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| Mabel Longhetti : Gena Rowlands -- Nick Longhetti : Peter Falk -- Angelo Longhetty : Matthew Laborteaux -- Tony Longhetty : Matthew Cassel -- Maria Longhetty : Christina Grisanti -- Marna Longhetti : Katherine Cassavetes -- Martha Mortensen : Lady Rowlands -- George Mortensen : Fred Draper -- Docteur Zepp : Eddie Shaw -- Adolph : Nick Cassavetes -- Angela : Elizabeth Deering -- |
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Une femme sous influence |
![]() Retour à John Cassavetes |
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Une femme sous influence |
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| Nick et Mabel ont trois jeunes enfants. Nick est contremaître, Mabel ne travaille pas… Mabel s’ennuie… Un jour, alors que son mari ne rentre pas le soir, elle confie ses enfants à sa mère, se saoule et ramène un homme dans son lit. Le lendemain elle prépare des spaghettis pour les amis de son mari. Après leur départ Nick et Mabel se disputent… Plus tard elle se dispute avec ses voisins… Finalement elle perd pieds et son médecin l’interne Six mois plus tard, alors qu’elle rentre de l’hôpital, elle tente de se suicider… Au final elle se retrouve avec son mari… mais pour combien de temps? |
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Quelques mots sur |
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| On a beaucoup parlé de ce film lors de sa sortie. Tout a été dit sur cette « femme sous influence », de l’alcool, de la névrose, de l’oppression machiste. On a beaucoup décrit cette lente dégringolade dans la folie de Mabel, dégringolade psychique à laquelle fait écho la culbute réelle, le long d’un remblai, de l’un des ouvriers qui travaillent avec Nick et qui intervient juste après l’internement de Mabel. On a loué la caméra chirurgicale de Cassavetes, décortiquant les corps et les visages, les cris et les chuchotements, le vacarme quotidien, les effondrements et les crispations corporelles. Vivant dans une sorte de huis-clos (1) aussi bien géographique que psychologique, la femme tente désespérément de briser sa claustration. Elle recourt à l’alcool, aux airs d’opéra, en d’autres termes elle divague et ses divagations sont aussi bien mentales que réelles. Sa virée dans un bar se solde par un fiasco, et lorsqu’elle tente d’investir son rôle de mère, son échec est patent : elle ne peut échapper à son enfermement. Mais qu’elle est la nature de cette prison où elle se débat et où chacun de ses gestes, de ses actes, l’engloutit un peu plus ? Pour tenter de répondre à cette question, observons le découpage temporel du film. Une première approche conduit à le découper en quatre moments. Le premier court du début jusqu’à l’instant où Mabel chasse son amant involontaire et dure une vingtaine de minutes; le second occupe une heure et prend fin avec l’internement de Mabel; le suivant, qui renferme la majorité de scènes d’extérieurs accapare 20 minutes de film; quant au dernier, il couvre le retour de Mabel après six mois d’hôpital psychiatrique. Mais un autre découpage est possible, on peut en particulier cadencer le film en sept moments d’une vingtaine de minutes. Et on s’aperçoit que cette durée est celle qui rythme le temps filmique, dilatant ou contractant le temps réel. D’évidence les vingt premières minutes renferment une ellipse temporelle puisqu’elle couvre la fin de la journée, la nuit et une partie de la matinée de Mabel. Mais elles correspondent aussi sa la perte de conscience. Ceci explique peut-être cela… La vingtaine de minutes suivantes, qui se déroule en grande partie autour de la table, est une sorte d’entre-deux. Ni réelle dilatation ou contraction du temps. Puis vient une nouvelle contraction du temps: Mabel attend ses enfants à l’arrêt de bus, reçoit son voisin et ses enfants, les événements dérapent, Nick arrive, se méprend et se bat avec le voisin. Les vingt minutes qui suivent semblent être filmées en temps réel : Il s’agit de la soirée où Mabel est internée. (2) Puis vient le moment de transition, filmé sur le chantier et à la plage. Suivent ensuite quarante minutes qui se déroulent six mois plus tard et que l’on peut aussi découper en deux parties égales : L’attente du retour de Mabel et le repas de famille; le tête-à-tête Mabel-Nick et les enfants. Sept moments, comme autant de barreaux qui obstruent l’horizon de Mabel, qui l’englue et la retiennent au cœur de son cercle familial, le cercle de la névrose, le lieu où le temps n’est que contraintes et attentes, quand il n’est pas que vacuité. 1- Rares sont les scènes d’extérieur avec Mabel. La plus part des scènes, où elle apparaît, ont été filmées dans la maison de Cassavetes 2- Cette sublime scène, sublime de par sa justesse de ton, de geste, de cris, de grimaces, de souffrances, d’incompréhensions, met en lumière incommensurable talent de Gena Rowlands et Peter Falk. |
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