Lettres à un Jeune Musicien de Jazz

WYNTON MARSALIS


Lettres à Un Jeune Musicien De Jazz

Aux éditions MARCIAC EDITIONS

1974

Lectures depuis
Le jeudi 19 Aout 2011
 
 

Une lecture de
PAUL MAUGENDRE



avec Selwyn Seyfu Hinds

Bon sang ne saurait mentir, affirme un proverbe. Winton Marsalis ne déroge pas à cette règle puisque fils d’Ellis Marsalis, pianiste-compositeur-professeur de jazz, il est devenu lui-même musicien-compositeur-professeur de musique, tout comme ses frères d’ailleurs. Trompettiste mondialement reconnu, il œuvre aussi bien dans la musique classique que dans le jazz. Mais c’est également un pédagogue averti dont les conseils sont toujours empreints de sagesse.
Dans Lettres à un Jeune Musicien de Jazz, il déclame dix règles primordiales à observer, distillant ses recommandations sans fatuité, sans suffisance, sans cet autoritarisme de l’éducateur sûr de son fait et voulant à tout prix que l’élève s’y conforme. Il édicte avec sagesse ce que tout musicien, et au-delà ce que tout être humain désireux d’aborder un travail artistique, se doit de respecter. Il élabore judicieusement ses avis empruntant à son vécu, se référant souvent à ses maîtres en lesquels il se reconnait, diluant dans ses lettres ses expériences à l’aide d’anecdotes. « Il y a beaucoup de jeunes qui viennent suivre mes cours, et invariablement je m’aperçois que leurs professeurs leur ont donné des instructions très rigides. Des choses qu’ils doivent faire, une certaine façon de penser, et je les plains ».
Il démontre que celui qui ne veut pas se conformer à un minimum de résolutions constructives ne pourra jamais s’affirmer dans la branche dans laquelle il veut se faire connaître et reconnaître. Et pour cela il insiste sur quelques règles à observer. Patience, Persévérance sont ses mots clés avec en prime celui de Productif. Il explique avec simplicité ce qui lui semble être de bons sens, sans taper du poing sur la table comme des enseignants arrogants. « Trop souvent nous voulons accomplir plusieurs choses, et parfois ces choses sont en conflit. C’est une lutte jusque là, à la frontière des trois grands faire : ce que tu es capable de faire, ce que tu devrais faire, et ce que tu veux faire. Lorsque les trois faire arrivent à s’aligner, tout va bien. Mais en général ils se bagarrent, alors il ne tient qu’à toi de les réconcilier, et c’est ici que la patience, la persévérance et la productivité entrent en scène ».
Il se conduit comme un grand frère. L’échange épistolaire avec un certain Anthony l’amène également à réfléchir : « Notre conversation juste avant la tournée m’a amené à réfléchir aux routes. Cette route sur laquelle je suis, cette tournée en bus dans lequel je serai pour les prochaines semaines, et la route sur laquelle tu marches en apprenant cet art. Tu sembles éprouver si profondément l’envie de comprendre, tu as soulevé tant de questions dans ta première lettre ! Cette curiosité te sera bénéfique, mais fais attention qu’elle ne te mène pas vers la frustration. Les réponses ne surgiront pas comme ça toutes seules, parce que lorsque tu apprends la musique, tu dois prendre en compte le contexte, afin de pouvoir comprendre beaucoup de choses ». Comme le lecteur peut le constater, Winton Marsalis n’impose pas, il suggère avec doigté. Plus loin il écrit, en se référent à Coltrane et Bill Coleman, en posant des questions primordiales à tout musicien qui se respecte : « Mais devrions-nous tendre vers une expression encore plus élitiste, une expression que très peu de gens pourraient comprendre ? Ou bien, devrions-nous nous diriger vers ce qui est plus commercial, une expression qui serait à la portée de beaucoup plus de gens. Quels sont nos objectifs ? Comment voulons-nous exprimer notre liberté ? Et à ce propos, où se trouve notre responsabilité artistique ? Ecoutes Anthony, ces questions n’ont pas de bonnes ou de mauvaises réponses, je veux juste que tu y réfléchisses ? ».
Dix lettres, écrites entre le 4 juin 2003 et le 28 septembre de la même année, avec des têtes de chapitres comme : L’Humilité, Parler des Règles et Chanter la Liberté, Jouer du Jazz, L’Arrogance de ton Statut, Musique et Moralité… Autant de principes qui donnent à son correspondant la possibilité de trouver sa voix et sa voie. Mais il n’a garde d’oublier tous ceux qui lui ont donné le goût du Jazz, ceux qui ont compté dans sa carrière, ceux qui l’ont influencé tout en lui permettant de s’affranchir des contraintes universitaires ou de s’en imposer, des contraintes, afin de toujours progresser : Duke Ellington, Art Blakey avec lequel il a joué dans la formation des Jazz Messengers, et surtout Charlie Parker.
Cette œuvre épistolaire dont le titre d’origine est To a Young Jazz Musician Letters from the Road, a été publié aux USA en 2005 et a été traduite par Ghislaine Salgado, présidente de la toute jeune maison d’édition Marciac Editions. Un de ses objectifs est de permettre la publication d'ouvrages culturels et artistiques et le choix de la publication de ce livre ne doit rien au hasard. En effet Winton Marsalis est le charismatique parrain du festival Jazz in Marciac, qui se déroule actuellement, c'est-à-dire du 29 juillet au 15 aout. Vous pouvez en retrouver la programmation sur le site de Jazz in Marciac. La revue JazzMagazine du mois d’août, n° 628, présente un article fort intéressant Marciac Story, l’incroyable aventure du festival gersois. Et au détour du reportage, vous pourrez découvrir une photo montrant les rangs de pieds de vigne de Saint Mont dédiés chacun à un jazzman venu jouer à Marciac. Et en bonne place, entre Oscar Peterson et Michel Pettruciani, figure Wynton Marsalis
Je terminerai, et pourtant il y a encore tellement de choses à dire concernant cet ouvrage, le festival et Wynton Marsalis, en affirmant sans vergogne que ce document devrait s’imposer naturellement comme la Bible du jeune musicien désireux, peut-être pas d’atteindre les sommets mais au moins de se faire un nom, de progresser constamment en suivant quelques règles toutes simples et de bon sens, ainsi qu’aux musiciens confirmés. Mais également à tous ceux qui, comme moi, ne sont pas musiciens, mais amateurs de jazz désirant mieux appréhender cette musique diverse, variée et riche.
Cet ouvrage est en vente à Marciac, dans les bonnes librairies du Sud-Ouest et sur Amazon.
PAUL MAUGENDRE


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