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| Ben : Ben Carruthers -- Lelia : Lelia Goldoni -- Hugh : Hugh Hurd -- Tony : Anthony Ray -- Dennis : Dennis Sallas -- Tom : Tom Allen -- David : David Pokitillow -- Rupert : Rupert Crosse -- Davey : David Jones -- Jack : Jack Ackerman -- |
921 lectures |
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Shadows |
![]() Retour à John Cassavetes |
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Shadows |
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| Une jeune Américaine dont rien ne révèle apparemment qu'elle appartient à une famille noire tombe amoureuse d'un jeune Blanc. Ils se donnent l'un à l'autre, mais quand l'homme apprend les origines de la jeune fille, il prend peur et s'éloigne. Plus tard, il regrettera son attitude, mais, cette fois, c'est elle qui le repousse, avec l'aide de ses frères. Au racisme blanc, ces derniers opposent un autre racisme. L'un des frères est un médiocre chanteur, l'autre un trompettiste tout aussi improbable. Tous traînent de club de Jazz en club de Jazz, à Greenwich Village. |
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Quelques mots sur |
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| Jamais un film n’a autant demandé d’être envisagé au regard des circonstances de sa réalisation. En 1957 John Cassavetes monte une école d’enseignement théâtral, le Variety Arts Studio, dans laquelle est privilégiée l'improvisation. Très vite Cassavetes ressent le besoin de passer à la réalisation et un soir de 1958, alors qu’il est invité à une émission de radio, il lance un appel à souscription pour financer un film. Les acteurs du film seront le petit groupe d’élèves du Variety Arts Studio… de parfaits inconnus. Lelia Goldoni, qui incarne Lelia, raconte qu’elle ne doit ce rôle qu’au hasard, que de passage à New York, elle avait accompagné une amie de lycée au cours de Cassavetes. Quant à l’équipe technique, elle n’avait pas plus d’expérience, si l’on en croit Seymour Cassel (1). Au sujet du Variety Arts Studio, Lelia Goldoni explique : « Tous ces gens tentaient des choses. Ils ne semblaient pas vraiment savoir ce qu’ils faisaient. C’était une gigantesque mêlée générale. Une mêlée sous contrôle » Au sujet des prémisses du film, elle précise : « Un jour nous étions tous là et John a commencé à nous parler de son désir de s’appuyer sur l’improvisation. Il nous a donné des indications très vagues sur ce que nous devions faire (…) ça a duré près de quatre heures et demi. Les gens entraient et annonçaient leur rôle. Il y avait une telle pagaille. On ne comprenait rien à rien. On était dedans sans pouvoir analyser ou s’en imprégner. Et nous étions là (…) John a dit « merci beaucoup, je dois aller à l’émission de Jean Shepherd » » (1) Quant à la méthode de Cassavetes avec les acteurs : « Passer du temps ensemble (…) nous devions improviser, encore et encore, puis John faisait le tri. Dans ce contexte les dialogues pouvaient changer, les impulsions être différentes, mais la forme de la scène restait dans une certaine mesure la même, se concentrant sur une personne après l’autre (…) Il faisait confiance à la nature profonde de l’acteur pour être capable de jouer, de répondre, de se manifester à tout moment. Mais ni lui ni moi ne savions ce qu’il faisait. Il percevait instinctivement quelque chose en moi et savait sur quoi je devais me concentrer pour réaliser quelque chose de réellement conséquent. » (1) Le film est projeté à la fin de l'année 1958 au cinéma Le Paris, à New York. John Cassavetes n'est pas satisfait du résultat. Il décide de reprendre le montage et de tourner quelques scènes supplémentaires. A ce sujet Lelia Goldoni rajoute: « Deux ans plus tard (…) John m’a appelé (…) nous avons tourné de nouvelles scènes (…) la scène de danse avec David Jones dans le night-club. La scène du lit aussi, de même que celle du départ. Est-ce que ça a changé l’essence de mon personnage? Non. Mais ça l’a améliorée. Ca l’a enrichie aux yeux des spectateurs » (1) Lelia Goldoni donne son impression au sujet de la scène additionnelle du lit : « Je n’aurai jamais eu le courage de prononcer ces mots : « J’ignorais que ça pouvait être aussi affreux. » C’était les années 50 et au cinéma, la plupart du temps on nimbait d’un halo romantique la première fois, la première expérience sexuelle. Ce devait être merveilleux. En tant que personne, je n’aurais jamais osé rompre avec les conventions. Cette phrase n’en faisait pas partie. Et John l’a écrite (…) un autre aspect très juste de la scène est : est-ce que je reste là? Continuons-nous cette relation? Est-ce que maintenant je t’appartiens pour autant? C’était une scène très difficile. C’était vraiment différent de tout ce que vous aviez pu voir auparavant au sujet de cette première fois » (1) Quant à John Cassavetes, il explique au sujet de ce film : "En tournant Shadows, nous ne comptions pas le proposer à la distribution commerciale. Nous tentions une expérience, notre seul but était d'apprendre. Nous voulions mieux connaître notre métier. Aussi, avec Shadows, avons-nous tenté quelque chose d'absolument différent; nous avons improvisé non seulement en termes de dialogues, mais aussi de mouvements. L'opérateur lui-même improvisa, il dut suivre les comédiens et avoir un éclairage général, de sorte que l'acteur put se déplacer où et quand bon lui semblait. Un phénomène étrange et passionnant se produisit : la caméra, en suivant les êtres, les suivit avec souplesse et grâce, simplement parce que les êtres ont un rythme naturel.(...) La vraie différence entre Shadows et les autres films, c'est que Shadows émane de ses personnages, alors que, dans les autres films, les personnages émanent de l'histoire. Je ne pense pas qu'on puisse parler d'improvisation, ce n'est qu'une méthode. (...) Au départ nous avions une ligne romanesque générale, à savoir l'histoire d'une famille négre à New York. A l'intérieur de ce cadre tout était permis, et nous n'avons fait que filmer ce que les acteurs voulaient faire." (2) 1- Bonus Coffret John Cassavetes - 5 Films 2- John Cassavetes in "Derrière la caméra", Cahiers de Cinéma, n° 119, Mai 1961, Paris. |
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