Quelques semaines passèrent. Ses pouvoirs augmentèrent. A la fin il lui suffisait de fixer une bête du regard, n'importe laquelle, et l’animal venait à lui. L’homme ne cillait pas. Une blancheur lunaire paraissait se refléter dans ses yeux.
Des journaliste locaux notèrent la présence de cadavres d'animaux spectaculairement déformés mais personne n'enquêta. Des rumeurs circulèrent parmi les zonards présents dans la région. Quelques militants écologistes essayèrent d’en savoir plus. Il y eut des vidéos postées sur Youtube.
Il erra un mois et demi. Ses trajets s’inscrivirent dans une zone délimitée par Arromanches au nord, Alençon au sud, Dinan à l'ouest, Mantes-la-jolie à l'est. Aucune raison visible ne justifiait ce bornage ni ces déplacements. Il avait l’air d’aller au hasard. Il transformait les animaux qu'il trouvait. Il abandonnait leurs cadavres aux mouches et à la vermine. Il mendiait parfois, mangeait peu, volait dans les magasins, ne parlait à personne, n'avait aucun compagnon.
Il se fixa à Calaires, au nord de Rouen, mille habitants. Il mendia sur les marches de l’église. Il se lia au curé qui lui offrit le gîte et le couvert en échange de travaux. Il y avait des bancs à réparer, un nid de frelons dans le grenier, d’autres petites tâches à effectuer.
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