissait maudite.

- Ce serait donc pour cela que les gens de la ville nous regardent avec cette peur, maintenant définissable dans leurs yeux, en se posant la question de savoir combien de temps nous arriverons à tenir dans cette maison. Croyez-nous, nous n’allons pas nous faire chasser de cette somptueuse maison mais quelque peu mystérieuse, sous prétexte qu’elle est hantée. Nous y resterons quoi qu’il se passe et ni rien ni personne ne nous fera changer d’avis, ajouta Esther.

A la suite de cet entretien ils quittèrent le bureau de Maître Wilson en se dirigeant, sous le regard inquiet et apeuré des gens de la ville, dans leur maison.

Toutes les nuits, Esther était réveillée par les gémissements et les hurlements d’une femme. Mais quand elle pénétrait dans la pièce, celle-ci était aussi vide que les fois précédentes.

Une nuit particulièrement terrifiante car l’orage grondait avec une force inaccoutumée, Esther réveillée une nouvelle fois se rendit dans la chambre. Cette fois-ci, au-lieu de trouver une pièce inoccupée, elle aperçut un fantôme de femme. Celle-ci était vêtue d’une longue robe blanche, déchirée et couverte de sang. Sa peau était transparente. Ses longs cheveux embrouillés et en bataille retombaient sur ses épaules en finissant au bas de sa poitrine. Son état était tel qu’Esther recula effrayée. Suite à ceci, elle eut si peur qu’elle n’osa plus rentrer dans la chambre quand elle entendait les cris effrayants qui la glaçait d’effroi.

Un jour, John du partir en voyage d’affaires. C’est donc avec regret qu’il laissa Esther seule dans la maison, mais il ne pouvait faire autrement.

Ce jour-là, Esther ne dormit que d’un seul oeil étant paniquée de se retrouver seule. Vers minuit, un grincement strident venant de la porte voisine la réveilla brutalement. Là, des pas, se dirigeant vers sa chambre, se firent entendre. C’est alors qu’elle vit apparaître le spectre de la femme. Esther voulut s’enfuir, mais elle ne put faire aucun mouvement tant elle était pétrifiée. C’est alors que l’entité lui dit:

- N’ayez crainte, je ne vous veux aucun mal. Je m’appelle Grâce et, il faut juste que vous m’aidiez à partir en paix dans le monde de l’au-delà.

Trop choquée par cette apparition, elle ne put dire un mot et le fantôme disparut dans un grand nuage blanc et froid. Quelques jours plus tard, John rentra de voyage et apprit par sa femme ce qu’il s’était passé pendant son absence. La nuit suivant son retour, en entendant les cris, il se leva et entra dans la pièce. A la vue de John, le fantôme disparut.

Tant que John était là, le fantôme ne réapparaissait pas. Quelque temps après, John reçu un coup de téléphone de sa mère lui demandant de venir car elle était malade. C’est alors qu’il dit à sa femme:

- Écoutes ma chérie, je dois partir pour aller soigner ma mère. Surtout ne t’inquiètes pas une semaine ça passe vite et avant que tu ai pu dire ouf ! Je serais déjà revenu.

Sur ces quelques paroles, il prépara ses affaires et parti pour New York. Esther resta seule. Et toutes les nuits le fantôme de Grâce apparaissait et progressivement Esther s’y habituait. Petit à petit, elles se mirent à parler et là Grâce expliqua à Esther pourquoi son mari ne pouvait pas la voir et pourquoi elle en avait peur.

C’est alors que Grâce pris la parole:

- Tout d’abord, si j’ai si peur de votre mari, c’est parce que c’est un homme et que maintenant tous les hommes me font peur, même si je ne suis qu’un fantôme. C’est pour cette raison qu’il ne peut pas me voir. Il n’y a qu’en vous, les femmes que j’ai une confiance absolue. Seulement les précédentes femmes qui ont habité cette maison ont eu tellement peur qu’elles sont vite parties avec leur mari sans chercher à comprendre ce qu’il se passait.

- Tout ceci est bien, mais je ne vois pas en quoi je peux vous être utile.

