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Konsstrukt



RIEN - roman à suvire - diffusion hebdomadaire
Message posté vendredi 7 Aout 2009 à 18:08:23

Je ne sais pas quoi faire. Mon estomac se noue et mon cœur accélère. Va y avoir de la baston si je reste – c’est obligé. Je ne peux pas m’enfuir. Je serre la crosse de mon arme. Le barman s’approche. Je commande un demi. Il me sert. Je bois une gorgée.
Les gens entrent. La petite foule prend place. Je n’ai plus de vision directe sur les skins qui m’avaient pris à partie. Ca n’est pas plus mal.
La majorité de la clientelle a le crâne rasé et un look général de skinhead. Pas de maquillage. Pas de piercing. Pas de fille. D’autres types qui me regardent de travers. Des airs renfrognés et bagarreurs. Un mec en tee-shirt a une croix gammée tatouée sur le biceps. Je ne me sens pas à l’aise. Je reste près du bar quand les lumières s’éteignent et que le concert commence.
Sur scène ils sont quatre. Grimés. Vêtements noirs. Croix celtiques. Musique rapide et sourde. Je ne comprends pas ce qu’ils disent. Aux premiers rangs ça pogote. Quelques saluts Nazis. Quelques doigts d’honneur.
Il ne doit pas y avoir de loge mais une arrière-salle qui en fait office. La seule porte que je vois est derrière le comptoir. Pas loin de moi. J’appelle le barman. Nous crions pour nous faire comprendre – bouche collée à l’oreille de l’autre – mains en porte-voix.
– Tu sais où je peux trouver Antoine ?
– Quel Antoine ?
– Du groupe ! De Honneur de la police !
– Tu lui veux quoi ?
– J’ai un truc à lui dire ! Un message de la part de Céline !
– Une seconde !
Le barman passe derrière. Il revient avec un type qui est Antoine Garriga. Une trentaine d’années. Pareil que sur la photo que j’ai vue. Un air rogue. Le type est grand. Et costaud.
– Qu’est-ce tu veux ? il me demande
– Viens ! On va aller dehors ! On s’entend pas ici !
– OK !
Mon cœur accélère. Il contourne le comptoir. Serre des mains au passage. Me montre du doigt. On me regarde d’un air mauvais. Il passe devant moi. Je le suis. Mon ventre est noué. J’ai les mains dans les poches. La crosse. Nous sommes dehors. Il y a des gens.
Il se retourne. Il a une tête de gros con.
Je me vois sortir mon flingue. Tout se passe – comme malgré moi.
– Tu as tué ma mère connard.
Il me regarde sans comprendre.
– Tu as tué ma mère !
– Quoi ?
– Céline ! C’est Céline qui m’a tout raconté !
– Qu’est-ce que tu racontes ?
Des gens entrent dans le bar. D’autres regardent. Je tire. C’est assourdissant. Je ferme les yeux un instant. Je grimace. Antoine se la prend dans le ventre. Il tombe.
Il y a une clameur. Tout le monde se réfugie à l’intérieur. Je regarde Antoine. Il n’est pas mort. Il essaie de se relever. Il y a du sang plein sa poitrine et sur le sol. Je pointe l’arme sur son visage. Il continue à gueuler.
– Quoi ? Quoi ?
Je ressens un choc à l’arrière de la tête et je perds l’équilibre. Par réflexe je serre les doigts autour de mon arme. Je ne tombe pas et je me retourne. Il y a des types avec des battes de base-ball. J’ai le temps de reconnaître d’autres membres du groupe Honneur de la police. J’en menace un avec mon arme. Et puis les autres. Je bouge mon bras n’importe comment.
– Enculé !
– Sale pédé !
– Putain !
Je tire.
Je ne touche personne. Ils reculent. Des gens sont ressortis. Ils forment un demi-cercle. Ils regardent. Je me sens bizarre – tout ma vie qui mène ici – voilà. Comme une succession de rêves et de réveils et je me réveille ici pour la dernière fois et je sais qu’il n’y a pas de suite. Après ce moment de violence inutile il n’y a rien.
Non. Mais non. Il ne faut pas que je pense à ça. J’ai Antoine à achever. Il n’est pas mort ce con. Je l’entends derrière moi. Il n’est pas mort. Et il faut encore que j’aille à Toulouse. Il faut que je tue David Il faut que je trouve la maison des morts. Non. Tout ça n’est pas inutile.
Ca coule à l’arrière de ma tête. Ca coule jusque dans mon dos. Combien de temps s’est écoulé ? Cinq secondes ? Dix ? Trois ?
– Reculez !
C’est moi qui parle.
– Enculé !
– Va te faire enculer !
– Merde !
– Il est armé faites gaffe !
– C’est qui ce connard ?
A l’intérieur il n’y a plus de musique. Je l’entends d’un coup. Tout le monde regarde le fait-divers et le groupe qui était sur scène regarde aussi.
J’entends la sirène des flics. Je reçois un coup dans les reins. Je tire en tombant. Je suis sur les genoux. Je reçois un coup de batte de base-ball qui me vient de plein face et m’envoie en arrière. J’entends la sirène des flics. Je vois le ciel. J’essaie de bouger mais je ne peux pas. Je vomis. Je ne vois plus rien que des choses floues. Je n’arrive pas à entendre ce qu’on me dit. Je reçois des coups. J’entends la sirène des flics. Est-ce que c’est dans ma tête ? J’ai du sang plein la gorge. J’ai envie de tousser.
La situation est figée. C’est un présent éternel. Je pense à Céline. Je pense à ma mère. Je ne pense à rien. J’entends la sirène des flics. Je vois le ciel.