Adn Sous Copyright

par

SEF

ADN sous copyright

La sonnerie de l’entrée venait de retentir pour la première fois depuis des mois. Qui donc pouvait lui rendre visite ? Qui pouvait encore s’intéresser à l’épave qu’il était devenu ? D’un geste sans vie, automatique, il éteignît l’écran de son télénet, et l’image d’un couple dans une violente relation sexuelle s’évanouit.
Lascivement, les membres désarticulés il quitta son siège puis s’engagea dans le couloir qui serpentait à travers la grande maison morne, dans le but d’atteindre la porte d’entrée. Arrivé face à celle-ci, il alluma l’écran de contrôle et apparut l’image de deux hommes complètement vêtus de bleu, lunettes de soleil sur le nez, 30 et 20 ans à vue d’œil, affichant un sourire permanent et artificiel. Ils étaient plutôt bien faits de leur personne et le plus jeune tenait une valisette multifonction à la main, bleu évidemment.
Le plus vieux des deux hommes sonna de nouveau. Il faut dire qu’il avait été plutôt long à atteindre la porte et à les détailler sur l’écran. Il n’avait aucune envie de leur ouvrir, il n’avait aucune envie de voir qui que ce soit. Mais machinalement, d’un geste irréfléchi, il appuya sur le bouton de déverrouillage de la porte. Il s’en voulait, ce matin il s’était levé particulièrement déprimé et avait pris une forte dose de Drorecon. Il se contrôlait d’autant moins. La porte s’ouvrit, et apparut deux visages qui se ressemblait fortement fendus de deux larges sourires.
Monsieur Debasse, dit le plus vieux avec plein d’enthousiasme. Comme je suis heureux de vous voir d’un si bon matin. Je me présente, John Disturbe, dit-il en attrapant fermement la main ballante de Debasse. Je représente la société Génocom. J’aurais besoin de vous parlez de quelques détails qui ne manqueront pas de vous intéresser. Pouvons nous entrer ?
Disturbe n’attendit pas la réponse de Debasse. L’absence d’un non immédiat lui avait suffit pour l’autoriser à emboîter le pas, entrant dans la maison en prenant par l’épaule un Debasse trop passif pour réagir.
C’est par là ? Demanda Disturbe en indiquant l’entrée du salon, qui se distinguait par sa taille. Debasse acquiesça d’un léger hochement de tête, incapable d’articuler le moindre mot, une boule de stress nouant son diaphragme. Derrière eux suivait le jeune homme, arborant continuellement le même sourire impeccable. La porte d’entrée se ferma automatiquement quelques secondes après leur passage.

Les trois hommes pénétrèrent dans le salon seulement éclairé par un mince filet de lumière, qui provenait de la fenêtre secondaire dont le store n’était pas complètement baissé. La pièce, plutôt grande, était remplie de vêtements, d’objets inutiles et de cartons empilés les uns sur les autres. En aucune manière Debasse ne chercha à justifier ou à excuser son désordre et son manque d’hygiène. Il était chez lui, ils lui imposaient leur présence, il n’allait pas en plus leur devoir quoi que ce soit.
Tout trois s’installèrent sur des fauteuils disposés autour d’une table basse. Le plus jeune des hommes posa sa valisette sur ses cuisses puis déploya l’écran. La machine sortit aussitôt de sa veille et un tas d’informations apparues. Debasse, tout en espérant que la présence des deux hommes serait la plus courte possible, se mit à les observer. Il trouvait qu’ils se ressemblaient beaucoup, et il aurait juré qu’ils étaient frères si le plus vieux n’avait pas, en un lapse de temps assez court, lancé plusieurs fois des regards équivoques envers son jeune collègue. Cela l’intriguait, mais il n’était pas en état pour s’attarder sur ce genre de détails ambiguë. Les deux hommes étaient impeccables, rien dans leur panoplie ne faisait défaut, des cheveux brillants aux chaussures de cuirs derniers cri, brillantes également. Ils avaient sur eux le dernier parfum à la mode, de superbes montres high-tech, la même forcément, et tous les derniers gadgets et accessoires à la mode. Même leur posture était du dernier cri, à la fois naturelle et élégante, souple sans se laisser aller. Ils étaient sûr d’eux, charismatiques, ils étaient les dignes représentant de l’homme moderne dans toute sa splendeur, malgré qu’en contrepartie même leurs muscles ne devaient pas être naturels, comme la moindre de leurs attitudes.