A ce moment-là le téléphone sonna et Grâce disparut. C’était John qui téléphonait pour savoir si Esther ne s’ennuyait pas et si elle n’avait pas peur. Il lui dit:

- Ne t’inquiètes pas ma chérie, je rentre dans deux jours.

Au retour de John, Esther lui raconta ce qu’il s’était passé pendant la semaine. Cette nuit-là, Esther se leva et alla discuter avec Grâce dans la pièce voisine. Là, Grâce lui dit:

- Je ne connais pas les raisons du geste de mon mari Christopher, mais j’aimerais bien savoir la cause de cette attitude.

- Il n’y a que votre mari qui puisse vous répondre, mais au fait, pouvez-vous communiquer avec lui, lui demanda Esther.

- Je ne peux pas dialoguer avec lui car il me fait peur, mais je pense qu’il peut, comme moi, communiquer avec les êtres vivants.

Cette nuit-là, John, réveillé par sa femme en train de discuter, se lève et entre dans la pièce. C’est en voyant sa femme seule, assise au milieu de la pièce en train parler dans le vide, qu’il va la surveiller car il la prend pour une folle. Esther, voyant que son mari la surveille, ne se lève plus la nuit et attend le matin que John soit parti à son travail pour pouvoir discuter avec la femme. Un matin Esther dit à Grâce:

- Je suis vraiment désolée de ne pas venir le soir, mais j’ai remarqué que mon mari me surveille et m’épie. De plus j’ai l’impression qu’il ne me croit pas.

- Je vous comprends, mais je pense qu’il n’y a aucun moyen pour vous de le faire changer d’opinion. Comme il ne m’a jamais vue, il ne croit pas ce que vous lui racontez.

- Oui, mais moi je sais ce que je vois, vous êtes là devant moi.

- En effet, je suis là, mais lui n’en a aucune preuve.

- Ce que vous essayez de me dire, c’est qu’il me prend pour une menteuse et donc qu’il n’a aucune confiance en moi.

- En quelque sorte, c’est tout à fait cela.

Subitement, Grâce disparut car la porte d’entrée commençait à s’ouvrir. Esther décida donc de ne plus rien dire à John, mais celui-ci soupçonnait toujours autant sa femme. Car un jour, il rentra plus tôt que prévu et en montant à l’étage, il entendit sa femme en train de parler. Il redescendit et attendit sa femme dans le salon. Quelques instants plus tard, Esther descendit et en passant dans le couloir, elle fut étonnée que son mari soit déjà rentré. Elle pénétra dans le salon et lui demanda:

- Pourquoi ne m’as-tu pas dit que tu rentrais si tôt aujourd’hui?

- Mais, ma chérie, tout simplement pour te faire une petite surprise. Il faut que tu te fasses très belle pour ce soir, car je t’emmène au restaurant. Cela fait si longtemps que nous ne sommes pas sortis tous les deux.

- C’est très gentil de ta part John, attends-moi un instant, je vais me préparer, à tout de suite.

Esther monta se préparer et redescendit quelques instants plus tard, dans une somptueuse robe de soirée rouge. Ils partirent donc au restaurant et ne rentrèrent que très tard dans la nuit.

Le lendemain, Esther raconta à Grâce sa soirée et donc pourquoi elle n’avait pas pu venir la voir et parler avec elle. Mais ce qu’elle ne savait pas c’est que pendant leur absence de la veille John avait fait installer, par un ami, une caméra dans la pièce vide du haut. Elle était si bien cachée, qu’Esther ne se rendit compte de rien.

La nuit, quand Esther dormait, John se glissait discrètement hors du lit et allait dans la pièce voisine pour visionner la cassette. Et bien évidemment, il ne voyait et n’entendait que sa femme. Ensuite, il changeait la cassette, rebranchait la caméra et retournait se coucher.

Un jour, Esther aperçut la caméra et dans un accès de colère, pris celle-ci et la posa bien en évidence sur la table du salon. Quand John rentra de son travail, son visage changeât au regard d’Esther et à la vue de l’objet sur la table. Esther lui demanda:

- John, dis-moi pourquoi tu as installé cette caméra dans la pièce. Tu me surveilles? Tu n’as même pas confiance en moi.

