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METAPHYSIQUE DE LA VIANDE - ROMAN
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Konsstrukt



métaphysique de la viande - roman
Message posté jeudi 17 Novembre 2011 à 20:32:50

METAPHYSIQUE DE LA VIANDE
(premier épisode)


PROLOGUE

Dans le même temps un homme se suicida à Hong-Kong, un autre commit à Calaires deux assassinats, une comète passa au dessus de nous, elle passait tous les trois mille ans ; le premier homme était Ombric, le deuxième Scorpio et la comète n'avait plus de nom ; dans le caniveau asséché une guèpe momifiée se trouvait sur le dos et donnait l’impression qu’elle tomberait en poussière si quelqu’un s’avisait de la toucher.


PREMIERE PARTIE

1

Le silence, on entendrait les mouches voler, s’il y avait des mouches. Trois murs tapissés de lin, le quatrième lambrissé de frêne et semé d’appliques comme des meurtrières opalescentes, une moquette alternant larges bandes coquille d’œuf et rayures crème, un plafond blanc avec au centre un demi-globe en verre fumé, un lit queen size tapi à ras du sol contre le mur lambrissé et couvert d’une couette sable et de trois coussins blanc cassé, en face deux hautes portes-fenêtres masquées de rideaux plissés en coton écru encadrant un bureau en frêne décoré d’une lampe de chevet à abat-jour carré et blanc, au mur de gauche la porte d’entrée et une patère en frêne, au mur de droite une penderie encastrée à porte coulissante blanc mat avec une psyché sans cadre et l’entrée de la salle de bain, deux escarpins Repetto en cuir noir, de style charleston, à talons de neuf centimètres, posés sur la moquette parallèles l’un à l’autre et perpendiculaires au lit, une robe Ralph Lauren en jersey noir à profond décolleté étendue sur la couette, accompagnée d’un blazer bleu marine pour femme sans un pli et de même marque, une paire de bas Chantal Thomass en fine résille anthracite, enroulés et posés sur les coussins, sous le bureau un sac de voyage Vuitton en cuir brun, fermé, sur le bureau un sac baguette Lancaster de couleur réglisse muni d’une longue anse en chaîne et arboré de quatre pompons noirs, au sol près de la porte de la salle de bain un soutien-gorge et un string Nina Ricci, tous deux en tulle noire brodée d’un motif floral et décorés de dentelle ardoise, dans la salle de bain un lavabo, une baignoire, un épais tapis de bain, les WC, tout ça immaculé, sec, propre, lumineux, et une cabine de douche fermée qui laissait entendre l’eau couler et rebondir et laissait voir une ombre mouvante à travers le plexiglas translucide envahi de fausses gouttes figées dans sa matière et de vraies glissant à sa surface.


lire la suite ici :
http://metaphysiquedelaviande.blogspot.com/2011/11/premier-episode.html



Konsstrukt



métaphysique de la viande - roman
Message posté jeudi 24 Novembre 2011 à 10:35:06


Lundi 24 avril 1989 à vingt heures Frank Sanford annonça à sa fille son intention de quitter la maison pour de bon. La mère venait de partir à son travail. Amy parut d’abord frappée de stupeur, ensuite elle pleura et cria et se jeta sur son père pour le griffer au visage et le gifler. Il ne répliqua pas. Il l’empoigna et la conduisit dans sa chambre où il la jeta en gueulant c’est pas tes histoires ça te regarde pas connasse. Il l’enferma. Il commença de remplir une valise. Elle continua de pleurer et de hurler. Il remplit une deuxième valise. Elle entreprit de tout casser, sans cesser de hurler. Il déverrouilla la porte, se jeta sur sa fille qui venait d’exploser une minichaîne contre un mur, la gifla de toutes ses forces en hurlant merde d’une voix hors de contrôle. Le coup envoya Amy par terre et lui coupa la parole. Il considéra le désastre. Il eut un air étourdi. Amy se secoua et se décolla du sol. D’une main il défit sa ceinture et de l’autre tenta de saisir par le bras sa fille qui lutta pour lui échapper et l’attaqua avec fureur.


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Konsstrukt



métaphysique de la viande - roman
Message posté jeudi 1 Decembre 2011 à 09:29:08

METAPHYSIQUE DE LA VIANDE - TROISIEME EPISODE

3

Une cordelle rampa sur son pied gauche, descendit, s’enfouit dans le sable. Quand Amy ouvrit les yeux il faisait nuit et elle était nue, allongée sur la plage et cernée par le souffle du ressac. Elle tatonna, ne trouva rien que du sable compact et humide, glacé. Un frisson la saisit, un haut-le-corps lorsqu’elle se leva. Elle appela en anglais, en français, elle cria. Le froid couvrit sa peau de chair de poule. Il était quatre heures dix ; la température extérieure était de sept degrés. Les larmes emplirent ses yeux, débordèrent, coulèrent sur ses joues et dans le même moment quelque chose de gluant coula hors de son vagin et le long de ses cuisses. Elle y porta les doigts, produisant un son à mi-chemin du grognement et du cri. A la clarté médiocre de la lune elle vit sur ses doigts un liquide blanchâtre strié de rouge clair. Elle secoua la main avec panique ou dégoût. Entre ses cuisses l’écoulement continua. Elle tomba à genoux. Elle frotta avec frénésie ses doigts dans le sable noir et contre sa cuisse. Elle bascula sur le côté, se recroquevilla ; l’écoulement cessa ; ce qui avait coulé contre ses cuisses commença de sécher et glaça sa peau. Dans sa langue elle dit putain, putain ; putain qu’est-ce qui m’arrive ; qu’est-ce que je vais faire ; mon Dieu, mon Dieu ; mon Dieu aidez-moi je vous en supplie. Elle se tut et sanglota. Le choc nerveux, le froid ou un mélange des deux secoua son corps de spasmes qui devinrent des convulsions. Elle claqua des dents. Elle saisit ses cheveux, les tira de toutes ses forces. Elle crispa les mâchoires et produisit des bruits inarticulés et bestiaux. Cela dura quelques minutes et reflua, après quoi elle demeura calme et envahie de frissons, en position allongée, le visage hébété. Des cheveux restèrent accrochés à ses mains relâchées, d’autres adhérèrent à son corps incrusté de sable. La conscience sembla lui revenir. Elle s’assit, regarda autour d’elle sans rien voir, se leva. Le froid marbrait sa peau et provoquait des tremblements de tout ses membres. Au loin un cargo émit un son grave et prolongé.

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Konsstrukt



métaphysique de la viande - roman
Message posté vendredi 16 Decembre 2011 à 21:58:55

4



En quittant Bayeux par la route de Sommervieu on apercevait à deux cent mètres sur la gauche le mur de pierre qui entourait le parc de la clinique de la Bruyère. Trois cent mètres avant le croisement de la D153 un chemin partait de la D12 et menait à la grille d’acier peinte en blanc. Sous le visiophone une plaque noire indiquait le nom et la fonction de l’établissement. La clinique, un ancien corps de ferme en granite, de forme allongée et couvert d’un toit en ardoise, occupait le centre d’un parc de quatre hectares où poussaient des hêtres et où l’été pululaient mouches, papillons et abeilles.