Voyez vous monsieur Debasse, dit Disturbe très charmeur. Nous représentons la société Génocom, qui est la plus grande société de génétique au monde, mais cela vous le savez certainement. Pas du tout, pensa Debasse tout en restant impassible. «  Génocom, leader sur le marché de la génétique civil, ne cesse d’améliorer ses services, .. »
Allez en au fait monsieur Disturbe. Je n’ai pas trop la tête à écouter un long discours promotionnel. Je vais perdre facilement le fil de cette manière. Surtout qu’il était plus qu’agacé par le langage publicitaire de Disturbe, et toutes la gestuelles avec laquelle il accompagnait le moindre de ses mots.
Aucun problème monsieur Debasse, je suis là pour vous satisfaire. C’est la règle d’or de Génocom, sa-tis-fai-re le client.
Mais pour l’instant je ne suis pas client de Génocom, répliqua Debasse.
Non, mais nous avons déposé un copyright sur votre génom.
Comment cela !? Debasse se figea, il était persuadé d’avoir mal compris, d’avoir raté une partie de la phrase
Vous vous souvenez de l’accident que vous avez eu il y a deux ans ? Disturbe avait changé d’attitude en prononçant cette phrase, il était passé du séducteur au machiavel.
Si je m’en souviens. Il a détruit ma vie, répondit Debasse après quelques secondes pour se remettre des spasmes abdominaux que lui causait l’évocation de ce jours. Disturbe, le sourire malicieux aux coins des lèvres, s’enfonça dans son fauteuil et fis un geste à son collège. Immédiatement celui-ci lu à haute voix ce qu’il y avait sur son écran.
Monsieur Jean Debasse, née le 13 décembre 1980 à Paris. Le 11 mars 2015, suite à un accident de voiture, a fait appel à la société Samucom, filiale de Génocom, pour être secouru. Arrivé sur les lieux, le Docteur Gérarde à fait signer un contrat à Monsieur Debasse. Ce contrat affirmait, entre autres choses qui n’ont pas leur importance pour l’instant, qu’il acceptait que son Génome soit décodé par la société Génocom, ceci en échange d’une remise de 10 % sur le prix des secours.
Qu’est ce que vous me racontez là ! J’étais blessé, choqué, c’est à peine si je me souviens d’avoir signé le moindre papier !
Cela, je veux bien vous croire, dit alors Disturbe. Mais la signature entraîne votre responsabilité, pas la nôtre. Quoi qu’il en soit, cela a donné droit à la société Génocom de décoder votre ADN et de déposer sa carte complète. De ce fait, et pour vingt ans, nous possédons des droits sur votre ADN. Debasse retînt la colère qui montait en lui. Embrouillé par le Drorecon et les paroles des deux hommes, il ne pouvait pour l’instant n’avoir que des réactions primaires. Il usa de toutes ses forces pour faire fonctionner son cerveau, nostalgique du temps ou c’était un outil en parfait état de marche.
Pourriez vous préciser ce que cela signifie, dit-il enfin. Disturbe fit de nouveau signe à son jeune collège, qui se mit de nouveau à lire le sourire au lèvre et la voix suave, comme si tout cela était des plus banal.
Cela signifie que pour une durée de vingt ans, il vous est interdit de subir tout traitement génétique sans en faire part à la société Génocom. Si vous êtes frappé d’un mal qui exige un traitement génétique, Génocom devra donner son autorisation, et être acquitté d’un forfait pour fournir votre Génome à vos médecins éventuels. Bien sûr, si le traitement est appliqué par Génocom lui même, vous bénéficierez d’un forfait. De plus, nous pouvons utiliser votre ADN pour créer un clone, ou une partie seulement pour toute création vivante, ou pour toute expérience génétique.
