Fabio Montale

Imprimer Fabio Montale Imprimer (format pdf) Imprimer Fabio Montale



- FABIO MONTALE -


Scénario et Réalisation

Réalisateur : José Pinheiro
Scénaristes: Philippe Setbon (d'après Jean-Claude Izzo)
Fabio Montale

fleche Soutenez RayonPolar en achetant
Fabio Montale

sur
Amazone

fleche
fleche

Distribution

Alain Delon : Fabio Montale (3 épisodes)
Cédric Chevalme : Thierry Peyrol (3 épisodes)
Elena Sofia Ricci : Babeth De Metz (3 épisodes)
Eric Defosse : Loubet (3 épisodes)
Andrée Damant : Norine (3 épisodes)
Georges Neri : Fonfon (3 épisodes)
Jean-Marie Winling : Philippe Auch (3 épisodes)
Mathilda May : Hélène Pessayre (2 épisodes)
Jean-Louis Foulquier : Mavros (2 épisodes)
Kahena Saighi : Sylvie Jarry (2 épisodes)
Abdel Ryan : Mourrad (2 épisodes)
Emmanuelle Brouck : Nicole (2 épisodes)



Guide des Episodes

Fabio Montale

Guide des Episodes

Devant le petit écran
L A

 
Brève biographie

Le père de J.C Izzo est né à Castel San Giorgio en Italie et émigre à Marseille en 1929. Quant à sa mère, elle est née à Marseille de parents immigrés espagnols.
Le père d’Izzo fut barman dans divers établissements avant de se fixer au bar de l’Amicale Ajaccienne (démoli en 1943), place de Lenche. De son côté sa mère travailla comme couturière rue de Rome
En 1966, après un séjour sous les drapeaux à Djibouti, il adhère au PSU puis en est le candidat aux législatives de 68 à Marseille. Il rejoint ensuite le PC –qu’il quittera en 78- et devient le rédacteur en chef du quotidien la Marseillaise.
En 1995, fortement sollicité par Michel Le Bris et Patrick Raynal, il publie dans la Série Noire Total Khéops, puis Chourmo (1996) et enfin le dernier volet de la trilogie Solea (1998). Trois polars qui font de lui un des auteurs centraux de la littérature de genre : du polar

Le personnage de Fabio

Montale a eu une jeunesse de fils d'immigrés italiens. Il a grandi dans le « panier chez les chiens des quais » parmi les siens, parmi ceux qu'on appelait les nabos. Alors son entrée dans la vie, il l'a faite en compagnie de Manu et Ugo, avec en tête des idées du genre : « L'argent volé, c'est de l'argent gagné ». Seulement voilà, avec de telles idées c'était inévitable: un jour « Manu a tiré » et « une page s'était tournée brutalement ».
Montale s'engage dans la coloniale puis, à son retour, il devient flic… avant de démissionner et de partir se réfugier dans son cabanon.
Parce que « Le monde était devenu comme nous, sans destination »
Le monde est devenu opaque, quasiment indéchiffrable. La solidarité de classe, la lutte de classe, l'affrontement avec le patronat, autant de réalités qui se sont brouillées dans la conscience des hommes. La crise économique a eu raison des solidarités, des appartenances à une classe. Maintenant il n'existe plus que les Français et les autres. Et au cas où la réalité socio-économique marseillaise ne suffirait pas à brouiller les consciences, les événements mondiaux se chargent de parachever le travail. A l'Est, l'idéal s'est pitoyablement effondré pendant que sur l'autre rive de la méditerranée s'épanouit l'intégrisme religieux et que les idées fascistes gangrènent le monde ouvrier

Alain Delon

Est-il besoin de présenter Alain Delon?
Depuis 1957, date de son premier film (Quand la femme s'en mêle d'Yves Allégret) il a enchaîné plus de 90 films et tourné avec et pour les plus grands réalisateurs (René Clément, Luchino Visconti, Michelangelo Antonioni, Jacques Deray, Joseph Losey, Volker Schlöndorff, Jean-Luc Godard… pour n’en citer que 7)
Certes, il s’est égaré dans des films à la mise en scène sommaire, voire inexistante, mais il n’en reste pas moins l’un des plus grands acteurs actuels du cinéma, qu’une longue liste de prix souligne.
Comment ne pas se souvenir de Jo le tueur, de Rocco Parondi ou de Piero. De Tancrède à Jaime Ramón Mercader del Río Hernández, il sait conter avec finesse la complexité des personnages, leur ambivalence, leurs failles. Virtuosité qui atteint l’acmé avec M. Klein, ce profiteur qui se découvre un homonyme juif et que sa quête identitaire conduit à la mort.

L’effroi

Lorsque la nouvelle est tombée sur les téléscripteurs du polardeux moyen, un cri a jailli de nos campagnes : sacrilège!
Il faut dire que la nouvelle avait que quoi saisir d’effroi la doxa, laisser songeur le plus libéral des post maoïstes..
TF1 avait décidé de porter au le petit écran les aventures de Fabio Montale… Et c’était Alain Delon qui avait été choisi pour interpréter le rôle…
TF1, petit écran, Alain Delon : trois raisons pour hurler au blasphème.
TF1 : antre du capitalisme vulgaire…
Petit écran…
Alain Delon : supplétif de l’un, trop grand pour l’autre.
Qu’allait-il rester de Fabio, ce héros de la désillusion, cet homme résolument de rebelle, amoureux de sa ville et de ces amis?