Le rez-de-chaussée contenait l’accueil, les bureaux, le réfectoire, la salle de repos et la salle de télévision ; le premier étage les sanitaires collectifs (lavabos en série comme des abreuvoirs, cabines de douches) et cinquante chambres identiques (neuf mètres carrés, un lit, un placard, une table montée sur roulettes, une chaise, un WC) et identifiées par des noms de fruit au lieu de numéros. Actuellement la clinique accueillait trente deux patients.

Sept heures trente : réveil. Une infirmière visitait les chambres, tirait les rideaux (il n’y avait pas de volet), laissait les portes ouvertes ; l’équipe de nuit débauchait.

Huit heures : toilette du matin et petit déjeuner. Tous les repas se prenaient dans la salle commune. Les tables étaient déjà dressées à l’arrivée des patients ; des aides-soignantes circulaient, poussaient une desserte roulante et remplissaient les assiettes ou les bols. Elles souriaient et adressaient parfois une remarque d’ordre personnel, sympathique, à un patient.

Neuf heures : retour aux chambres ; une infirmière distribuait les médicaments, une autre vérifiait que les patients les absorbaient.

Dix heures : ceux qui avaient le droit de sortir dans le parc sortaient dans le parc ou allaient en salle de repos, les autres allaient en salle de repos. Les femmes de ménage nettoyaient le premier étage et fouillaient les chambres. Nourriture, drogue, alcool, objets tranchants ou dangereux étaient interdits de façon systématique et téléphones portables, postes de radio, lecteurs CD ou DVD, ordinateurs, certains livres, certains disques, certains films, certains vêtements, certains accessoires vestimentaires, certains produits de beauté étaient interdits au cas par cas. Cette liste n’était pas close. Toute une série de réprimandes s’appliquaient à l’encontre des détenteurs d’objets interdits, selon qu’il s’agissait d’une première infraction ou d’une récidive et selon l’objet incriminé.



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et n'oubliez pas, konsstrukt en live à avignon demain ! 16 impasse de la Prairie Appt 108 à Avignon. Dernier immeuble, dernière entrée, dernier étage. Sonnette 108. 19h apéro. 20h prière pour que le démon sorte de Laurent Voulzy. Après : une série de lectures. Roman noir, Oulipo, Lettres de Non-motivation, Petit Prince revu et (sévèrement) corrigé, + 2 ou 3 surprises. Y'aura du pâté, amenez de la terrine, ou à boire ! Si vous êtes végétariens, on vous bouffe ! Alors venez accompagnés !





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métaphysique de la viande - roman
Message posté mardi 3 Janvier 2012 à 11:42:30

6



La cave sent l’eau de Javel. Au plafond il y a une toile d’araignée. La table d’accouchement est au milieu, posée sur une vaste bâche en plastique transparent que du gaffeur noir maintient au sol. Une table à roulette servant à déposer le bébé, une couveuse, un monitoring, une desserte en aluminium garnie d’outils chirurgicaux, compresses et matériel divers l’entourent. Dominant le tout une lampe boulonnée au plafond et constituée d’un long cou articulé illumine le champ opératoire. Sa clarté contraste avec l’obscurité du reste de la cave. Autour de la lampe pendent des papiers tue-mouche constellés de cadavres. Une rallonge branchée à une prise de terre rassemble tous les fils électriques. Le ciment, plus clair autour de la prise que sur le reste du mur, indique son installation récente. Un lavabo se trouve dans un coin, plusieurs rouleaux de sopalin et un sac-poubelle vide posés à son pied. Un tube au néon l’éclaire en tremblotant. Des cafards en sortent parfois, surtout la nuit.

Des mouches volaient autour du champ opératoire et s’engluaient aux papiers collant qui pendaient en guirlandes du plafond. Mitte, Falaine et le docteur Mante étaient vétus de blouses, masques, charlottes, gants et surchaussures stérilisés. Amy, attachée à la table au moyen de sangles en caoutchoucs, hurlait et se débattait autant qu’elle pouvait. Mitte écrasa un bousier de la pointe de sa chaussure. Le docteur Mante décida de pratiquer une césarienne sous anesthésie générale. Il piqua Amy à la cuisse tandis que ses deux complices la maintenaient immobile. Le sufentanil fit effet rapidement. Le docteur Mante n’intuba pas la patiente puis opéra selon la technique de Starck. L’opération dura trente-cinq minutes. En allant jeter dans le sac poubelle des compresses sanglantes Mitte vit que celles qu’il contenait déjà étaient envahies de fourmies. L’enfant naquit le premier novembre à minuit et demi. De sexe masculin il pesait 2860 grammes et mesurait 48 centimètres. Les premiers examens révélèrent qu’il se trouvait en bonne santé.


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Konsstrukt



métaphysique de la viande - roman
Message posté mercredi 18 Janvier 2012 à 10:51:20

METAPHYSIQUE DE LA VIANDE - SIXIEME EPISODE

–– J’ai été voir le gynéco, dit Lydia. J’ai un truc aux ovaires.
–– Ton patron te fait toujours chier ?
–– Ca va.
Il ouvrit la porte de droite d’un gros buffet en bois stratifié qui avait trop servi. Il baissa les yeux vers le sol. Le laquage noir se décollait aux coins inférieurs, dessous ça s’effritait, sur le lino bleu-gris la sciure ressemblait à des œufs d’insecte. Il prit de la main droite une bouteille de rhum blanc Old Nick et repoussa la porte avec son épaule. Elle lécha le papier pour humidifier la colle.
–– Tu dors ici ?
La porte, en grinçant doucement, se rouvrit à demi.
–– Non, y’a ma femme qui fait chier. Je lui ai dis que je rentrais cette nuit.
De la main, elle balaya les brins de tabac. Ensuite elle alluma sa cigarette.
–– Tu fais chier.
Il déposa les verres et la bouteille sur la commode encombrée de courrier et regarda par la fenêtre qui la surmontait. Dans la rue il n’y avait rien d’autre que des voitures garées et des lampadaires. La vitre légèrement voilée faisait voir toutes ces choses à travers une sorte de brouillard. Il se détourna et remplit les verres aux trois-quarts. Dans la bouteille il ne resta plus qu’un fond. Il prit un verre dans chaque main et alla donner le sien à Lydia.
–– Qu’est-ce qu’il y a ? Demanda-t-il. Tu as l’air triste.
–– Non, non. Ca va. Tchin.