- Mais si, j’ai confiance en toi, mais je m’inquiète ; je te vois et t’entends parler toute seule.

- En quelque sorte, tu me prends pour une malade.

Les jours passaient et John et Esther ne se parlaient plus, ils s’évitaient. Leur situation était au plus critique. Une nuit Esther descendit dans le salon et commença à discuter avec Grâce.

- Vous savez, heureusement que vous êtes là et que nous pouvons nous entretenir toutes les deux. Mon mari pense que je suis folle, et c’est pour cela que nous ne nous parlons plus.

- Je comprends, il faudrait que je fasse quelque chose pour vous, mais quoi?

- Vous ne pouvez rien pour moi, quand il a une idée derrière la tête, il m’est impossible de le faire changer d’avis.

Un jour, en fin d’après-midi, John rentra avec un magnifique bouquet de roses rouges. Il le tendit à Esther en lui faisant des excuses et, tout en lui demandant pardon de l’avoir ainsi espionnée. Esther accepta les excuses de son mari et la vie reprit enfin son court normal. John promit à Esther de la laisser tranquille et celle-ci rassurée par les belles paroles de son mari, ne se méfiât pas de lui.

Esther décida de chercher la véritable cause du meurtre et du suicide de ce couple. Elle alla donc voir le notaire Maître Wilson pour lui demander des renseignements sur la vie de ces deux personnes. Le notaire lui apprend alors que la femme venait souvent le voir pour régler ses affaires de succession étant donné qu’elle était gravement malade. Elle demande alors au notaire de lui rechercher les documents de succession les concernant.

Esther retourne fréquemment chez le notaire pour consulter les papiers en rapport avec le testament. Malheureusement elle ne trouve pas d’informations pouvant l’aider à trouver la cause de l’homicide.

John s’apercevant que sa femme se rend souvent chez le notaire Maître Wilson, doute d'une éventuelle liaison entre eux. Préoccupé par cette idée, John, de plus en plus nerveux, tombe dans une grave dépression dont il n’arrive à se défaire. Esther ne remarquant rien du malaise de John, continue ses visites chez le notaire.

Par un doux après-midi d’hiver, une ombre apparut furtivement devant John, qui resta surprit devant cette masse transparente. L’homme, car l’on pouvait quand même deviner que cela en était un, habillé de noir était effrayant. Ses yeux vitreux paraissaient s’enfoncer dans son visage. Celui-ci était tellement lacéré par le temps, que sa peau était très noire avec des tâches rouges qui rappelaient le sang. Ses vêtements étaient déchirés dans tous les sens, sans que l’on ne puisse deviner ce qu’il portait. L’homme qui se prénommait Christopher s’approcha de John et lui dit:

- N’ayez pas peur, je m’appelle Christopher et il faut que je vous parle.

- ...

- Je voudrais vous demander si vous aviez déjà vu l’apparition de ma femme Grâce.

- Non, mais mon épouse dit l’avoir rencontré. Que me voulez-vous au juste ?

- Laissez-moi vous expliquer l’histoire.

- Quelle histoire, je ne comprends rien du tout.

- Je voudrais vous parler de ce qui m’a poussé à accomplir ce terrible geste et cet acte de lâcheté.

- Quel geste et quel acte de lâcheté ? De quoi me parlez-vous ?

- Votre femme ne vous a rien dit.

- Qu’aurait-elle du me dire ?

- Que j’avais tué ma femme parce qu’elle me trompait !

- Non elle ne m’en a jamais parlé, par contre nous avons eu connaissance de cette histoire par le notaire.

- J’aimerais bien rencontrer ma femme pour éclaircir cette horrible histoire.

- Vous avez entièrement raison, je crois que nous ferions mieux d’en discuter tous les quatre ensemble.

John rentra chez lui et expliqua à sa femme ce qu’il venait de lui arriver. C’est alors qu’elle lui dit:

- Tu vois bien que j’aie raison. Et j’aurais bien aimé voir la tête que tu as faite quand le mari de Grâce est apparut devant toi sur la falaise.

