Le Procès



Le Procès - The Trial

1962
Orson Welles

Anthony Perkins () : Joseph K. ||| Orson Welles () : l'avocat ||| Romy Schneider : Léni ||| Jeanne Moreau : Mademoiselle Burstner ||| Elsa Martinelli : Hilda ||| Madeleine Robinson : Madame Grubach ||| Suzanne Flon : Mademoiselle Pittl ||| Akim Tamiroff : Bloch ||| Arnoldo Foa : l'inspecteur ||| Fernand Ledoux : le chef greffier ||| Jess Hahn : un sous-inspecteur ||| Maurice Teynac : le sous-directeur ||| Michael Lonsdale : le prêtre ||| Naydra Shore : Irmie, la cousine de Joseph K. ||| Billy Kearns : un sous-inspecteur ||| Claudine Maugey : une petite fille bossue ||| Carl Studer : un bourreau ||| Raoul Delfosse : un bourreau ||| Jean-Claude Rémoleux : un bourreau ||| Thomas Holtzmann : l'étudiant ||| Wolfgang Reichmann : l'huissier ||| Max Haufler : l'oncle Max ||| Max Buchsbaum : le juge ||| William Chappell : Titorelli ||| Guy Grosso : un collègue de K ||| Van Doude ||| Katína Paxinoú : la savante (rôle supprimé au montage final)
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Le Procès
Synopsis

Joseph K, petit fonctionnaire besogneux et sûr de son bon droit, est réveillé par des inspecteurs qui lui font savoir qu’il est accusé et en état d’arrestation.
Et chacun va porter sur lui un regard suspicieux, sinon accusateur.
Mais de quoi est-il donc accusé ?
Joseph K va s’enfoncer en vain dans les arcanes d’une justice sibylline… jusqu’au châtiment final

Quelques mots sur
Le Procès

Deux producteurs, les frères Salkind, proposent à Welles de réaliser un film à la seule condition qu’il s’agisse de l’adaptation d’un roman parmi la liste qu’il lui propose. Ils lui promettent une totale liberté y compris de montage. (1)
« Je voulais peindre un cauchemar très actuel, un film sur la police, la bureaucratie, la puissance totalitaire de l’Appareil, l’oppression de l’individu dans la société moderne. » (2)
« Il est difficile d’être un homme libre, même quand on est innocent. Mon innocence éclate, mais, innocent ou coupable, cela ne veut rien dire » (3)
« S’il m’a été possible de faire ce film, c’est parce que j’ai fait des rêves récurrents de culpabilité toute ma vie : je suis en prison, je ne sais pas pourquoi. C’est quelque chose qui me touche de près. » (4)

L’irruption de policier dans sa chambre contraint Monsieur K à sortir du lit et à s’habiller
Deux agents escortent K au travers de la ville déserte jusqu’à une fosse où il se déshabille avant de se coucher sur un lit de pierre. L’explosion d’un bâton de dynamite qui dessinera dans le ciel un champignon atomique mettra un terme aux mésaventures que Monsieur K aura vécues entre ces deux moments.
Cette image fugace fait écho à d’autres instants du film se référant, eux aussi, aux drames du siècle en cours. Ainsi, Monsieur K traverse une foule immobile à demi nue portant autour du cou un panneau où sont inscrits des matricules (Image 5). Ces êtres se massent au pied d’une statue probablement religieuse, mais voilée… Comme si Dieu avait décidé d’ignorer l'Holocauste… C’est d’ailleurs cette même statue qui accompagnera la « Passion » de Monsieur K.
Entre ces deux moments, le réveil et le coucher, le métrage va installer la géographie et la géométrie inhérente au cauchemar.
Monsieur K s’éveille dans une chambre à l’ameublement réduit, au plafond omniprésent et aux angles droits obtus (Image 1). Sa voisine, Mlle Bürstner, danseuse de night-club, semble loger à quelques distances quand brusquement une simple porte sépare leurs deux chambres.
Les locaux de l’entreprise où travaille K sont immenses, comme est immense l’espace que franchit la femme qui traine la malle de Mlle Bürstner. Des distances respectables qui séparent entreprise, tribunal, domicile de Monsieur K… se réduisent, au fil du métrage, à de simples portes qui paraissent relier chaque lieu. La géographie se déforme, l’espace se réduit et monsieur K se déplace du tribunal au domicile de l’avocat par un éphémère fondu au noir.
Alignées dans un agencement parfait, des centaines de dactylographes s’activent dans le hall gigantesque que parcourt, en dessinant une ligne droite qui se brise parfois, à plusieurs reprises Monsieur K (Image 2). A l’inverse, un joyeux désordre sous contrôle domine la salle de spectacle du tribunal où se presse une assistance obéissante (Image 6).
Monsieur K est coupable. Coupable de quoi ? De ne pas être sous le coup d’un acquittement apparent... un acquittement qui n’exonère pas d’une condamnation et n’évite pas de devoir s’enfoncer dans le dédale des procédures.
Coupable ou innocent, le parcours est identique et la droite labyrinthique domine la géométrie de cette géographie cauchemardesque (5). D’un cagibi, où sont fouettés des subalternes, en couloirs interminables, où sont archivées les archives (Image 4), de montagnes de dossiers épars, où Monsieur K se vautre en compagnie de Léni (Image 3), en appartement tout en longueur d’avocat alité où se présentent les humbles, d’escalier en colimaçon envahi par une marmaille braillarde (Image 7), en cage aux lattes disjointes qu’habite un peintre officiel au pyjama rayé, Monsieur K ne peut se soustraire au regard inquisiteur dont l’œil envahit le cadre, de la dictature molle. Molle parce qu’apparemment la vie suit le cours ordinaire de l’anormalité, parce qu’apparemment Monsieur K n’est contraint à rien si ce n’est à suivre les deux sbires qui le conduisent à la mort, au travers d’une ville déserte qui semble avoir renoué avec une géographie normale (Image 8).



1- Ils auraient aussi exigé est que Welles prenne comme compositeur Jean Ledrut.

2- Entretien avec Jean Clay dans « études cinématographiques n°24/25, été 1963

3- Les Cahiers du cinéma n°84, juin 1958.

4- « Moi, Orson Welles » entretien avec Peter Bogdanovich (édition Points)

5- Pour partie, Welles tourne dans la gare désaffectée d’Orsay. Ce lieu, à l’architecture complexe où se mêlent acier, verre et parpaing, et que le cinéaste exploite de la cave au grenier, devient le cœur du film

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