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Message posté jeudi 26 Janvier 2012 à 11:44:11

SEPTIEME EPISODE

2
Lyon battit le PSG un à zéro. L’équipe du brigadier-chef Claude Zecke commença un quart d’heure plus tard l’apéro dans le fourgon. Ils étaient une dizaine à se partager deux bouteilles de rhum blanc et deux autres de whisky. Pour accompagner il y avait du coca et du jus d’orange. Après avoir terminé les bouteilles ils retournèrent au commissariat et passèrent à la bière. On mit de la musique. On gueula, on s’agita. On s’amusa bien, bourrés comme des coings. Quelqu’un cassa une bouteille par terre, un autre dansa sur une table. Un policier montra son cul, qu’un autre prit en photo, alors celui qui avait montré son cul montra sa bite et ils furent plusieurs à la photographier. Pendant ce temps Zecke et François Bourdon discutèrent à voix basse près des chiottes. Zecke dit à Bourdon t’es pas chiche et on entendit une détonation. Bourdon tomba mort la tête pleine de sang. Une éclaboussure couvrit le pictogramme sur la porte, celui affublé d’une fausse bite dessinée au marqueur noir. Zecke expliqua aux autres que Bourdon s’était suicidé et qu’il avait tenté de l’empêcher, après quoi il quitta le commissariat en disant ben quoi j’ai rien à voir là-dedans je retourne chez moi. Une mouche vint se poser sur le sang poisseux et se nourrir.
Au procès l’ex-policier affirma avoir vu son ami ôter cinq balles sur six du barillet et le faire tourner avant de s’enfoncer le canon dans la bouche. Il reconnut avoir dit t’es pas chiche à la victime avant qu’elle ne tire. Il déclara regretter sa phrase. Il trouvait dommage pour la police de perdre deux hommes de valeur à cause de cette histoire. Le procureur insista sur le suicide de sa maîtresse survenu un an auparavant et requit douze ans de prison. Le juge le condamna à sept. On le libéra au bout de quatre. Il trouva un emploi dans une société de gardiennage, le perdit. Il travailla dans une agence de filatures et d’enquêtes privées. Son employeur le vira. Il s’installa à son compte. Il vécut du RMI.



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Konsstrukt



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Message posté jeudi 2 Fevrier 2012 à 17:14:40

huitième épisode

METAPHYSIQUE DE LA VIANDE - HUITIEME EPISODE

Ils entrèrent dans le premier bistrot et s’installèrent au comptoir. Owzarek commanda un whisky et Zecke un verre de rouge. Ils burent vite, en silence, reprirent la même chose. Ils laissèrent reposer. Owzarek serra les mâchoires. Ses joues avaient rougi et ses yeux séchés. Autour d’eux il y avait des vieux mahgrébins qui discutaient en arabe et une pute âgée de plus de cinquante ans qui buvait un chocolat chaud en regardant en direction du poste de télé. Il y avait l’image mais pas le son. C’était un match de basket.
–– Ca c’est passé il y a quinze jours. J’étais dans ma caravane. J’ai picolé et je suis sorti faire un tour en caisse avec un pack de vingt-quatre. Il faisait bon, même si c’était l’hiver, vous voyez. J’ai fini à deux cent bornes. A la plage. Je suis descendu de la voiture. J’ai été sur le sable. J’ai enfilé les binouzes qui me restaient. Tranquille. Je me suis endormi. Je sais pas combien de temps après je me suis réveillé mais il faisait encore nuit.
–– Vous aviez pas de montre ?
–– Si. Mais j’ai pas pensé à regarder.
Ils burent. Zecke sécha son verre, en réclama un autre.
–– C’est le bruit du camion qui m’a réveillé. Et c’est là que je les ai vus. Putain. Partout.
Owzarek termina son whisky. Zecke but son verre cul-sec et le leva pour en réclamer un autre.
–– Quoi ? Vous avez vu quoi ?
Son haleine sentait fort le pinard.
–– Les cadavres. Les putains de cadavres. Partout, de partout. Sur la plage, tout autour de moi. Une bonne centaine y’en avait. Peut-être plus.
Il regardait le fond vide de son verre. Ses yeux s’humidifièrent.
–– De partout y’en avait. Des cadavres. De partout. Et je voyais pas tout. Je venais de me réveiller, il faisait nuit. J’étais encore bourré. Enfin, un peu.
Il lança un regard de biais à Zecke.
–– Hmm.
–– Y’en avait partout, partout.
–– Et à part ça ? Vous avez parlé d’un camion.
–– Un ? Non, non, non. Pas un camion, non, trois. Trois camions, ils étaient. Trois camions-bennes. Et une tractopelle. C’était ça qui m’avait réveillé. Les camions, enfin le bruit des camions. Il y avait des mecs qui ramassaient les cadavres. Plusieurs équipes de deux. Un qui attrapait les pieds et un autre les épaules. Ils les mettaient en tas. La tractopelle ramassait les tas et foutait ça dans les bennes. Putain on se serait cru je sais pas où. Vous avez déjà vu ces trucs sur Auschwitz ? C’était pareil, putain. Quelquefois ils balançaient dans le tas un corps trop pourri. Il partait en morceaux en atterrissant sur les autres corps.

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Konsstrukt



métaphysique de la viande - roman
Message posté jeudi 9 Fevrier 2012 à 09:55:30

METAPHYSIQUE DE LA VIANDE - NEUVIEME EPISODE

Un blanc.
–– Qu’est-ce que tu fous ici ? Tu sais l’heure qu’il est ? Tu veux quoi ?
–– Ouvre. S’il te plaît. C’est urgent.
Sa voix se tord. Il sanglote. On entend le claquement de l’ouverture électrique. Il entre, appuie sur l’interrupteur, la lumière est jaune. Près du globe qui protège l’amoule une araignée au reflets rougeâtres dort au milieu de sa toile. Il monte l’escalier. Il laisse des traces mouillées. Il dégouline. Son manteau, déséquilibré, tire sur la droite. Quelque chose de lourd occupe la poche. Au deuxième étage la silhouette en contre-jour de Myriam Ludion se tient dans l’entrebaillement d’une porte. La minuterie s’éteint. La lumière plus blanche de l’appartement s’étend dans une partie du couloir. Myriam n’a eu aucun contact avec son ex-mari depuis qu’il a été incarcéré. Elle l’observe approcher avec un air méfiant et triste. Lui a plutôt l’air triste et effrayé. Son regard ne semble pas attentif à ce qui l’entoure. A cause de la pénombre tout ça est difficile à préciser.
–– Qu’est-ce que tu veux ? dit-elle. Comment tu nous as retrouvés ?
–– Je ne sais pas. Par quoi commencer.
Il y a un silence. Il ouvre la bouche, elle lui coupe la parole.
–– Mais pourquoi tu es venu ? Tu est bourré ou quoi ? Comment tu as trouvé cette adresse ?
–– Je t’aime. Je t’aime. Je veux que tout recommence. Comme avant. J’ai changé. Je t’en prie.
–– Ca va pas, tu es dingue ? Tu as picolé ? Fous le camp avant de réveiller les enfants, taré.
–– Nos enfants, ...
Il ouvre la bouche et ne dit rien, écarquille les yeux, son regard se perd dans le vague.
–– Nos enfants, ... répète-t-il.
–– Tire-toi ou j’appelle les flics, connard. Pauvre taré.
Il pleure. Il ne retient plus ses larmes qui coulent en continu. Quelque part au-dessus la pluie tambourine sur une vitre et la fait trembler. Il est possible qu’il veuille violer son ex-femme. D’ailleurs il bande. Elle qui n’a sûrement pas aperçu ce détail le regarde néanmoins avec effarement et dégoût. Elle tente de refermer mais il a soudain une brique à la main et la lui balance de toutes ses forces en pleine gueule. Elle bascule en arrière en criant, du sang plein le visage, se retient à la porte mais ses jambes ne la soutiennent pas très bien. Il avance et envoie un nouveau coup de brique qui frappe l’épaule. Elle lâche et tombe les yeux grands ouverts en commençant de hurler. Un voisin paraît dans le couloir et demande ce qui se passe. Zecke donne un coup de pied dans le ventre de Myriam, elle grimace, ferme les yeux. Les enfants déboulent. Quelqu’un a rallumé la minuterie. Zecke tape encore trois ou quatre fois, très fort, sa brique lui sert de contrepoids. Un voisin crie qu’il va téléphoner à la police, une vieille hurle. Zecke bredouille quelque chose. Toutes les autres portes sont ouvertes, tout le monde observe. Les enfants crient maman, maman, maman d’une voix hystérique entrecoupée de pleurs. La lumière s’éteint, quelqu’un rallume, Zecke part en courant. Il garde sa brique. Elle laisse des gouttes de sang. Les voisins le suivent des yeux. Personne ne cherche à l’arrêter. Deux quinquagénaires vont au secours de Myriam. Il faut encore rallumer. La police arrive dix minutes plus tard, on a passé son temps à appuyer sur l’interrupteur. La femme a repris connaissance. Les enfants sont confiés à des voisins. Des mouches se posent sur les traces de sang et se nourrissent.