- C’est vrai, je n’aurais pas du faire ce que j’ai fait. Tout aurait pu mal tourner si je n’avais pas rencontré Christopher. Je voudrais te demander s'il n'était pas possible d’organiser quelque chose pour qu’ils puissent se rencontrer et éclaircir leur histoire.

- Ce serait une bonne idée de faire ceci, mais je ne crois pas que Grâce serait ravi de revoir son mari. Cependant, je vais quand même aller voir Grâce pour lui en parler et je verrais avec elle ce que nous pourrions faire.

C’est ainsi qu’Esther alla voir Grâce pour lui exposer le problème. Là, Esther expliqua ce qu’il était arrivé à John et ce qu’il avait été convenu. Au début, Grâce ne voulut rien entendre et surtout ne pas rencontrer son mari de peur qu’il ne lui fasse encore du mal. Esther la rassura en lui disant qu’elle n’avait rien à craindre car elle serait là pour la protéger. Grâce accepta mais quand même avec quelques réticences. Ensemble elles réfléchirent à la solution qu’il faudrait adopter. Grâce demanda à Esther:

- Maintenant que je suis d’accord, je voudrais savoir une chose. Quand doit-il venir ici?

- Pour le moment, je ne le sais pas, mon mari devrait aller demain sur le bord de la falaise pour rencontrer Christopher et lui demander quand est-ce qu’il voudrait venir pour parler de tout cela.

- Plus vite ce sera fait et plus vite je pourrais partir en paix et être débarrassée de cette histoire.

- Très bien, je m’en vais le dire à John pour qu’il règle cette histoire.

Esther descendit voir son mari et lui raconta tout ce dont elle avait parlé avec Grâce. Sur ces paroles John dit à Esther:

- Je verrais cela demain avec Christopher mais pour le moment, si nous allions nous coucher, car j’ai passé une rude journée. Il s’est passé trop de choses pour moi en un seul jour.

Le lendemain, John se retrouva sur la falaise comme la veille et à ce moment-là Christopher apparut. C’est alors que John lui dit:

- Ma femme a rencontré une nouvelle fois la vôtre pour lui exposer les faits. Grâce a accepté de vous rencontrer. Je vous propose donc de venir un soir à la maison pour pouvoir enfin vous expliquer avec elle.

Un soir, alors que John et Esther étaient assis devant la cheminée dans le salon, Christopher traversa le mur et vint se poster auprès du couple. Surprise, Esther poussa un petit cri mais elle se remit vite de ses émotions. Esther partie chercher Grâce. Quand elles arrivèrent, elles s’installèrent dans le canapé en face de leurs époux, qui eux étaient assis dans les deux fauteuils. C’est alors que Christopher pris la parole et expliqua sa version de l’histoire en s’adressant directement à sa femme Grâce:

- Tout commença un jour, où je t’ai vu aller une nouvelle fois à Charleston. Tous les mois tu partais un après-midi sans me dire quoi que ce soit. C’est alors que j’ai commencé à te surveiller et à te suivre. J’ai donc remarqué que tu allais voir Maître Wilson. C’est là que j’ai commencé à croire qu’il y avait quelque chose entre vous deux, mais je ne savais pas quoi exactement. Donc par dépit amoureux que je t’ai tué car je pensais que tu me trompais avec lui. Comme je n’aimais que toi et que tu n’étais plus là ! J’ai choisi de mettre fin à mes jours en me jetant du haut de la falaise.

- Mais ce n’est pas du tout ce que tu pensais. Si j’allais voir Maître Wilson, c’était tout simplement pour régler les droits de succession car j’avais une très grave maladie. Et comme je ne voulais pas t’inquiéter, je ne t’ai rien dit. Mais, si je peux te rassurer, il ne s’est rien passé entre lui et moi, tu peux t’ôter cette idée absurde et immonde de la tête. Et en plus, quand tu m’as tué, il ne me restait de toute façon que quelques semaines à vivre.

Sur les mots de Grâce, Christopher resta interdit et ne sut pas quoi dire à sa femme. C’est alors que John s’adressa à Esther:

- Et toi, pour quelles raisons vas-tu voir Maître Wilson? J’espère qu’il n’y a rien entre vous, car je m’inquiète depuis quelques temps.

