|
|
![]() |
|
| Gus : John Cassavetes -- Harry : Ben Gazzara -- Archie : Peter Falk -- Mary : Jenny Runacre -- Pearl : Jenny Lee Wright -- Julie : Noelle Kao -- Red : John Kullers -- Annie : Reta Shaw -- Leola : Leola Harlow -- la comtesse : Delores Delmar -- Mme Hines : Eleanor Zee -- la femme de Stuart : Claire Malis -- Diana : Peggy Lashbrook -- Normandy : Eleanor Gould -- Sarah : Sarah Felcher -- Stuart Jackson : David Rowlands -- un enfant : Nick Cassavetes (non crédité) -- un enfant : Alexandra Cassavetes (non crédité) -- : Marilyn Clark (non crédité) -- Gwen la chanteuse : Gwen Van Dam -- La grand mère de Stuart : Judith Lowry -- : Bill Britten -- : Charles Gaines -- Shanghai Lil : Joseph Hardy -- |
887 lectures |
|||||||
Husbands |
![]() Retour à John Cassavetes |
|||||||
| ||||||||
Husbands |
||||||||
| Harry, Archie et Gus enterrent un ami. C’est l’occasion de rompre avec leur ennui conjugal… mais au bout de la nuit il leur faudra retrouver le chemin de la maison… du moins pour deux d’entres eux. |
||||||||
Quelques mots sur |
![]() |
|||||||
| Les " Husbands " (1) n'ont de maris que les premières images du film, des images figées qui rappellent le passé, un passé de fête, de joie, de liberté, un passé d'exposition des corps qui se voulaient musclés. Cette situation sera de nouveau présente à l'écran au terme de 40 minutes de film, avant de s'imposer en clôture. Mais cette absence n'en sera pas moins prégnante tout au long de la virée des trois " survivants " à Stuart, elle constituera le réel hors-champ dans lequel se débattent Harry, Archie et Gus. Passés les clichés fanés qui suivent le générique, le film débute par un enterrement, par l'image diffuse de la mort. Et immédiatement on comprend que ce film va nous narrer l'histoire d'individus englués. Englués dans la foule compacte qui assiste aux obsèques et au milieu de laquelle ils tentent de se déplacer. Piégés par le manque d'allumettes. Coincés dans un taxi, dans un wagon de métro. Bloqués devant les portes closes du Dance Club "Allegro". Affalés sur le parquet d'un gymnase. Englués dans les eaux d'une piscine, dans une beuverie sans fin d'où ils tentent de s'échapper en écoutant des chanteurs et chanteuses improbables. Piégés dans des toilettes exiguës. Coincés par leur famille qui les hait. Bloqués au sol par la violence qui constitue leur seule réponse à cette haine. Affalés sur la pelouse lépreuse. Englués dans un bus, dans le travail… Et brusquement, au milieu de la rue, alors que les passants se détournent d'eux: un vent de liberté souffle. Ils vont se libérer! Ils partent à Londres… Mais là bas… Ils s'engluent dans les eaux de pluie qui balaie la capitale. Ils s'enferment dans leurs chambres d'hôtel, s'affalent sur le paquet, se réfugient dans un casino, dans la recherche d'une femme… et s'enferment de nouveau dans leurs chambres d'hôtel où ils s'affalent sur le lit avant de s'engluer dans une conversation sans objet, dans des tentatives de rapports aussi extravagantes que sans espoir Et au petit matin… Ils s'engluent dans les eaux de pluie qui balaie la capitale, s'enferment dans leurs chambres d'hôtel pour une discussion en forme de bilan. Harry, Archie et Gus ont tenté de se libérer, de s'enfuir et peut-être d'aimer. Mais jamais ils ne sont parvenus à échapper à la menace abstraite de la mort, à la monotonie de la fête du désespoir. Ils ne se seront pas plus évadés de leur vie toute tracée durant ces quelques jours de liberté factice, qu'ils n'auront trompé la caméra ou le temps. D'un bout à l'autre du film, celle-ci les aura suivis au plus près, rétrécissant les endroits spacieux, les poursuivant dans les lieux les plus confinés, pour ne saisir d'eux que des fragments, des gestes, des ombres, des cris, des disputes, des doutes, des maladresses, des rêves, des larmes, des rires, des heures, des minutes, des durées. Et quand la quête se termine, il faut rentrer à la maison, car il n'y a pas d'autre alternative. Un seul ne rentrera pas, mais pour autant se libère-t-il vraiment? Et de quoi s'affranchit-il? De l'amitié? C'est ce que semblent penser les deux " revenants " en se demandant, à tour de rôle : " Il fera quoi sans nous? " Question réflexive, qui peut s'entendre : " Que ferons-nous sans lui? " 1- Il s'agit du premier film en couleurs du réalisateur. De même, c'est le premier de ses films où tourneront Peter Falk et Ben Gazzara. C'est aussi la première fois que John joue dans un de ses films. |
|