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Konsstrukt



métaphysique de la viande - roman
Message posté jeudi 16 Fevrier 2012 à 12:04:21

METAPHYSIQUE DE LA VIANDE - DIXIEME EPISODE

3

Il tua sa femme de neufs coups de couteau au corps et au visage. Il épargna ses deux filles témoins du meurtre et leur expliqua qu’il y avait un problème avec la nourriture, que ça faisait des années qu’elle n’avait plus aucun goût, que ça cachait quelque chose de très louche, qu’il fallait s’occuper des mouches, que les mouches étaient une piste sérieuse. Il disparut. Les enquêteurs constatèrent avec désarroi que depuis plus d’un an il avait détruit toute trace administrative de son existence. Plus de compte en banque, d’assurance, de sécurité sociale, d’identité (sa carte avait été déclarée perdue, retrouvée, jamais réclamée), aucun moyen de suivre ses déplacements. Ils espéraient le retrouver assez vite à la faveur d’un délit commis pour survivre mais ignoraient qu’il disposait de cinquante mille euros en liquide et d’un appartement loué depuis onze mois sous un faux nom à l’autre bout de la France.
La première année qu’il passa à Ouistreham sous le nom de Georges Mepes s’avéra plus simple que celle précédent le meurtre. Il était possible d’en déduire qu’il se sentait plus heureux. Aussi bien pouvait-on en conclure l’inverse.
Il louait une maison appartenant au territoire de la commune mais éloignée de la ville, entouré du silence, de quelques mouettes et des vibrations des poids lourds empruntant la D514. Aucun voisin, du vent. Quand il soufflait dans la bonne direction il apportait les cornes de brumes des cargos et l’appel du ferry.
Il courrait tous les matins jusqu’à un bar-PMU de Riva-Bella à trois kilomètres de chez lui. Il buvait du muscadet, lisait Tiercé Magazine et remplissait des tickets de quinté en compagnie de quelques vieux qui devinrent ses amis. A midi il mangeait le plat du jour et retournait en marchant au 43 Chemin des Pélerins. Le reste de la journée il regardait la télévision, la pluie, les nuages, s’occupait de son jardin, relisait les romans de Philip K. Dick, se masturbait peu, beaucoup moins qu’avant.
Après onze mois de cette vie il parut tomber malade.

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métaphysique de la viande - roman
Message posté lundi 27 Fevrier 2012 à 13:50:05

METAPHYSIQUE DE LA VIANDE - ONZIEME EPISODE

Népès changea de chaîne et rétablit le son.
Cadrée comme un présentateur de journal télévisé une créature mi-singe mi-poisson à la bouche large et remplie d’aiguilles et aux mains prolongées de nombreux doigts maigres que reliaient une membrane translucide parlait une langue inconnue tandis que derrière elle des lianes et des branches oscillaient au courant mou d’une eau terne et épaisse.
Népès changea de chaîne.
Dans une ville en ruine éclairée par un soleil orangé des hommes en tee-shirts et shorts de vinyle noir poursuivaient des hominidés. Une voix off parlait une langue inconnue. Le ton monocorde évoquait un commentaire d’Envoyé Spécial ou de Zone interdite ou d’une émission comme ça. Il y eut un zoom sur un des chasseurs tandis qu’il épaulait son arme. Il était chauve. Une sorte de piège à loup était greffé à sa mâchoire et la chair se boursouflait à l’endroit où le fer la traversait. Le col rigide de sa combinaison de vinyle pénétrait dans la nuque en déformant la peau et paraissait continuer jusqu’au crâne. Son arme, un tube gris branché à son bras au moyen de tuyaux transparents qui charriaient dans les deux sens un liquide clair et chargé de glaires, tira un projectile mou et verdâtre. La caméra dézooma brutalement et panota pour saisir l’hominidé touché. Il s’écroula. Une crise d’épilepsie le terrassa. Le ton de la voix off devint solennel. Les chasseurs rirent hors-champ d’un rire presque humain.
Un moustique passa près de l’oreille de Népès.
Le jour se leva. Plusieurs moustiques dormaient au plafond. Sur le parking de la Maison de la nature et de l’estuaire les travaux avaient recommencé. Le grondement des moteurs, les biiip-biiip-biiip des véhicules en marche arrière et le fracas des marteaux-piqueurs s’entendaient dans toute la baraque. Népès se détacha du canapé et tituba jusqu’à la cuisine. Il écrasa une blatte, ne s’en rendit pas compte. Sur le plan de travail il attrapa un mug Bart Simpson, le remplit d’eau du robinet, le plaça sur le plateau du four à micro-ondes, appuya sur la mise en route. Le plateau tourna lentement. Le mug orbita. Un décompte de soixante secondes apparut sur l’écran au-dessus du bouton. La vitre devint opaque. De la neige de télévision parut à sa surface accompagnée d’un chuintement. De ce brouillard de pixels une forme émergea. Une bouche large, des yeux vides, une peau squameuse. A travers la brûme qui se dissipait peu à peu on distingua des couleurs. Vert désaturé, nuances de marron pâle. L’animal (ou le monstre) ne bougeait pas. L’appareil émit un son grésillant et pénible proche du larsen. Le son modula, devint plus grave, on pouvait penser à une fréquence qui se précise. Les parasites s’éclaircirent encore. La forme batracienne de la créature se précisa. Un décor émergea. Une caverne en grande partie obscure. Le son devint plus net. Des syllabes se détachèrent et se répétèrent. Tssss ; gggggh ; gghhaaa. Le crapaud géant se dandinait dans sa grotte.
Au bout de dix minutes l’émission cessa et la porte du four retrouva son aspect normal.

