Claire Obscure

par

MICHEL LLAPASSET

Lundi

 

9h00 Elle sort de l'immeuble.

9h15 Elle prend le métro à Denfert-Rochereau. Dix minutes plus tard, elle descend à Saint-Sulpice.

9h30 Elle entre à la FNAC, direction espace "Librairie". Elle choisit deux romans policiers, puis se dirige vers le rayon "Informatique". Un vendeur lui présente les différents modèles d'ordinateurs portables. Elle a fait son choix, il l'accompagne à la caisse. Elle règle ses achats et sort.

10h30 La voilà revenue chez elle. Elle n'a plus bougé de la journée ni de la soirée.

 

Elle aime lire. Sauf les romans policiers. Un jour, elle a trouvé un bouquin de la Série Noire dans mon sac de voyage, le titre en était "Touche pas à mes deux seins". C'était déjà prémonitoire, si vous voyez ce que je veux dire ! "Je ne vois vraiment pas ce que tu trouves d'agréable à lire des trucs pareils, avait-elle dit." "Toutes les horreurs qui se passent dans le monde ne te suffisent donc pas ?" Je n'avais pas voulu répondre pour éviter tout conflit.

Qu'a-t-elle fait toute l'après-midi enfermée dans l'appartement ? Ce n'est pas son habitude de rester seule. Elle téléphone à son amie d'enfance Nathalie, elles vont faire les magasins, s'arrêtent à la terrasse d'un café et parlent de tout et de rien, histoire de passer le temps ou de refaire le monde.

Depuis quand s'intéresse-t-elle à l'informatique ? Elle a horreur à tout ce qui touche aux nouvelles technologies, même un téléphone portable elle n'en veut pas. Et en plus, Madame s'achète un ordinateur portable, c'est minimum douze mille balles ! D'où sort-elle le fric, on est déjà en rouge à la banque ! Elle fait la retape ou quoi ?

Quand je rentre chez moi, il est vingt-trois heures. Elle dort profondément.

Ah ! Je comprends qu'elle soit fatiguée, elle a dû se farcir le mode d'emploi. Ce n'est pas une mince affaire quand on ne connaît rien en informatique. Elle va sans doute aussi s'inscrire aux cours du soir pour maîtrise Word et Excel.

 

Mardi

10h30 Elle sort. Elle fait des courses rue Daguerre, boucher-charcutier, marchand de primeurs, poissonnier et pour finir le boulanger.

11h45 Elle est de retour.

15h00 Elle quitte l'immeuble, prend le bus et descend à Cité. Elle se rend Quai des orfèvres. Elle n'en ressort qu'à dix-huit heures.

18h30 Retour au domicile.

 

Bon ! Les courses c'est normal, faut bien qu'on bouffe quand même ! Curieux, d'habitude elle va au "Shopi" dans le quartier et c'est le vendredi. On n'est plus que deux et encore moi, je suis pas là souvent. Elle ne supporte pas les hypermarchés, trop grand, trop de monde, et en prime la voix de Patricia Kaas. Ah ! Non ! Merci bien.

Mais qu'est ce qu'elle est allée foutre Quai des orfèvres ? Elle a dû faire une grosse connerie pour être convoquée par les flics. Je crois que les emmerdes vont commencer.

Au début de notre mariage, je lui avais fait trois bambins, histoire de l'occuper pendant quelques années. Elle n'était pas carriériste, ni féministe du genre Isabelle Alonzo. Le ménage, la cuisine, les courses et les gosses pour les mecs, moi pendant ce temps là, je m'amuse comme une petite folle avec mes copines à la télé, chez Laurent Ruquier.

Les couches culotte, Claire elle aimait ça. Les chérubins avaient quitté le nid douillet pour voler de leurs propres ailes. Moi, j'étais toujours en train de couvrir les événements d'un bout du monde à l'autre. Elle me disait, ce n'est quand même pas le bout du monde ! Elle croyait que le monde avait un bout.

Elle n'avait plus d'occupations prioritaires.

Que pouvait-elle avoir fait de si terrible pour être interrogée durant trois heures ? Avait-elle commis un meurtre ? Non ! Elle était ressortie libre comme l'air. Tiens, pourquoi ?

22h00 Elle est installée dans le salon, et regarde un film, je viens de rentrer. Je lui fais un signe pour savoir si c'est bien, elle me fait chut ! Je vais me coucher sans rien dire.

