Albert AYLER. Témoignages sur un Holy ghost

FRANCK MEDIONI


Albert Ayler. Témoignages Sur Un Holy Ghost

Aux éditions EDITIONS LE MOT ET LE RESTE

2613

Lectures depuis
Le samedi 13 Juin 2010
 
 

Une lecture de
PAUL MAUGENDRE


Fin novembre 1970 disparaissait Albert Ayler à l’âge de 44 ans, son corps était retrouvé flottant dans l’East River. Comme ces musiciens morts trop tôt, trop jeunes, tragiquement, ce saxophoniste novateur devenait une icône, un emblème auprès de nombreux amateurs (et professionnels) de ce genre musical. Le Jazz devenait orphelin.
Né le 13 juillet 1936 à Cleveland (Ohio), d’une père chanteur et musicien jouant aussi bien du saxophone que du violon, et d’une mère aux inclinations artistiques qui n’allèrent jamais bien loin, le jeune Albert plongea très tôt dans le chaudron musical. A l’âge de trois ans, là où les bambins s’endorment en écoutant des berceuses, il regardait derrière le poste de radio familial si son interprète préféré, Lionel Hampton, ne s’y cachait pas. A quatre ans il tapait sur un petit tabouret, accompagnant Benny Goodman. A sept ans, son père enthousiaste lui interdit d’aller jouer au football avec ses petits copains afin de pouvoir s’initier à la musique et toute la jeunesse et l’adolescence du jeune Albert sera vouée à se perfectionner. C’est ce que déclarait Albert Ayler dans un entretien réalisé par Jacqueline et Daniel Caux à Saint Paul de Vence le 27 juillet 1970, soit quelques semaines avant sa disparition, et qui fut publié dans L’Art vivant en février 1971. Je ne vais pas m’étendre plus longtemps sur les débuts d’Albert Ayler et sur cet entretien, vous laissant le plaisir de les découvrir, et penchons-nous plutôt sur le contenu principal de cet ouvrage magistral : les témoignages de ceux qui ont côtoyés, connus, joués avec ce saxophoniste qui a dérangé l’harmonie et la partition bien réglée des musiques de jazz, explorant de nouveaux chemins, de nouvelles voies (voix ?) non pas pour imposer son empreinte mais pour explorer toutes les possibilités de la musique dont il était devenu sinon un porte-parole au moins un porte-son, un innovateur dont s’inspirèrent quelques instrumentistes parfois décriés dans leurs recherches tel John Coltrane. Et les critiques de l’époque (s’exprimant souvent de façon négative) oubliaient que même en musique classique, symphonique ou de chambre, une nouveauté détrônait une institution et que c’était cela qui faisait avancer le plaisir d’écouter des sonorités, des compositions, des arrangements nouveaux. Les dents grinçaient et quelques années plus tard, ces nouveautés étaient entrées dans les mœurs et ce qui était considéré auparavant comme des références devenait ringard. Mais cela n’est pas l’apanage de la musique et l’on pourrait en élargissant le sujet citer la peinture, la sculpture et tout autre forme d’art.
Parmi les contributions et les témoignages rendus à Albert Ayler, figurent ceux de nombreux artistes, musiciens, littérateurs, chroniqueurs, musicologues, photographes et autres. Certains noms nous sont familiers, d’autres moins, et la table en fin de volume permet de savoir qui fait quoi. Et au détour des pages on peut lire les participations de Louis Sclavis, Jacques Bisceglia, Sonny Rollins, Francis Marmande, Aldo Romano, Franck Médioni, Michel Portal, Michel Lebris, Joe Lovano, Steve Lacy, Philippe Buin, Joëlle Léandre, Lee Konitz, Jacques Réda, pour n’en citer que quelques uns parmi la centaine de contributeurs. Que ces appréciations tiennent en deux lignes (Sonny Rollins, Richard Davis, Oliver Lake) ou sur plusieurs pages (Francis Marmande), sous forme d’hommages, de coups de colère, de longs poèmes (Christain Tarting, Zeno Bianu, Sylvain Kassap, Bernard Chambaz et quelques autres…), des explications de texte et de musique (Alexandre Pierrepont, Philippe Carles et Jean-Louis Comolli), des dialogues (Daniel et Flavien Berger) sans oublier l’indispensable et riche iconographie. La musique est emblème de protestation, de liberté, parfois de joie de vivre, parfois de mal être et si je devais mettre en exergue un de ces textes ce serait sans conteste celui de Richard Davis : « Albert Ayler fut certainement un géant dans sa musique au moment de la période de protestations des droits civiques. Ainsi, il a fait trembler les chaines du syndrome post-traumatique de l’esclavage ». Et au lieu de lire, j’allais écrire bêtement, de la page 1 jusqu’à la fin, je vous propose de prendre la table, c'est-à-dire le sommaire, et après avoir dégusté la préface d’Archie Shepp et la note d’intention de Franck Médioni, de vous laisser aller en découvrant ces textes par ordre alphabétique d’entrée des acteurs de cet ouvrage : de Noël Akchoté, guitariste, jusqu’à Jason Weiss, écrivain, ce qui vous obligera à effectuer une petite gymnastique, j’en conviens, mais vous donnera la sensation de jouer votre propre partition.
Un livre remarquable qui a dû demander de longues heures, que dis-je, de semaines et même de mois, afin de réussir cette compilation, mais aussi d’abnégation et d’amour.
PAUL MAUGENDRE


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