C’est ridicule, cela n’a aucun sens ! Fit Debasse avec véhémence. Que vous soyez payé parce que vous avez décodé mon génome et que cela peut me servir un jour pour des raisons médicales, passons. Que vous utilisiez mon génome pour faire des clones ou des expériences, je n’en ai que faire, l’ADN n’est qu’une parcelle d’un être et je n’ai pas de soucis philosophiques à ce sujet. Par contre, je ne comprends pas pourquoi votre Génocom mettrait un veto à une quelconque manipulation génétique qui permettrait de me soigner, ou cas où cela se révélerait nécessaire. Le jeune homme allait s’apprêter à répondre, mais son mentor le retint d’une main posée sur le bras.
Voyez vous monsieur Debasse, la société Géno-com, tient à ce que la génétique ai une bonne image. Il est désormais loin le temps des monstres, des clones ratés, des manipulations de déments et autres expériences malheureuses qui ont terni l’image de la génétique. Heureusement tout ceci commence à être oublié. Mais la génétique reste une science délicate, et Génocom lutte pour éviter tout dérapage. De ce fait, elle tient à s’assurer que si l’on doit soigner une personne par manipulation génétique, cela n’entraîne pas un résultat disons ; indésirable. C’est pourquoi entre autres actions elle essaye de déposer le maximum de copyright sur des ADN. Ainsi elle peut vérifier les traitements que l’on souhaite infliger à ses clients, et si elle juge que le risque est trop grand, elle refuse l’intervention. Bien sûr, rien n’interdit de proposer un autre traitement, mais le mieux est de passez par Génocom directement, car évidemment nous sommes les meilleurs et pour longtemps.
Debasse se sentait mal, non seulement il s’énervait mais surtout il sentait l’effet du Drorecon se dissiper. Il appuyait frénétiquement sur sa paume, afin de relancer une diffusion dans son organisme à parti de la réserve implantée dans son avant bras. Disturbe remarqua son geste typique des accros de Drorecon.
Surtout ne vous gênez pas de notre présence pour prendre votre médicament. Nous comprenons très bien qu’un homme qui est passé par de terribles épreuves ai besoin d’une aide… chimique. Tu peux parler se dit Debasse, ayant repéré que les deux hommes étaient bourrés au Boostra, une drogue super stimulante qui permettait de travailler des jours d’affilé sans sentir la fatigue, et qui renforçait démesurément l’ego. Profitez-en bien se dit-il, sachant très bien que d’ici dix ans au maximum ils seraient frappés de schizophrénie.
Vous savez, dit le jeune commercial, Génocom a développé une glande qui produit du Drorecon. On vous la greffe, et la substance se diffuse dans l’organisme selon vos besoins, sans que n’ayez rien à gérer.
Formidable, il faudra que j’y songe, dit sardoniquement Debasse. En attendant il avait beau appuyer sur sa paume, il ne sentait pas les effets de la drogue. Au contraire, plus le temps passait et plus il sortait de sa léthargie, et son mal être psychique augmentait d’autant. Il devait se rendre à l’évidence, sa réserve était vide. Une angoisse monta en lui, il ne voulait pas s’abaisser à remplir sa réserve devant ces deux hommes, et pourtant le manque se faisait déjà sentir.
Nous allons vous remettre un document détaillé, il vous expliquera exactement quels sont les droits que possède Génocom sur votre ADN. Mais avant cela, nous devons vous parler d’autre chose, dit Disturbe en prenant un ton un peu plus sérieux.
Je n’en espérais pas tant.
Je dois vous avouez que le sujet que je vais aborder est assez délicat, en tout cas de prime abord, car il est destiné à amener une offre qui ne peut que changer votre vie. Je dirais même ; vous redonner le goût à la vie.
Génocom fais donc des miracle ?
Exactement.
Précisez ? Debasse s’attendait au pire mais sa curiosité avait tout de même été attisée.
Monsieur Debasse, lors de votre accident vous avez perdu votre épouse. Mais heureusement la société Génocom a récupéré son ADN, car le contrat que vous avez signé nous permettait aussi cela.
Je vais finir par croire que j’ai donné droit de vie et de mort avec ce contrat.
Vous n’êtes pas si loin de la vérité. Pour parlez franchement, vous pouvez nous donner droit de vie sur votre femme.