 

Mercredi

Elle n'est pas sortie de la matinée.

15h00 Elle prend un taxi. Elle descend devant l'immeuble, de Médecins sans Frontières

17h00 Elle quitte l'immeuble avec un sac plein de brochures. Elle marche dans l'avenue tout en regardant les vitrines des magasins.

17h30 Elle s'arrête devant "Havas-Voyages, entre et discute avec l'employée de l'agence durant une demi-heure.

18h15 Elle prend un taxi.

18h30 Arrêt Boulevard Raspail côté impair au 81. Elle paye et entre dans l'immeuble. Sur les plaques dorées à l'entrée : Chirurgien-dentiste, Avocats associés, Huissier de Justice et une Association "A vos plumes".

22h30 Elle ressort en compagnie de trois femmes et d'un homme. Ils discutent ensemble sur le trottoir. Ils se quittent. L'homme la dépose à la station de métro la plus proche. Grand, brun, environ 35 ans sourire ravageur, qui ne laisse pas indifférent.

23h15 Elle est chez elle. Les lumières s'allument dans l'appartement.

 

Bizarre ! Elle n'est pas sortie de la matinée, même pour aller chercher une baguette de pain ni acheter le journal où l'on peut lire mes articles sur les vicissitudes du monde.

Médecins sans Frontières ! Elle veut faire dans l'humanitaire maintenant ? Elle qui a horreur du sang, de la violence, la moindre piqûre la fait tourner de l'oeil ! Et puis Havas-Voyages ? Elle a une trouille de l'avion ! Elle veut partir avec lui, à Katmandou à la recherche de son karma tout en fumant un joint peut-être ! Ou expérimenter avec lui toutes les positions du Kama-sutra ! Je n'en peux plus. Il faut que je sache ce qu'elle mijote.

Le Chirurgien dentiste ! Si elle avait mal aux dents, cela se saurait, vous pensez bien. Elle est peut-être allée voir un avocat, à cause des flics ou encore cette Association "A vos plumes." A moins qu'elle veuille écrire des articles sur les horreurs du monde pour M.S.F. Cela ne lui ressemble pas. Que se passe-t-il ? Je ne la reconnais plus ! C'est qui ce bellâtre ? Deux heures du matin, j'ai dû terminer mon éditorial sur la guerre en Afghanistan. Elle dort d'un profond sommeil, sa respiration est régulière. Tiens, je pourrais en profiter pour l'étouffer.

 

Jeudi

11h30 Elle sort habillée style parcours du combattant. Une femme dans une voiture l'attend. Elle monte dans la voiture.

12h00 Elles se garent dans la rue Sainte-Ambroise, à dix minutes à pied de la République. Elles discutent avec ferveur tout en marchant d'un pas décidé.

12h30 Elles s'arrêtent devant un restaurant chinois "Chez Ming". Elles attendent. Un groupe de femmes et un homme les rejoignent. Ils se congratulent. Madame embrasse tendrement le bellâtre qui l'avait déposée à la station de métro mercredi soir. Ils rentrent et vont tous s'asseoir ensemble à une table. Ils commandent et déjeunent.

14h00 Ils se rendent à pied Place de la République.

14h30 C'est une manifestation des gynécologues venus de France entière défendre leur profession. Ils se fondent dans la foule des manifestants rassemblés sur la place. Ils prennent place dans le cortège en cours de formation. La manifestation démarre.

17h00 Les gens se dispersent. La manifestation est finie. Ils se retrouvent tous les deux bras dessus bras dessous comme des amoureux.

18h00 Il l'a raccompagnée devant chez elle. Ils montent ensemble.

22h30 L'homme sort de l'immeuble.

 

Elle ne voit plus sa meilleure amie Nathalie, depuis une semaine. Et cette femme qui l'attend. C'est qui celle-là ? Tiens, rue Saint Ambroise, notre fils aîné habitait au numéro 10, avant de partir pour Saint-Pierre de la Réunion. Elle a dû passer prochinoise. Madame apprécie la cuisine asiatique maintenant ! C'est nouveau ça. !

