Black Billie

CLAUDE BEAUSOLEIL


Black Billie

Aux éditions DU CASTOR ASTRAL


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Lectures depuis
Le jeudi 19 Mars 2010
 
 

Une lecture de
PAUL MAUGENDRE


Il ferait beau voir que les détracteurs du jazz qui cataloguaient cette forme musicale comme de la musique de sauvages, vitupèrent encore aujourd’hui et confirment leurs allégations et réprobations. Non, le jazz est poésie et Claude Beausoleil le démontre avec brio dans cet hommage en trois parties rendu à Billie Holiday, Lady Day ou encore la Dame aux gardénias. La première partie est une sorte de témoignage biographique empreint de lyrisme, soulignant la désespérance de la chanteuse et qui s’élève en une fulgurance incantatoire. « Elle chante ce qui ne peut se vivre qu’en chanson. Pour oublier, elle se souvient. Elle chante, exorcisant ses ruptures, ses contrats, ses amours, ses harmonies, ses déséquilibres, ses combats quotidiens. Elle chante pour survivre comme une femme amoureuse, femme noire en bagarre contre les règles absurdes d’une Amérique sans scrupules ». Claude Beausoleil érige sa déclamation, sa déclamation d’amour, envers la chanteuse, la solitaire, la désespérée, la femme, la portant au pinacle, et dans les deuxième (Les fleurs du blues) et troisième (Paris, Billie, la pluie) parties, il versifie, librement, par petites touches, inspiration puisée dans le quotidien, comme une poudre jetée aux yeux, comme un alcool qui a du mal à s’évaporer, comme une longue souffrance jetée en pâture, comme une solitude au cœur de la foule agglutinée dans les cabarets ou les salles de concert, comme un naufrage à bord d’un quai.

« Le soleil loin si loin de ces chansons tristes
Le malheur t’attendait depuis toujours Billie
Et pour toujours tu le sais perdue désenchantée ».

Des cris couchés sur le papier, indélébiles, que seul un blues rageur et pathétique pourra embuer, embraser, consumer.

Sublime amoureuse sans regrets
Bafouée rejetée tu persistes
A nommer l’irrésistible envie
De croire encore et au-delà
Du chaos des échecs répétés
Entre la sueur et le sang
Donnant corps à l’espoir noir
D’après les bilans d’injustice
Ta vie transite par tes chansons,
Langoureusement de ville en ville
Prolongeant ta plainte en labyrinthes
Désemparée dans ta robe de blues
Tu assumes impassible les effets
De ce qui dans ta voix scandalise

Un ouvrage qui se doit de se voir offrir la niche rassurante d’une table de chevet, et lors d’insomnies s’ouvrir au gré des pages, afin de nous faire comprendre que s’il y a rémission, elle passe par le décryptage d’une voix écoutée dans le noir de la solitude, de l’espérance aussi. Billie n’est pas morte un 17 juillet 1959, puisqu’elle est toujours présente par le truchement de ses enregistrements.
PAUL MAUGENDRE


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