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métaphysique de la viande - roman
Message posté jeudi 1 Mars 2012 à 12:29:03

METAPHYSIQUE DE LA VIANDE - DOUZIEME EPISODE

Quelques semaines passèrent. Ses pouvoirs augmentèrent. A la fin il lui suffisait de fixer une bête du regard, n'importe laquelle, et l’animal venait à lui. L’homme ne cillait pas. Une blancheur lunaire paraissait se refléter dans ses yeux.
Des journaliste locaux notèrent la présence de cadavres d'animaux spectaculairement déformés mais personne n'enquêta. Des rumeurs circulèrent parmi les zonards présents dans la région. Quelques militants écologistes essayèrent d’en savoir plus. Il y eut des vidéos postées sur Youtube.
Il erra un mois et demi. Ses trajets s’inscrivirent dans une zone délimitée par Arromanches au nord, Alençon au sud, Dinan à l'ouest, Mantes-la-jolie à l'est. Aucune raison visible ne justifiait ce bornage ni ces déplacements. Il avait l’air d’aller au hasard. Il transformait les animaux qu'il trouvait. Il abandonnait leurs cadavres aux mouches et à la vermine. Il mendiait parfois, mangeait peu, volait dans les magasins, ne parlait à personne, n'avait aucun compagnon.
Il se fixa à Calaires, au nord de Rouen, mille habitants. Il mendia sur les marches de l’église. Il se lia au curé qui lui offrit le gîte et le couvert en échange de travaux. Il y avait des bancs à réparer, un nid de frelons dans le grenier, d’autres petites tâches à effectuer.

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métaphysique de la viande - roman
Message posté jeudi 8 Mars 2012 à 18:11:42

METAPHYSIQUE DE LA VIANDE - TREIZIEME EPISODE

11

Désormais il vivait nu dans la crypte, entouré de grappes d’animaux informes qui adhéraient aux parois ou pendaient du plafond, se liquéfiaient une goutte après l’autre et formaient au sol des flaques épaisses qui pululaient de moucherons. Il méditait, à peine s’il respirait, ne se nourrissait plus. Les veines enveloppaient son corps comme un filet. Ses cheveux, ses poils, ses ongles poussaient, il ressemblait à Victor l’enfant sauvage retrouvé quarante ans trop tard.
La nuit du 30 au 31 novembre 2009 le crapaud géant lui apparut une deuxième fois. Il baisèrent. Ca se passa dans la crypte. Les mouches abondèrent, il y en eut partout. Après l’accouplement Zoga et Népès restèrent collés quelques minutes. Ensuite le crapaud ne fut plus là. Népès quitta l’église sans se nettoyer ni s’habiller. Il était couvert de sécrétions, de sang et de poussière. C’était une heure avant l’aube, les brouillards givrants s’incrustaient sur une campagne froide et figée comme la sauce au fond d’une assiette. Un chien mort, congelé, grouillait de fourmis. Dans la maison Clavard dormait profondément, ivre, rêvait peu. Népès cogna la porte à coups de poings jusqu’à ce que le curé ouvre.
–– J’ai à te parler. Suis-moi à la crypte.
Il a le ton d’un mari sur le point de dérouiller sa femme. Clavard rectifie la position, ils y vont d’un pas vif. Dans la crypte l’odeur lui fait venir les larmes aux yeux.
–– J’ai reçu une prophétie. Je vais te la dire et toi tu la transmettras aux autres.

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métaphysique de la viande - roman
Message posté jeudi 15 Mars 2012 à 16:11:56

METAPHYSIQUE DE LA VIANDE - QUATORZIEME EPISODE

–– Tu lui as fait quoi ? A ta femme. Pour qu’elle te vire.
–– Ma maîtresse... Elle s’est tuée... Une balle dans la tête. Ca m’a foutu en l’air. En l’air. Je te jure. Et elle a pas supporté ça. De me voir comme ça. Ma femme. Elle a tenu quinze jours. Moi je voyais rien. Je voyais pas ce qu’elle pensait. J’ai pas compris. Sur le moment. J’ai rien pigé. C’est après. C’est après que j’ai réfléchi. J’ai fini par comprendre, par tirer les conclusions. Sept ans en fait. Ca fait au moins sept ans.
–– C’est dur. De supporter ça. Moi je pourrais pas. Moi.
–– Un homme peut encaisser pas mal de choses. Je peux te dire. Même quand j’étais en prison. Même là elle me manquait pas. Et les enfants... Les liens se brisent, voilà la vérité. Avec les enfants les liens se brisent. Je te jure. Avec ta femme il y a toujours quelque chose. Mais les enfants. Je vais te dire un truc. Des fois en allant les chercher à l’école, tu sais ? Je les reconnaissais pas. Petites. A la maternelle ? Ils se ressemblent tous. Les enfants se ressemblent tous. Tu trouves pas ?
–– T’as été en prison. Je croyais que t’étais flic.
–– Ca empêche pas... C’est là-bas. En taule... Je me suis rendu compte de ça... Mes gosses... C’est comme si j’en avais pas. C’est comme si j’avais pas de gosses. C’est là-bas. La première année. Ils me sont sortis de la tête.
–– T’as fait quoi ? Pour te retrouver en prison ?
–– Rien... Une histoire de merde... C’est un collègue. Il s’est suicidé. Alors on a dit que je l’avais forcé. C’est une histoire de merde... Et quand je te dis sorti de la tête... Je veux dire sorti pour de bon. Evanouis. Comme si j’avais jamais eu de gosse. Ca m’arrangeait. A l’époque. Ca m’arrangeait bien.
On regarde nos verres. Les gamins ont remonté de la cave une énorme araignée, ils l’ont embrochée sur un couteau, elle vit encore et ils la crament avec un briquet. On regarde ça et puis on regarde la pute embrasser un des mecs, l’autre a déjà une trace de rouge à lèvre. On finit nos verres. On en reprend d’autres.
Oui. Je sais ce que vous pensez. C’est long. C’est chiant. A quoi ça sert de noter cette conversation de merde ? Et comment ce con peut-il s’en souvenir aussi bien ? Je m’en souviens à ce point parce que j’ai passé des semaines à me la repasser. En permanence, du matin au soir – mais vous avez raison, vous avez raison. Et peut-être ai-je inventé des passages, pour combler les trous. Peut-être qu’elle ne s’est pas déroulée exactement comme ça. Qui peut le dire ? Mais elle a été ma dernière occasion de parler avec des vivants. Après ça je n’ai plus parlé à personne. Je n’ai plus parlé du tout, d’ailleurs. Le lendemain de cette conversation je me trouvais au milieu de l’océan. J’étais avec un million de morts en route vers le pays des morts.

