|
|
|
Gigot-cabernet |
|
Le magasin, ouvert le dimanche, était bondé. A midi, les lève-tard en quête de croissants y croisaient la mère de famille en panne de crème pour la sauce aux champignons du repas dominical, la petite et son billet de 5 euros bien serré dans la main, pour le pain oublié qu’on prend après la messe –les parents et le petit frère attendaient dans la Scenic garée devant, deux roues sur le trottoir- et les jeunes qui partaient en pique-nique improvisé. Un papi qui s’y était pris trop tard pour acheter son journal ailleurs piétinait d’impatience avec son compte exact derrière la dame qui hésitait interminablement entre les pélardons secs ou demi-secs : non, plutôt ces crémeux, là, non, pas ceux-là, devant, oui ! et puis celui-là aussi. Et vous me mettrez aussi de la saucisse sèche. De Langogne ou de St Chély-d’Apcher? C’est quoi la différence ? Bon, on va goûter la Langogne. Elle est pas trop sèche, au moins ? Ah bon, alors de l’autre plutôt… Dans la file, une vingtaine de personnes au moins, une jeune fille en jupe courte et blouson de jeans. Ses gros genoux, de derrière, ressemblaient à des petits jambons tendres. Des mollets ronds, gras, et haut placés –pas beaucoup de sport, la demoiselle !- et des baskets à la mode, noires, portées sans chaussettes. L’ensemble en jeans-et-lycra paraissait neuf, comme lustré. Et sous les cheveux courts, propres et brillant, coupés au carré, un morceau de cou massif et de la joue rose à volonté, veloutée et explosant de santé, accrochaient les regards. On avait envie de voir plus haut les fesses qu’on devinait, moulées dans le jeans extensible. L’envie de toucher aussi, ce cul rebondi qui tendait le tissu au moindre mouvement. Derrière elle, surprise, la femme avec sa bouteille de Cabernet se sentit submergée par la montée brutale de ce désir. Le reste de la conversation insupportable de la cliente indécise avait disparu, noyé dans une brume délicieuse… Les mains de la femme au Cabernet franc remontaient tout doucement le long des jambes-gigot de la jeune fille, goûtant toute la douceur et la volupté du grain de la peau, retroussant la jupe tentatrice, jusqu’à prendre les grosses fesses rondes dont l’éminence appelait la morsure et les baisers léchés : ça c’était des fesses ! -Vous n’avez que ça, madame, je vous encaisse si vous voulez : trois euros cinquante ! Et merde, pour une fois qu’on la faisait passer avant les autres ! –avril 2003 |
Depuis sa mise en ligne vous avez été 561 visiteurs à consulter cette page Vos commentaires20 visiteurs, c'est pas mal, il faut que tu continues chistiane, et que tu te trouves un pseudo. Jean-Claude RENOUX acpu30@aol.com Le vendredi 30 Janvier 2004 Vos commentaires
|