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Konsstrukt



RIEN - roman à suvire - diffusion hebdomadaire
Message posté vendredi 21 Aout 2009 à 16:48:37

J’arrive à l’hôtel. Un hôtel pourri. Une chambre minuscule.
Je vais au lavabo. Ma bite est plutôt molle. Elle sent la sueur et le latex. Elle est encore un peu poisseuse de lubrifiant. Je pense à la chatte de Céline. Je n’ai presque rien senti – ma salive plus sa mouille – elle mouillait beaucoup – du coup elle a eu un orgasme au bout d’un moment – quand elle a joui elle a eu des spasmes à l’intérieur – elle donnait des coups de ventre – je sentais quelque chose palpiter autour de ma bite – la serrer – elle a crié plus fort – de plus en plus fort jusqu’à la fin de l’orgasme – son visage détendu et elle a souri comme si elle souriait pendant son sommeil – les yeux fermés – une expression totalement involontaire – incontrôlée – qu’elle ne se connaissait sans doute pas. Ses mains agrippées à mes fesses – ses mains chaudes – collantes de sueur.
J’éjacule dans le lavabo – quelques petits jets blancs – je me rince la bite – je nettoie le lavabo – je vais m’allonger sur le lit – c’est un lit à une place – le sommier grince. J’ai le cafard.
Je me relève. Le lit grince. Je me dirige jusqu’à l’armoire qui occupe le mur d’en face. L’armoire n’a pas de porte. En bas de l’armoire il y a mon sac. Je l’ouvre. Je prends le revolver. Je me demande pourquoi je le garde.
Je sors le barillet – il est vide. Je le renifle. L’odeur de métal. Le colt Taurus. Et Céline qui est morte avec cette arme. Je remets en place le barillet. Je place le canon contre ma tempe.
Je me rends compte que j’oublie un truc.
Je fais tourner le barillet d’un coup sec de la paume donné de bas en haut.
Voilà. Le canon contre la tempe. Un peu appuyé. Je sens le froid du métal. La pression du canon – presque douloureuse. Mon doigt sur la détente. J’appuie. Clic. Je pense : zéro chance de mourir sur six. Je me trouve ridicule. J’ai envie de pleurer. Zéro sur six ou une sur six ça fait pas une grande différence. Quand on y réfléchit bien. Mais ça a suffi. Une sur six.
J’appuie cinq autres fois sur la détente. A chaque fois ça fait clic. L’impact résonne contre ma tempe – se propage à travers l’os et me colle la pétoche.
Quand mes pitreries sont terminées mes mains tremblent. Je pose l’arme sur le lit.
Je la regarde – sans pourvoir en détacher mes yeux.

Ouais. On se défonçait et on picolait beaucoup trop. Avec Céline.
On a joué à Guillaume Tell.
On est sorti de la maison. On a fait un feu. Ca nous a pris un moment. Ramasser des branches – tout ça. Bourré comme on l’était. Ca n’était pas facile. On a baisé dans la forêt. J’étais allongé par terre – tout un mélange de feuilles mortes de cailloux et de trucs pointus me lacérait le dos. Elle était assise sur moi – jupe relevée – elle n’avait pas de culotte – pull et tee-shirt relevés au-dessus des seins. Elle se penchait – tombait à moitié – sur moi – on baisait violemment – moi si bourré que je n’étais pas près de jouir – ses seins venaient sur mon visage. Je mordais les tétons – fort – mes mains sur son dos – à chaque morsure je sentais sa chair de poule – elle prenait son pied – elle a joui – ça faisait un sacré boucan au milieu des arbres – je me suis branlé pour me finir – elle a voulu que je jouisse sur son cou – ça dégoulinait – je me vidais.
Notre dernière baise.
Au bout d’un moment – je me souviens pas de tout – le feu était prêt. Il flambait bien – des flammes – des putain de nom de Dieu de flammes – plus haute que nous – on pouvait pas rester à deux mètres – on cuisait – et la lumière – et le bruit des branches qui craquaient. C’était magnifique.
Je ne me souviens plus qui a eu l’idée de jouer à Guillaume Tell. Ces jours-ci je gardais le révolver tout le temps avec moi. Je tirais sur les arbres – ou au ciel. J’aimais bien tirer quand j’étais saoul – et j’aimais bien tirer quand j’étais défoncé. J’étais tout le temps saoul ou défoncé ou les deux.

Je m’allonge sur le lit. Je prends l’arme. Elle pèse sept cent grammes quand elle n’est pas chargée. Je la tiens à bout de bras pointée vers le plafond. J’ai le bras qui tient l’arme tendu au-dessus de ma tête et l’autre bras replié sous ma nuque. Le poids de l’arme grandit et grandit – une tension envahit mon bras – du poignet jusqu’à l’épaule – la nuque raide et tout devient douloureux – mes muscles sont tétanisés. Je plie le bras et je lâche l’arme sur le lit – le revolver creuse le matelas en y rebondissant.

Elle s’est déshabillée. Elle tournait le dos au feu et elle m’a fait un strip-tease. Elle était près des flammes – moi à quelques mètres. Même raide bourrée – même défoncée à mort – elle bougeait bien et ne tombait pas. Elle était en contre-jour. Son corps apparaissait sombre et nimbé de rouge sang. Elle était superbe. Les flammes volaient derrière elle. Elle était une apparition. Un démon. La suite est arrivée toute seule. Elle a pris une canette de bière encore pleine. Elle l’a posée sur la tête. Ca tenait pas bien – la cannette est tombée sans se casser. Elle a recommencé – je me souviens de la concentration qui figeait son visage – je me souviens aussi de l’alcool qui affaissait ses traits.
La bouteille a fini par tenir. Céline ne bougeait plus. J’ai pris le flingue. J’ai visé. J’ai tiré.
La première balle s’est perdue je ne sais pas où.
J’ai ri. Elle a lutté contre le rire. La bouteille n’est pas tombée. Tout son corps était immobile – comme une statue. Je voyais ses tétons dressés. Je devinais la chair de poule sur sa peau. J’ai visé à nouveau – plus soigneusement – en tout cas j’ai essayé – j’ai raté la bouteille – une vitre de la maison a éclaté sous l’impact.
Nous avons ri tous les deux. Un fou-rire – à s’en faire mal aux côtes. On n’en pouvait plus. Ca a duré – je ne sais pas – peut-être dix minutes. Dix minutes quand même je ne sais pas. C’est très long dix minutes.
Dix minutes. C’est le temps qu’il m’a fallu pour déposer son corps au fond de la fosse et de la reboucher. Dix minutes. Ca je le sais parce que j’ai vérifié. Ca m’a pris aussi dix minutes pour me débarrasser du sang. Dix minutes de douche.

Je pleure.
Je repousse le revolver. Il tombe sur le sol en faisant un important bruit mat et bref. Il n’est plus dans mon champ de vision. Non – on n’a pas pu se bidonner pendant dix minutes. Une ou deux. Grand maximum.