Une lecture de L ADans cet ouvrage, épais de 340 pages, l’historienne Majolaine Boutet, enseignante à Paris-Sorbonne et à Picardie-Jules Verne, ébauche une histoire des Séries télé depuis leur apparition aux USA dans les années 50.
Dans une première partie intitulée « la grande et les petites histoires », elle souligne la continuité qui existe entre les premières séries télé et les émissions radiophoniques. Puis elle nous convie à une visite, indispensable, de la télévision au pays du capitalisme. Visite qui révèle les conditions esthétiques et matérielles de la production des Séries.
L’immensité du pays, le financement par la publicité, le travail d’équipe… sont autant de contraintes qui définissent le format d’un épisode ainsi que de la globalité de la série. Le fait que les annonceurs les hachent en tranche d’une dizaine de minutes n’est pas sans conséquence sur leur structure narrative.
Dans un autre chapitre, Majolaine Boutet dresse « une brève histoire des séries ». Elle montre comment la guerre froide, puis la guerre du Vietnam, l’époque Reagan ou l’après 11 septembre ont résonné dans certaines séries. Elle établit comment l’arrivée du magnétoscope et du câble ont changé la donne et permis la production de séries plus « libérées ».
Après ce rapide panorama qui s’attache à souligner les liens entre l’« idéologie » des séries et l’état de la société américaine, l’auteur se tourne vers l’Europe et plus particulièrement vers l’Angleterre et la France. En répondant à la question, « les conditions de production d’une série sont-elles identiques? », elle pointe du doigt les raisons qui expliquent les différences esthétiques et qualitatives, mais aussi quantitatives entre les séries américaines et françaises.
Suite à ce survol, vient enfin le moment de l’étude détaillée qui occupe deux cents pages et se conclut par une liste de dix auteurs et acteurs à connaître.
Ce « dictionnaire » historique des séries télé, et au-delà cette histoire de la télévision, ne constitue pas seulement une mine d’information mais aussi et surtout il donne les armes indispensables pour une réflexion sur le spectacle filmique qui accapare l’esprit du téléspectateur. C’est à dire, de la plus part d’entre nous.
Notons enfin, et ce n’est pas sans intérêt que ce gros bouquin se lit avec délectation, le sourire aux lèvres et des souvenirs plein la tête.
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