Ma femme est morte pour toujours espèce d’imbécile ! Le manque de Drorecon et le sujet abordé mettait Debasse dans un état nerveux particulièrement sensible. Il s’exprimait de plus en plus avec colère, il sentait qu’il pouvait rapidement perdre tout contrôle sur lui-même.
Je comprends votre réaction, le sujet est plus que délicat. Toutefois laissez nous vous expliquer. Il fit le signe rituel vers son partenaire.
Génocom, leader mondial sur le marché de la génétique, a développé un programme de clonage et d’éducation modelé particulièrement efficace, qui permet de reproduire au mieux une personne vivante ou disparue. Grâce à une croissance accélérée et une éducation très contrôlée, nous pouvons insuffler une personnalité prédéfinie et reproduire à l’idéal la mémoire d’une personne donné.
Ridicule, vous me parlez d’un mythe ! Un clone est une personne unique, l’on pourra faire tout ce que l’on veut il ne peut pas être quelqu’un d’autre, c’est un non sens ! Vous dites ne pas vouloir créer de monstre et vous me décrivez un programme pour en faire à la chaîne ! Debasse crachait ses phrases entre ses dents. Les deux hommes ne réagissaient pas trop à son changement d’attitude. La réalité qu’il percevait par le biais du Boostra leur convenait forcément, tout était toujours idéal pour eux.
En conséquence, repris le jeune homme sans tenir compte des paroles de Debasse. Nous vous proposons un clone de votre femme. Nous assurons une croissance sur deux ans qui l’amènera à un âge compris entre seize et dix huit ans. Il va sans dire qu’à partir de ce moment la croissance est ramenée à une vitesse normal. Il faudra bien sûr que vous collaboriez avec nos spécialiste, afin de lui insuffler une personnalité et une mémoire les plus proches possibles de votre femme d’origine. Ensuite, sur les 5 ans qui suivront, nous effectuons un suivi afin que l’affirmation de la personnalité et l’implémentation des souvenirs continu jusqu’à un seuil optimum. Et tous cela pour le même prix qu’une voiture de standing, vous rendez-vous compte ?
Effectivement non je ne me rends pas compte. Debasse était atterré tandis que les deux hommes étaient paisibles et souriaient.
En général on a deux voir trois années de battement, mais ensuite le clone prend complètement sa place, précisa Disturbe.
Et l’amour, qu’est-ce qui vous garantie que votre clone plein de jeunesse va s’amouracher de moi ?
Aucun problème, c’est garanti sur contrat. Si nécessaire nous la faisons revenir dans nos centre d’éducation, afin de la débarrasser de ses blocages éventuels. Dans le pire des cas, bien que cela arrive très très rarement, nous procédons à la création gratuite d’un autre clone. Il est vrai que tout cela peut paraître un peu long, mais le résultat vaut quelque attente, croyez moi.
Et l’ancien clone, dans ce genre de situation très, très rare, que devient-il ?
On lui crée une nouvelle vie, on lui donne du travail. Une jolie fille à toujours du travail, pensa Disturbe.
Tout cela est abominable, c’est faire bien peu cas de la condition humaine !
Bien au contraire monsieur Debasse, nous aimons la vie, nous ne souhaitons que le bonheur des gens. Nos clones sont créés uniquement pour rendre heureux d’autres personnes, et qu’y a t-il de plus beau que d’exister pour apporter du bonheur ?
Vous instrumentalisez l’être humain, vous le transformer en marchandise ! Disturbe souriait aux remarques humanistes et sincères de Debasse.
Vous êtes sévère. Si cela était le cas, il n’y aurais pas tant de gens qui ferais appel à la technologie du clonage. Je ne devrais pas être indiscret sur le sujet, mais savez vous que votre collègue de travail Henri Ferx, a fait cloner sa fille après qu’elle fut morte tout juste âgée de 5 ans ? Croyez moi, aujourd’hui sa femme est lui rayonnent de bonheur, et l’enfant est très heureux. Effectivement, Debasse se rappelait que peu avant son propre accident, Ferx avait perdu sa fille. Puis de retour au travail après de long mois de convalescence, il avait été surpris de l’entendre parler de sa gamine. Comme l’homme respirait le bonheur, il s’était dit qu’il avait dû faire un autre enfant. Il comprenait mieux maintenant.
