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Cheech Marin ||| David Schwimmer ||| Kiefer Sutherland ||| Lou Diamond Phillips ||| Sharon Stone ||| Woody Allen |
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Morceaux choisis |
Retour à Woody Allen |
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Morceaux choisis |
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Las des infidélités de sa femme, Tex, le meilleur boucher du coin, finit par la tuer et la découper en morceaux ! Tous les bouts de la belle sont enterrés quelque part à la frontière mexicaine, sauf une main, rigidifiée dans une position plutôt provocante, perdue en route… Une aveugle tombe dessus et aussitôt après retrouve la vue ! Criant au miracle, elle l'apporte au prêtre du village. La nouvelle se répand comme une traînée de poudre et la main fait bientôt figure de sainte relique. Mais Tex doit absolument faire disparaître la preuve du crime… |
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Quelques mots sur |
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Woody Allen est pour la sixième fois de sa carrière dirigé par un autre. Il s’agit ici d’Alfonso Arau, acteur et réalisateur mexicain (1). Et comme pour souligner ce fait, Woody Allen se défait de sa silhouette habituelle. Il adopte une fine paire de lunettes et se coiffe d’un Stetson. Quant au personnage, il délaisse la psychanalyse pour se vêtir du costume du tueur, certes maladroit mais du tueur malgré tout. Pour autant, il ne masque pas sa judaïté et affirme, lors d’une scène de confession, que les Juifs ne sont pas coupables de Déicide, qu’il ne s’agit que d'un repas qui a mal tourné. Les critiques de presse ont vertement chapitré ce film. « Il ne reste guère que les interprétations savoureuses de Woody Allen et de Sharon Stone qui peuvent cautionner l'existence de ce film indigeste » (Positif) « Franchement, on en a soupé des mascarades latino-américaines qui se ressemblent toutes et qui, sous couvert d'exotisme bariolé et d'exubérance caliente façon macarena, finissent toujours en écoeurant guacamole » (Les Inrockuptibles) « Navet de luxe, surtout en raison de son improbable casting et de son encore moins probable histoire de cocu qui se venge en découpant sa femme (...) » (Repérages) Et enfin « La provocante relique à tout faire demeure (...), jusqu'au bout, impuissante contre l'imbécillité insondable d'un scénario vraiment sans queue ni tête. » (Télérama) Mais il est vrai qu’il est plus valorisant de vouer aux gémonies que de déifier. Sans tomber dans ces excès, il convient peut-être d’envisager ce film pour ce qu’il est et de le juger à ce seul critère. Les aspects loufoques et les situations cocasses ne seraient qu’un prétexte facile à une charge anticlérical (2). Ce film ne serait que mise en scène grotesque d’un scénario navrant. Quant aux décors, ils sentiraient le carton et le studio cheap. Certes l’esthétique relève de la pacotille, mais en l’absence de malice. Le monde connaît un certain nombre de villes qui servent de terrain de jeu à la Vierge. Il suffit de s’y rendre pour constater à quel point la bibeloterie y règne sans partage. Les images que nous propose ce film ne sont ridicules que par l’œil que l’on y pose (3). Les mêmes images sont visibles au coin de chaque rue de ces villes mariales sans que personne ne pense à en sourire. En soulignant l’environnement esthétique dans lequel se produisent les miracles, en les y enfermant, le cinéaste atteint son but : les montrer comme autant de verroterie. (1) Comme acteur on peut le retrouver dans La Horde sauvage (1969), de Sam Peckinpah La Brigade du Texas (1975), de Kirk Douglas La Grosse magouille (1980), de Robert Zemeckis A la poursuite du diamant vert (1984), de Robert Zemeckis 3 amigos ! (1987), de John Landis Committed (2000), de Lisa Krueger Comme réalisateur, il a dirigé Morceaux choisis (2000) Les Vendanges de feu (1995) Les Epices de la passion (1992) Dans ce film il fait une apparition dans le rôle du prêtre charge d’expertiser les miracles 2- Aux Etats-Unis, les distributeurs, effrayés par l'aspect anticlérical du film, ne souhaitèrent pas prendre le risque de le sortir au cinéma. Morceaux choisis n'y fut donc diffusé que via la télévision câblée et en vidéo. 3- Voir l’expérience de Liev Koulechov |
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