Elle, dans une manif ! Non mais je rêve ! Depuis que je la connais, elle n'a jamais participé de près ou de loin à une manifestation de quoi que ce soit. Même pour l'abolition de la peine de mort, elle n'a pas bougé le petit doigt. Vous imaginez le tableau, la voir défiler scandant : " Je n'y connais rien, mais mon gynéco j'y tiens"

Pourquoi pas celle des boulangers et des mitrons pendant qu'elle y est. . Hein ! C'est lundi prochain à Denfert à cause des 35 heures. Je la vois d'ici hurlant : "Martine nous roule dans la farine" "Elisabeth, arrête de nous faire marcher à la baguette" ou encore "On est des bonnes pâtes mais pas des patates".

Attends que j'aie les photos, alors là, on va voir la tête qu'elle va faire devant les preuves irréfutables d'adultère. Elle ne pourra pas nier l'évidence. Je serai impitoyable. Les pleurs et les pardons murmurés du bout des lèvres n'y changeront rien. Je vais lui faire voir moi, où il est le bout du monde, croyez-moi ! Ma vengeance sera terrible. Elle va me le payer cher. Il faut que je me calme, demain sera un jour nouveau.

Quand je reviens au bureau, ma secrétaire m'interpelle et me dit : "Ta femme a laissé un message, c'est sur ton bureau." J'entre et je trouve le message suivant : "Essaye de ne pas rentrer trop tard ce soir, nous avons des invités." Elle ne va quand même pas me faire l'affront d'inviter le bellâtre, l'autre binoclard barbu, et en prime ses copines révolutionnaires. J'y vais, j'y vais pas, j'y vais. C'est décidé, elle va voir comment je peux rester stoïque, même dans l'adversité.

Il est vingt et une heures quand j'arrive. Ils sont là tous les trois, prenant l'apéro, heureux de me voir enfin arriver. Nathalie, Gérard son petit ami et ma chère et tendre épouse. Je n'y crois pas. Elle est machiavélique, les avoir invités pour me laisser supposer qu'il ne se passe rien. Durant le repas, elle me fait un signe du style : Qu'est-ce que tu as ? Elle a dû prendre des cours de comédie, ce n'est pas possible, on lui donnerait le bon dieu sans confession pour être aussi détendue et souriante avec nos amis.

J'écoute d'une oreille discrète la conversation des femmes. Elles disent qu'à leurs âges, elles doivent trouver un dérivatif pour occuper leurs journées, sans trop faire attention à ce que me dit mon ami.

Gérard qui se rend compte que je ne suis pas dans mon assiette me demande : "Tu veux que je te raconte la dernière ?" C'est Ben Laden qui téléphone à Bush pour lui annoncer deux nouvelles. Une bonne et une mauvaise. Le Président réfléchit, puis lui répond, dites-moi d'abord la bonne nouvelle. L'autre répond, je me rends. Le Président heureux et satisfait lui demande, alors et la mauvaise ? L'autre lui répond : J'arrive en avion…

Chatouillez-moi vite que je rigole. Tu parles d'une blague ! Il a dû faire l'école du rire ! Comme s'il n'était pas au courant que ça fait plus d'un mois que je m'infuse du matin au soir les talibans ! Alors, bonjour pour la rigolade. Ce n'est vraiment pas le jour !

Enfin, ils se décident à partir. Ce n'est pas trop tôt. Claire me regarde furibonde, se demandant ce que j'ai pour faire une tête pareille. Je ne suis pas d'humeur à affronter ses questions sur mon attitude pendant le dîner. Prétextant moi aussi une terrible migraine due au vin blanc, je vais me coucher, espérant dormir lorsqu'elle viendra se coucher, après avoir remis un peu d'ordre.

 

Vendredi

11h00 Elle quitte l'immeuble, se rend chez l'épicier arabe au coin de la rue, fait quelques emplettes et rentre.

14h00 Un barbu à lunettes et cheveux longs l'attend devant l'immeuble, elle sort puis lui sourit. Ils partent ensemble. Ils s'arrêtent dans un café. Elle sort des papiers d'une chemise en carton qu'elle lui fait lire. Ils discutent tout en examinant les papiers qu'elle lui a remis.

16h45 Ils se quittent. Lui prend le métro, elle, rentre à pied. Elle fait du lèche-vitrines. Elle entre dans un magasin de fringues plutôt branché. Elle paye avec sa carte Visa et sort avec son paquet.

18h00 Elle rentre chez elle.

19h30 Elle sort et entre dans un cinéma.