De plus nous pouvons, si le client le désir, modifier certains critères de la personnalité de référence. Pour être franc en général nos clients nous demandent de libérer les envies sexuelles. N’aimeriez vous pas retrouver une partenaire qui n’a pas de tabous, qui n’hésite pas à répondre à toutes vos demandes ? De plus, n’oubliez pas que la femme que vous allez retrouver sera vierge. Les yeux de Disturbe brillaient quand il disait cela.
Vous êtes dégoûtant ! Cria Debasse qui se contrôlait de moins en moins. Je n’ai même pas connu ma femme vierge, se dit-il tout en se rendant compte que l’offre l’avait troublé. Il était bien obligé d’admettre qu’avec de tels propositions l’on touchait aux faiblesses des hommes. Les coups bas étaient préconisés et appliqués pour arriver à leur fin.
Et les droits de l’être humain, vous en faîtes quoi !? Cracha-t-il amèrement. Disturbe, un petit sourire moqueur aux lèvres, lança un regard vers son jeune collègue, et les deux hommes se mirent à rire ouvertement. Debasse ne le supportait pas, il était face à deux ignobles personnages qui ne se souciaient que de leur réussite sans s’inquiéter de ce que cela coûtait aux autres. Souffrant trop de son manque, Debasse se leva sans dire mot, le visage livide, tremblant, et se dirigea vers un petit bureau. Il ouvrit le tiroir et sortit une nouvelle réserve. Celle-ci consistait en un tube muni d’une aiguille à insérer dans l’avant bras pour remplir le réservoir. Avec des gestes saccadés il déchira l’emballage, préparant l’appareil pour l’injection, lorsqu’il se rendit compte que Disturbe et son jeune collègue le regardaient attentivement. Il était évident qu’ils n’attendaient que cela, qu’il s’abrutisse de drogue pour pouvoir lui vendre tout ce qu’ils désiraient. Debasse se figea, il ne savait plus que faire, une partie de lui réclamait le produit à grand cri de souffrance, une autre voulait s’en débarrasser à tout jamais. La colère et la peur montait en lui. Mais la peur de quoi ? Cela faisait longtemps qu’il ne s’était plus demandé pourquoi il avait peur. Peut-être parce qu’il le savait trop bien ; il avait peur de la vie. Disturbe de son côté savourait le spectacle de déchéance qu’offrait Debasse. La colère monta de nouveau en lui, atteignant un stade qui faisait passer la peur au second plan, avant de la faire partiellement disparaître. Le manque était toujours présent, mais il avait passé un cap. Il regardait la réserve dans sa main, désormais moins certains de ce qu’il allait en faire, bien que l’envie de retrouver les sensations apaisantes du Drorecon restait très forte.
Monsieur Debasse, dit alors le jeune commercial. Si cela peut vous aidez à prendre une décision, nous avons des modèles qui vous permettrons d’expérimenter les options sexuelles que nous proposons. A l’expression qu’afficha Disturbe, Debasse vit que celui-ci avait immédiatement repéré l’erreur de son jeune protégé. La proposition était indélicate et placée au mauvais moment. Disturb fit aussitôt comprendre au jeune homme de ne plus dire un mot, non par des mots mais par des petits gestes. Mais c’était trop tard, Debasse, impassible, le tube à la main, s’approcha du jeune homme, puis s’assit face à lui sur la table basse.
Quel est votre nom ?
John, John Disturb, dis fièrement le jeune homme. Debasse le regarda d’abord avec incompréhension, était-il le frère de l’autre, un neveu ? Il regarda le plus âgé. Il avait une expression de fierté en regardant son jeune parent. Non, Debasse venait de comprendre, ce n’était pas un parent, le regard était trop ambiguë, c’était son clone, c’était son double plus jeune et formaté à son idéal, un Lui parfait, un amant parfait. Ce monde est donc bien devenu fou, pensa Debasse résigné, observant les deux commerciaux qui le regardaient aussi un sourire aux lèvres. Il ne les supportait plus, ils étaient le symbole d’un monde qui n’avait plus aucun respect de la vie. Il ne voulait même pas perdre de temps à essayer de leur faire voir leur déraison, ils s’autolobotimisaient à force de drogue, tout comme lui d’ailleurs. La seule différence c’était que lui en avait conscience.