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Message posté jeudi 22 Mars 2012 à 19:20:54

METAPHYSIQUE DE LA VIANDE - QUINZIEME EPISODE

2

En février 2010 j’ai passé quelques jours à Marseillan-plage, un bled qui servait de station balnéaire foireuse l’été et de mouroir l’hiver. Je n’ai croisé que des vieux, des moches, des cassés, il a plu tout le temps, le sol était couvert de chenilles processionnaires, elles étaient en avance et ça étonnait les débris locaux. J’ai gaspillé la moitié de mon temps sur la plage avec une pelle et un détecteur de métaux sans rien trouver pour étayer la scène aberrante que m’avait raconté Owzarek. J’essayais de croire à ses conneries mais entre la plage déserte et sale, la pluie qui me tombait sur la gueule sans discontinuer, les jeunes à scooter qui me toisaient et les gens du coin qui se foutaient à moitié de ma gueule dès que j’allais boire un coup ça devenait difficile. Je logeais au premier étage du seul troquet ouvert, qui faisait aussi hôtel-restaurant. J’avais une chambre humide et surchauffée, tous les moustiques de la région s’y réfugiaient. Je bouffais des steack-frites midi et soir, la patronne n’avait pas beaucoup d’imagination mais c’était mieux qu’à Flunch. Elle s’appelait Françoise, avait trente-cinq ans, des lèvres à pipe et des yeux défoncés. Je l’aurais bien sautée, il n’y avait pas moyen.
Pour qu’on me foute la paix je racontais que j’étais écrivain et que je cherchais des bijoux paumés par les touristes pour financer mon prochain bouquin. Ca expliquait mon matos et mon temps libre. Ils ont vite compris que j’étais inoffensif. De toute façon je picolais autant que les autres, je me suis facilement intégré.
Un soir que je me réchauffais et me séchais en buvant des rhums au comptoir, un type m’a accosté, Fred Legendre, un peu moins de quarante ans, survètement gris, baskets. Je l’avais déjà remarqué. Il trainait souvent dans les parages avec toujours sa capuche qui lui masquait la gueule, rien d’autre à foutre que se balader sous la pluie et me tenir à l’oeil. J’avais posé deux-trois questions autour de moi. Il passait pour un genre de racaille sur le retour, un peu vendeur de shit, un peu trafiquant de clopes, pas très malin. Il habitait une caravane, le terrain appartenait à son oncle, une ancienne vigne transformée en mauvaise herbe et carcasses de bagnoles.

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Message posté jeudi 29 Mars 2012 à 09:41:46

METAPHYSIQUE DE LA VIANDE - SEIZIEME EPISODE

Nous avons roulé une heure en direction de Pau. Il n’y avait pas de circulation. Phares éteints, je maintenais une distance importante entre le camion et moi, impossible qu’il me repère, j’étais tranquille. J’avais éteint la radio pour rester concentré. La bouteille de whisky occupait le siège passager, je n’avais qu’à tendre le bras pour la choper et m’envoyer des petites lampées de temps en temps. J’étais le roi. Ca faisait longtemps que je m’étais pas senti aussi vivant. J’ignorais que cet état euphorique ne durerait pas.
Un peu avant Tarbes le Mercedes a quitté la D632 pour s’engager sur un chemin vicinal. J’ai suivi et augmenté encore la distance. Cette nuit noire me rendait invisible mais il pouvait toujours entendre mon moteur. Je gardais les yeux fixés à ses phares arrières. Sitôt qu’il s’est arrêté j’ai quitté le chemin pour me garer de façon qu’on ne puisse pas me répérer. Je me suis approché à pieds. J’avais acheté un appareil photo numérique. Je m’en suis servi pour observer. Amplificateur de lumière, zoom, c’était parfait. J’étais planqué près d’une fourmillière.

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Message posté jeudi 5 Avril 2012 à 10:27:09

METAPHYSIQUE DE LA VIANDE - DIX-SEPTIEME EPISODE

Vers 21 heures 30 le chauffeur est remonté dans son camion. Il y avait une couronne de mégots à ses pieds. Les quatre costauds sont retournés dans leur box, ont refermé, le camion a foutu le camp. D’après mes calculs la moitié des boites avait été remplie. J’avais dans l’idée que quelqu’un débarquerait bientôt pour la suite des opérations. Il fallait bien faire quelque chose de toutes ces boites, pleines ou vides, et de toute façon j’en avais marre de la filature.
J’ai pris une chambre. J’y dormais quelques heures dans la journée, je me lavais, je mangeais, je passais mes nuits dans la voiture à attendre. Il y avait beaucoup d’activité et de passage, personne ne calculait ma présence. Il y avait aussi de plus en plus de moustiques, j’étais couvert de boutons. Toute cette histoire tournait dans ma tête mais je ne m’étonnais plus de rien, je tenais la terreur à l’écart en me focalisant sur ce que j’avais à faire. Les types sans visage, le transport et stockage de cadavres, les mannequins en métal qui répliquent les humains, les chauffeurs à la force surhumaine, les mecs qui vivent dans des boxes sans manger ni boire ni sortir, ça me faisait plus ni chaud ni froid, on s’habitue à tout ou alors mes nerfs avaient lâché. Je parlais à personne d’autre que moi, j’avais aucun moyen de savoir si je devenais dingue ou blindé ou les deux. Je pensais de plus en plus à Myriam. Je lui expliquais dans ma tête.
La troisième nuit il y a eu une nouvelle livraison. Toutes les boites ont été remplies. J’ai décidé de rester encore, je voulais savoir ce qui allait se passer ensuite. J’ai mis au propre mes notes. J’ai téléphoné à Owzarek pour lui faire un rapport et lui demander du fric. Ca m’a fait drôle de discuter avec un être humain après ces jours et ces nuits seul dans le merdier. Il était horrifié et avait du mal à croire à mes salades. J’étais pareil que lui.

