Rock en vrac. Rencontres avec des caïds du rock et du roman noir

MICHEL EMBARECK


Rock En Vrac. Rencontres Avec Des Caïds Du Rock Et Du Roman Noir

Aux éditions EDITIONS DE L’ÉCAILLER

1525

Lectures depuis
Le jeudi 11 Novembre 2011
 
 

Une lecture de
PAUL MAUGENDRE


Longtemps, durant une dizaine d’années, le magazine Best fut concurrent et complémentaire à Rock & Folk, deux revues emblématiques de la scène musicale des années 70 et 80. Michel Embareck revient sur cette période qu’il a connue de l’intérieur en que reporter, forçant sans mal la porte de la rédaction.
Les bureaux, sis au 23 rue d’Antin à Paris dans le 2ème arrondissement, Michel Embareck les découvre un jour de 1974 et ne les quittera que dix ans plus tard, après avoir voyagé tous azimuts afin d’assister à des concerts, à interviewer des idoles du rock et de ses dérivés, à prospecter dans des endroits plus ou moins branchés ou franchement crades, à la recherche des pousses montantes, à écouter des disques et les chroniquer à longueur de pages, à photographier dans des postures plus ou moins mises en scènes (Elton Jones, Mike Jagger) ces enfants de la musique qui ont marqué l’histoire ou n’ont effectué qu’un passage éphémère dans la galaxie musicale.
Avec gouaille, coups de griffe, nostalgie peut-être, poésie en filigrane, il trie le bon grain de l’ivraie, il nous fait partager ses amitiés nouées au cours des rencontres et qui perdurent encore maintenant. Il nous entraîne dans les coulisses des bureaux de Best, un appartement aménagé au sixième étage d’un immeuble planté non loin de l’Opéra. Mais ne n’était pas la même musique que celle jouée à l’Opéra Garnier. Portraits des collègues (Laurent Chalumeau, Hervé Picart et autres), du rédacteur en chef, du propriétaire, mais surtout de Régine qui cumulait sans rechigner les fonctions indispensables d’hôtesse d’accueil, de secrétaire, de standardiste, de vendeuse d’anciens numéros, de trieuse de petites annonces, et autres activités essentielles à la bonne marche de la boutique sans oublier de prêter une oreille attentive aux lamentations des journalistes et de fournir des réconforts, sous forme de sandwichs dégottés en bas de l’immeuble pour atténuer les brumes occasionnées par l’ingestion de liquides alcoolisés, et accessoirement recoudre un bouton. Aujourd’hui, avec le progrès, que reste-t-il de toutes ces activités qui semblaient naturelles de la part d’une personne dévouée et qui ne sont plus répertoriées dans le cahier des charges d’une secrétaire ? Mais je me dissipe.
Après la présentation de ces dix années de labeur, qui furent dix années de bonheur et de turbulence, Michel Embareck revient sur ses rencontres décisives, puisqu’il en garde un souvenir ému. Certains des musiciens, des groupes qu’il évoque ne vous diront peut-être rien, et pourtant… Comme chantait Charles Aznavour dans La Bohême, Je vous parle d'un temps Que les moins de vingt ans Ne peuvent pas connaître… mais leurs parents s’en souviennent avec un petit pincement au cœur. Les années folles de leur adolescence prolongée avec côté français des groupes comme Bijou, Starshooter, Trust, les Dogs, Téléphone dont deux des membres écument toujours les scènes, Jean-Louis Aubert et Louis Bertignac, Little Bob Story qui lui aussi parcourt toujours la France sous l’alias raccourci de Little Bob… sans oublier les groupes étrangers, dont Sex Pistols, The Clash.
Au travers de ses chroniques et de ses rencontres, Michel Embarek dresse les portraits de personnages aussi dissemblables que Serge Gainsbourg, qui retrouva un second souffle avec Aux armes et cætera. une adaptation reggae de La Marseillaise avec levées de boucliers des Anciens Combattants ou des parachutistes à l’appui, AC/DC mais aussi Bo Diddley, des reportages sur Memphis, le Printemps de Bourges, La Nouvelle-Orléans avec James Lee Burke, Missoula avec James Crumley, Lavilliers, évoque les débuts des Rita Mitsouko, Bérurier Noir, des tournées, vous m’en remettrez bien une, et combien d’autres qui raviveront les souvenirs enfouis dans les crânes dégarnis.
Des textes inédits, des nouvelles, complètent ce recueil qu’il vaut mieux lire sans piocher à gauche ou à droite, mais comme les années qui défilent, en bon ordre, ainsi que des chroniques parues dans Rolling Stone et regroupées sous le titre de Les Gardiens du Temple. Difficile et inconcevable de parler de tout, ce qui par ailleurs déflorerait par trop l’ambiance, la magie et la rigueur de ce livre, difficile aussi de puiser une ou deux chroniques au détriment des autres et qui ne serait évidemment qu’une entreprise subjective, mais malgré tout je npeux signaler la chronique consacrée à Hank Williams III, l’héritier authentique, Hank Williams troisième du nom qui n’est autre que le petit-fils de l’empereur icône de la Country et du Rock, décédé alors qu’il n’avait pas trente ans. Deux artistes diamétralement opposés.
Cessons là ce petit répertoire musical, car ou j’en dirais trop, ou pas assez et le lecteur pourrait se sentir frustré.
Michel Embarek entretient la mémoire de ses dix années foisonnantes, qui débutèrent avec le premier choc pétrolier, et qui signifiaient sous une fausse insouciance, le début d’une prise de conscience et de rébellion et si aujourd’hui, ces groupes naissaient, ils seraient synonymes d’indignation envers un monde qui tourne la tête à l’envers.
Entre ici, camarade.
PAUL MAUGENDRE


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