Pepe Carvalho : Le petit frère


Pepe Carvalho

Le petit frère

Réalisateur : Enrique Urbizu
Scénariste : Pedro Molina Temboury
Avec :
Pepe Carvalho >> Juanjo Puigcorbé ||| Charo >> Valeria Marini ||| Biscuter >> Jean Benguigui ||| Bromure >> Walter Vidarte ||| Contreras >> Lluis Marco ||| Mar Riudoms >> Blanca Apilanez

Léo un ancien camarade de Carvalho et frère du ministre du travail a été assassiné. Son cadavre a été retrouvé dans sa salle de bain.
L’affaire est confiée à Pepe Carvalho.
Ce meurtre aurait-il un rapport avec les activités anti-corruption de Léo ?
Mais l’affaire se complique lorsque Pepe Carvalho déniche des cassettes où Leo avait enregistré ses parties de jambes en l’air…

On notera le long plan sur la tombe de Buenaventura Durruti, chef des anarchistes de la FAI


https://www.youtube.com/watch?v=uzocgIZNg3Y
Blanca Apilanez
Blanca Apilanez

        

[D'après le roman :] Le Petit Frère

Profitant de l’enquête sur le suicide de celui qu’on appelait, aux temps jadis, aux temps de la lutte anti-franquiste « petit frère » Pepe Carvalho dresse le bilan de cette époque et des années qui ont suivi la mort du dictateur. Mais il ne s’agit pas d’un « bilan » politique ouvrant la voie à de
nouvelles « perspectives » (à la lutte du prolétariat)… Non, beaucoup plus modestement, il se cantonne au bilan de chacun des acteurs de la lutte (ou tout du moins de ceux qui croisèrent sa route, de-ci de-là, dans les prisons ou les groupuscules.)
Au final que reste-t-il ?…Des acteurs… De ceux qui menèrent le combat ?…Pas grand chose, si ce n’est beaucoup de reniements !
Peut-être, mais Carvalho...
« se souvint soudain qu'il avait dans sa cave une bouteille de Mauro 1986 que lui avait offerte son voisin, le gérant Fuster, et il alla la chercher. Quelques morceaux de fromage de brebis de Cuenca et une demi-bouteille de Mauro le réconcilièrent progressivement avec la réalité. »
Des capitulations ? Comment peut-on accuser les hommes de trahison alors qu’en fait c’est le monde qui a changé !…
« Non. On ne peut plus parler de lutte des classes, mais de concurrence. Le problème ne se résout plus sur le mode du conflit mais sur celui de la compétition. »
Tout change ! Telle est la règle ! Seul le « Quotidien du Peuple » est resté fidèle à lui-même !… Ainsi va la vie !…
A cette nouvelle, construite autour du thème du reniement et de l’arrivisme (tout comme le roman « Le Pianiste ») semble répondre cette autre intitulée « Ces années là ».
Il ne s’agit plus de la richesse ou de la gloire, récoltée dans les dédales combinatoires de la démocratie ou plutôt prodigué( au prix de quelques contorsions idéologiques) par son fils et sa fille naturelle -le libéralisme et la mondialisation- par des combattants d’antan, mais de l’histoire d’une vie broyée, détruite, par engagement, par fidélité, par amour…
« La comtesse a vécu avec le berger poète jusqu'à un accouchement prématuré et malheureux au milieu des montagnes. Elle est alors partie à l'étranger avec ses douleurs et ses cicatrices. Elle est tombée à Paris en pleine révolte de Mai 68, a participé activement à l'assaut contre le Collège d'Espagne (…) Liée à des groupes extrémistes espagnols et internationaux, la comtesse refait surface comme contact des Brigades (…) passé par la guérilla (…). De retour en Espagne, elle a participé à l'agitation suscitée par le désenchantement de la fin des années soixante-dix, puis elle s'est toquée d'un jeune homme (…). Cette quête échevelée de l'authenticité la plus sincère conduit fatalement à l’autodestruction »
Vérités au delà des Pyrénées, mensonges en deça. ?… Destins imaginaires?…
Comment ne pas penser à ces directeurs de presse, à ces sénateurs, à ces présentateurs de télévision, à ces magistrats, à ces préfets, à ces ministres, à ces patrons… anciens de la Gauche Prolétarienne, du Parti Communiste Marxiste léniniste de France, de la Ligue Communiste, de l’Organisation Communiste Internationaliste…
Comment ne pas penser à ces militants, à ces combattants et à leur « quête échevelée de l'authenticité la plus sincère » qui les a « conduis fatalement à l’autodestruction », à tous ceux qui prirent pour argent comptant toutes les belles paroles de nos parvenus, de nos penseurs de la modernité…
Comment ne pas penser à tous ceux qui « sont morts pour que dalle et pour quoi » ?
Comment ne pas penser à tous ceux que l’histoire a détruits ?
Comment ne pas penser à eux… à tous ces inconnus ?…
Comment ne pas hurler, en voyant parader sur nos écrans de télé ces anciens dirigeants de groupuscules ?… fumiers !
Mais peut-être vaut-il mieux, pour oublier, déboucher une bouteille de vin ? Car peut-être le « devoir de mémoire » ne s’applique-t-il pas dans leur cas ?
Mais peut-être convient-il de laisser une dernière fois la parole à Pepe Carvalho
« Je me souvins alors de cette prophétie de Marx, selon laquelle des éléments rebelles de la bourgeoisie peuvent éprouver la tentation de rejoindre les rangs du prolétariat, mais tôt ou tard presque tous réintègrent le bercail de leur classe. Au fil des ans, l'histoire même de l'Espagne m'a démontré la justesse de cette affirmation, laquelle contient d'ailleurs la clé de la recomposition de notre capitalisme moderne ou de notre capitalisme postmoderne, enrichi du savoir que lui ont légué ces jeunes révolutionnaires des années soixante qui s'en sont retournés chez papa. Ce fat le jeu prométhéen, mais à l'envers. Prométhée vola aux dieux le savoir ou le langage ou le feu pour le donner aux hommes, et les jeunes révolutionnaires de bonne famille ont volé le marxisme au prolétariat pour le donner à la Confédération des entreprises espagnoles »
Pepe Carvalho



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