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Message posté jeudi 12 Avril 2012 à 10:54:32

METAPHYSIQUE DE LA VIANDE - DIX-HUITIEME EPISODE

6

J'avais réussi à emporter avec moi deux sacs, un qui contenait vingt kilos de boites de conserves, l'autre trente litres d'eau. De quoi tenir trois semaines. Les dockers qui m'avaient aidé à embarquer à bord du Pharaon Noir m'avaient coûté mes derniers sous. Me tuyauter, charger mon matériel avant que je prenne place à bord, fermer leur gueule. En me serrant la ceinture les sacs pourraient durer un mois, mais à cause de la chaleur rationner l’eau serait difficile. J’étais dans un réduit de six mètres carrés. Deux parois occupées par des placards fermés à clés, une par la porte, la dernière était nue et il en émanait une chaleur intenable. Il y avait de petites araignées rouges et translucides un peu partout, je ne comprenais pas d’où elles venaient ni de quoi elles se nourrissaient, mais pas une seule ne s’approchait de cette paroi. Pas de fenêtre ni d’éclairage électrique. C’était un local technique qui ne servait à l’équipage qu’en cas de grave pépin mécanique, c’est en tout cas ce qu’affirmaient les dockers. A cause de cette foutue paroi brûlante, Dieu sait ce qui se trouvait derrière, la température atteignait jour et nuit les trente-cinq. J’ai passé quelques nuits à étouffer dans le noir, et puis je me suis habitué. Au début je pensais qu’un peu de lumière filtrerait sous la porte, mais quelle lumière ? Il n’y avait aucune source, nulle part. L’éclairage du navire était réduit au minimum. La lune insuffisante. Il n’y avait rien que le noir et la chaleur. Le noir et la chaleur qui m’étouffaient, et si ça ne suffisait pas, la conscience que j’étais entouré d’un million de cadavres dévorés par les vers, pourrissants. cliquer ici pour lire la suite : http://metaphysiquedelaviande.blogspot.fr/2012/04/dix-huitieme-episode.html




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Message posté vendredi 20 Avril 2012 à 23:40:26

METAPHYISIQUE DE LA VIANDE - DIX-NEUVIEME EPISODE

Les Renault Master, Peugeot Boxer et Peugeot J5 de la Police Nationale et des CRS étaient arrivé à cinq heures quarante-cinq du matin. Ils s’étaient garé en partie dans la rue Adolphe Thiers et en partie dans la rue Jules Moch. Les deux rues, parallèles, étaient reliées notamment par la rue Barbieri où se trouvait le squat. Son accès était bloqué depuis l’arrivée des forces de l’ordre. A cette heure-ci le quartier était silencieux. Entre cinq heures quarante-cinq et six heures quinze, il passa deux voitures, qui ralentirent et dont les conducteurs observèrent le déploiement avec peu d’intérêt. Quelques fenêtres s’allumèrent aux immeubles. On écouta peut-être France-Inter, ou peut-être RTL, ou peut-être rien du tout. Entre un lampadaire et un panneau de signalisation, une araignée acheva de tisser sa toile. En attendant les ordres, policiers et CRS avaient discuté et bu du café gardé bien chaud dans des thermos qui circulaient de mains en mains. Quelqu’un avait apporté un petit poste et mis Rire et Chansons. Gardiens de la paix et brigadiers souriaient de satisfaction en avalant le liquide fumant. A six heures quinze le brigadier-chef reçut l’ordre. Les lampadaires venaient de s’éteindre. Le ciel devenait de moins en moins noir, de plus en plus gris, à l’est des reflets roses et oranges donnaient du relief aux nuages, mais personne ne s’en aperçut.

lire la suite : http://metaphysiquedelaviande.blogspot.fr/2012/04/les-renault-master-peugeot-boxer-et.html



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Message posté vendredi 27 Avril 2012 à 17:28:20

METAPHYSIQUE DE LA VIANDE - VINGTIEME EPISODE

2

A dix-sept ans Ombric écrivit sans jamais recevoir de réponse une centaine de lettres d’amour à une fille de sa classe. Un jour elle lui donna rendez-vous, il vint, elle lui annonça qu’elle voulait qu’il cesse de la harceler. Il adressa à ses amis une correspondance confuse où il parlait de désarroi et de la marche du monde et distribua les disques et les livres qui comptaient pour lui comme s’il allait mourir bientôt. Il fugua. Une nuit il rencontra sur le pont Saint-Pierre à Toulouse quatre Noirs qui lui demandèrent s’il connaissait des endroits où faire la fête, lui prirent son portefeuille, le rouèrent de coups et le balancèrent dans la Garonne. Dans l’eau glacée il ne mourut pas. Il nagea jusqu’à la berge aidé par le courant et resta là pendant trois heures à grelotter inconscient. Des insectes lui grimpèrent dessus, entrèrent dans sa bouche comme s’il était mort. Des employés de la voirie l’aperçurent. Il appelèrent le SAMU, qui le conduisit aux urgences. L’hôpital prévint la gendarmerie. Ses parents furent avertis. Cinq heures après son réveil il brisa un verre en le jetant au sol et entreprit avec le plus gros tesson de se déchirer les artères radiales et cubitales en tailladant la chair du bras de bas en haut comme un sagouin. Une infirmière l’interrompit. Il l’aspergea de sang et lui coupa le nez et la joue. On le transféra en psychiatrie. L’infirmière passa un test de dépistage du VIH qui fut négatif et subit de la chirurgie plastique. Il resta quatre mois chez les dingues. Il eut des relations sexuelles avec un dépressif de quarante ans qui le fournissait en shit et avec une schizophrène de seize qui se faisait appeler Alfred Hitchcock.

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Message posté jeudi 3 Mai 2012 à 10:40:28

METAPHYSIQUE DE LA VIANDE - VINGT-ET-UNIEME EPISODE

5

Ils dormaient dans l’ancienne chambre d’Ombric, au dernier étage du squat, parmi les bouteilles vides et les bougies consumées. Certaines brûlaient encore et leur odeur s’ajoutait au reste, sueur, alcool, viande sale. Des flaques plus fraîches avaient remplacé la vieille tâche de vomi, sèche depuis le temps. La pluie avait gorgé le carton et inondé son contenu, tout avait moisi ; les cassettes étaient foutues. Un papillon de nuit voletait autour d’une des flammes. L’ombre des ailes passait sur les murs comme des vagues. Il approcha trop, grésilla, mourrut.
Il y eut un ronflement. Ombric se réveilla. Il regarda autour de lui. La lumière vacillante et jaune donnait un aspect rassurant aux choses. Il attrapa une Jenlain et la retourna pour en boire le fond éventé. Un mégot détrempé se colla à ses lèvres. Il le cracha, reposa la bouteille, s’essuya la bouche. Il s’aida d’un mur pour se relever. Un frisson l’ébranla. Il s’ébroua, palit, s’immobilisa, se pencha, ne vomit pas, reprit des couleurs, se redressa. Il fit venir de la salive à son palais, l’avala. Il se gratta avec vigueur à travers ses vêtements. Il empoigna sa caméra. Il visa l’oreille encroûtée de sang de Lepoult, recula pour cadrer le visage, ne filma pas. L’appareil contenait une cassette neuve.
Il sortit du sac de Momo un rouleau de ruban adhésif noir et une lampe-torche. Il la fixa à la caméra. Il quitta la chambre. Il explora, éclaira, filma. De vieilles gouttes de sang pareilles à des tâches de rouille sur le ciment, une Bat-moto pilotée par un Batman sans tête ni main, une robe de mariée moisie, des éclats de CD, des merde de rats, une merde humaine, une récente flaque de pisse, des bouteilles vides opaques de poussière alignées sur une commode sans tiroir, une toile d’araignée figée dans sa poussière et l’araignée sèche comme une crotte de souris. L’éclairage frontal de la lampe-torche applatissait et aliénait les choses.

