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Konsstrukt



RIEN - roman à suvire - diffusion hebdomadaire
Message posté vendredi 9 Octobre 2009 à 14:17:30

Céline m’a raconté pour ma mère. Ce qu’elle cherchait à faire. Céline était dans la maison depuis deux ou trois jours. Nous baisions et buvions déjà comme des fous. Et la défonce. Elle avait des petites réserves – insuffisantes mais pour débuter c’était bon. Tout de suite ça a été sur les chapeaux de roue. Tout – le sexe – la drogue – l’alcool – les discussions et les choses choquantes. Tout très vite très fort. Et moi lancé là-dedans à fond. Sans me demander ce qui allait se passer. Sans me demander ce qui allait en sortir. Je m’en foutais. J’y allais. Fasciné par le regard de Céline et par sa chatte. Son autodestruction que je m’appropriais. Le premier être humain qui me ramenait à l’existence depuis ma disparition. Le premier qui me parlait. Qui me disait des choses. Et que j’écoutais.
Ma mère. Ses croyances. Un peu les mêmes que celles de Céline. Moins profondes – mais plus dangereuses – d’un autre côté.
La maison – cette maison qu’on habitait désormais et où on copulait comme des animaux – c’était un temple. C’était le sien – à ma mère. Dédié à la magie sexuelle. Elle adorait des esprits. Des formes démoniaques qui naissaient de l’énergie sexuelle – s’en repaissaient – offraient leur pouvoir à travers l’usage rituel du sexe.
C’est ça que faisait ma mère. C’est à ça qu’elle croyait.
Je suis dans la rue Saint-Denis. Encore. Il n’y a plus de pute et les peep-shows sont fermés. Il n’y a presque personne. Des mecs louches. Qui me regardent. Qui me jaugent. Je ne dois pas avoir l’air d’une victime. Tout le monde me laisse passer. De toute façon j’ai mon flingue. Qu’ils viennent. Ca me fera un entraînement. En attendant demain. Antoine. Le gendarme.
J’arrive au bout de la rue Saint-Denis. A la porte Saint-Denis. Il n’a pas de pigeon. La journée ils sont amassés là et ils ne bougent pas – les gens se fraient un chemin et ils s’écartent à peine – sans même s’envoler juste en bougeant leurs ailes et en roucoulant. Je regarde le sol est couvert de merde de pigeon. Une couche uniforme – blanche avec des reflets ardoise. Sous l’arche il y a sept personnes. Trois mecs se tiennent debout et qui font la gueule. Quatre policiers leur font face en arc de cercle. L’un d’eux regarde les papiers. Les autres les matent d’un air agressif. Je m’engage sur le boulevard Bonne-Nouvelle. Un car de flics roule vite en direction de la porte de Saint-Denis. Très peu de circulation. Un horodateur : une heure quarante-cinq.
C’est pour ça qu’elle a voulu coucher avec moi. Pour avoir un enfant. Un enfant de moi. Les dates correspondaient. Dans le calendrier qu’elle avait calculé. Des correspondances lunaires. Des correspondances avec d’autres planètes. C’était l’année où j’étais capable de lui donner un enfant. Elle surveillait mes draps. Elle examinait mes slips. Elle cherchait le sperme. Elle cherchait les traces des premières branlettes. C’était l’année des premières branlettes. Elle a calculé. Le bon mois. Le bon jour. L’heure la plus propice. C’est mon père qui a tout fait foirer. Lui aussi au départ il était dans ce trip. Lui aussi il était à fond dans les dieux anciens et les démons du cul. Mais pas à ce point. Lui il trouvait ça intéressant mais il n’y croyait pas vraiment. Ma mère elle elle y croyait. Pour de vrai. Quand mon père s’est suicidé elle s’est sentie le champ libre. Libre cours à ses croyances. Dans ton temple. C’était ça ses fugues. Mais plus question de m’impliquer. C’était trop tard. Le bon moment était passé et on n’y revient pas. C’est une fois ou jamais. Alors elle est partie sur une autre piste. Les mecs qui voulaient se suicider. Les jeunes. Qui avaient mon âge. Et certains étaient puceaux. Elle les branchait sur le forum. Elle les rencontrait dans la maison. Dans la cave. Elle baisait avec eux et les aidait à mourir. C’était ça ses fugues. C’était ça qu’elle faisait.
