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Journal des réalisateurs : Jean-Luc Godard |
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Journal des réalisateurs : Jean-Luc Godard |
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| « Montage mon beau souci » | ||||||||
Quelques mots sur |
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| Lors de la 61e édition du Festival de Cannes, la Télévision Suisse-Romande confie une séquence de son Journal d'actualités du soir à des réalisateurs (1). Parmi eux Jean-Luc Godard, qui livre son regard sur le cinéma en 2008… Une commande… une commande de la télévision ! JLG ne pouvait qu’y répondre comme à son habitude en se situant hors cadre. Et c’est un collage de fragments de son « Histoire du cinéma » qu’il livre à la TSR. Tissage d’images religieuses, de tableaux, de photogramme, de lambeaux de documentaires, de cartons et surimpressions… « Tu n’a rien vu… à Hiroshima » écrivait Margueritte Duras… « Tu n’a rien vu… à Leningrad, à Madagascar, à Dresde, à Hanoï, à Sarajevo… s’imprime sur les écrans plats de la TV, ou l’inverse, ce qui revient au même, c'est-à-dire : la télévision n’a rien vu. Sur la bande-son, le souffle quasiment inaudible de JLG, fil invisible qui coud les images en un tout sibyllin ; vague nouvelle où les enfants dressent des châteaux de sable, pendant que des femmes tissent ; « Les yeux verts » d’une autre môme que celle aux yeux vert-de-gris, d’une môme sombre dont le « Mystère » fait écho à celui d’un Picasso devant la lumière de la couleur… Filmer, monter, projeter… « Montage mon beau souci » « Le problème qui m'a toujours préoccupé, mais que je ne me pose pas durant le tournage, c'est : « Pourquoi faire un plan plutôt qu'un autre ? » Prenons une histoire. Un personnage entre dans une pièce, un plan. Il s'assied. Un autre plan. Il allume une cigarette. Etc. (…) Finalement, qu'est-ce qui fait qu'on continue un plan ou qu'on en change ? Un metteur en scène, un type tel que Delbert Mann ne doit probablement pas raisonner de cette façon. Il suit un schéma. Champ, le personnage parle. Contre-champ, on lui répond. » Entretien réalisé par Jean-Louis Comolli, Michel Delahaye, Jean-André Fieschi et Gerard Guégan, Cahiers du Cinéma n° 171, octobre 1965 « La longueur des plans (de « Charlotte et son Jules ») était bien commode ... ça me permettait de ne pas avoir à répondre à cette question, essentielle : pourquoi arrêter un plan ? Quand faut-il le couper ? La grande différence entre le cinéma muet et le cinéma parlant, c'est que, dans le cinéma muet, les paroles étaient à côté de la bouche, et que, dans le parlant, elles sont revenues sur la bouche. Mais ce qu'on oublie, c'est que dans le cinéma muet il y avait un trou entre le plan du film et le plan du texte. Et ce trou, qu'est-il devenu ? Le problème du rapport des plans s'est pose d'une tout autre façon avec le parlant. » JLG Télérama printemps 1978 Et c’est tout naturellement que ce court se conclut sur ces mots : « Le seul grand problème du cinéma me semble être : où et pourquoi commencer un plan, et où et pourquoi le finir ? » 1- « A découvrir la liste des cinéastes qui, outre Ursula Meier, Reusser et Godard, ont répondu présents, l'uniformité paraît impossible. Esther Mamarbachi lancera en effet des sujets filmés, des commentaires et/ou des montages d'images d'actualité signés Dominique de Rivaz, Elena Hazanov, Patricia Plattner, Lionel Baier, Frédéric Mermoud, Jacob Berger, Raymond Vouillamoz, Sam ou Fred Guillaume et probablement Barthélémy Grossman. Si certains, comme Jean-Luc Godard ou Dominique de Rivaz, se livreront à l'exercice de la carte blanche, la plupart des autres connaîtront le thème de leur reportage le mercredi matin seulement » Le Temps, Culture mercredi7 mai 2008, Les cinéastes à l'épreuve du «19:30» |
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