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Message posté jeudi 10 Mai 2012 à 12:17:12

METAPHYSIQUE DE LA VIANDE, VINGT-DEUXIEME EPISODE

7

Ombric nettoyait le van. Il fumait une cigarette. Un vent frais et chargé de sel venait de la mer. Chloé le rejoignit. Elle fumait un pétard.
–– Gulcan veut te voir.
–– OK.
–– Il est dans la grande chambre.
Il hocha la tête et laissa tomber l’éponge par terre. Il traversa le parc envahi de moucherons jusqu’à la villa. Il traversa le salon. Melissa se préparait une ligne de coke. La télé était allumée. A l’étage il y avait trois chambres. Dans la plus grande se trouvaient Gulcan et Louise et des projecteurs qui les éclairaient vivement. Gulcan était allongé sur le lit. Il se leva quand Ombric entra. Louise se déshabillait. Elle continua. Planqué quelque part un grillon stridulait.
–– Le matos est en bas. Commencez. C’est juste essai, on s’en branle. OK ?
Ombric a souri tristement. Louise était menue. Elle avait la peau mate, de petits seins, une chatte lisse, des hanches étroites, des articulations fines, une figure enfantine, des piercings et des tatouages un peu partout, surtout une rose sur le ventre dont les racines s’étendaient jusqu’à la chatte. Elle sentait l’herbe et la transpiration. Ombric s’est dessapé. Malgré les douches prises les jours précédents il puait encore la crasse. Louise eut un air dégoûté.

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Message posté jeudi 17 Mai 2012 à 09:43:38

METAPHYSIQUE DE LA VIANDE - VINGT-TROISIEME EPISODE

SEPTIEME PARTIE

(Suite du blog de Claude Zecke)

1

Il y a les trucs dont je suis fier et les trucs dont je suis pas fier.
Mon pire souvenir c’est quand j’ai tout perdu, quand je suis allé en prison. Toutes mes affaires étaient chez ma mère et puis ma mère est morte entretemps. J’ai été averti trop tard. Mon frère a tout récupéré, tout a été vendu ou jeté, et aussi ma collection d’articles. J’avais collé dans un classeur les articles qui parlaient de moi, après la mort de Bourdon, les photos et les comptes-rendus d’audience. La presse en avait pas mal parlé. J’avais une douzaine d’articles assez long et quelques entrefilets. Mon frère a foutu tout ça en l’air, je l’ai su plus tard, quand je suis sorti, et que je n’avais plus rien.
Il y a les filles que j’ai violées, aussi. Il n’y en a pas eu beaucoup. Il y en a eu seulement trois et puis ensuite j’ai changé, je n’ai plus violé que dans ma tête.
Pascal se demandait ce qu’il y a dans le vide qui peut nous faire peur et maintenant je connais la réponse. C’est nous-même. La confrontation sans distraction, sans échappatoire, avec nous-même. C’est sans doute ça le fameux jugement dernier. Ce moment très bref où on passe de la vie à la mort, où on quitte l’univers, ou le monde s’en va sans nous et pendant un instant il ne reste que nous. Qu’il y a-t-il d’autre à faire, à ce moment-là, que s’observer ? Et à mon avis la complaisance ne doit pas être la réaction la plus commune. On doit être sans doute notre juge le plus sévère. Je n’ai pas hâte d’expérimenter ce moment, et pourtant je suis impatient de mourir. Je n’ai pas hâte de ce jugement dernier. Je suis pressé d’arriver dans l’oubli.

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Message posté jeudi 24 Mai 2012 à 13:30:04

METAPHYSIQUE DE LA VIANDE, AVANT-DERNIER EPISODE

3

A la fin de la nuit c’était toujours aussi chaud et humide. La pluie avait cessé mais ça faisait aucune différence, je dégoulinais pareil. J’étais épuisé à ne rien faire. Par ce climat, juste mettre un pas devant l’autre ou simplement respirer, ça vous pompe toute votre énergie. En plus moi je manquais de repos et j’avais rien bouffé depuis la veille. J’étais en planque à côté d’une boutique où on pouvait acheter des bijoux en plastoque, des DVD piratés et des portes-bonheur, j’attendais que le vieux se décide enfin à fermer. J’avais choisi celle-là sans raison particulière, à part que le quartier avait l’air pas trop fréquenté ni trop surveillé par les flics. J’avais aucune idée de l’endroit où je me trouvais. Je m’étais simplement trainé toute la nuit d’un quartier à l’autre à la recherche de l’inspiration et j’étais arrivé là. Il me semble que le fameux marché flottant était pas loin, ça me faisait une belle jambe. Je me suis un peu réveillé quand le vieux a éteint toutes ses lumières. Le ciel commençait à devenir gris. Je me suis dégourdi les membres, j’étais enkilosé, les mauvaises courbatures des nuits blanches. Quand il est enfin sorti pour baisser son rideau de fer je me suis mis en route et les premiers rayons de soleil ont fait étinceler les sommets des buildings du quartier d’affaire, on se serait cru dans un film. Il s’est passé deux ou trois secondes le temps que j’arrive à sa hauteur, deux ou trois secondes pendant lesquelles j’ai gambergé alors que je voulais rester concentré mais c’était plus fort que moi. Flic, taulard, privé à la manque et maintenant braqueur, j’avais tout fait. Toutes les conneries possibles, j’avais donné dedans comme le pire des débutants ! Et braqueur pourquoi ? Pour poursuivre une enquête qui n’intéressait plus que moi, une enquête qui aurait du prendre fin à l’instant même où Owzarek avait calanché. Une enquête pour rien, une enquête pour personne.

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et n'oubliez pas l'angoisse numéro 2 !
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Message posté lundi 4 Juin 2012 à 21:21:47

METAPHYSIQUE DE LA VIANDE - DERNIER EPISODE

5

Quand j’ai rencontré Emmanuel Ombric il était occupé à décapiter une femme qu’il venait de tuer d’un coup de couteau dans le coeur. Il commençait à avoir le coup de main. C’était quatre heures du matin, dans un quartier désert derrière le port, là où jusqu’à deux heures on trouvait les putes les moins chère de la ville, et plus personne après. J’avais terminé mon enquête. Je me promenais à cet endroit pour trouver le calme, pour décider de ce que je devais faire, tenter le coup auprès de Myriam ou bien mourir ici et qu’on en parle plus. Le silence, les murs lépreux, la proximité de gens qui me ressemblaient, de pauvres types sans un rond et dont personne au monde n’avait rien à foutre, m’aidait à réfléchir et à assimiler toutes les horreurs que j’avais apprises depuis que je m’étais lancé dans ce merdier. Ce soir-là il ne pleuvait pas mais l’air brumeux était chargé d’humidité.
Ombric a brandi vers moi sa lame pleine de sang, j’ai sorti mon flingue.
–– Et bin flingue-moi, pauvre con, t’attends quoi ?
Il avait un regard timbré et un air hargneux. La tête était décollée aux trois quarts. Je me suis approché. Je continuais à le tenir en joue. J’ai percuté qu’il était français, ça m’a fait sourire.

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