Je marche dans la rue. Je n’en peux plus. Tout tourne dans ma tête. Céline me racontait ça – comme s’il s’agissait d’une chose normale. Banale. Elle les aidait à mourir.
– Mais comment ?
– Avec cette arme.
Elle me montre le flingue – évidemment.
Et les corps – elle les enterrait dans le jardin. Dans la forêt. Des fois il y avait encore d’autres cérémonies. Elle ne s’est jamais fait choper – ça me paraissait aberrant – ça. Comment ça se faisait ? Comment elle avait pu ? J’avais du mal à y croire. Elle était organisée. Elle choisissait bien ses partenaires – partenaire – c’est le mot qu’utilisait Céline.
– Et puis il y avait Antoine. Antoine il l’aidait.
Ca n’était pas son domaine les disparitions de mineurs – mais il s’intéressait aux enquêtes – avec l’aide d’Antoine Céline n’a jamais été inquiétée.
Elle l’avait rencontré comment Antoine ? Et Céline ?
Tous elle les avait rencontrés à travers le forum de suicidaires. Toute la bande.
– Mais c’était quoi ces gens ? Des terroristes ou quoi ?
Pas exactement. Ils voulaient provoquer la terreur – oui – mais sans raison – par plaisir. Ils vivaient pour la violence. Ils étaient brillants. Cultivés. Racistes. Ils aimaient se battre. Ma mère filmait leurs actions. C’est de là que provenait son fric. Tout ce fric que j’ai trouvé dans la boite à musique. C’était ça. Les combats clandestins. Les tortures. Les viols. Toutes les saloperies. Les ratonnades. Les clips pour leurs groupes. Tout ça que filmait ma mère. Ils détestent l’humanité. Ils se prennent pour des surhommes. Ma mère les aimait bien. Ils ne partageaient pas ses croyances – ils ne croient en rien.
– La violence. Ca oui. Ils croient à la loi du plus fort. Et ce sont les plus forts.
Ma mère était tombée enceinte d’un des adolescents. Enfin. Après toutes ces tentatives. Elle était enceinte et je ne l’ai pas vu. Nous vivions ensemble. Et je ne l’ai pas vu. Elle l’a caché. Elle a réussi à le cacher pendant neuf mois. Au bout de neuf mois elle a disparu. Et voilà. Elle était enceinte et elle a disparu pour accoucher et je ne l’ai plus jamais revue. Elle a disparu pour toujours et elle est morte.
– C’était ça le sang dans la cave ?
– Oui. Et le sac-poubelle aussi.
– Mais le chien ? Le chien c’était quoi ?
– Un sacrifice.
Un sacrifice. Le chien. Ils l’ont tué. Ma mère a voulu qu’on le tue. Pour honorer les démons. Les dieux. Le sexe. C’est Céline qui a tué le chien. Elle me l’a dit.
– On était quatre. Il y avait ta mère évidemment – et moi – et Antoine qui aidait ta mère a accouché – et un autre type qui filmait.
La mise au monde s’est bien passée. C’est après que ça c’est compliqué. A cause d’Antoine.
– C’est Antoine qui a tué le bébé.
Il avait toujours voulu faire ça – il en avait déjà parlé – et là il avait l’occasion alors il l’a fait.
– Il faut bien comprendre : il n’y avait pas tant de morts que ça. Les suicidaires. Bon. Ils se suicidaient. Pendant les combats à mort mais il n’y avait pas si souvent des combats. Lors des snuffs c’était surtout des tortures et des viols.
Ma mère filmait ça. Oui. Elle filmait ça.
– Elle participait aussi. Moi aussi j’étais actrice. Mais elle n’a jamais fait les tortures. C’était pas son truc.
– Toi oui ?
– Oui. Moi oui. Des fois.
Très peu d’assassinats. Tous ceux qui mourraient – c’était soit volontaire soit c’était des gens du groupe – des gens qui étaient au courant des risques. Et ceux qu’ils torturaient ou violaient – il y avait toujours Antoine pour court-circuiter les enquêtes. Mais il y avait très peu de meurtre. Moins d’une dizaine. D’après Céline. Mes cheveux se dressaient sur ma tête.