22h30 Elle est de retour et parle un instant devant l'immeuble avec un inconnu qui vient d'arriver.

22h35 Au coin de la rue, une femme dans une voiture semble les observer.

24h00 R.A.S. Rien à signaler. Enquête terminée.

PS : Photos envoyées ce jour par "Chronopost" à l'adresse de votre bureau.

 

Depuis quand fait-elle ses courses chez l'épicier du coin ? Elle est devenue pro-arabe ou quoi ?

Et l'autre crassoux, c'est qui celui là ? C'est peut-être lui qui lui a mis toutes ces idées en tête. Un activiste du F.L.B.N. (Front de Libération du Beaujolais Nouveau) ? Un toubib de M.S.F ? Un avocat véreux ou bien un écolo ? Ben oui quoi ! "A vos plumes" C'est peut-être les défenseurs des oiseaux mazoutés. Elle a une carte de crédit et s'habille branché. C'est nouveau ça ! Elle m'a toujours dit ne pas vouloir de carte bancaire à cause du code. Elle a peur de l'oublier.

En plus, elle s'habille classique, elle a fait ses études au "Couvent des Oiseaux". Vous voyez le genre ? Non ! Et bien moi, Si ! Jupe plissée et pull à col rond bleu marine, chemisier bleu ciel, socquettes blanches et chaussures basses pour l'harmonie de l'ensemble, fredonnant à la sortie des cours la chanson de Dutronc "Toute ma vie j'ai rêvé d'être une hôtesse de l'air …Toute ma vie j'ai rêvé d'avoir les fesses en…" Je ne lui ai pas laissé le temps de décoller. Je lui ai de suite volé dans les plumes.

Il est vingt-deux heures quand je quitte le journal, j'avais un éditorial sur la prise de Kaboul à finir. En arrivant, je me trouve nez à nez avec la voisine du quatrième, le genre, si vous êtes son type d'homme, à vous proposer d'explorer son anatomie dans les minutes qui suivent.

Bonsoir, me dit-elle, avec un sourire provocateur. J'ai lu votre éditorial sur la "Guerre en Afghanistan." Je l'ai trouvé pour un fois assez objectif et sans trop de complaisance face à l'impérialisme américain. Notre discussion se prolonge quelques instants, mais je préfère y mettre un terme. Il vaut mieux être prudent. On ne sait jamais. Ce n'est pas le moment de me faire surprendre par ma femme.

Vous imaginez la scène ?

Après tout, je m'en tamponne de ce qu'elle pense de mon éditorial. Non mais ! Elle se prend pour qui celle-là !

L'inconnu, c'est qui encore celui là ?

Une femme qui les surveille, je n'aime pas ça.

Quand je rentre, je trouve un mot sur la table du salon. "Je suis sortie écouter un récital de contes haïtiens " Les îles Animales" par Mimi Barthélémi. Baisers à plus tard.

Claire." C'est ça, pourquoi pas apprendre le créole en position du crabe, en compagnie d'un noir ! Hein, pourquoi pas !

Je vais me coucher sans l'attendre. Il est 23h00.

C'est samedi, elle dort toujours. Je ne l'ai pas entendue rentrer.

Je me lève. Je prends mon café et file au journal.

Sur mon bureau, je trouve le courrier et l'enveloppe avec les photos.

Je reste complètement ahuri ! Ce n'est pas ma femme ! C'est la voisine du quatrième. Quel abruti ! L'inconnu devant l'immeuble, c'est moi avec la voisine et la femme dans la voiture qui nous observe, c'est Claire !

Soudain tout devient cohérent.

Angoissé, pris de panique, je reprends tous les comptes-rendus de la semaine. Je ne retrouve plus celui de jeudi. Où ai-je bien pu foutre ce putain de papier ? Je fouille partout sans succès. Je regarde dans les poches de ma veste toujours rien. Je commence sérieusement à flipper. J'ai dû l'oublier dans une de mes vestes. Il faut absolument que je le récupère, si Claire tombe dessus, je suis perdu.

Je quitte le bureau et fonce à mon domicile.

Quand j'arrive, une effervescence règne devant l'immeuble. Tous les secours tricolores sont présents, la Police, le SAMU et les Pompiers.

