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| Jean-Luc Godard ... Lui-meme || Geneviève Pasquier || Denis Jadót || Brigitte Bastien || Elisabeth Kaza || André S. Labarthe || Louis Seguin || Bernard Eisenschitz || Nathalie Aguillar |
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JLG/JLG. Autoportrait de décembre |
![]() Retour à Jean-luc Godard |
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JLG/JLG. Autoportrait de décembre |
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| « Faible. Difficile à exposer. Ni objet. Ni sujet. Encore moins de projet. Pas d'aventure et pas d'arche perdue; et ni temps perdu et ni temps retrouvé, c'est bon pour la conscience. Alors, a quoi bon, si aucune création, et pas davantage recréation. Le temps qui passe, sans doute, mais on ne panoramique pas sur lui comme sur un cheval, ni même une étoile. Et les livres saints se contentaient d'écrire : en ce temps-la. Une simple tâche, alors. Puisque si une vie ne valait rien, rien ne vaudra une vie. » JLG |
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Quelques mots sur |
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| A soixante ans passés, JLG décide de réaliser cet autoportrait qu’il qualifie de décembre, c'est-à-dire de fin d’année, de fin de cycle, de fin de vie… Voilà probablement la raison qui le pousse à ouvrir son film sur une image de lui enfant, répondant indirectement à Alain Bergala (1) qui en novembre 1990 signait dans les Cahiers du Cinéma un article intitulé « Godard a-t-il été petit ? » et où il écrivait : « Les plus anciennes photos de Godard qu’on puisse retrouver datent du début des années 50 à Paris quand, à 20 ans passés, il se pense déjà comme cinéaste… Et avant ? De l’enfant, de l’adolescent Godard nulle image ». Aussitôt après cette photo de l’enfance révélée, JLG enchaine avec ces paroles : « D’habitude cela commence comme cela : il y a la mort puis on se met à porter le deuil… mais j’ai fait l’inverse. J’ai porté le deuil d’abord ». Alors l’autoportrait est possible, et JLG enchaine des plans fixes sur des « paysages d’enfance et d’autrefois, sans personne dedans. Et aussi de paysages plus récents, où ont eu lieu des prises de vue » (2). Car il n’est pas question de s’enfermer dans le souvenir : « Seul le présent visible a le droit et la charge de contenir entièrement le passé » (3) A ces paysages où vit le passé, puisque « le passé n’est jamais mort, il n’est même pas passé », JLG mêle les films qu’il a faits et ceux qu’il n’a pas faits. Et alors qu’il feuillète un cahier où seules quelques pages ne sont pas entièrement blanches, il met en scène un personnage fictif, une légende… un acteur burlesque (4). Il révèle aussi ce qui caractérise, peut-être, son cinéma : le travelling latéral. On se souvient de celui de « Week End », de celui de « British Sounds » sur la chaîne de montage des M.G ou de celui de « Nouvelle Vague » sur un alignement de fenêtres derrière lesquelles brillent de faibles lumières. Ici, son travelling latéral survole un chapelet de cartes postales où sont reproduites des œuvres picturales disparates. Et si les films de JLG se résolvaient dans ce mouvement ? Interminables travellings latéraux qui donnent à voir et à entendre des images et des sons dissemblables comme ces cartes postales, mais dont les intersections se chargent de sens. Autoportrait de décembre, fin du voyage, mais aussi de la recherche : L’image n’est qu’une création de l’esprit et les monteuses peuvent être aveugles. 1- Alain Bergala, né le 8 septembre 1943 à Brignoles, est un critique de cinéma, essayiste, scénariste et réalisateur français. Collaborateur des Cahiers du cinéma, il est connu comme le spécialiste de l'œuvre de Jean-Luc Godard. Il réalise son premier long métrage au cours de l'année 1982. (Wikipédia) 2- « JLG/JLG - Scénario 2 » JLG 3- Alain Bergala 4- JLG compose un personnage où se mêlent l’Oncle Jeannot de « Prénom Carmen », Pluggy de « King Lear » et l'Idiot de « Soigne Ta Droite » |
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