Certes, le Fabio télévisuel n’est pas celui d’Izzo, mais le Joseph K d'Orson Welles est-il celui de Kafka? Rien ne prédestine un acteur à interpréter un rôle (1). Il n’existait pas plus d’adéquation entre Julien Sorel et Gérard Philipe qu’entre le colonel Kurtz et Marlon Brando

On peut tout reprocher à Alain Delon sauf de ne pas avoir donné vie au personnage de Fabio Montale. En trois téléfilms, il a su le hisser au rang de figure mythique en nouant avec ce personnage des liens semblables à ceux qu’entretient Clint Eastwood avec l’inspecteur Harry.

La série

Total Kheops, premier téléfilm de la série, s’ouvre sur un cambriolage qui tourne à la prise d’otages. La police cerne la pharmacie où sont retranchés les délinquants.
Fabio est introuvable…
Il apparaît subitement dans une ruelle puis disparaît pour réapparaître dans les caves des immeubles. De cave en cave, il s’introduit dans la pharmacie pour faire face aux preneurs d’otages qu’il ramène à la raison au terme d’une discussion.
En quelques plans, José Pinheiro nous dresse le portrait du personnage : c’est un solitaire qui travaille en marge du système; un enfant du quartier qui en connaît tous les dédales; un cynique désabusé et nostalgique qui n’hésite pas à se mettre en danger; un humaniste qui préfère les solidarités à la brutalité.
Et d’un téléfilm à l’autre, Alain Delon va moduler ces diverses facettes du personnage.
Le quartier, la ville, sa ville, il la connaît. Du quartier du Panier, des villas de mafioso aux bords de plages, chaque lieu le renvoie à son enfance, au temps des amitiés et des solidarités. S’il cherche le véritable responsable de la mort de ses amis, c’est en marge du système et en honneur au passé. Et c’est par amour de la vie qu’il refuse de secourir le vieux truand sur son lit de mort et qu’il empêche son coéquipier d’agir, de tuer le flic pourri, le meurtrier de sa fiancée.(Total Kheops).
Le passé, et avec lui la désillusion, ne le quitte pas lorsqu’il enquête au milieu des barres d’immeubles de banlieue ou qu’il retrouve une jeune junkie dans son bar préféré. Et la nostalgie le poursuit jusqu’au cœur des calanques… Enfant du quartier, il ne peut qu’être celui de la mer, celui de la route de Cassis (Chourmo)
Mais la ville n’est rien et le passé est révolu. Il faut sauver les vivants des magouilles, du système, des prédateurs. Il se bat pour Babette, Norine, Fonfon pendant que d’autres bataillent dans l’ombre pour lui (Solea).

Questions

Quel regard faut-il porter sur ces trois téléfilms?
Doit-il être brouillé par des considérations politiques? Les positions politiques d’Alain Delon doivent-elles intervenir dans notre jugement?
Le cinéma ne doit-il pas se juger qu’au regard de lui-même? La « critique » ne doit-elle pas être entièrement contenue dans l’objet?
José Pinheiro a-t-il su filmer Marseille? Est-il parvenu à en saisir la luminosité, la complexité? A-t-il hissé le décor au rang de personnage?
Quant à Alain Delon a-t-il réussi à exprimer l’humanisme qui charpente le personnage de Fabio? Ses regards, ses gestes, son jeu ont-ils traduit la nostalgie désillusionnée qui pousse Fabio à agir?
Voilà quelques-unes des questions qu’il me semble pertinent de poser. Et le fait que Richard Bohringer soit plus ou moins sympathique qu’Alain Delon ne doit pas induire les réponses.



(1) Qui aurait pu dire que B. Lahaie serait en 1980 une « Des Petites écolières» de Claude Mulot.
L A
Le samedi 30 Decembre 2007
 
 


Fabio Montale

 
Guide des épisodes

Retour aux saisons de  Fabio Montale
Total Kheops
Jean-François GARREAUD
Fiche
Chourmo
Laure Killing
Fiche
Solea
Elena Sofia Ricci
Fiche
 
 

Les réclames du RayonPolar

Pour votre publicité, contactez le site

Pub sur RayonPolar

Sur les 32200 pages du Site
chiffres Google Le mercredi 3 Novembre 2011

0.99 euros au format Kindle
4.47 euros au format broché
sur








En accédant à ce site marchand par l'intermédiaire de ce lien vous soutenez financièrement le RayonPolar






Site dédié au Polar (roman policier)
Si vous entrez directement sur cette page,
Retrouvez ses nouvelles en ligne, ses critiques de polars, de films, de séries TV
Sa liste de revues et sa galerie de couvertures de polars anciens.
Visitez le Rayon Polar
Il y a trois sortes de mensonges : les mensonges, les gros mensonges et les statistiques.
- Benjamin Disraeli (1804-1881), homme politique britannique

















Pinterest
(C) Les textes n'engagent que leurs signataires
RayonPolar
La majorité des illustrations de ce site sont des reprises des couvertures de la collection Néo et sont signées de
Jean-Claude Claeys.

Reproduit ici avec son aimable autorisation
Pour visiter son Site
Pour acheter des originaux
Cliquez sur l'image
RayonPolar