- Tu n’as rien à craindre, si je vais si souvent chez le notaire, c’est tout simplement pour enquêter sur le meurtre. Et j’ai appris exactement ce que Grâce vient de nous raconter.

- Ah! Bon, mais pourquoi ne m’as-tu rien dit?

- Parce que de toute façon tu ne m’aurais pas cru. Pendant tout ce temps, tu m’as pris pour une folle et maintenant que tu as rencontré Christopher, je crois que tu me dois de vraies excuses.

- Mais tu te rends compte que si je n’avais jamais rencontré Christopher, j’aurais très bien pu faire la même chose, car je croyais que tu me trompais.

- Vraiment, je ne te pensais pas comme cela quand nous nous sommes mariés.

C’est alors qu’un événement inattendu se produisit. Esther regarda son mari et lui dit:

- John, j’ai un aveu à te faire. J’ai découvert que j’étais une descendante de la famille de Grâce et que la maladie qu’elle avait, je l’aie aussi. Seulement, maintenant avec les progrès de la médecine, la maladie que j’ai peut être soignée.

A la suite de cette entrevue, Christopher et Grâce purent enfin regagner l’au-delà. John et Esther se rendirent à New York chez un grand cancérologue. Comme la tumeur fut prise à temps, et qu’elle était bénigne, Esther put être soignée rapidement. A la suite de cette nouvelle épreuve, ils rentrèrent chez eux, pour goûter enfin à une nouvelle vie de tranquillité.

Lors d’une soirée bien arrosée, alors qu’ils rentraient chez eux, John perdit le contrôle de sa voiture. L’automobile alla s’écraser contre un arbre, John en fut éjecté. Mais par malheur, Esther resta coincée dans le véhicule. Quand les secours arrivèrent, ils se dépêchèrent pour désincarcérer Esther. Au bout d’un long moment ils parvinrent à la dégager, ils l’installèrent le plus vite possible dans l’ambulance et partirent en direction de l’hôpital. Mais lors de son transport, elle mourut d’une hémorragie interne.

L’enterrement eut lieu dans l’intimité. Le peu de gens qui se trouvaient là, virent en John un homme fatigué d’avoir tant pleuré la mort de sa femme.

Un jour par désespoir de cause, et surtout trop désabusé et mélancolique, John se jeta du haut de la falaise et alla s’écraser cinquante mètres plus bas sur les rochers. C’est ainsi que le destin cruel attaché à cette maison frappa encore une fois.

Quelques années plus tard, un autre couple achetait la maison. Mais allaient-ils y vivre tranquillement, comme ils le pensaient ?
Depuis sa mise en ligne vous avez été
418

visiteurs à consulter cette page

Vos commentaires
peuvent sauver
Virginie Fleuranceau

Cliquez
Commentaire
Nom
Mail
Recopier le code:
Le champs commentaire est obligatoire
Les commentaires apparaissent immédiatement

Les réclames du RayonPolar

Pour votre publicité, contactez le site

Pub sur RayonPolar

Sur les 32200 pages du Site
chiffres Google Le mercredi 3 Novembre 2011

1.89 euros au format Kindle
4.97 euros au format broché
sur








En accédant à ce site marchand par l'intermédiaire de ce lien vous soutenez financièrement le RayonPolar




(C) Les textes n'engagent que leurs signataires
RayonPolar
La majorité des illustrations de ce site sont des reprises des couvertures de la collection Néo et sont signées de
Jean-Claude Claeys.

Reproduit ici avec son aimable autorisation
Pour visiter son Site
Pour acheter des originaux
Cliquez sur l'image
RayonPolar
Site dédié au Polar (roman policier)
Si vous entrez directement sur cette page,
Retrouvez ses nouvelles en ligne, ses critiques de polars, de films, de séries TV
Sa liste de revues et sa galerie de couvertures de polars anciens.
Visitez le Rayon Polar
Il y a trois sortes de mensonges : les mensonges, les gros mensonges et les statistiques.
- Benjamin Disraeli (1804-1881), homme politique britannique















Pinterest