Je me précipite vers l'entrée lorsqu'un policier m'interpelle : "Désolé, monsieur, mais vous ne pouvez pas passer, une femme a été assassinée dans l'immeuble." Je panique et lui réponds, je suis le mari, pensant qu'il est arrivé quelque chose à ma femme. Il appelle le Commissaire divisionnaire qui me demande mes papiers. Il me fait signe de le suivre.

Nous montons. Arrivé au quatrième, je l'informe que mon appartement est situé au troisième, il me regarde d'un air interrogateur, se demandant si je ne suis pas un dingue.

Je me crois dans l'obligation de lui raconter mon histoire de détective privé. Nous entrons. Dans le salon, j'aperçois le corps d'une femme allongée dans une mare de sang avec dans le creux de la main droite un bout de papier en partie brûlé sur lequel est écrit :

" jeudi 11h30 Elle sort habillée, style …"

Je suis littéralement terrifié et ne sais plus quelle attitude prendre.

Sur le bureau, l'écran de l'ordinateur portable est encore allumé. Je peux y lire "Création d'un Atelier d'écriture par l'Association " A vos Plumes" animé par Claire … pour le Concours de Nouvelles Policières 2001 de la Noiraude et Fureur du noir ayant pour sujet "Billet brûlé"

Des gouttes de sueur perlent sur mon front.

Il me raccompagne à mon appartement. Claire est devant la fenêtre regardant ce qui se passe trois étages plus bas. Surprise de me voir là, elle m'interroge du regard semblant me demander, qui est la personne qui m'accompagne, le Commissaire s'en aperçoit, il se présente. Ce dernier en profite pour me demander si je n'ai pas entendu des coups de feu. Non pas vraiment dis-je, en bafouillant, vaguement un bruit de pétarade, mais j'étais dans mon premier sommeil vous savez.

Elle me regarde avec un air de compassion, ayant l'air de me dire, mon pauvre ami, dans quel merdier tu t'es fourré. A ce moment précis, je suis un assassin en puissance. J'ai vraiment envie de lui tordre le cou. Vous pouvez me croire sur parole.

Le Commissaire se tourne vers moi et me pose la traditionnelle question.

Où étiez-vous hier soir entre 22h30 et 24h30 heures ? Chez moi.

Avec qui ? Seul, ma femme n'était pas encore rentrée.

J'ai comme un mauvais pressentiment.

Et vous madame, où étiez-vous et à quelle heure êtes-vous rentrée à votre domicile ? demande le Commissaire.

Oh ! Moi, monsieur le Commissaire, j'étais à un spectacle en compagnie de ma meilleure amie Nathalie, après nous sommes allés prendre un verre. Vous pouvez vérifier. Je suis rentrée aux environs de minuit et demi, j'ai trouvé mon mari assis dans le salon. Il avait l'air bouleversé.

La solidarité féminine, c'est quelque chose vous savez ! On ne sait pas jusqu'où ça peut aller.

Comment peux-tu dire un tel mensonge m'exclamais-je ! Fou furieux. Je dormais Monsieur le Comm……

Le Commissaire, se tourne vers moi sans me laisser terminer et me demande de bien vouloir le suivre au commissariat.

Après un interrogatoire musclé et 48 heures de garde à vue, je suis mis en examen et inculpé d'assassinat avec préméditation. J'ai beau clamer haut et fort mon innocence, ils ne veulent rien savoir. Je suis complètement anéanti. Encore une erreur judiciaire. Une de plus.

Claire pousse le vice jusqu'à venir me voir en prison, histoire de me torturer davantage. Elle est fière, sûre d'elle, conquérante.

Je vais enfin pouvoir m'éclater sans avoir un beauf à mes côtés me dit-elle. N'hésite pas à t'inscrire au prochain atelier d'écriture. On m'a proposé d'animer celui du mois prochain dans la prison où tu vas passer de très nombreuses et longues années. Cela t'occupera un peu.

Elle allait me quitter quand elle se ravisa et rajouta.

Excuse-moi, mais en ce moment j'ai un peu la tête ailleurs.

J'allais oublier de te dire que les participants doivent imaginer une histoire dont le sujet est "La jalousie." Tu ne devrais pas avoir trop de difficulté ? Tu sais, c'est un concours de Nouvelles Policières

Je pense que tu as toutes tes chances, me dit-elle en quittant le parloir.

A bientôt, mon chéri.

 

 

 

 

 

 

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