Quand j’ai rencontré Emmanuel Ombric il était occupé à décapiter une femme qu’il venait de tuer d’un coup de couteau dans le coeur. Il commençait à avoir le coup de main. C’était quatre heures du matin, dans un quartier désert derrière le port, là où jusqu’à deux heures on trouvait les putes les moins chère de la ville, et plus personne après. J’avais terminé mon enquête. Je me promenais à cet endroit pour trouver le calme, pour décider de ce que je devais faire, tenter le coup auprès de Myriam ou bien mourir ici et qu’on en parle plus. Le silence, les murs lépreux, la proximité de gens qui me ressemblaient, de pauvres types sans un rond et dont personne au monde n’avait rien à foutre, m’aidait à réfléchir et à assimiler toutes les horreurs que j’avais apprises depuis que je m’étais lancé dans ce merdier. Ce soir-là il ne pleuvait pas mais l’air brumeux était chargé d’humidité.
Ombric a brandi vers moi sa lame pleine de sang, j’ai sorti mon flingue.
–– Et bin flingue-moi, pauvre con, t’attends quoi ?
Il avait un regard timbré et un air hargneux. La tête était décollée aux trois quarts. Je me suis approché. Je continuais à le tenir en joue. J’ai percuté qu’il était français, ça m’a fait sourire.
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