Croyez moi monsieur Debasse, dit-alors Disturbe. Un clone éduqué selon vos souhaits est idéal pour satisfaire tout vos désir et vous rendre la joie de vivre. Un geste, instinctif, irréfléchi, provoqué plus par l’expression de Disturbe que par ses mots. Sa perversité s’était complètement mise à jour, et Debasse ne l’avait pas supporté. Il n’était pas en état de faire face à tant d’inhumanité, lui qui souffrait tant du manque d’un humain à aimer. L’aiguille se planta sans problème dans l’épaule de Disturbe, s’enfonçant d’un bon centimètre avant qu’il n’eut le temps de faire un geste. D’un mouvement d’épaule il se dégagea, mais pas assez rapidement pour empêcher Debasse d’activer le déchargement automatique de la réserve. Se levant brusquement, comprenant ce qui se passait, Disturbe retira d’un geste l’aiguille. Déjà la moitié du produit s’était déversé dans son organisme. L’injection avait été intramusculaire, mais le Drorecon était tout juste moins efficace de cette manière. Jetant la réserve au loin, Disturbe fixa affolé Debasse qui se tenait impassible devant lui. Le clone, incapable de comprendre la gravité de la situation tant le Boostra était euphorisant, ne bougeait pas, regardant la scène comme un spectateur lointain. Finalement, plus par réflexe qu’autre chose, il prit son ordimobile pour appeler sa société. Debasse prit l’appareil et le lança au loin dans la pièce. Disturbe senior essaya de se diriger vers Debasse mais les effets du produit se faisaient déjà sentir, ses jambes flagellèrent sous lui et il s’écroula sur le sol. Son clone le regardait les yeux ébahis, la violence des derniers instant l’avait profondément perturbé. Déjà des larmes coulaient de ses yeux. Debasse se rendit compte que ce n’était qu’un enfant, il devait avoir à peine quelques années, et face à la moindre situation hors norme il ne pouvait réagir que comme ce qu’il était réellement.
Il …est mort… réussit-il à dire entre deux spasmes de sanglots.
Pas vraiment. Ton « père » est plein de Boostra, le mélange avec le Drorecon est particulièrement explosif. A cette dose, je pense qu’il va subir des convulsions durant une bonne heure avant de sombrer dans un état cataleptique particulier. A mon avis ça va détruire une partie de son cerveau, mais pour ce que ça lui sert ce n’est pas très grave.
Vous êtes …un monstre.
Que crois tu être petit ? Tu n’était que le jouet de ton maître dont je viens de te libérer. Tu devrais m’être gratifiant. Hélas cette liberté est un poids trop grand pour toi. Debasse vis bien à l’expression du clone que celui-ci ne comprenait rien à ce qu’il disait. Il était un produit parfaitement calibré et était certainement incapable de réfléchir à sa propre existence. Las, Debasse s’assit sur la table, observant les deux hommes, observant l’évolution humaine dans toute sa splendeur. De son côté, si l’adrénaline avait quelque peu compensé l’effet du Drorecon, il n’en était pas moins en état de manque. Mais il savait que s’il cédait et se réinjectait une dose il ne trouverait pas la dépendance physique nécessaire à son départ. Car il était temps de partir. Désormais la vie ici ne pouvait plus se terminer que par un reconditionnement qui en ferait un être aussi docile que le clone face à lui. Il avait entendu dire que des néo-anarchistes vivaient dans les montagnes au nord de la cité. Il pensa que s’était sûrement le meilleur endroit où se rendre, en tous les cas pour l’instant. Le temps de bâillonner le clone, de prendre quelques affaires essentielles, et il n’avait plus qu’a prendre sa voiture. C’était bien la première fois depuis longtemps qu’il allait conduire avec plaisirs.
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Je vais finir par croire que j’ai donné droit de vie et de
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